Marie-Caroline d'Autriche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marie-Caroline d’Autriche

Description de cette image, également commentée ci-après

La reine Marie-Caroline vers 1790.

Titres

Reine consort de Naples

12 mai 176823 janvier 1799
(30 ans, 8 mois et 11 jours)

13 juin 179930 mars 1806
(6 ans, 9 mois et 17 jours)

Prédécesseur Marie-Amélie de Saxe
Successeur Julie Clary

Reine consort de Sicile

12 mai 17688 septembre 1814
(46 ans, 3 mois et 27 jours)

Prédécesseur Marie-Amélie de Saxe
Successeur Disparition du titre (monarchie duo-sicilienne)
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg-Lorraine
Naissance 13 août 1752
Vienne (Autriche)
Décès 8 septembre 1814 (à 62 ans)
Vienne (Autriche)
Sépulture Crypte des Capucins (Vienne)
Père François Ier du Saint-Empire
Mère Marie-Thérèse d’Autriche
Conjoint Ferdinand Ier des Deux-Siciles
Religion Catholicisme romain

Marie-Caroline d’Autriche, née à Vienne, le 13 août 1752, morte à Vienne, le 8 septembre 1814 est reine consort de Naples et de Sicile.

Famille[modifier | modifier le code]

Sa majesté la reine Marie Caroline Luise Josephe Johanna Antonie de Naples et de Sicile, archiduchesse d'Autriche, princesse royale de Hongrie et de Bohême, princesse de Toscane, était la fille de François Ier du Saint-Empire, empereur, et de Marie-Thérèse, archiduchesse d'Autriche, « roi » de Bohême et de Hongrie et la sœur aînée de Marie-Antoinette, reine de France.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Marie-Caroline et Ferdinand Ier, roi des Deux-Siciles, avec leurs enfants (tableau d'Angelica Kauffmann, 1783)

Ses deux sœurs, Marie-Jeanne et Marie-Josèphe, fiancées à Ferdinand IV de Naples, étant décédées avant leurs noces, c'est Marie-Caroline, qui, le 12 mai 1768, épousa Ferdinand, roi de Naples et de Sicile.

Mariée pour des raisons purement politiques et diplomatiques, Marie-Caroline ne fut pas heureuse auprès de son époux. Cependant, elle remplit ses devoirs de reine en donnant à la couronne 18 enfants :

Possédant une forte personnalité, elle dominait son époux, le roi Ferdinand IV. C'est elle qui gouvernait en réalité. Le destin tragique de sa sœur cadette en fait une adversaire acharnée de la Révolution.

Poursuivant la politique de sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, elle cherche à renforcer les liens tissés par cette dernière entre les Maisons de Habsbourg-Lorraine et de Bourbon.

Pour ce faire, elle marie fort avantageusement ses enfants, accaparant les trônes d'Europe. Ses filles épousent leurs cousins : l'Empereur Germanique, le grand-duc de Toscane, le prince des Asturies. Son fils aîné, l'héritier du trône, prénommé François en l'honneur de son grand-père maternel, épouse également ses cousines, d'abord Marie-Clémentine d'Autriche qui décède prématurément en 1801 puis Marie-Isabelle d'Espagne qui lui donne une nombreuse progéniture. Bien avant la reine Victoria, Marie-Caroline est la grand-mère de l'Europe.

Premier exil[modifier | modifier le code]

Le soutien de son favori Joseph Acton et de l'ambassadeur britannique Hamilton lui permet d'engager en 1798 les hostilités contre les armées de la France révolutionnaire.

Les victoires de la France l'obligent à trouver refuge en Sicile. La vie pour elle est très pénible et elle ne parvient pas à s'adapter au climat. Des chroniqueurs disent qu'elle se drogue, notamment avec de l'opium. Elle déteste cette révolution napolitaine et tous les symboles de cette jeune république qui s'inspire de la Révolution française qui a tué sa sœur.

Elle bouillonne de rage et d'amertume. La haine l'aveugle. L'amiral Nelson devient le bras armé de la vengeance de Marie-Caroline. Elle n'hésite pas à faire exécuter ses anciens amis et mène une répression sanglante : une impitoyable vengeance.

Retour à Naples[modifier | modifier le code]

La reine Marie-Caroline vers 1770

Elle est hostile à toute réforme démocratique et campe sur ses positions avec son mari. Elle lève une armée et place à sa tête le cardinal Ruffo. Pour les républicains, c'est la capitulation. Pour Marie-Caroline, aucun de ces républicains ne doit avoir la vie sauve. Dans les mois suivants, avec un conseil nommé par Ferdinand commencent les procès contre les républicains : sur les quelque 8 000 prisonniers, 124 ont été exécutés, 6 sont pardonnés, 222 condamnés à de l'emprisonnement, 322 à des peines mineures, 288 à la déportation et 67 à l'exil. Parmi les prisonniers, il y a quelques-uns des plus grands noms de la classe bourgeoise et intellectuelle de Naples, issus de plusieurs provinces du sud qui ont donné leur appui à la République, parmi eux Pasquale Baffi, Francesco Mario Pagano, Eleonora de Fonseca Pimentel, Luisa Sanfelice Ignace Ciaia, Domenico Cirillo, Giuseppe Leonardo Albanese, Vincenzo Russo, Francesco Caracciolo, Michael Granata, Gennaro Serra di Cassano, Nicholas Charlemagne exécuté, Giustino Fortunato senior, évadé de prison, et Vincenzo Cuoco condamné à l’exil, peine aussi subie par Mgr Bernardo de la Torre, vicaire général de l'archidiocèse de Naples.

Une image de cruauté lui colle à la peau. Elle fait une entrée triomphale à Naples où elle retrouve ses palais.

La reine de Naples complote et ne respecte pas le traité signé avec la France. Nelson, soutien de Marie-Caroline, meurt au combat à Trafalgar. Napoléon prépare Austerlitz et se retourne contre l'Autriche. Les Napolitains doivent se plier à la volonté de l'empereur, mais elle refuse de se soumettre. Malgré plusieurs ultimatums, elle fait la sourde oreille.

Second exil[modifier | modifier le code]

En 1804, Napoléon Ier la contraint à se séparer de son favori et annexe le nord du royaume. Joseph Bonaparte devient le roi de Naples. Une fois de plus elle se réfugie en Sicile et s'ouvre un deuxième exil à Palerme. En 1806, son mari est déchu du royaume de Naples par Napoléon Bonaparte.

Elle n'en marie pas moins ses deux filles en passe de rester célibataires, en 1807, Marie-Christine, 28 ans, épouse Charles Félix de Sardaigne et en 1809, Marie-Amélie 27 ans, épouse le duc d'Orléans, tous deux princes en exil.

Entre-temps, en 1808, elle tente, toujours avec l'aide de l'Angleterre, de mettre son plus jeune fils, Léopold-Michel, sur le trône d'Espagne mais l'intervention française fait échouer ce projet.

Elle s'indigna, en 1810, du mariage de sa petite-fille et petite-nièce (enfant née du mariage de sa fille Marie Thérèse de Bourbon Sicile et de son neveu l'empereur François 1er d'Autriche), l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, avec son ennemi juré, Napoléon Ier et encore plus de la naissance de son arrière-petit-fils et petit-neveu, le roi de Rome.

Nonobstant, après la première abdication de Napoléon (mars 1814), elle critique vertement la mollesse de sa petite-fille et petite-nièce Marie-Louise.

En Sicile, les Anglais l'empêchent de jouer de plus en plus un rôle. En 1813, elle est chassée par les Anglais et se réfugie épuisée à Vienne. C'est une vieille femme. Elle est à Vienne au moment du Congrès. Elle représente l'Ancien Régime et l'ancienne diplomatie. Elle gêne. Elle trouve un peu de réconfort auprès de Marie-Louise et de son fils l'aiglon.

Décès[modifier | modifier le code]

A 62 ans, en septembre 1814, au matin, elle est découverte morte par sa femme de chambre. Sa main est tendue vers la sonnette. Elle meurt sans doute d'une crise d'apoplexie. Elle est enterrée à Vienne aux côtés de sa mère, Marie-Thérèse.

Elle meurt avant de voir le retour des Bourbons à Naples. Son époux se remarie avant la fin de la même année et règne encore dix ans.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :