Louis Antoine de Bourbon-Condé

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Louis Antoine de Bourbon-Condé
Louis Antoine de Bourbon-Condé adulte, par Jean-Michel Moreau, château d'Aulteribe.
Louis Antoine de Bourbon-Condé adulte, par Jean-Michel Moreau, château d'Aulteribe.

Naissance
Chantilly
Décès (à 31 ans)
Vincennes
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Flag of Royalist France.svg Armée des émigrés
Arme Coat of arms of the Duke of Enghien.png
Conflits Guerres de la Révolution française
Distinctions Croix de Saint-Louis
Famille Fils unique de Louis VI Henri de Bourbon-Condé et de Louise Marie Thérèse Bathilde

Louis Antoine Henri de Bourbon-Condé, duc d’Enghien (Chantilly, 1772Vincennes, ) est un prince du sang français. Il est le 10e et dernier duc d'Enghien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils unique de Louis, dernier prince de Condé et de Louise Marie Thérèse Bathilde d'Orléans, il est le dernier descendant de la Maison de Condé.

Après un début d'union romanesque, ses parents se séparent en 1781. Sa mère est confinée au château de Chantilly.

Dès 1789, quelques jours après la chute de la Bastille et devant les troubles révolutionnaires, le jeune duc d'Enghien, âgé de 17 ans, rejoint l'Armée des émigrés qui se forme outre-Rhin sous le commandement de son grand-père, le prince de Condé et de son père, le duc de Bourbon. Le but de cette armée est de marcher sur la France pour restaurer l'Ancien Régime.

En 1792, le duc d'Enghien prend la tête de l'auto-proclamée Armée Royale Française. Cette dernière s'engage dans la tentative d'invasion (avortée) de la France aux côtés des armées alliées autrichienne et prussienne réunies sous le commandement du duc Charles-Guillaume Ferdinand de Brunswick. Néanmoins, Le , il reçoit des mains du comte de Provence la Croix de Saint-Louis pour son comportement valeureux dans l'armée de Condé[1].

Il se réfugie à Ettenheim, dans le margraviat de Bade, à quelques lieues de la frontière française.

Ses projets de mariage avec la princesse Caroline de Bade ayant été contrariés par le margrave Charles-Frédéric, il vit ouvertement avec la femme de sa vie, Charlotte de Rohan-Rochefort[2],[3].

L'affaire du Duc d'Enghien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire du Duc d'Enghien.

Napoléon Bonaparte, Premier Consul de France, le soupçonne d'être à l'origine d'un nouveau complot royaliste en compagnie de Dumouriez[4], suite à une perquisition chez le cousin de Chateaubriand, Armand de Chateaubriand (fusillé plus tard). Il le fait enlever par une troupe de soldats menés par le général Ordener dans la nuit du 15 au .

Bonaparte ne tarde pas à découvrir la vérité, grâce à des papiers saisis par les membres de l'opération, prouvant que le duc d'Enghien porte les armes contre la République et envoie des assassins, par le biais de l'Angleterre, contre la personne du premier consul. Le duc est presque immédiatement traduit devant un conseil de guerre présidé par Pierre-Augustin Hulin. Après un simulacre de jugement, il est condamné à mort et fusillé dans les fossés du Château de Vincennes le . Son corps est jeté dans une tombe creusée à l'avance au pied du Pavillon de la Reine.

Cette exécution, presque sans intérêt politique, soulève des vagues d'indignation dans les cours européennes. Les royalistes accusent Bonaparte de s'être lâchement débarrassé du dernier descendant de l'illustre Maison de France. Mais beaucoup de ceux qui s'étaient émus du sort du duc d'Enghien se rallièrent à Napoléon dès que celui-ci parut solidement installé sur son nouveau trône d'« Empereur des Français ».

Plus tard, la Restauration fait du duc d'Enghien un des martyrs de la royauté. En 1816, Louis XVIII fait transporter les cendres du duc d'Enghien dans la Sainte-Chapelle de Vincennes, sous un monument d'Alexandre Lenoir. En 1832, le légitimiste Édouard d'Anglemont lui consacre une tragédie. Dans ses Mémoires d'outre-tombe (1848), Chateaubriand écrit des pages admirables sur l'exécution du duc d'Enghien, qui l'a profondément marqué. Antoine Boulay (1761-1840), député de la Meurthe stigmatise cette exécution qui reste à ses yeux pour l'Empire, non seulement un « crime », mais pire une « faute ».

À l'image des généraux vendéens, son souvenir reste aujourd'hui vivace dans les milieux royalistes. Le bicentenaire de sa mort est l'occasion de colloques et de débats.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Référence dans la littérature[modifier | modifier le code]

L'histoire du duc d'Enghien est discutée par un groupe d'aristocrates dans la première partie de La Guerre et la Paix de Tolstoï. Pierre Bézoukhov est le seul à défendre l'acte de Napoléon en expliquant : « […] les Bourbons ont fui la Révolution, livrant le peuple à l'anarchie ; Napoléon seul a su comprendre la révolution et la vaincre, et puisqu'il s'agissait du bien général, il ne pouvait reculer devant la mort d'un seul homme. »

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Louis Antoine Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien (1772-1804) Croix de Saint Louis », sur www.napoleon-empire.net (consulté le 25 novembre 2010)
  2. Bien qu'issue de la très haute noblesse bretonne, Charlotte de Rohan-Rochefort n'épousera jamais le duc d'Enghien car le prince de Condé, grand-père du duc d'Enghien, aurait désapprouvé cette union
  3. (fr) « Louis Antoine de Bourbon-Condé duc d'Enghien (v. 1772 - v. 1804) », sur www.roi-france.com (consulté le 25 novembre 2010)
  4. Ce complot est, en fait, ourdi par Cadoudal et Pichegru)