Service fédéral de renseignement

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Logo du BND.

Le Service fédéral de renseignement, en allemand Bundesnachrichtendienst (BND), est le service de renseignement extérieur du gouvernement fédéral allemand, placé sous la tutelle du Chancelier fédéral. Il a un rôle sensiblement égal à celui de la DGSE française. Le service de renseignements intérieur est l’Office fédéral de protection de la constitution.

Quartier général[modifier | modifier le code]

Son siège est situé à Pullach im Isartal, près de Munich, et à Berlin (qui devrait centraliser l'ensemble de ses bureaux d'ici 2014). La construction du nouveau siège du BND dans le centre de Berlin, dont le coût des travaux est estimé par le service des moyens généraux allemands à 720 millions d’euros, devrait s’achever en 2012. Pendant que 1 500 collaborateurs des départements technique et télécommunications resteront à Pullach im Isartal, 4 000 collaborateurs viendront s’installer dans la capitale allemande. Les effectifs globaux du BND seraient voisins de 6500 hommes et femmes (4300 hommes et 2200 femmes) (6 700 en 2005).

Historique[modifier | modifier le code]

Créé durant la Guerre froide comme l'organisme de renseignement de l'Allemagne de l'Ouest, le BND eut comme principal adversaire les services soviétiques et d'Allemagne de l'Est avec comme directeur jusqu'en 1968 Reinhard Gehlen. Ce service sera au premier rang de la guerre secrète en Europe durant cette période.

En septembre 2007, un responsable des archives de la Stasi indique que plus de 10 000 informateurs ont été recrutés en Allemagne de l'Est de 1949 à la chute du mur de Berlin en 1989. Seuls quelques centaines d’entre eux étaient de véritables agents de renseignement.

Organisation[modifier | modifier le code]

Entrée du siège du BND, à Berlin.
Un Dassault Falcon du département D-AZEM

Il employait en 2005 près de 6 700 personnes, pour un budget officiel de 435 millions d’euros en 2008. En 2012, les effectifs du BND seraient de 6500 personnes et son budget de 504 millions d'euros.

Il est composé de 13 sections :

  1. Gesamtlage/ Führungs- und Informationszentrum (coordination)
  2. Unterstützende Fachdienste (analyses géographiques et renseignement de sources ouvertes, OSINT)
  3. Einsatzgebiete/ Auslandsbeziehungen (relations extérieures)
  4. Technische Aufklärung (renseignement électronique, SIGINT)
  5. Regionale Auswertung und Beschaffung A (analyse et approvisionnement d'informations, région A, HUMINT)
  6. Regionale Auswertung und Beschaffung B (analyse et approvisionnement d'informations, région B, HUMINT)
  7. Internationaler Terrorismus und Internationale Organisierte Kriminalität (terrorisme et crime organisé internationaux)
  8. Proliferation, ABC-Waffen, Wehrtechnik (prolifération, armes NBC, techniques de l'armement)
  9. Eigensicherung (sécurité propre)
  10. Technische Unterstützung (application téléinformatique, chimie physique)
  11. Technische Entwicklung (développement technique)
  12. Zentralabteilung (ressources humaines)
  13. Gesamtumzug (déménagement)

Opérations connues[modifier | modifier le code]

  • Deux stations de renseignement électronique de la CIA furent construites dans le Xinjiang en république populaire de Chine au début des années 1980. Elles surveillaient alors les activités soviétiques en collaboration avec les services de renseignements chinois. Le Service fédéral de renseignement allemand participa également à sa gestion : sous le nom d'opération Lanze (opération Lance), aussi surnommée « opération Pamir », le BND contribua au financement à hauteur de 46 millions de Deutsche Mark. Les États-Unis arrêtent leur participation après la chute du pouvoir communiste afghan de Mohammed Nadjibullah en 1992, en forme de protestation contre la répression des manifestations de la place Tian'anmen, mais la coopération sino-allemande continua au moins jusqu'en 2001[1].
  • Les services secrets allemands ont été pointés du doigt à de nombreuses reprises à propos des conflits en ex-Yougoslavie. En novembre 2008, à Pristina, un attentat à la bombe dévastait une partie des locaux du siège de l'envoyé spécial de l'Union Européenne. Les services secrets serbes ont aussitôt été accusés, mais la police de l'ONU arrête trois agents du BND sous couverture, quelques jours après l'attaque. Les trois individus sont relâchés en décembre 2008, après les pressions du gouvernement allemand selon le journal Welt am Sonntag[2].

Présidents[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Erich Schmidt-Eenboom, Schnüffler ohne Nase : Der BND, Düsseldorf, Econ, 1993 p. 274 ; Roger Faligot, Les services secrets chinois : De Mao aux JO, Nouveau Monde éditions,‎ février 2008, 606 p. (ISBN 978-2-84736-302-9), p. 511 à 513 ; (en) Erich Schmidt-Eenboom (trad. William Fairbanks), « The Bundesnachrichtendienst, the Bundeswehr and Sigint in the Cold War and After », Intelligence and National Security, vol. 16, no 1,‎ été 2001, p. 129-176 (ISSN 1743-9019 et 0268-4527) (n° spécial sur le thème Secrets of Signals Intelligence during the Cold War and Beyond, également publié comme livre), p. 157-158 ; Michael Mueller et Erich Schmidt-Eenboom, Histoire des services secrets allemands, Nouveau Monde éditions, 2009 (ISBN ISBN 978-2-84736-472-9) p. 381
  2. voir article de la revue RSE ou du journal Bild (en allemand)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Norbert Juretzko, Bedingt Dienstbereit, 2004 (ISBN 3550076053)
  • Michael Mueller et Erich Schmidt-Eenboom, Histoire des services secrets allemands, Paris, Nouveau Monde éditions,‎ 2009 (ISBN 978-2-84736-472-9)