Henri Guillaumet

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Son brevet de pilote, fédération internationale .

Henri Guillaumet, né le 29 mai 1902 à Bouy[1], près de Châlons-en-Champagne et mort le 27 novembre 1940 en Méditerranée, est un aviateur français, pionnier de l'Aéropostale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Guillaumet est un pionnier de l’aviation française dans les Andes, l’Atlantique Sud puis l’Atlantique Nord, en contribuant à ouvrir de nombreuses nouvelles routes. Il était alors, avec Mermoz, considéré comme un des meilleurs pilotes de l’époque : « Je n’en ai pas connu de plus grand » dira de lui Didier Daurat, son patron de l'Aéropostale. Antoine de Saint-Exupéry, son ami, lui dédiera son livre Terre des hommes en 1939.

Il eut trois frères, René, André et Pierre. Ce dernier mourra en bas âge. Sa mère, très affectée par cet événement, disparaîtra à son tour peu de temps plus tard.

Il effectue son baptême de l'air à 14 ans. Il obtient le brevet de pilote civil le 31 décembre 1921. Il remporte l'épreuve Military Zenith le 15 juin 1925.

Monument à Henri Guillaumet à Bouy.

Une survie légendaire[modifier | modifier le code]

Le vendredi 13 juin 1930, en traversant les Andes pour la 92e fois pour l’Aéropostale, il s’écrase avec son Potez 25 (immatriculé F-AJDZ) à la Laguna Diamante à cause du mauvais temps[2]. Sans équipement autre que son blouson de pilote, il marche pendant cinq jours et quatre nuits, passant trois cols. Il oublie une fois un gant et rebrousse chemin pour le retrouver. Il manque plusieurs fois d’abandonner mais persiste en pensant à ses camarades[3] et à sa femme Noëlle. En effet, en l'absence de corps, l'assurance vie ne peut être versée qu'après 4 ans de disparition. À la fin, ses derniers efforts sont juste pour que l'on puisse retrouver son corps au plus vite[4]. Il atteint un village au bout d'une semaine. L’exploit que les habitants des vallées résument parfaitement : « Es imposible », construit la légende de cet homme discret au milieu des stars de l’Aéropostale.

À Antoine de Saint-Exupéry, venu le rechercher, il déclare : « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait »[5].

Modèle des pilotes de ligne, Henri Guillaumet franchira 393 fois la cordillère des Andes et fera douze traversées d'études de l'Atlantique Nord entre 1938 et 1939.

Dernier vol[modifier | modifier le code]

Le 27 novembre 1940, alors que, en compagnie de Marcel Reine, autre pionnier de l'Aéropostale, il vole vers la Syrie afin d'y amener Jean Chiappe, promu nouveau haut-commissaire de France au Levant, son quadrimoteur Farman Le Verrier d'Air France est abattu par erreur par un chasseur italien au-dessus de la Méditerranée, au large de la Sardaigne, les Italiens étant alors engagés dans une bataille aéronavale contre les Britanniques[6]. La thèse que l'avion ait été abattu par les Britanniques est toujours discutée aujourd'hui[7], Chiappe pouvant avoir représenté une menace pour les intérêts britanniques au Proche-Orient[7], Pierre Laval, alors vice-président du Conseil, avait protesté auprès des Britanniques qu'il accusait, comme certains journaux italiens, d'avoir abattu l'appareil[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il est lauréat du Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports en 1938, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité.

En décembre 1998, une plaque commémorative est apposée sur les lieux de son atterrissage forcé, sur une des rives de la Laguna del Diamante par une expédition venue du Chili, parrainée par l'Ambassadeur de France à Santiago, Jean-Michel Gaussot.

Marc Turrel, Christian Fedabeille. Expédition à la Laguna del Diamante. Argentine. Pose de la plaque commémorative Henri Guillaumet. 1998 La promotion 1989 de l'École militaire de l'Air à Salon de Provence porte le nom de son parrain : Promotion Lieutenant Henri Guillaumet.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Depuis 1996, le Futuroscope lui rend hommage dans un film en IMAX 3D, produit par Jean-Jacques Annaud : Guillaumet, les ailes du courage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un monument lui est dédié et un musée Guillaumet. Sur sa maison natale une plaque a été apposée.
  2. Photo de l'accident de Guillaumet dans les Andes Aero-mondo.fr
  3. « Mais je me disais : Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas. » Guillaumet cité dans par de Saint-Exupéry 1999, p. 164.
  4. « Je pensais à ma femme. Ma police d'assurance lui épargnerait la misère. Oui mais l'assurance… » La mort légale d'un disparu étant décalée de quatre ans avant de pouvoir toucher la prime, Guillaumet, alors au bout de ses forces, allongé dans le froid et la neige à 4 000 m, entrevoit que l'on ne pourrait pas retrouver son corps. Voyant un rocher à 50 mètres : « J'ai pensé : si je me relève, je pourrai peut-être l'atteindre. Et si je cale mon corps contre la pierre, l'été venu on le retrouvera. », Guillaumet cité de Saint-Exupéry 1999, p. 165.
  5. de Saint-Exupéry 1999, p. 161 et 165.
  6. André Kaspi, La Deuxième Guerre mondiale : chronologie commentée éditions Complexe, 1990, (ISBN 2870275919), p. 159.
  7. a, b et c Anne-Lucie Chaigne-Oudin, La France dans les jeux d'influences en Syrie et au Liban : 1940-1946, Paris, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », 260 p. (ISBN 2296073646), p. 21 à 22

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

 Édition bilingue Français Espagnol Édition Roussel-ACN 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]