Ebon de Reims

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Ebon de Reims
Biographie
Naissance vers 775
Rhénanie
Ordination sacerdotale 814
Décès 20 mars 851
Hildesheim
Évêque de l’Église catholique
Hildesheim
844 – 20 mars 851
Précédent Rembert Altfrid Suivant
Reims
août 840 – été 841
Précédent Foulques de Saint-Rémy Foulques de Saint-Rémy puis Hincmar de Reims Suivant
Reims
automne 816 – 28 février 835
Précédent Wulfaire Foulques de Saint-Rémy Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
légat du Saint-Siège

Ebbon ou Ebon, né vers 775, mort le 20 mars 851 à Hildesheim en Saxe, est un lettré et un homme d'église de l'époque carolingienne, particulièrement important sous le règne de Louis le Pieux, étant archevêque de Reims de 816 à 835, puis de 840 à 841.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ebon naît en Germanie dans une famille de serfs d'un domaine royal de Charlemagne. Il est éduqué à la cour puis devient bibliothécaire (librarius) et conseiller de Louis le Pieux, alors roi d'Aquitaine.

Quand Louis devient empereur, il nomme Ebon à l'archevêché de Reims, laissé vacant après le décès de Wulfaire.

Ebon devient une figure importante de l'expansion du christianisme dans le nord de l'Europe. Sur les instances de l'empereur Louis le Pieux, en 822, il va à Rome où le pape Pascal Ier le fait légat. À partir de 823, il est autorisé à prêcher chez les Danois avec Halitgaire, évêque de Cambrai, et Willerich, évêque de Brême.
Par la suite, il y fit de courts voyages qui n'auront que peu de succès. Quelques années plus tard Saint Ansgar aura plus de succès dans la christianisation du Danemark.

Quand les fils de Louis Le Pieux issus de son premier mariage avec Ermengarde de Hesbaye (Lothaire, Louis, et Pépin) se rebellent en 830, Ebon reste loyal envers le roi, mais en 833 il rejoint l'insurrection (ce pour quoi il fut vertement critiqué par Thégan dans son Vita Ludovici imperatoris). En novembre de cette même année, il préside en l’abbaye Saint-Médard de Soissons le synode qui dépose Louis le Pieux, et l'oblige à confesser publiquement ses soi-disant nombreux crimes. En retour, Lothaire Ier lui donne l'abbaye Saint-Vaast près d'Arras en récompense.

Il devient alors un fidèle de Lothaire, même après le rétablissement de Louis le Pieux en mars 834. Quand Lothaire s'enfuit en Italie, Ebon, trop malade pour le suivre (il souffre de la goutte), se réfugie dans un ermitage parisien. Il y est retrouvé par les hommes de Louis et emprisonné à l’abbaye de Fulda. Les événements de l'année précédente devaient bientôt s'inverser ; traîné au synode de Thionville le 2 février 835, Ebon doit admettre, devant 43 évêques, que Louis a été injustement accusé de crimes qu’il n'a jamais commis. Il se retire officiellement de l'archevêché de Reims le 28 février suivant. Le synode le dépose promptement ensuite le 4 mars. Il est à nouveau emprisonné à Fulda et plus tard confié à Fréculf, évêque de Lisieux, puis à Boson, abbé de Fleury.

En décembre 840, après la mort de Louis le Pieux, Lothaire succède à son père et réintègre Ebon. Un an plus tard, cependant, Charles le Chauve prend le contrôle du royaume de Francie occidentale et Ebon est déposé une seconde fois. Hincmar de Reims est alors nommé pour lui succéder en 845 mais refuse de reconnaître les ordinations prodiguées par son prédécesseur. En 853, les ordinations antécédentes d'Ebon seront également déclarées illégales par le concile de Soissons.

Ebon part alors se réfugier à la cour de Lothaire Ier qui, n'ayant plus besoin de lui, s'en sépare en l'envoyant à la cour de Louis le Germanique qui l'accueille et le fait évêque de Hildesheim où il meurt en 851.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Saint Marc tiré des Evangiles d'Ebbon. Figurine colorée au trait à Hautvillers par des artistes rassemblés et dirigés par Ebbon.

Il a écrit l’Apologeticum Ebbonis en défense de sa réintégration. C’est peut-être un prêtre ordonné par Ebon qui a écrit les fausses décrétales. Il a aussi rassemblé des artistes à Hautvillers qui ont transformé l’Art carolingien en quelque chose de nouveau, et a créé l’école de Reims. Les magnifiques Évangiles d'Ebbon sont leur œuvre la plus connue. Son influence sur la Renaissance carolingienne est énorme dans les domaines de l’art et de l’enluminure.