Mariano Goybet

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Mariano Goybet

Mariano Goybet (de son vrai nom Mariano Francisco Julio Goybet, né le 17 août 1861 à Saragosse et mort en 1943) est un général français, grand officier de l'ordre de la Légion d'honneur.

Famille[modifier | modifier le code]

Mariano Goybet est le fils de Marie Bravais, nièce du physicien Auguste Bravais.

Son père, Pierre Jules Goybet (1823-1912), est issu d'une vieille famille de la bourgeoisie savoyarde (XIVe siècle), qui compte notamment dans ses rangs des châtelains de Yenne et des notaires royaux alliés à la noblesse locale (Courtois d'arcollières, Bavoz, De Montgolfier, etc. ) Une branche fut anoblie en 1758 et porta le nom de Goybet de Lutrin de Grilly.. Les Goybet descendent de Louis VIII par les Artois .Source Bulletin N*27 novembre 1987 DE L'AHH. Notice sur la famille Goybet écrite par Pierre Jaillard Président de l'héraldique de France.

Son père fait ses études au collège des Jésuites de Fribourg. Il est emmené à 16 ans par son oncle Augustin de Montgolfier dans son usine de Torero près de Saragosse où il introduisait la fabrication du papier en Espagne. Il dirige ensuite une entreprise de construction de machines à vapeur près de Saragosse. Il est nommé Chevalier et membre du conseil supérieur de l'industrie par la reine d'Espagne, après avoir reçu le grade de lieutenant d'artillerie dans la milice.

Sa grand-mère paternelle, Louise de Montgolfier, est la petite-nièce des inventeurs Joseph et Étienne de Montgolfier.

Enfance[modifier | modifier le code]

Mariano Goybet nait à Saragosse le 17 août 1861. Il est baptisé à Notre Dame del Pilar.

La famille rentre en France en 1862 en raison de l'état de santé de la belle-mère de Pierre Jules Goybet et reste quelque temps à Annonay où nait Constance, puis Pierre Jules est nommé principal de l'École professionnelle de La Martinière à Lyon où il demeure 16 ans logé dans l'établissement. Henri et Victor naissent là[1].

Études[modifier | modifier le code]

Mariano Goybet étudie près de Saint-Jean, à Écully et au grand lycée de Lyon où il est reçu au baccalauréat avec la mention bien. Il est reçu en 1882 aux Chartreux de Lyon. Il y est sergent.

Premières années de service[modifier | modifier le code]

Mariano Goybet poursuit ses études à l'École militaire de Saint-Cyr jusqu'en 1884, date à laquelle il sort 21e du corps de l'infanterie. Il est promu sous-lieutenant et est affecté au 2e régiment de tirailleurs algériens. Il épouse la fille de son général, Marguerite Lespieau.

Il est ensuite nommé lieutenant au 140e régiment d'infanterie de ligne, à Grenoble, puis reçu à l'École de guerre, d'où il sort en 1892 avec la mention très bien. Il est employé à l'état-major de la 27e division d'infanterie (France). Promu capitaine en 1893, il est nommé en 1896 officier d'ordonnance du général Zédé, gouverneur de Lyon.

Il fait ensuite son stage de commandant de compagnie en 1899 au 99e régiment d'infanterie à Lyon et à Gap. Après un passage à l'état-major du gouvernement de Briançon, il est promu chef de bataillon au 159e régiment d'infanterie qui portait le béret alpin. En décembre 1907, il prend le commandement du 30e bataillon de chasseurs alpins, poste qu'il conserve quand il est promu lieutenant-colonel.

Alpiniste et skieur, le lieutenant-colonel Goybet profita de son séjour prolongé dans les Alpes pour faire de nombreuses ascensions, soit seul, soit avec sa troupe : Mont Blanc, Grande Casse, La Meije, Pelvouxetc.[2].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1914 : troupes alpines[modifier | modifier le code]

Au déclenchement de la guerre en août 1914, le lieutenant-colonel Goybet et le groupe alpin qu'il commande ( 30e Bataillon de chasseurs alpins et 1ere batterie du 1er régiment d'artillerie de montagne ) Sont affectés au front des Vosges. Les premiers combats en Alsace sont victorieux : Satel de Munster - Reichsacker-Kopf (14 août), Gunsbach (19 août), Logelbach (22 août), prise du convoi d'une division d'infanterie bavaroise au col de Mandray (24 août). Placé à la tête du 152e régiment d'infanterie, il remporte de nouveaux succès en Alsace : Gunsbach (29 août), Reichsacker-Kopf (3 septembre), puis dans les Vosges, au nord de Saint-Dié (Ormont et Spitzemberg, les 11 et 17 septembre). Il est alors cité à l'ordre de l'armée.

Il est promu au rang de colonel et reçoit le commandement de la 81e brigade (152e régiment d'infanterie, 5e et 15e bataillon de chasseurs à pied (BCP). Il est de nouveau affecté en Alsace, dans la vallée de Thann. Ses troupes prennent Steinbach (25 décembre 1914 au 3 janvier 1915)[2].

1915 : combats[modifier | modifier le code]

Le colonel Goybet passe toute l'année 1915 à combattre à l'Hartmannswillerkopf], à l'Hilsenfirst et au Linge. Il est blessé deux fois : à l'Hartmannsweilerskopf en avril, où il fut soigné à l'ambulance de Moosch, et en décembre, où il fut évacué sur l'intérieur. À peine guéri, en mars 1915, le colonel Goybet rejoint le 98e régiment d'infanterie (qui appartient à la 50e brigade et à la 25e division d'infanterie) devant Verdun.

À l'automne, sa division est transportée dans le nord où se déroule la bataille de la Somme. Le colonel Goybet est nommé au commandement de la 50e brigade (attaques de Chaulne et du pressoir, les 9 et 10 novembre).

Il est à nouveau cité à l'ordre de l'armée, par Pétain[2].

1917 : Verdun[modifier | modifier le code]

Au début de 1917, le colonel, à la réorganisation de l'infanterie, prend le commandement de la 25e division d'infanterie (16e, 98e et 105e régiment d'infanterie de ligne). Il occupe le secteur de Plessis-de-Roye-Lassigny. Au moment du recul stratégique de l'ennemi, il mène des opérations de poursuite jusqu'au canal Crozat (16 au 23 mars 1917), puis devant Saint-Quentin (3 au 17 avril). Au mois d'août, sa division prend part à la deuxième bataille de Verdun. Le 20, ses hommes s'emparent des bois d'Avocourt après de violents combats.

Après un court séjour dans la forêt d'Argonne, sa division occupe le secteur des Bezonvaux où elle repousse des contre-attaques allemandes presque quotidiennes. En décembre, le colonel Goybet est nommé général[2].

1918 : avec lesRed Hand[modifier | modifier le code]

Red Hand Division.

La 25e division d'infanterie est affectée au printemps au secteur du Morthomme. Le général Goybet est appelé au commandement de la 157e division d'infanterie (France) décimée près du Chemin des Dames. L'infanterie de la 157e fut reconstituée avec le 333e régiment d'infanterie et les 371e et 372e régiments américains noirs (division main rouge Red Hand).

Les unités de gardes nationaux qui sont le noyau du 372e régiment sont composées des plus vieux bataillons de noirs dans le pays avec des racines qui remontent jusqu’à la guerre de Sécession. Ces troupes assuraient la défense de Washington et du Capitole.

La 157e occupe le secteur de la forêt d'Argonne - Vauquois côte 304, jusqu'au moment où elle est appelée à participer avec la IVe Armée à l'offensive générale en Champagne.

Le général Goybet, durant l'Offensive Meuse-Argonne, par de violentes attaques, rompt le front ennemi devant Monthois, fait 600 prisonniers et s'empare d'un matériel considérable dont quinze canons, 150 mitrailleuses, vingt mortiers d'infanterie, du matériel de génie et des munitions d'artillerie, et abat trois avions. La 157e occupe ensuite les Vosges devant Sainte Marie les Mines. Il reçoit alors la Distinguished Service Medal des Américains au nom du Président des États-Unis[3], une nouvelle citation du général Gouraud. Il fait profiter ses troupes franco-américaines de ces reconnaissances[3].

La Distinguished Service Medal[modifier | modifier le code]

Le général Goybet reçut la citation suivante :

« Commandement des forces americaines, Cabinet du cdt en chef

Mon cher général, le président m'a délégué pour vous conférer la Distinguished Service Medal au nom du gouvernement des États-Unis. Comme commandant de la 157e DI,371 et 372e RI vous avez été l'un des facteurs importants de la victoire des allies par votre brillante conduite et votre haute technicité. Les officiers et les soldats de la 157e 371 et 372 RI considèrent comme un grand honneur d'avoir servi sous vos ordres dans les opérations que vous avez conduites en Champagne et dans les Vosges.

Signé, Général Persing » [4]


Des troupes Africaines Américaines héroïques . Le Cas Freddie Stowers[modifier | modifier le code]

En 1988, plusieurs membres du Congrès commencèrent une campagne sur la conduite des soldats noirs de la Première Guerre mondiale qui n’avaient pas été correctement reconnus, c’est ainsi que Freddie Stower reçut la médaille d’honneur Medal of Honor en 1991 sur l’instigation du Congrès et après enquête en France pour avoir agi avec un exceptionnel héroisme le 28 septembre 1918, bien que caporal, en officier commandant une unité qui avait été décimée par les Allemands. Les Allemands tenaient une forte position sur une colline, cote 188, près d’Ardeuil en Champagne secteur de la Marne, et par ruse les Allemands avaient feint de se rendre . Les Allemands ouvrirent alors le feu et la compagnie fut réduite de moitié, perdit ses officiers commandants et ses principaux sous officiers. Stower réunit les troupes, pris en charge le commandement de la compagnie. Il mena celle-ci à l’assaut de nids de mitrailleuses et de mortiers et quand il fut mortellement blessé, il continua à encourager son unité à prendre une seconde ligne de tranchée. Il est le seul soldat Africain Americain de la première guerre Mondiale à avoir obtenu la médaille d’honneur du Congrès, la plus haute distinction des États-Unis Le 24 avril 1991. Les sœurs survivantes de Freddie Stowers, Georgina et Mary reçurent pour celui-ci la médaille d’honneur du Président Georges H.W. Bush à la Maison Blanche.


Tiré de l'article Wikipédia en Anglais sur Freddie Stowers

Document Temoignage du sergent WM Hendrey de la 372 eme d'infanterie à l'armistice. (source E.J Scott).[modifier | modifier le code]

Une des scènes les plus incroyable, dont j'ai pu être témoin, fut aujourd'hui à 11H05. L'orchestre du régiment jouait la Marseillaise, "the star bangled" et "god save the king". Dès que les dermieres notes se turent, de joyeuses acclamations par l'ensemble des soldats et des civils, étaient presque assourdissant. Des hommes âgés sautaient et jetaient leurs chapeaux, les femmes dont le coeur était lourd d'un épuisement, causé par une guerre implacable, agitaient leurs mains et exultaient de joie et les enfants gambadaient joyeusement à travers les rues. Les cloches et les carillons à l'église qui étaient précedemment silencieux, envoyaient leur bruyante résonnance à toute volée . En effet, ces sonneries étaient des messages de joie . Au même moment, l'orchestre attaqua une marche endiablée et entonna sa marche dans les rues accompagnée par " Old Glory".

Le régiment de couleur et les soldats Americains et Français. La scène était un beau mélange de couleurs Les Khakhi et les bleu. C'etait comme s'ils voulaient s'unir comme une grande famille pour célébrer les glorieux évènements et voir le reflet de leur propre allégresse sur les visages de leurs compagnons d'arme. Les rues étaient emplies d'une forte émotion et d'une bouillante abondance d'humanité. Il me semblait que la fraternité des tranchées appelait la fraternité des hommes.

  • Official History of American Negro in the world war by E.J.Scott. Secretary of war 1929 . Traduction Henri Goybet

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après l'armistice et la dissolution de la 157e division d'infanterie (France), le général Goybet est choisi par le général Auguste Edouard Hirschauer, gouverneur militaire de Strasbourg, comme général adjoint, commandant de la place. Il occupe ce poste de décembre 1918 à mars 1920.

Le général Gouraud, haut commissaire de la République française en Syrie, fait venir le général Goybet pour lui donner le commandement d'abord de la brigade mixte du littoral, puis de la 3e DI de l'Armée du Levant. Il marche sur Damas le 24 juillet 1920, un an après l'entrée de T.E. Lawrence et du général britannique Allenby.

Situation géopolitique à Damas (1918-1920)[modifier | modifier le code]

La révolte arabe (1916-1918) commencée en 1916 avec Hussein poursuit son avancée vers Damas. Elle est lancée pour obtenir l'indépendance de l'Arabie de l'Empire ottoman. T.E. Lawrence aide les arabes dans ce combat aux côtés de Fayçal ibn Hussein. Les Britanniques appuient le mouvement avec les troupes britanniques du général Allenby.

L’entrée des troupes britanniques le 1er octobre sous le commandement du général Allenby en 1918 à Damas, puis celle de Fayçal le 3 octobre, est humiliante pour la France après plusieurs siècles d’influence et de protectorat religieux au Levant[5]. Cette victoire britannique réveille de vieux antagonismes entre les alliés[5]. Elle est due à la présence sur le terrain d’une force militaire considérable, un million d’hommes, qui témoigne de l’ampleur de l’engagement britannique en Orient, contre de maigres effectifs entretenus par la France dans la région.

Le 2 octobre, soutenu par les nationalistes et politiciens damascènes locaux, Ali Riza Rikaby avait pris le contrôle du gouvernement militaire arabe des mains de Choukri Pacha al-Ayoubi, proclamé gouverneur provisoire deux jours auparavant. On avait alors hissé le drapeau chérifien et la nouvelle administration arabe avait proclamé son allégeance à Hussein en tant que roi de tous les Arabes.

11 novembre 1918 : retour de Lawrence à Londres où il propose la création de trois royaumes arabes ; la Syrie serait attribuée à Fayçal. 8 janvier 1919 : conférence de Paris où Lawrence assiste Fayçal. Les promesses faites aux arabes se heurtent aux intérêts franco-britanniques pour le partage du Proche-Orient

Durant l’absence de Fayçal en Europe s’occupant à défendre les intérêts arabes contre la détermination française, abandonné par ses alliés britanniques, son pouvoir en Syrie avait faibli. Les critiques contre lui devenaient virulents, surtout après l’accord Fayçal-Clemenceau à Paris le 9 janvier 1920.

Débarrassée de son allié rival britannique, la France a les mains libres sur le terrain. Sa politique en faveur de la création d’un grand Liban, ainsi que sa volonté de contrôler l’ensemble de la Syrie, rend inévitable à terme la confrontation avec Fayçal. Le 8 octobre 1919, le général Gouraud est nommé Haut-commissaire en Syrie-Cilicie, et les troupes françaises commencent à relever les Britanniques au Liban et sur le littoral syrien.

À partir de cette date, la situation se dégrade en Syrie et les nationalistes radicaux décrètent la mobilisation générale. Le 8 mars 1920, le Congrès arabe réuni à Damas, rejetant les accords Fayçal-Clemenceau, proclame unilatéralement l’indépendance et la création d’un royaume arabe syrien dans ses frontières naturelles, y compris la Palestine, et Fayçal comme roi de Syrie. Mais en avril 1920, la conférence de San Remo en Italie, confirmant les accords Sykes-Picot modifiés (accords sur les pétroles), donne à la France les mandats sur le Liban et la Syrie, au Royaume-Uni les mandats sur la Palestine, la Syrie du sud (Transjordanie) et l’Irak.

La tension est à son comble en Syrie et au Liban, les incidents se multiplient. Le 14 juillet 1920, le général Gouraud lance un ultimatum à Fayçal. Le 24 juillet 1920, la colonne française commandée par le général Goybet marchait sur Damas.

Mariano Goybet en transit au Caire rencontre le maréchal Allenby le 25 mars 1920. Allenby lui explique le fonctionnement féodal des tribus arabes de la région et les avantages que le Royaume-Uni souhaite en tirer pour leur contrôle de la région[6].

Sur le chemin de Damas[modifier | modifier le code]

Décidé à en finir avec la duplicité de l'émir Fayçal, le général Gouraud donna l'ordre au général Goybet d'attaquer l'armée chérifienne avec sa DI et d'occuper Damas peu après le passage de T. E. Lawrence dit Lawrence d'Arabie.

La colonne du général Goybet comprenait d’importants effectifs : infanterie constituée surtout de bataillons et de régiments sénégalais et marocains, batteries de 75 et de 155, sections d’auto-canons et d’automitrailleuses, deux formations de chars d’assaut, des compagnies de génie, de l’aviation ainsi que des éléments de réserve.

Les effectifs chérifiens sont équivalents à 1 300 hommes avec huit canons près de Medjel and-jar, 1 800 réguliers et bédouins avec trois canons à Khan meisseloun et Aîn Djedeidé, et 1 800 hommes avec canons vers la voie ferrée de Damas.

Après avoir traversé le Liban et l'anti-Liban, la 3e DI livra un violent combat à Khan Meiseloun ; victorieux, le général Goybet fit son entrée à Damas, le 25 juillet 1920, déposa l'émir Fayçal, pacifia le Hauran révolté et exerça le commandement du territoire de Damas, jusqu’à sa mise au cadre de réserve, le 17 août 1921. Il revint en France Commandeur de la Légion d'honneur et titulaire d'une 5e citation à l'ordre de l'armée, de la croix de guerre des TOE et de la médaille de Syrie.

Le 30 juin 1923, il est nommé général de division. Il obtient le grade de Grand Officier de la Légion d'honneur [6].

Victoire de Khan Meiseiloun[modifier | modifier le code]

Damas en juillet 1920.

Myriam Harry, dans L’Illustration article 'Avec le général Goybet à Damas' p. 134-136 du 21 août 1920, dit ceci :

« Le combat extrêmement acharné dura 8 heures dans le fameux défilé long de 6 kilomètres. Les Chérifiens avaient barré la route par un mur garni de mitrailleuses, croyant empêcher le passage des tanks, mais les tanks se sont glissés dans le ravin entre le mur et la montagne et, passant dans le bled, ils sont montés à l'assaut de la crête suivis par les fantassins du 415e, les Algériens et les Sénégalais marocains, lancés à tout galop, enveloppaient les positions d'un mouvement débordant. Et de la haut pleuvaient les obus, cinglait la mitraille. Plusieurs heures les tanks sont restés face à face avec les batteries et c'est seulement quand ils réussirent à mettre le feu aux caisses de munitions que les chérifiens lâchèrent pied et s'enfuirent désemparés complètement par la mort du ministre de la guerre Asmy Bey, tué à son poste par un éclat d'obus… »

Un colonel commandant les arrières gardes donne quelques détails :

« Quand l'armée en déroute est affluée vers Damas, le désarroi était absolu. L'émir Fayçal et son frère s'étaient enfuis. Hier soir est arrivé ici le nouveau ministre de la guerre, déclarant au général Goybet que la ville était à sa merci et n'opposait aucune résistance à ses troupes. Le général Goybet veut qu'on enterre Asmy Bey avec les honneurs militaires. Ce fut un remarquable officier turc. Si vous aviez vu ses positions, organisées comme les nôtres, avec des batteries, des tranchées et reliés aux postes de combat par des fils téléphoniques ! On se serait cru à la grande guerre. D'ailleurs tous les canons, tous les équipements venaient de chez les Boches, et toutes les caisses de munitions portaient l'inscription : Munitionen für die Turkei[7]… »

Le témoin plus loin a rattrapé les troupes du Général Goybet :

« Nous sommes arrivés à temps. Des 2 côtés du Barada se développent les troupes françaises, les premières troupes européennes qui soient jamais entrées dans la capitale des Ommiades - Les croisés l'ont assiégée en vain - et devant l'ancienne caserne turque, le conquérant de Damas, le général Goybet à cheval, regarde halé et rayonnant, défiler son armée victorieuse[7]. »

Le Général Goybet serait allé se recueillir sur la tombe de Saladin où il aurait prononcé la phrase : « Saladin, nous voilà de retour ! »[7].

Descendant de l'esclave de Damas[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un extrait des premières lignes de la première page du livre consacré à la famille de Montgolfier connue plus particulièrement pour ses inventeurs Joseph et Étienne à l'origine de la conquête de l'espace (Éditions G. de Bussac 1960) écrit par Léon Rostaing (671 pages). Le chapitre est intitulé Les origines de la famille Montgolfier.

S'il faut s'en rapporter aux traditions anciennes, deux membres de la famille, qui résidaient dans le petit village de Frankenthal en Bavière partirent pour l'Orient avec la première Croisade en 1095. Un seul en revint.

Les traditions de la famille admettent qu'au cours de la seconde croisade en 1147, un Jean Montgolfier, neveu de ce dernier fut fait prisonnier et fut esclave à Damas, où il travailla pendant trois ans à la fabrication du papier de coton. Or, sept cent soixante dix ans après, un descendant de l'esclave de Damas, le général Mariano Goybet, commandant de la 3e division de l'armée française du Levant, entrait en vainqueur dans cette ville le 25 juillet 1920, après avoir écrasé la veille au dur combat de Kan Meiseloun, l'armée de l'émir Fayçal.

« J'ai « régné » pendant un an sur Damas et son oasis; me souvenant de Jean de Montgolfier, j'ai tenu à visiter sur les rives du Barada les vieux moulins à papier, où l'on fait du papier de coton à la forme. Étant donné l'immobilité de l'Orient, j'ai certainement vu les vieilles cuves auprès desquelles travaillait notre parent. [...] Cette « revanche » à longue échéance n'est elle pas curieuse ? »

— Général Mariano Goybet, 19 janvier 1933

Retraite[modifier | modifier le code]

Il était très attaché aux anciens combattants et lorsque ceux de Yenne le choisirent comme président, il se voua à leur service. Sa devise est « unis comme au front ». Les partis lui étaient indifférents. Pour lui une seule chose comptait : « la France à aimer et à servir ». Il était ami avec les Gouraud, Pétain, Debeney[8].

Il aurait traité ses soldats toujours de façon juste. Il a eu le souci de bien traiter les troupes noires américaines dont il avait la charge[8].

Il était considéré par ses supérieurs comme un bon tacticien et un homme courageux[8].

Descendance[modifier | modifier le code]

Mariage[modifier | modifier le code]

Mariano Goybet épousa Marguerite Lespieau le 1er juillet 1887 (1868-1963), fille de son général Théodore Lespieau (1829-1911).

Enfants[modifier | modifier le code]

Il eut une fille Claire née en 1896 et trois fils dont Pierre Goybet (1887-1963), contre-amiral qui suivra, et deux autres fils morts pour la France durant la grande guerre que sont Adrien et Frédéric qui suivent.

Adrien Goybet (1889-1915) (champion international de ski militaire en 1908) : il fut affecté comme sergent au régiment des tirailleurs marocains. Il fut nommé adjudant et conduisit sa section à l'assaut de la tranchée des allemands en 1915. Il fut tué à l'ennemi loin dans les lignes allemandes devant Somme Py. Croix de guerre avec Palmes, médaille du Maroc.

Frédéric Goybet (1891-1914) lycée Louis-le-Grand : reçu 1er sur 42 à l'examen de sous-officier. Nommé sergent, il fait un stage dans l'aviation. Il partit pour les Vosges en 1914. Le 19 août, il entraîna ses chasseurs à l'attaque des hauteurs de Gunsbach. Il y fut mortellement blessé. Croix de guerre avec Palmes.

Oncles[modifier | modifier le code]

Antoine Goybet (1787-1867) Chevalier de la Légion d'honneur : Alexis Goybet, grand-père de Mariano marié à Louise de Montgolfier petite nièce des Montgolfier, est le frère d'Antoine Goybet, premier maire de la ville de Yenne entre 1836 et 1867.

Général de Division Charles Goybet (1825-1910) Grand Officier de la Légion d'Honneur : inspecteur général de la cavalerie

Laurent Goybet (1833-1912) Chevalier de la Légion d'honneur : conseiller de préfecture à Nice, Grand Juge de Monaco.

Frères[modifier | modifier le code]

Général de division Victor Goybet (1865-1947) Grand Officier de la Légion d'honneur : il accomplit presque toute sa carrière dans les troupes alpines. Blessé en 1914 et en 1916. Commandant du 101e régiment d'infanterie de ligne puis Commandant de la 79e brigade, il participe à la défense de Verdun. Il prend part à l'offensive de la Somme (1916). Il prend le commandement de la 65e division d'infanterie. Il occupe Mayance le 9 décembre 1917. Il eut pour fils le colonel Charles Goybet né en 1898. Officier de la Légion d'honneur qui participa aux deux guerres 1914-1918 (Chemin des Dames, Somme) et 39-45 (Campagne de Norvège). Il fit également la campagne de Syrie (1920-1921).

Capitaine de vaisseau Henri Goybet (1868-1958), commandeur de la Légion d'honneur. Il prit part à la campagne de Chine à bord du Mytho (1900-1901). En 1914 il organise pour la défense du camp retranché de Paris 10 sections d'autos-projecteurs sous le commandement du général Galliéni. Envoyé en mission en France et en Algérie pour la défense contre les sous-marins. En novembre 1917 il est chef d'état-major du vice-amiral Ronach qu'il rejoint à Dunkerque. À l'armistice il est successivement commandant de la base navale de Tarente puis de celle de Beyrouth.

Descendance[modifier | modifier le code]

Le fils de Mariano Pierre Goybet (1867-1963) (contre-amiral) est commandeur de la Légion d'honneur. Le petit-fils de Mariano, le chef de bataillon Adrien Goybet (1922-1995) perpétua également le service de la nation, élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur créant une lignée de trois légionnaires au service du bien commun répondant aux critères de l'ordonnance de 1814 destinée à « perpétuer dans les familles le zèle pour le bien de l'État par d'honorables souvenirs ». Henri Goybet, attaché de direction bancaire, fils d'Adrien fit son service dans les chasseurs alpins (27e bataillon de chasseurs alpins) en hommage à Mariano, Alpin lui-même. Filmé à New York fin 2007, il participe à la réalisation du film sur le fanion de la 157e division (composée de deux régiments africain-américains et d'un régiment français), commandée par son arrière-grand-père en 1917-1918, The Red Hand Flag pour la chaine américaine PBS diffusé en juillet 2008. Il appartient à l'association des Honneurs héréditaires qui regroupe les familles désignées spécialement par cette ordonnance de Louis XVIII.

Contre-amiral Pierre Goybet (1887-1963), commandeur de la Légion d’honneur. Pierre Goybet épousa sa cousine Germaine Henriette Goybet fille d'Henri. Pour ce mariage il fallut demander l'autorisation du pape. Ils eurent Marguerite, Adrien légionnaire, Françoise et Claude capitaine de marine marchande. Il commence la guerre de 1914-1918 comme canonnier marin (Lorraine, Verdun) et la termine comme aide de camp du contre-amiral Amet. Pierre détaché au ministère des Inventions, en 1918, mit au point les « nomogrammes » des calculs du tir (voir nomogramme). Entre les deux guerres il est notamment, le 20 juillet 1933, nommé commandant de la Ville D’Ys, aviso escorteur qui commande la flottille Terre Neuve, Groenland, Canada, Labrador puis il exerce sur le Jules-Verne (ravitailleur de sous-marins). En 1940, il est commandant du croiseur Primauguet, le plus rapide de la flotte. Il débarque à Aruba (Antilles) en avril 1940 avec ses troupes marines pour protéger les installations de la Standard et Shell Petroleum contre les attaques allemandes. Le 25 juin 1940, bien qu’attaqué au départ par les Allemands au départ du Verdon, il porte une partie des réserves du stock d’or de la Banque de France, l’or et les bijoux de la Couronne belge pour le mettre en lieu sûr à Casablanca. Croiseur Primauguet commandé par Pierre Goybet. Présentation par lui-même.

« Le Primauguet croiseur de 8 000 tonnes « Washington » ce qui lui en faisait bien 11 500, 120 000 chevaux, quatre hélices, 32 nœuds, 8 canons de 155 mm en tourelles doubles, merveilleux bâtiment de mer, avait un état-major que j'aurai choisi, si j'en avais eu le droit, et équipage hors série qui avait toujours le sourire et qui ne demandait qu'à avoir l'occasion de se bagarrer. Un bateau comme ça, ça se commande tout seul. De plus ce bateau béni n'était embrigadé dans aucune escadre, dans aucune division et naviguait toujours « à la part ». On le prêtait de Casa, Fort-de-France, ou à Dakar. »

En novembre 1942, débarquement des Américains. Il est commandant du port de Casablanca. Il reçoit les généraux Patton, Kees et Wilburg pour traiter de la cessation des hostilités. Il est nommé contre-amiral pour fait de guerre le même jour que Wilburg passait général.

Chef de bataillon Adrien Goybet (1922-1957), chevalier de la Légion d’honneur. Chef de bataillon d’infanterie de marine parachutiste. Il suit l’entraînement spécial des missions marines (commando ; parachute ; renseignement, démolition) en Australie et en Inde (1944-1945) avec les troupes britanniques de la force 136 sous les ordres de l’amiral Mountbatten (unité dont un commando inspira le fameux « Pont de la rivière Kwai ».) En juin 1945 il est parachuté en mission spéciale au Cambodge encore occupé par les Japonais. Parachutage en aveugle sans comité de réception au sol. Il prépare le débarquement des troupes du général Leclerc. Ensuite c’est la Guinée, le Maroc, puis l’Indochine (1951-1954) comme officier de renseignement du secteur le plus exposé du Tonkin à savoir Phu Ly. Il participe à toutes les opérations du secteur à la tête des unités qu’il renseigne. Il est ensuite commandant de l’escadron blindé de Pointe Noire (Congo). (1955-1958). Guerre d’Algérie (1958-1961). Il est notamment Commandant des sous quartiers de Rokmia et de Lannoy dans les montagnes du Constantinois. Il s’est particulièrement distingué le 7 mars 1959 où sa compagnie a accroché et donné l’assaut à deux reprises à une bande rebelle invincible depuis plus de quatre ans. À Nouméa en 1962, il est affecté à l’état-major du commandement supérieur des troupes du Pacifique. Il finit sa carrière militaire comme directeur de l’enseignement de l’anglais à l’école d’application de l’infanterie (Saint-Cyriens) de Saint-Maixent[9].

Décorations principales[modifier | modifier le code]

Livre de famille de Mariano Goybet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. {{Livre enluminé de Mariano Goybet, livre d'Henri Jaillard, informations de Pierre Jaillard (descendance Louis VIII), Henri Goybet tiré de son site http://www.goybet.e-monsite.com/ famille du Chevalier Goybet }}
  2. a, b, c et d Livre de Mariano Goybet Œuvre enluminée consultable archives de Savoie pour sa valeur artistique cote IJ 288. Rédaction 1898-1931.200 pages enluminées numérotées sur parchemin, CD ROM consultables
  3. a et b (en) Chester D. Heywood, Negro combat troops in the world war,‎ 1928, p. 302
  4. Negro combat troops in the world war par Chester D. Heywood, 1928, page 302
  5. a et b Samir Anhoury http://www.maaber.org/issue_august03/lookout2f.htm : La Syrie et le mandat français 1920-1946
  6. a et b Mariano Goybet et Henri Goybet, Carnets de campagne de Syrie,‎ 1920, « Notes »
  7. a, b et c Myriam Harry, « Avec le général Goybet à Damas », Illustration,‎ 21 août 1920
  8. a, b et c Marguerite Lespieau épouse de Mariano Goybet Journal 1930
  9. Henri Jaillard son livre: Les GOYBET de la vallée de Yenne ; Mariano Goybet : Livre de famille ; Henri Goybet : Son site Famille du Chevalier Goybet

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Livre de famille de Mariano Goybet. Œuvre enluminée consultable archives de Savoie pour sa valeur artistique cote IJ 288. Rédaction 1898-1931.200 pages enluminées numérotées sur parchemin, CD ROM consultables
  • Site Famille du Chevalier Goybet écrit par Henri Goybet, matrice de l'article Wikipedia
  • les Goybet, Henri Jaillard son livre intitulé Les Goybet de la vallée de Yenne, 25.08.64 consultable Archives de Savoie
  • Informations de Pierre Jaillard (Président héraldique de France, administrateur A.H.H.)
  • Negro combat troops in the world war by Chester D. Heywood 1928
  • Official History of American Negro in the world war by E.J. Scott. Secretary of war, 1929
  • La famille Montgolfier par Leon Rostaing, p. 1. Éditions de Bussac 3 décembre 1960
  • Carnets de campagne de Syrie de Mariano Goybet
  • Myriam Harry article de L’Illustration du 21 août 1920