Auguste Bravais

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Auguste Bravais (v. 1850).

Auguste Bravais, né à Annonay le 23 août 1811 et mort au Chesnay, près de Versailles, le 30 mars 1863, est un astronome et physicien, minéralogiste et géologue français réputé pour ses travaux fondamentaux en cristallographie, en particulier les réseaux de Bravais et les lois de Bravais. Ce polytechnicien qui a choisi le service de la marine française, puis l'enseignement des mathématiques appliquées et de la physique, a laissé de remarquables observations en géologie, en minéralogie sur les réseaux cristallins, en géophysique sur l'atmosphère, sur les phénomènes optiques et sur les rivages des côtes, avant de devenir membre de l'Institut en 1854.

Biographie[modifier | modifier le code]

Auguste fait ses études à Paris au collège Stanislas, puis entre à l'École Polytechnique en 1829. Grand aventurier à défaut d'être astronome, son rêve de jeunesse, il devient officier de marine et embarque sur le Finistère en 1832, puis sur le Loiret. Il collabore à des travaux d'hydrographie le long des côtes algériennes. Il participe à l'expédition de la Recherche, envoyée au Spitzberg et en Laponie au secours de la Lilloise.

Il professe un cours de mathématiques appliquées à l'astronomie à la Faculté des sciences de Lyon à partir de 1840 et succède à Victor Le Chevalier à la chaire de physique de l'École polytechnique entre 1845 et 1856, date à laquelle il est remplacé par Henri Hureau de Senarmont. Il publie un mémoire traitant de cristallographie en 1847.

Cofondateur de la Société météorologique française, il succède à Albin Reine Roussin à l'Académie des sciences en 1854.

Chercheur fécond[modifier | modifier le code]

Revenu à terre plus souvent à partir de la fin des années 1830, l'officier de marine trentenaire se consacre à des recherches approfondies. Il part souvent de ses observations en bureau, sur le terrain de ses expéditions maritimes ou voire en mer où la contemplation du ciel et de l'atmosphère s'imposent, et construit une approche descriptive qu'il développe et généralise avec des outils de physique mathématique. Il suit ou participe aussi à la vie des sociétés savantes qui œuvrent dans ses domaines de prédilection.

Il est ainsi un des premiers scientifiques européens à signaler la remontée isostatique de la presqu'île scandinave[1].

Auguste étudie dans les années 1840 l'optique des phénomènes atmosphériques, en particulier les parhélies et les halos. Le chercheur sportif et bien équipé gravit dans ce but studieux le sommet du Mont-Blanc en 1845 !

À l'époque du formidable essor de la géologie et de l'optique, ce chercheur que n'a jamais quitté l'attrait de l'astronomie, à l'exemple de nombreux polytechniciens nés dans la même décennie comme Hervé Faye ou Aimé Laussedat, ne peut rester insensible à poser des bases de physique ouvrant la porte à une meilleure compréhension et modélisation des phénomènes observables.

Il pose l'hypothèse d'une structure réticulaire des cristaux en 1849. En appliquant les principes de la géométrie, il dénombre quatorze types différents de réseaux cristallins. Les fameux réseaux de Bravais, proposés pour rendre compte des propriétés d'anisotropie et de symétrie observables des milieux cristallins solides, sont vérifiés en 1912 par Max von Laue, en utilisant pour la première fois la diffraction des rayons X.

Œuvres les plus connues[modifier | modifier le code]

  • Essai sur la disposition générale des feuilles rectisériées, 1839
  • Sur l'équilibre des corps flottants, 1840
  • Mémoire sur les lignes d'anciens niveaux de mer dans la Finmark, 1841
  • Mémoire sur les courants ascendants de l'atmosphère, 1843
  • Mémoire sur le mouvement propre du soleil dans l'espace, 1843
  • Notice sur les parhélies qui sont situés à la même hauteur que le soleil, 1845
  • Notice sur l'arc-en-ciel blanc, 1845
  • Mémoire sur les halos et les phénomènes optiques qui les accompagnent, publié aussi dans le Journal de l'école royale polytechnique, 18, 1, 1847
  • Sur les polyèdres symétriques, 1849
  • Étude sur la cristallographie, 1851
  • Notice sur un nouveau polariscope, suivie de recherches sur les doubles réfractions peu énergiques, 1851
  • Sur l'influence qu'exerce la rotation de la terre sur le mouvement du pendule conique, 1854

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est évident que localement, en particulier sur les côtes de la Baltique et les rivages du golfe de Botnie, des anciennes avancées de terres étaient connues des paysans et des autorités. Mais l'observation n'était nullement systématique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Bravais: Mémoire sur les systèmes formés par des points distribués régulièrement sur un plan ou dans l'espace, Journal de l'Ecole Polytechnique 19: 1-128; traduction allemande par C. et E. Blasius: Abhandlung über die Systeme von regelmässig auf einer Ebene oder im Raum vertheilten Punkten, Leipzig: Engelmann, 1897 (= Ostwalds Klassiker der exakten Wissenschaften, 90).
  • Locher, Fabien, Le Savant et la Tempête. Étudier l’atmosphère et prévoir le temps au XIXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Carnot »,‎ 2008