Jean Turpin

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Turpin dans le Codex Palatinus Germanicus 112.

Jean Turpin fut un archevêque de Reims de la fin du VIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pendant longtemps on le regarda comme l'auteur de la légendaire Historia de vita Caroli Magni et Rolandi, et il est compté parmi les douze pairs dans un certain nombre de chansons de geste, dont la plus importante est la Chanson de Roland. Turpin est un des personnages principaux de la Chanson de Roland, où il occit d'innombrables Sarrasins muni de son épée Almace. Mais, de même que Roland, il a réellement existé. Des stèles tombales de grands barons portant des inscriptions en latin sont encore visibles aujourd'hui pour attester de la réalité de la bataille.

Il faut probablement l’identifier avec Tilpin, archevêque de Reims au VIIIe siècle, auquel fait référence Hincmar (lui-même Danois) de Reims, son troisième successeur sur ce siège[1]. Selon Flodoard, Charles Martel avait enlevé son poste à l'évêque de Reims Rigobert pour le remplacer par un clerc guerrier appelé Milon, et qui fut par la suite évêque de Trêves. Le même auteur représente ce Milon en tant que chargé de mission parmi les Vascons, ou Basques.

Il est évident que ces légendes guerrières qui ont utilisé le nom de Turpin sont dues à une volonté de le distinguer par l'exemple. Flodoard indique que Turpin était à l'origine moine et trésorier à la basilique Saint-Denis, et Hincmar signale qu'après sa nomination à Reims il s’est attaché à faire restaurer les droits et les biens de son église, ses revenus et son prestige, tout cela ayant beaucoup souffert sous le gouvernement de Milon. Turpin fut élu archevêque en 756 et l'est resté jusqu'en 806 (selon le service des archives du Diocèse de Reims), tandis que l'ouvrage la Chanson de Roland le donne mort le 15 août 778. Il apparaît tout autant plausible qu'il soit resté archevêque jusqu'à sa mort, soit jusqu'en 806. Des écrits comme la Chanson de Roland et quelques autres légendes, celle de Philomèna, par exemple, à la base de la fondation de l'abbaye de Lagrasse dans l'Aude, ont pour vocation de poser les racines chrétiennes de la France[réf. nécessaire].

Hincmar (danois), qui a composé son épitaphe, dit qu’il fut évêque pendant plus de quarante ans, ce qui montre qu'il aurait été élu vers 753, et Flodoard indique qu'il est mort dans la quarante-septième année de son archiépiscopat. Turpin assistait au Concile de Rome en 769 et, à la demande de Charlemagne, le pape Adrien 1er lui envoya le pallium et lui confirma les droits de son église. La très belle abbaye de Lagrasse, une fois édifiée sur conseils de Turpin et avalisée par Charlemagne et Léon III devint ainsi un lieu Saint.

Les descendants de Turpin seraient aujourd'hui en France plus de 13 000[réf. nécessaire]; avoir des enfants chez les moines ayant été interdit par l'Église environ 300 ans plus tard.

L’Historia Caroli Magni fut reconnue authentique en 1122 par le pape Calixte II. Elle devint ainsi légendaire et la popularité remonta à la dernière partie du XIIe siècle.

La popularité de l’œuvre est attestée par le fait qu'il y en a eu au moins cinq traductions françaises datant du XIIIe siècle et une en vers latin à peu près à la même époque. Selon August Potthast il existe environ cinquante manuscrits de l'histoire. L’Historia a été imprimée la première fois en 1566 à Francfort.

Elle a été traduite de nombreuses fois en français, et également en allemand, en danois et en anglais. On consultera à son sujet Gaston Paris, De pseudo-Turpino (Paris, 1865), et Histoire poétique de Charlemagne, nouvelle édition par P. Meyer (1905) ; ainsi que Victor Henry Friedel, « Études compostellanes » in Otia Merceiana (Liverpool, 1899).

Références[modifier | modifier le code]

  1. André de Mandach, Naissance et développement de la Chanson de Geste en Europe : Chanson de Roland, vol. 6, Droz,‎ 1993, 401 p., p. 147-148

Article connexe[modifier | modifier le code]