Kaspar Villiger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Kaspar Villiger
Photo Officielle de Kaspar Villiger
Photo Officielle de Kaspar Villiger
Fonctions
99 e conseiller fédéral
Élection
Prédécesseur Elisabeth Kopp
Successeur Hans-Rudolf Merz
Chef du Département Militaire fédéral
Prédécesseur Arnold Koller
Successeur Adolf Ogi
Chef du Département fédéral des finances
Prédécesseur Otto Stich
Successeur Hans-Rudolf Merz
Conseiller aux États
Conseiller National
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Origine Canton de Lucerne
Parti politique Parti Radical-Démocratique (PRD)
Diplômé de École polytechnique de Zurich
Profession Ingénieur
Liste des conseillers fédéraux de Suisse

Kaspar Villiger, né le à Pfeffikon (Lucerne), est un homme politique et un industriel suisse (cigares Villiger Söhne AG - Lucerne), membre du Parti radical-démocratique. Il fut conseiller fédéral de 1989 à 2003. En 2009, il est nommé président du conseil d'administration de UBS.

Ingénieur en mécanique de l'EPFZ et chef d'entreprise[modifier | modifier le code]

À peine son diplôme d’ingénieur de l’École polytechnique de Zurich (EPFZ) en poche, Kaspar Villiger reprend à 25 ans la fabrique familiale de cigares Villiger Fils SA. Sous sa houlette, le groupe Villiger prospère considérablement pour atteindre 400 employés, et se diversifie dans la fabrication de vélos. On l'appelle familièrement M. "Vélo-cigare".

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Député radical au Grand Conseil du canton de Lucerne de 1972 à 1982. Il est député au Conseil national de 1982 à 1987 puis député au Conseil des États de 1987 à 1989.

En tant que conseiller national, il est membre de la commission des affaires militaires de 1983 à 1987. Au Conseil des États, il sera membre de la commission de gestion et de la commission des transports. Au Parlement fédéral ses chevaux de bataille sont alors le droit des sociétés anonymes, les paiements directs à l’agriculture ou l’énergie.

Élu au Conseil fédéral à la faveur d'une crise politique[modifier | modifier le code]

Le 1er février 1989, lorsqu'il est élu dès le 1er tour au Conseil fédéral dans le lourd climat consécutif à la démission d’Elisabeth Kopp, Kaspar Villiger ouvre une en faveur des partis minoritaires. Issu d'un canton à dominante démocrate-chrétienne, sa candidature radicale – ou plus exactement libérale puisque c’était le nom du PRD dans ce canton - s'est imposée aisément.

Il est membre du Conseil fédéral du 1er février 1989 au 31 décembre 2003 et dirige successivement deux départements :

Ministre de la Défense[modifier | modifier le code]

Chef du Département Militaire fédéral (du 3 février 1989 au 31 octobre 1995) Il doit assumer la mise à jour des organisations secrètes P 26 et P 27 ainsi que le scandale des fiches. C'est avec sang-froid qu'il affronte la commission parlementaire chargée d'enquêter sur ces affaires. Réagissant promptement, il prend aussitôt les mesures qui s’imposent. Grâce à son honnêteté et à sa grande crédibilité, son département s’en sort indemne.

Il doit également faire face à l'initiative populaire pour la suppression de l'armée. Kaspar Villiger sort victorieux du scrutin populaire. Mais la pression est grande : les résultats – plus d'un tiers de oui, soit un million de voix - témoignent alors d'une profonde défiance de la population envers la mission et l’organisation de l'armée. La conjoncture internationale a changé, le mur de Berlin est tombé depuis 17 jours et avec lui l'empire communiste. Les vieilles recettes ne font plus école. Kaspar Villiger anticipe la crise. Il comprend que, pour regagner en légitimité auprès de la population, l'armée doit se donner un cadre de référence nouveau. Il n'hésite donc pas à lancer la première grande réforme de l'armée, qui deviendra « Armée 95 ». Dans la foulée, il gagne en votation populaire sur l’acquisition de l’avion de combat FA-18 alors que la cause paraissait perdue en début de campagne.

Ministre des Finances[modifier | modifier le code]

Chef du Département fédéral des Finances (du 1er novembre 1995 au 31 décembre 2003)

Le 1er novembre 1995, Kaspar Viliger reprend le Département fédéral des finances. Il prend ses nouvelles fonctions dans un contexte difficile. La Confédération subit les assauts de la crise économique des années 1990 et l’augmentation des dépenses l'a plongée dans les chiffres rouges, avec un déficit annuel s’étalant entre cinq et neuf milliards de francs.

En tant que grand argentier, sa préoccupation principale est la mise en place rapide d'un processus d’assainissement des finances fédérales et conduit plusieurs programmes d’économies. Succès comptable : en 2000, la croissance de nouveaux déficits est fortement freinée et un bénéfice de 4,5 milliards de francs est même comptabilisé ! Succès populaire : il obtient, en réponse à la confiance qu'il a su gagner, un aval très généreux du peuple – 85 % de oui - pour le frein à l'endettement.

Avec Kaspar Villiger, le personnel de la fonction publique a eu un partenaire sensible à la nécessité d’un bon climat dans les administrations publiques. La loi modernisée sur le personnel porte la marque de son empreinte.

Après l'embellie des comptes de l’an 2000, Kaspar Villiger est reparti en croisade contre les déficits budgétaires.

Deux fois président de la Confédération[modifier | modifier le code]

Il a été président de la Confédération en 1995 et 2002. Comme président de la Confédération, il prononce un discours le 7 mai 1995 dans lequel il présente des excuses pour le tampon J apposé sur le passeport des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Il préside à nouveau l'exécutif pendant l'année de l'Exposition nationale de 2002.

Sa seconde présidence voit l’adhésion de la Suisse à l'Organisation des Nations unies, à laquelle il a contribué en s’engageant fortement pour le oui dans le canton de Lucerne dont la voix sera décisive. Le 10 septembre 2002, il est le premier président de la Confédération à s'exprimer devant l’Assemblée générale au Palais de verre de Manhattan dans un discours où il indique que la neutralité est compatible avec l’appartenance aux Nations unies.

Kaspar Villiger est dépeint comme un travailleur infatigable, discret, tranquille et confiant.

Conseils d'administration[modifier | modifier le code]

  • Membre, Nestlé SA, Vevey, Suisse (depuis 2004)
  • Membre, AG für die Neue Zürcher Zeitung (SA pour la Nouvelle Gazette de Zurich), Suisse
  • Membre, Swiss Re (Swiss Reinsurance Company), Suisse
  • Président, UBS, Basel/Zürich, Suisse

Liens externes[modifier | modifier le code]