Stibine (minéral)

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Stibine
Catégorie II : sulfures et sulfosels[1]
Stibine - Ichinokawa Shikoku Japon (38,2x11cm)

Stibine - Ichinokawa Shikoku Japon (38,2x11cm)
Général
Numéro CAS 1345-04-6
Classe de Strunz 2.DB.05
Formule brute S3Sb2Sb2S3
Identification
Masse formulaire[2] 339,715 ± 0,017 uma
S 28,32 %, Sb 71,68 %,
Couleur noir; gris de plomb; bleuâtre; noirâtre; irisé; gris noir bleuâtre
Classe cristalline et groupe d'espace dipyramidale ; Pbnm
Système cristallin orthorhombique
Réseau de Bravais Primitif P
Macle Rare sur {130},{120} et {310}
Clivage parfait selon {010}, imparfait sur {100}et {110} les plans de clivage ont un fort éclat métallique
Cassure irrégulière, subconchoïdale, conchoïdale
Habitus Prismatique, aciculaire, lamellaire, courbe, pseudooctaédrique.
Échelle de Mohs 2 − 2,5
Trait gris, noir rougeâtre
Éclat métallique, mat
Propriétés optiques
Dispersion 2vz ~ 25°45'
Fluorescence ultraviolet aucune
Transparence opaque
Propriétés chimiques
Masse volumique 4.12—4.64 g/cm³
Densité 4,6
Température de fusion 546 °C
Fusibilité ebullition à ~1 150 °C
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune
Précautions
Directive 67/548/EEC
Dangereux pour l’environnement
N



SIMDUT[4]

Produit non contrôlé
Classification du CIRC
Groupe 3 : Inclassable quant à sa cancérogénicité pour l'Homme[3]
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La stibine est une espèce minérale composée de sulfure d'antimoine de formule idéale Sb2S3 avec des traces de As ; Tl ; Fe ; Pb ; Cu ; Zn ; Co ; Ag ; Au ; Bi. La stibnite forme une série avec la bismuthinite.

Historique de la description et appellations[modifier | modifier le code]

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

La première trace écrite provient en 77 de Pline. C'est François Sulpice Beudant qui est l'inventeur du terme stibine, du grec « STIBI » = ou du latin « STIBIUM », ancien nom de l'antimoine[5].

Topotype[modifier | modifier le code]

Le topotype moderne est à : Ichinokawa, ile de Shikoku, Japon

Synonymie[modifier | modifier le code]

Caractéristiques physico-chimiques[modifier | modifier le code]

Critères de détermination[modifier | modifier le code]

  • Fond à la flamme d’une bougie en la colorant en bleu.
  • Facilement attaqué par HCl avec dégagement de H2S.
  • Clivage parfait selon {010}, les plans du clivage ont un fort éclat métallique.

Variété[modifier | modifier le code]

  • sélénio-stibine (syn. selenian stibnite) stibine sélénifère de formule idéale Sb2(S,Se)3 trouvée dans deux occurrences chinoises :

Laerma (La'erma) province de Gansu
et Qiongme (Quongme) province du Sichuan[9];
et à Przecznica en basse Silésie (Pologne)[10].

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

  • Elle forme une série avec la bismuthinite.
  • La stibine sert de chef de file à un groupe de minéraux isostructuraux

Groupe de la stibine[modifier | modifier le code]

Cristallographie[modifier | modifier le code]

  • Paramètres de la maille conventionnelle : a = 11,229 Å, b = 11,31 Å, c = 3,893 Å, Z = 4 ; V = 494,41 Å3
  • Densité calculée = 4,56

Gîtes et gisements[modifier | modifier le code]

Gîtologie et minéraux associés[modifier | modifier le code]

Gîtologie 
Se rencontre dans les filons hydrothermaux à travers un large éventail de températures.
Minéraux associés 
ankérite, arsénopyrite, baryte, calcite, cervantite, cinabre, galène, marcasite, orpiment, pyrite, quartz, réalgar, stibiconite.

Gisements producteurs de spécimens remarquables[modifier | modifier le code]

Présente dans de très nombreuses occurrences dans le monde.

  • Allemagne
Graf Jost-Christian Zeche, Wolfsberg, Harzgerode, Harz, Sachsen-Anhalt[11]
  • Chine
Mine de Tongren, district de Wanshan, Guizhou[12]
  • France
la mine de « La Lucette » (Mayenne).
  • Italie
Miniera del Tafone, Manciano, Grosseto, Toscane[13]
  • Japon
Mine d’Ichinokawa, Saijo, Préfecture d’Ehime, île de Shikoku.
Cette mine passe pour avoir donné les plus beaux cristaux de cette espèce minérale. Les plus grands cristaux, pouvant dépasser 40 cm, ont été trouvés au XIXe siècle, au moment de l’apogée de l’extraction du filon (16 600 tonnes d’antimoine ont été extraites de 1875 à 1900). Cette mine a été fermée en 1950.
Beaucoup de pièces de cette occurrence sont, à tort, étiquetées : « Iyo province[14] ».
  • Roumanie
Herja (Kisbánya), Baia Mare (Nagybánya), Maramures Co.
Baia Sprie (Felsöbánya), Maramures Co.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Exploitation des gisements[modifier | modifier le code]

Utilisations 
C'est le principal minerai de l'antimoine, elle est utilisée dans la fabrication d'allumettes de sûreté, de pièces pyrotechniques et dans la vulcanisation du caoutchouc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, « Evaluations Globales de la Cancérogénicité pour l'Homme, Groupe 3 : Inclassables quant à leur cancérogénicité pour l'Homme », sur http://monographs.iarc.fr, CIRC,‎ 16 janvier 2009 (consulté en 22 août 2009)
  4. « Trisulfure d'antimoine » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  5. Nouveau manuel complet de minéralogie, Volume 1 Par Jean-Jacques-Nicolas Huot P191 1841
  6. Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle : Volume 2 P214 1816 Par Jacques Eustache de Sève
  7. Traité de chimie élémentaire, théorique et pratique, Volume 1 Par Louis Jacques Thénard 1824
  8. An index of mineral species & varieties arranged chemically : with an alphabetical index of accepted mineral names and synonyms Max Hutchinson Hey, British Museum (Natural History). Dept. of Mineralogy
  9. Jiajun Liu, Minghua Zheng, Jianming Liu, and Wenchao Su (2000) : Ore Geology Reviews 17, 91-111.
  10. Kucha H., Mochnacka K. 1986 : Preliminary report on bismuth minerals from the Gierczyn tin deposits, Lower Silesia, Poland. Mineralogia Polonica, vol. 17, 55-61
  11. Hansper, U. (2006) : Eigenfunde : Zinkenite mit Miargyrit aus Wolfsberg, Harz. LAPIS 13 (2), 37
  12. P. Bancroft, Gem and Crystal Treasures pg 267
  13. Ciriotti, M.E., Fascio, L., Pasero, M. (2009) : Italian Type Minerals. PLUS - University of Pisa, Ed., Pisa, 357 pp.
  14. Mineral. Rec. :20:24

Bibliographie : Zeitschrift für Kristallographie, volume 142, pp. 447(1976)

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