Pierre-Augustin Hulin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hulin (homonymie).
Pierre-Augustin Hulin
Image illustrative de l'article Pierre-Augustin Hulin

Naissance 6 septembre 1758
Paris
Décès 10 janvier 1841 (à 83 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade général de division
Années de service 17711815
Distinctions comte de l'Empire
grand officier de la Légion d'honneur
grand-croix de l'ordre de la Réunion

Pierre-Augustin Hulin, né à Paris le 6 septembre 1758 et mort dans la même ville le 10 janvier 1841, est un général français de la Révolution et de l’Empire ayant joué un rôle important lors de la prise de la Bastille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père était marchand fripier. Il entre au service en 1771 dans le régiment de Champagne-Infanterie ; il passe en 1772 au régiment des Gardes suisses, où il est nommé sergent le 7 août 1780.

Le 14 juillet 1789, Hulin se met avec l'huissier Maillard à la tête du peuple insurgé, marchant à la Bastille, et entre un des premiers dans la forteresse. Hulin chercha, en vain, à sauver le gouverneur de Launay que le peuple voulait massacrer, et que, pour donner le change, il couvrit de son chapeau, ce qui lui permit de conduire son prisonnier sain et sauf jusqu'à l'Hôtel de ville de Paris, où lui-même faillit être victime de la fureur populaire,

Le 15 juillet, lorsque Bailly est élu maire de Paris, c'est Hulin qui approuve par son immense popularité le choix que venaient de faire les parisiens de leur premier magistrat municipal. Le 8 octobre, il est promu au grade de capitaine-commandant de la huitième compagnie de chasseurs soldés.

Hulin, commandant des volontaires de la Bastille, prit sa part dans toutes les grandes journées de la Révolution française, à Versailles, au 10 août. Jeté en prison comme modéré, il en sortit après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).

Ayant pris du service en l'an II dans l'armée d'Italie, il reçoit du général Napoléon Bonaparte le grade d'adjudant-général. En l'an II, il commande à Nice, à Livourne ; en l'an III à Klagenfurth, en l'an IV à Milan, en l'an V à Ferrare. Il est chef d'état-major de la division Richepanse en l'an VIII, officier supérieur du palais en l'an IX, et en l'an X chef de l'état-major de la division Rivaud en Espagne.

Le 27 messidor an X (16 juillet 1802), Hulin reçoit du premier Consul l'ordre de se rendre secrètement à Alger auprès du Dey. Malgré des difficultés multiples, la mission fut un plein succès qui valut à Hulin les témoignages de la plus haute satisfaction à son retour.

En garnison à Gênes, il prend une part des plus actives à la défense de la ville. Envoyé en mission auprès des consuls, il suit Bonaparte à l'armée de réserve et est nommé chef d'état-major de la division Watrin. Après la bataille de Marengo, il commande de nouveau la place de Milan. En l'an XII, il est promu au grade de général de brigade, avec le commandement des grenadiers à pieds de la garde consulaire. Le 19 frimaire de la même année, il reçoit la croix d'honneur.

Le 29 ventôse suivant, le général Hulin est désigné pour présider la commission militaire chargée de décider du sort du duc d'Enghien ; les efforts du président de la Commission pour sauver l'accusé furent entravés par l'empressement que l'on mit à faire exécuter la sentence. Au moment où le général Hulin écrivait au premier Consul pour lui faire part du désir du duc d'Enghien de s'entretenir, avant de mourir, avec le chef de la République française, la plume lui fut arrachée des mains par une personne que le général n'a pas voulu nommer.

Hulin est promu en l'an XII au grade de commandeur de la Légion d'honneur, envoyé à la Grande Armée en 1805 et chargé du commandement de Vienne. Il fait, en 1806, la campagne de Prusse à l'issue de laquelle il reçoit le commandement de Berlin.

À son retour à Paris, en 1807, Hulin est nommé général de division le 9 août, avec le commandement de la 1re division militaire. Nommé comte de l'Empire en 1808, il est, en 1809, pourvu d'une dotation de 25 000 francs sur le domaine de Hayen en Hanovre et reçoit en 1811 les insignes et la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Il avait également reçu l'Ordre du Lion « de Bavière »[1].

Tombe à Montparnasse

Le général-comte Hulin commandait la place de Paris et la première division lors de la conspiration de Malet en 1812, et faillit périr victime de cette audacieuse tentative. Malet s'étant adressé à lui, et voyant ses ouvertures mal reçues, lui tira à bout portant un coup de pistolet qui lui fracassa la mâchoire. Il sera surnommé : général bouffe la balle.

Nommé grand-croix de l'ordre de la Réunion le 3 avril 1813, le comte Hulin conduit jusqu'à Blois, en mars 1814, l'impératrice régente Marie-Louise. Le 8 avril suivant, après l'abdication de Fontainebleau, il envoie au gouvernement provisoire son adhésion aux mesures récemment adoptées.

La Restauration lui ôte le commandement de la 1re division qui lui fut rendue aux Cent-Jours. Banni par l'ordonnance du 24 juillet 1815, le général Hulin se retire en Belgique et de là en Hollande. Il paraissait fixé dans ce pays lorsque l'ordonnance du 1er décembre 1819 lui rouvre les portes de la France. Rentré dans sa patrie, il vécut quelques années dans une propriété située dans le Nivernais, puis au château des Marmousets à la Queue-en-Brie (Val-de-Marne), où il vécut dans la retraite.

Le comte Hulin, qui avait perdu la vue depuis quelques années, meurt à Paris, le 10 janvier 1841, laissant pour héritier de ses titres et de son nom, son neveu et fils adoptif, Henri Hulin, capitaine à l'armée d'Afrique. Son exécuteur testamentaire est le colonel en retraite Étienne Pierre Fournier, officier de la Légion d'honneur.

Source[modifier | modifier le code]

« Pierre-Augustin Hulin », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]