Humbert II de Viennois

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Humbert II de Viennois
Image illustrative de l'article Humbert II de Viennois
Humbert II de Viennois
Biographie
Naissance 1312
La Tour-du-Pin
Décès 22 mai 1355
Paris
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 31 janvier 1351
Archevêque émérite de Reims
Patriarche d'Alexandrie
Évêque de Paris
Archevêque-duc de Reims
Autres fonctions
Fonction laïque
dauphin de Viennois de 1333 à 1349

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Humbert II de la Tour-du-Pin, né en 1312, mort le 22 mai 1355, fut le dernier dauphin de Viennois de 1333 à 1349.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est fils de Jean II, dauphin de Viennois, et de Béatrice de Hongrie (née à Naples en 1285, morte à Saint Just de Claix en 1354, son corps est transféré dans la collégiale Saint Barnard à Romans, où l'on peut voir la pierre gravée de son tombeau).

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Sévèrement jugé par ses contemporains comme un incapable et un dépensier, Humbert II est le dernier dauphin de Viennois. N'ayant pas l'ardeur guerrière de son frère, il se range plutôt dans le camp des pacifiques. À l'âge de vingt ans, il est précipitamment appelé à remplacer son frère, mort au cours de l'assaut d'un château près de Voiron.

Ayant passé sa jeunesse à la cour de Naples, il entretient alors une cour fastueuse dans son château de Beauvoir-en-Royans dans le Dauphiné, ce qui est mal perçu par ses contemporains. À la différence de ses prédécesseurs, Humbert ne mène plus cette vie itinérante d'un château delphinal à l'autre et préfère rester à Beauvoir.

Humbert II est le créateur du Conseil delphinal en 1337, puis de la cour des comptes à partir de 1340. Il fonde également la première université de Grenoble en 1339 avec l'accord du pape Benoît XII.

L’affaire du Dauphiné[modifier | modifier le code]

Humbert II, Dauphin du Viennois, nomma le 20 juin 1337, Agoult des Baux, oncle de son épouse, administrateur de ses finances privées. En janvier 1338, le Dauphin, confronté au problème de ses caisses vides, lui donna ordre de poursuivre les Juifs, les Lombards et les Toscans dans ses États. Accusés d’usure et de contrats usuriers, ils furent taxés de fortes amendes[1].

Humbert II of Viennois.jpg

Benoît XII envoya aussitôt sur place Johannes de Badis, son Grand Inquisiteur de Provence, pour rechercher les juifs convertis et relaps du Dauphiné[2].

Le rôle politique d’Agoult des Baux s’amplifia lors des négociations de paix entre le Dauphin et Vienne, en juillet 1338, à la suite de la révolte des Viennois. Au cours de l’été, Humbert dut emprunter 30 000 florins au pape pour solder ses troupes. Sa dette fut gagée sur ses terres et il proposa au pontife de lui vendre le Dauphiné contre 452 000 florins. Après la perte de son fils unique André, Humbert abandonne vite l'espoir d'avoir une descendance et projette dès 1337 de céder son héritage. Les difficultés financières s'accumulant, Humbert fait procéder à l'inventaire de ses biens en 1339 dans le but de vendre sa principauté au pape Benoît XII.

Sans doute mis au courant des convoitises du roi de France, le pontife lui en offrit 150 000, tout en décidant d’enquêter sur les revenus domaniaux du Dauphin. Entre janvier et juillet 1339, Jean de Cojordan, évêque d'Avignon, trésorier pontifical, et Jean d’Arpadelle[3], chapelain du pape, parcoururent le Viennois et le Briançonnais. Ils estimèrent les revenus annuels du Dauphin à 27 970 florins, ce qui donnait une valeur théorique de vente pour le Dauphiné de 559 400 florins. La transaction avec le pape échoua.

La politique delphinale de la France[modifier | modifier le code]

En effet, Philippe VI et son conseiller l’archevêque de Rouen, Pierre Roger, avaient senti se dessiner une opportunité. Le roi de France engagea d’abord à son service le brillant Agoult des Baux. Il fut d’abord nommé Sénéchal de Beaucaire par Philippe VI, le 30 octobre 1340, puis Sénéchal de Toulouse et d’Albi, le 3 mars 1341. Puis, il fit savoir au pontife qu’il acceptait l’accession de son conseiller à la pourpre[4]. C’est ce que fit Benoît XII par lettre bullée, en date du 12 décembre 1338. L’archevêque de Rouen arriva à Avignon le 5 mai 1339 et reçut, le 12, le chapeau de cardinal.

Au cours de cette année, le Dauphin voulut à nouveau mater une « émotion » à Vienne. Il se tourna vers le pape et obtint 15 000 florins qu’il promit de rembourser sous six mois. En octobre 1340, il demanda un délai de paiement. En août 1341, il était toujours débiteur de 16 200 florins. Le cardinal Pierre Roger intervint auprès de Benoît XII qu’il persuada d’excommunier le mauvais payeur.

Affolé le pieux Humbert offrit alors au pape de couvrir sa dette en donnant au Saint-Siège quelques-uns de ses fiefs. Toujours conseillé par Pierre Roger, Benoît XII fit une réponse négative à l’ambassade delphinale. Sans héritier, endetté jusqu’au cou, rejeté de l’Église, Humbert II allait être, sous peu, une proie facile pour le royaume de France.

Clément VI et le rattachement du Dauphiné à la France[modifier | modifier le code]

Avec le nouveau pape Clément VI, ancien conseiller de Philippe VI de Valois sur le trône pontifical, le sort du Dauphiné était scellé : il serait rattaché à la France. Sur l’initiative de Clément VI, un grand pas fut franchi au cours du mois de février 1343. Le roi et son fils aîné, Jean de Normandie, vinrent rencontrer Humbert II dans la cité papale.

Le Dauphin du Viennois était aux abois. Toujours à la recherche de liquidités, il se vit proposer par le roi de France un arrangement financier qui le tirerait du besoin. S’il acceptait que le Dauphiné fut dévolu au second fils du roi après sa mort, ses dettes seraient réglées et il jouirait d’une rente annuelle[N 1]. Humbert sollicita un temps de réflexion.

Depuis quelques mois, il avait pris contact avec son oncle, Robert d’Anjou, pensant que le comte de Provence serait intéressé par l’achat de ses États qui jouxtaient les siens[5]. La réponse de Robert d’Anjou se faisait attendre. Et pour cause… Il venait de rendre son dernier soupir à Naples[N 2]. Le Dauphin tenta alors de trouver un palliatif. Le 29 mai 1343, il vendit leur indépendance à cinquante-deux paroisses des Alpes qui se regroupèrent pour former la « République des Escartons »[6]. Mais sous la pression pontificale - il n'y aurait pas de levée d'excommunication si Humbert II n'obtempérait pas - le Dauphin signa un accord avec la France le 30 juillet 1343. Il était prêt à céder aux Valois son Dauphiné.

Clément VI fait céder le Dauphin Humbert II[modifier | modifier le code]

Clément VI, toujours attentif à la question dauphinoise, écrivit à Philippe VI, le 11 avril 1344, pour lui proposer que le fils aîné du roi de France portât le titre de Dauphin[7]. Le pape envisagea ensuite de lever l’excommunication de Humbert II, qui avait remboursé jusqu’au dernier florin à la Révérende Chambre Apostolique, mais il y mit une condition. Il devait lui céder le fief de Visan[N 3]. L’accord passé, le 31 juillet, Clément VI reçut Humbert dans son palais de Villeneuve-lès-Avignon. Le Dauphin du Viennois rendit hommage et le pape leva les sentences.

Clément VI put entrer en possession de son fief de Visan à la fin du mois d’octobre au moment où, sur son initiative, arrivaient à Avignon les émissaires de France et d’Angleterre pour discuter d’une nouvelle trêve sous l’égide du cardinal Jean Raymond de Comminges[N 4].

Les croisades pontificales[modifier | modifier le code]

Grand sceau de Humbert II de Viennois

Ce fut aussi au cours de cet automne 1344 que le Souverain pontife mit sur pied un nouveau projet de croisade[8]. Il voulait porter le fer contre les « infidèles » sur les côtes même de l’empire byzantin où sévissaient les pirates turcs[N 5]. Il en confia le commandement au patriarche latin de Constantinople et à Édouard Ier de Beaujeu[N 6]. L’objectif de cette expédition était de s’emparer de Smyrne. Ce fut chose faite le 28 octobre 1344. La garde de la cité fut confiée aux chevaliers de Rhodes qui la conservèrent jusqu'en 1402, date à laquelle elle fut prise par Tamerlan[9].

Ce succès en appelait d’autres. Clément VI, au cours du mois de novembre, lança un nouvel appel à se croiser. Seul répondit Humbert II. Le pape, avec une certaine réserve, accepta de le nommer, le 26 mai 1345, capitaine général du Siège apostolique, commandant l’armée chrétienne. Le dauphin, après avoir vidé les caisses de son trésor, embarqua à Marseille le 2 septembre 1345, en compagnie de Jean Ier le Meingre, dit Boucicaut, qui s’était déjà illustré à Smyrne. Ce « prince médiocre » – l’expression est d’Y. Renouard – allait mener une expédition sans envergure. Après avoir confié le gouvernement du Dauphiné à Henri de Villars, archevêque de Lyon, il partit en compagnie de son épouse Marie des Baux, âgée de vingt-six ans, et de sa mère, Béatrix de Hongrie. Très soucieux de leur santé, le dauphin passa son premier hiver à Rhodes. Il battit le 24 juin 1346 les Turcs qui assiégeaient Smyrne. Il fit ensuite engager des pourparlers avec eux après cette petite victoire. Les négociations duraient encore en 1347, année où décéda la dauphine, au cours du mois de mars. Effondré de chagrin, Humbert II retourna en Dauphiné en septembre 1347. Il était ruiné.

La France récupère le Dauphiné[modifier | modifier le code]

Devenu veuf, le roi de France Philippe VI pensa d’abord à se remarier, ce qu’il fit le 29 janvier 1349 avec sa jeune cousine Blanche d’Évreux. Puis, en février, il acheta pour 120 000 écus la ville de Montpellier à Jaime III de Majorque et il repensa au Dauphiné.

Pour s'assurer que le Dauphiné, devenant fief du fils aîné du roi de France, ne soit pas assimilé à n'importe quel autre domaine du souverain, Humbert signe le 29 mars 1349 le traité de Romans avec le royaume de France. Ce traité instaure le « Statut delphinal », ce qui exempte les Dauphinois de nombreuses taxes et impôts. La défense de cette constitution particulière sera l'objet principal des discussions du parlement provincial dans les siècles qui suivirent.

Le 30 mars, ses conseillers du roi Guillaume Flote, Pierre de La Forest et Firmin de Coquerel, évêque de Noyon, après plusieurs semaines passées à Tain-l'Hermitage, obtinrent l’accord de Humbert II pour la cession. Le 16 juillet 1349, le Dauphin du Viennois aliénait enfin ses droits viagers en faveur de Charles, fils de Jean de Normandie et aîné des petits-fils de Philippe VI, qui fut donc le premier à porter le titre de Dauphin de France. Humbert cédait ses domaines contre 200 000 florins et une rente annuelle de 24 000 livres payable à Pâques ou à la Trinité. La cérémonie du transport (qui est le nom donné à la cession pour sauver les apparences) se déroula à Lyon, au couvent des dominicains de la place Comfort. Au cours de celle-ci, Humbert II « se dévêtit » de sa suzeraineté pour en « saisir et investir » Charles. Il lui remit l’épée du Dauphin au manche incrusté du bois de la Vraie Croix, la bannière de saint Georges éclaboussée du sang du dragon, le sceptre et l’anneau delphinaux. Le nouveau Dauphin jura, entre les mains de Jean de Chissé, évêque de Grenoble, de respecter les franchises du Dauphiné, en particulier les statuts solennels promulgués par Humbert II. Dès le lendemain Humbert prit l’habit monastique[10]. La stratégie de Clément VI avait payé.

Après la cession du Dauphiné, Humbert entre dans l'Ordre des Prêcheurs où il prend l'habit de saint Dominique et aspire à devenir évêque de Paris, voire pape lorsqu'il meurt à 43 ans en 1355. En 1351, il avait été nommé patriarche d'Alexandrie et en 1352, archevêque de Reims.

Seigneuries delphinales[modifier | modifier le code]

Benoît XII et Clément VI entreprirent de confisquer Visan au Dauphin Humbert II. Le premier pontife l'excommunia pour dettes et le second n'accepta de lever la sentence que le 31 juillet 1344 en se faisant rétrocéder Visan qui contrôlait les communications entre le Comtat Venaissin et Valréas. Furieux, les Visanais refusèrent de prêter hommage tant que leurs privilèges n'auraient pas été avalisés. Ce que fit Clément VI le 23 février 1351[11]. Le passage de Visan sous le contrôle pontifical fit fermer l'Hôtel des Monnaies delphinal. Celui-ci frappait des florins d'or, des vingtains et des douzains blancs, ainsi que des redortats et des deniers noirs[12].

Saint-Marcellin-lès-Vaison et Saint-Romain-en-Viennois furent des enclaves delphinales en Comtat Venaissin.

Chabottes, situé dans le Champsaur dépendait à la fois du dauphin et du seigneur de Montorcier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Si le Dauphin restait sans héritier légitime, Philippe VI promettait d’apurer ses passifs à la hauteur de 120 000 florins et de lui verser, chaque année à Pâques ou à la Trinité, une rente de 22 000 livres. Cette proposition finalisait le traité, signé l’année précédente à Villeneuve-lès-Avignon, entre Humbert II et Pierre de Cugnières, Guillaume Flotte et Jean Richier, conseillers du roi, qui prévoyait le rattachement du Dauphiné à la France.
  2. Robert d’Anjou, qui s’était fait recevoir le 2 janvier chez les frères de la Pauvre Vie, s’éteignit le 19 janvier 1343, après trente-deux ans de règne.
  3. Humbert II, prêt à tout pour réintégrer le sein de l’Église romaine, accepta si, en dédommagement, il obtenait la moitié de la juridiction de Romans qui dépendait de l’évêché de Valence. Clément VI n’émit aucune objection. Et la transaction se fit avec l’aval de l’évêque Pierre de Chalus, l’ancien abbé de Cluny. C’était pourtant un véritable marché de dupe car, comme l’ont fait remarquer un certain nombre d’historiens : «Le Saint Siège, outre les seize mille florins, reçut Visan qu’il convoitait en échange de la moitié de Romans qui appartenait au Dauphin et reçut, en plus, la haute seigneurie de cette ville qui ne lui appartenait pas ». Il faut dire que Clément VI, lui-même, en fut conscient puisqu’au cours de cette année 1344, il fit reverser au Dauphin douze mille florins.
  4. Ces pourparlers se déroulèrent à Avignon au cours des mois d’octobre et de novembre. Ce fut en cette occasion que Clément VI fit parvenir une lettre bullée à Henri de Villars, archevêque de Lyon, où il indiquait : « Le pape est le garant sur terre des intérêts du Roi pacifique et céleste, chargé de promouvoir la paix entre tous les fils de l’Église ».
  5. L’expédition fut préparée dans l’île de Nègrepont, comptoir vénitien et citadelle de l’Eubée. La flotte était composée de vingt galères dont quatre affrétées par Clément VI.
  6. Beaujeu était, avec Coucy, Craon et Sully, l’une des quatre grandes baronnies de France. Au XIIe siècle, Guichard V de Beaujeu, qui était décédé sans postérité, avait transmis son titre et ses armes à Louis, second fils de sa sœur Isabelle et de Raymond de Forez. Édouard 1er, né en 1316, était le fils de Guichard VI et de Marie de Châtillon. Il fut nommé maréchal de France après la bataille de Crécy en remplacement de son beau-frère Charles de Montmorency. Son neveu Édouard II de Beaujeu s’alliera aux Roger de Beaufort en épousant une fille de Guillaume III Roger de Beaufort.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques le Goff a explicité : « Dans ce nouveau monde où l’argent est vainqueur, où la cupidité (avaritia), péché bourgeois, détrône, à la tête des sept péchés capitaux, l’orgueil (superbia), péché féodal par excellence, l’usurier, spécialiste du prêt à intérêt, devient un homme nécessaire et détesté, puissant et fragile à la fois » (La bourse et la vie, Paris 1986).
  2. Avec l’accord du Dauphin, l’inquisiteur Johannes de Badis s’attacha à pourchasser les relaps en particulier le juif espagnol Alfondus Diaz, converti à la foi catholique et qui continuait à pratiquer son ancienne religion.
  3. Louis de Petragrossa, archiprêtre de Viviers : Faure Claude, « Un projet de cession du Dauphiné à l'Eglise romaine (1338-1340) », In : Mélanges d'archéologie et d'histoire t. 27, 1907, p. 153-225.
  4. Lors de la nomination annuelle des nouveaux membres du Sacré Collège en 1335, au début de son pontificat, Benoît XII proposa le chapeau de cardinal à Pierre Roger. Le roi de France l’informa, qu’en l’état actuel des choses, il ne désirait pas se séparer de son conseiller et la promotion fut repoussée.
  5. Les souverains de Naples étaient comtes de Provence et du Piémont.
  6. Escarton provenait du provençal escarta (fixer les impôts). La charte du 29 mai 1343 est fondatrice de cette République des Escartons qui fut l’une des premières d’Europe avec celles de Saint-Marin, des cantons d’Helvétie et des landers autrichiens. À cheval sur les deux versants des Alpes, la République regroupait cinq escartons : Oulx et Clurenflouer, du côté transalpin, Château-Dauphin, le Queyras et le Briançonnais, du côté cisalpin.
  7. Car, expliquait le pape au roi, « cette province est sise assez ès frontière du royaume ». Le Valois dut comprendre cette raison puisqu’il accepta la suggestion pontificale. En compensation, il cédait à Humbert II les seigneuries de Beaumont-le-Roger et de Breteuil. Le lendemain, Clément VI faisait parvenir une autre missive «À notre cher fils Hélion de Villeneuve, Maître de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem » lui confiant que «Désireux d’étendre en tous lieux le culte divin, nous formons avec ferveur le vœu de pouvoir accomplir et réaliser de notre vivant l’extension durable de ce culte dans l’église patriarcale de Rosiers où nous sommes nés de nouveau de l’eau du saint baptême. Nous envisageons de créer et d’établir un prieuré de moines noirs de l’ordre de saint Benoît dont nous fûmes profès dans nos jeunes années avec un effectif déterminé soumis au monastère de la Chaise-Dieu, pour servir Dieu dans l’église susdite. Donné à Avignon, le 12 avril 1344, Clément VI ».
  8. Selon l’analyse d’Yves Renouard, le pape concevait la croisade (le   saint voyage d’outre-mer ») comme devant être l’œuvre pontificale au premier chef. Déjà, en 1343, Clément VI avait suscité une ligue latine des rois et princes chrétiens d’Occident pour porter la guerre au Levant.
  9. René Grousset, L'Empire du Levant : Histoire de la Question d'Orient, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique »,‎ 1949 (réimpr. 1979), 648 p. (ISBN 2-228-12530-X)
  10. Humbert II de Viennois se retira au couvent de Montaux. Puis l’ex-Dauphin fut ordonné prêtre par Clément VI, le 24 décembre 1350, à Notre-Dame des Doms d’Avignon. Il reçut les trois ordres mineurs, lors des trois messes de minuit, en présence du roi Jean et du Dauphin Charles. Nommé Patriarche d’Alexandrie le 31 janvier 1351, il fut chargé de l’administration perpétuelle du diocèse de Reims à partir du 30 avril 1352. Puis le Patriarche se mit à rêver de gloire ecclésiastique. En 1355, il décida d’entreprendre le voyage jusqu’en Avignon pour obtenir du successeur de Clément VI le titre et la fonction d’évêque de Paris. Il n’acheva pas son périple puisqu’il décéda le 22 mai dans le couvent des jacobins de Clermont d’Auvergne.
  11. Jules Courtet, op. cit., p. 377.
  12. Robert Bailly, op. cit., p. 469.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Chroniques contemporaines
  • J. Froissart, Chroniques, texte et notes de Kervyn de Lettenhove, Bruxelles (T. IV à VIII), 1868.
  • J. Froissart, Chroniques, texte et notes de Siméon Lucé, Paris (T. IV à VIII), 1873 - 1874
  • J. Le Bel, Chronique de Jean le Bel (1326-1361), texte et notes de J. Viard et E. Deprez, T. I et II, Vol. 1, 1326-juillet 1342, Vol. 2, août 1342-1361, Société de l’Histoire de France, Paris, 1904-1905
Études générales
  • É. Baluze, Vitae paparum Avenionensium, sive collectio actorum veterum, Vol. I et II. Paris, 1693.
  • Guillaume Mollat, Les papes d’Avignon (1305 – 1378), Limoges. 1949
  • Y. Renouard, La papauté à Avignon, Paris. 1954
  • B. Guillemain, La cour pontificale d’Avignon, (1309 – 1376). Étude d’une société, Paris. 1962
  • D. Paladilhe, Les papes en Avignon, Paris. 1975
  • B. Guillemain, Les papes d’Avignon (1309 – 1376), Paris. 1998 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Favier, Les papes d’Avignon, Fayard, Paris. 2006
Études particulières
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Avignon, 1876.
  • E. Muntz, L’argent et le luxe à la Cour pontificale d’Avignon, Revue des questions historiques, 1899.
  • E. Déprez, Clément VI (1342 – 1352). Lettres closes, patentes et curiales se rapportant à la France publiées et analysées d’après les registres du Vatican, Bibliothèque des écoles françaises d’Athènes et de Rome, 1er fasc. 1900
  • F. Vernet, Une bulle de Clément VI sur la fête des fous à Vienne (26 octobre 1344), Bulletin d’histoire ecclésiastique des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers (janvier – mars). 1901
  • U. Berlière, Les suppliques de Clément VI (1342 – 1352), Institut historique belge à Rome, 1906
  • E. Déprez et G. Mollat, Clément VI (1342-1352). Lettres se rapportant à la France publiées ou analysées d’après les registres du Vatican, T. I, II et III. Paris, 1959
  • G. Mollat, Le Saint-Siège et la France sous le pontificat de Clément VI, RHFF, p. 5 – 24, 1960.
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, Éd. A. Barthélemy, Avignon, 1986. (ISBN 2903044279)
  • A. Demurger, Le pape Clément VI et l’Orient : ligue ou croisade ? dans Guerre, pouvoir, et noblesse au Moyen Âge. Mélanges en l’honneur de Philippe Contamine, Paris, 2000.
  • Laurent Jacquot, Société d'Etudes Historiques de Romans - Bourg de Péage, Humbert II et les Romanais, Les Cahiers de Léoncel, 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]