Maximilien Ier du Mexique

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Maximilien Ier
Image illustrative de l'article Maximilien Ier du Mexique
Titre
Vice-roi de Lombardie-Vénétie
2 septembre 185710 avril 1859
Prédécesseur Joseph Radetzky
Successeur Ferencz Gyulai
2e empereur du Mexique
10 avril 186419 juin 1867
Premier ministre José María Lacunza
José Fernando Ramírez
Teodosio Lares
Prédécesseur Benito Juárez
(président de la République)
Successeur Benito Juárez
(président de la République)
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg
Nom de naissance Ferdinand Maximilian Joseph von Habsburg-Lothringen
Date de naissance 6 juillet 1832
Lieu de naissance Vienne (Empire d'Autriche)
Date de décès 19 juin 1867 (à 34 ans)
Lieu de décès Cerro de las Campanas, Querétaro (Mexique)
Père François-Charles d'Autriche
Mère Sophie de Bavière
Conjoint Charlotte de Belgique
Enfant(s) Agustín de Iturbide y Green (adoptif)
Salvador de Iturbide y Marzán (adoptif)
Résidence Château de Miravalle

Maximilien Ier du Mexique
Monarques du Mexique

Maximilien Ier du Mexique ou Ferdinand Maximilian Joseph, prince impérial et archiduc d'Autriche, prince royal de Hongrie et de Bohême, né à Vienne (Autriche) le 6 juillet 1832 et mort à Querétaro (Mexique) le 19 juin 1867, est un membre de la famille impériale d'Autriche (maison de Lorraine) qui est empereur du Mexique entre 1864 et 1867, avec l'appui de Napoléon III et des conservateurs mexicains.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frère de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, il naquit au château de Schönbrunn, près de Vienne en Autriche. D'autres prétendaient, sans preuve, qu'il était en réalité le fils du duc de Reichstadt dont sa mère avait été très proche (ce que croyait entre autres Napoléon III)[réf. nécessaire].

Personnalité brillante, il était le préféré de sa mère l'archiduchesse Sophie. Son frère l'empereur le jalousait tout en se méfiant de ses idées libérales. Il épousa le 27 juillet 1857 à Bruxelles la princesse Charlotte de Belgique, fille de Léopold Ier, roi des Belges et de Louise-Marie d'Orléans.

Quelques semaines plus tard, le 6 septembre 1857, il fut nommé vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie que l'Autriche avait acquise au congrès de Vienne et qui se montrait rebelle au pouvoir de la Maison de Lorraine. Il y fit construire le château de Miramar près de Trieste et développa la flotte impériale.

Sa politique magnanime commençait à porter ses fruits mais il ne put empêcher en 1859 la déclaration de guerre de l'Autriche au roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II. Celui-ci, soutenu par la France de Napoléon III, en sortit vainqueur et put annexer la Lombardie : la riche ville de Milan quitta donc le giron autrichien à la grande colère des Viennois qui vilipendaient François-Joseph Ier lui criant d'abdiquer en faveur du populaire Maximilien.

Maximilien était franc-maçon. Au Mexique il appartenait (avec le grade 18) à une Loge pratiquant le Rite écossais ancien et accepté. Le 27 décembre 1865 s'est formé le Suprême Conseil du Grand Orient du Mexique, qui offrit à Maximilien le titre de Souverain Grand Commandeur, mais celui-ci le refusa[1].

Empereur du Mexique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Expédition du Mexique.

Cependant les ambitions impérialistes de Napoléon III l'amenèrent à intervenir dans la politique mexicaine. Sous prétexte d'obtenir le remboursement des dettes du gouvernement de Benito Juárez, la France participa à l'expédition du Mexique aux côtés des Espagnols, des Anglais et d'une légion belge, envisageant de se réimplanter sur le continent américain en profitant de la guerre de Sécession américaine qui empêchait les États-Unis d'intervenir. Après le départ des forces alliées en 1862, les Français décidèrent de rester sur place et d'occuper le pays pour en faire une nation industrialisée qui rivaliserait avec les États-Unis.

La commission mexicaine qui invita Maximilien de Habsbourg à occuper le trône du Mexique

Maximilien, trompé par quelques conservateurs mexicains qui l'assuraient de l'appui du peuple, accepta le trône du Mexique (10 octobre 1863) que lui offrirent les conservateurs soutenant la position de la France, parmi lesquels le général Juan Nepomuceno Almonte, fils de José María Morelos. Durant les premiers jours de mars 1864, à Paris, Maximilien accepta les compromis stipulés dans la Convention de Miramar. Entre autres, il renonçait à ses droits à la couronne d'Autriche. Pour compter sur l'appui français, il contracta avec Napoléon III une obligation de 500 millions de pesos mexicains, équivalant à l'époque à 2 milliards et demi de francs or. À l'unanimité, l'ensemble des notables qui formait la Regencia de Mexico avait offert la couronne à Maximilien, lui assurant l'appui du peuple.

Maximilien arriva au Mexique le 28 mai 1864 par le port de Veracruz à bord de la frégate SMS Novara. Il s'installa avec son épouse Charlotte dans le palais de Chapultepec sur une colline de Mexico. Ce palais se situe sur un emplacement déjà utilisé par les Aztèques. Maximilien demanda que l'on trace une avenue du Château de Chapultepec jusqu'au centre de la capitale, devenue plus tard le Paseo de la Reforma. N'ayant pas eu d'enfant de son mariage avec Charlotte[2], il adopta deux petits-fils du précédent empereur Augustin Ier du Mexique.

Maximilien commença à gouverner le 12 juin. Il s'efforçait de défendre les intérêts français, oscillant entre les libéraux et les républicains, mais sans parvenir à exercer vraiment une domination sur le Mexique[réf. nécessaire]. Les mesures prises par son gouvernement[Lesquelles ?] ne s'appliquaient qu'aux parties du territoire contrôlées par les garnisons françaises. Ses difficultés avec le maréchal français François Achille Bazaine eurent pour conséquences que les troupes de Napoléon III (menacé par la Prusse en Europe) se retirèrent avant le temps prévu dans la Convention de Miramar. Les libéraux et les républicains, menés par Benito Juárez, purent alors s'opposer ouvertement à Maximilien.

Pour conjurer le sort, Maximilien envoya en Europe son épouse, devenue l'impératrice Carlota, demander l'aide des monarques en place. Napoléon III refusa tout soutien et elle se dirigea vers l'Italie pour demander la protection du pape Pie IX. Alors se déclarèrent les premiers symptômes de la folie qui devait l'atteindre pendant de longues années jusqu'à sa mort. Elle fut d'abord reconduite à Miramar où elle subit des maltraitances de la part de ses serviteurs [réf. nécessaire] puis fut confiée à son frère le roi Léopold II de Belgique qui la fit interner dans le château de Tervueren. Elle mourut le 19 janvier 1927, au château de Bouchout, dans la province du Brabant flamand, que le roi Léopold II de Belgique avait acquis pour sa sœur. L'archiduchesse Sophie qui avait tant lutté pour la grandeur de l'Autriche, très affectée par le destin de son fils et de sa belle-fille, par l'abandon des Français et par le changement de cap de la politique impériale, se retira de la vie publique, réservant son affection à ses petits-enfants, l'archiduchesse Gisèle et l'archiduc héritier Rodolphe. Elle mourut en 1872.

La fin de l'aventure[modifier | modifier le code]

Peloton d'exécution de Maximilien, commandé par le colonel Palacios (à droite sur la photographie)
Exécution de Maximilien (à droite sur la photographie), de Miramón (au centre) et de Mejía

Pendant ce temps, les libéraux avaient formé une armée, laissant uniquement aux troupes impériales la capitale Mexico, Veracruz, Puebla et Querétaro. Le 4 mars 1867, les forces commandées par le général libéral Mariano Escobedo assiégèrent Querétaro. Le 15 mai suivant, la ville fut prise et l'empereur Maximilien fut appréhendé avec les généraux Miguel Miramón et Tomás Mejía.

Pour tenter de protéger son frère, François-Joseph Ier le réintégra pleinement dans ses droits d'archiduc de la maison de Lorraine. Ce dernier geste fut vain. Maximilien fut jugé par une cour de justice qui se tint dans le théâtre de la ville. Condamné à mort, il fut exécuté sur ordre de Juárez, pour l'exemple, le 19 juin 1867 avec deux de ses généraux : Miramón et Mejía. Marchant vers l'exécution, il tendit à l'abbé sa montre qui renfermait le portrait de sa femme Carlota, et dit  : « Envoyez ce souvenir en Europe à ma bien chère femme, si elle vit, dites-lui que mes yeux se fermeront avec son image que j'emporte là-haut ». Puis il s'exclama : « Je pardonne à tous, que tous me pardonnent. Que mon sang prêt à couler soit répandu pour le bien du pays. Vive le Mexique ! Vive l'indépendance ! ». Le peintre Édouard Manet, scandalisé par cet évènement, travailla plus d'un an à la réalisation de plusieurs œuvres, dont L'Exécution de Maximilien.

Après sa mort, son frère, l'empereur François-Joseph, fit rapatrier son corps (à bord de la frégate SMS Novara), qui repose dans la nécropole de la famille, dans la crypte des Capucins, à Vienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. UEHS Unidad de Estudios Históricos y Sociales, ext. Chihuahua - Universidad Autónoma de Ciudad Juárez - Alvarez de Arcila - Col. San Felipe C.P. 31240 Chihuahua, Chih. México.
  2. Dans sa biographie romancée de l'impératrice Charlotte (L'Impératrice des adieux, Plon, 1998), Michel de Grèce évoque la possibilité que Maximilien ait été homosexuel.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]