Pierre-Georges Latécoère

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Pierre-Georges Latécoère

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Pierre-Georges Latécoère en 1925

Naissance 25 août 1883
Bagnères-de-Bigorre
Décès 10 août 1943 (à 59 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession entrepreneur français dans l'aviation
Formation École centrale Paris

Pierre-Georges Latécoère (Pierre, Charles, Georges), né le 25 août 1883[1] à Bagnères-de-Bigorre et mort le 10 août 1943 à Paris, est un entrepreneur français, emblématique des débuts de l'aviation commerciale et en particulier de la poste aérienne.

Sommaire

Biographie [modifier]

Pierre-Georges Latécoère est né sous le signe de l’industrie, en 1883, à Bagnères-de-Bigorre, fils de Jeanne-Marie Pujol et de Gabriel Latécoère. Ce dernier a fondé une scierie en 1864 dans cette petite ville de moins de 10 000 habitants et est directeur des ateliers de menuiserie et de mécanique générale Latécoère. Depuis, l’entreprise familiale ne cesse de prospérer. À la fin du XIXe siècle elle emploie 150 ouvriers et rapporte, avec d’autres placements fructueux, plus de 50 000 francs-or par an. Cette entreprise vend sur catalogue des parquets, des boiseries, des charpentes et des décors de toutes sortes pour des écoles, des gares, des casernes.

Formé à l'École Centrale Paris, Pierre-Georges reprend l'entreprise familiale qui fabrique désormais du matériel roulant pour la Compagnie des Chemins de Fer du Midi. Pendant la Première Guerre mondiale il est affecté à l'artillerie à cause de sa vue déficiente.

Rendu à la vie civile, il investit à Toulouse deux usines : l'une fabriquant des obus, l'autre des cellules d'avion. En 1918, Latécoère imagine une ligne aérienne reliant la France au Sénégal en passant par l'Espagne et le Maroc. Il fonde alors la Compagnie Générale d'Entreprises Aéronautiques, qui crée puis exploite les lignes Toulouse-Casablanca, Casablanca-Dakar (par Agadir, Cap Juby, Villa Cisneros, Port-Étienne, Saint-Louis) et Rio-Recife au Brésil. C'est chez Latécoère que Mermoz, Saint-Exupéry et Guillaumet ont fait leurs premières armes.

L'entreprise concourt également au lendemain de la Première Guerre mondiale à la naissance et au développement de l'aviation postale. Celle-ci s'opère grâce au courage de ses premiers pilotes, véritables pionniers de l'aviation, considérés à l'époque comme des héros. En effet, dans les années 1920, chaque vol est une aventure risquée, qui peut être fatale. Le quotidien et les exploits de ces pilotes nous sont rapportés par l'écrivain Antoine de Saint-Exupéry — lui-même pilote de l'Aéropostale — dans son roman Vol de nuit, qui décrit un vol postal en Amérique du Sud, ainsi que dans d'autres œuvres.

Dès cette époque, il envisage de créer une liaison aérienne entre Toulouse et Casablanca. Il réalise ce projet en 1919, malgré l'opposition du gouvernement espagnol, peu disposé à laisser survoler son territoire. En 1924, la ligne est prolongée jusqu'à Dakar et, cette fois, ce sont les tribus maures qui posent des difficultés : elles capturent les aviateurs contraints à un atterrissage forcé sur leurs territoires et ne les rendent que contre de fortes rançons.

En 1923, Pierre-Georges Latécoère reçoit la Grande médaille de l'Aéro-Club de France pour avoir contribuer aux progrès de l'aviation[2].

En mai 1930, la traversée transatlantique est réalisée de Dakar à Natal (Brésil) par Jean Mermoz sur un avion Latécoère, "Comte de La Vaulx". Ensuite vient le défi du survol de la cordillère des Andes, rapporté par Saint-Exupéry dans son roman Vol de nuit.

Plaque commémorative à Paris, 79 bis avenue Marceau
Stèle commémorative à Biscarrosse (Landes)

Grand industriel, Latécoère dispose un temps d'une usine de 26 000 m2 qui fournit l'Aéropostale. Cependant, des questions politico-financières l'obligent finalement à céder son affaire.

Il se passionne et construit des hydravions de gros tonnage. Le Latécoère 631 « Paquebot des airs », fait la ligne Biscarrosse-Fort-de-France du 4 juillet 1947 au 1er août 1948, transportant 2 000 passagers avec deux rotations par mois. Le 21 février 1948, le Late 631 nº 7, fabriqué au Havre et se rendant à Biscarrosse, est pris dans une tempête de neige et se perd en mer. Six mois plus tard, le Late 631 nº 6 se perd corps et biens dans la nuit du 1er août 1948 entre la Martinique et la France. On dénombre 58 victimes.

La compagnie Latécoère existe encore en 2012, et fournit des éléments d'aérostructures pour cinq grands constructeurs aéronautiques mondiaux : Airbus, Boeing, Bombardier, Dassault Aviation et Embraer.

En 2007, Airbus annonce la filialisation de certains sites industriels pour imiter le modèle développé par Boeing. Latécoère se positionne sur les sites de Méaulte et de Saint-Nazaire Ville. Malgré un beau projet industriel, en 2008, la direction d'EADS décide de ne plus vendre pour des motifs obscurs.

En mai 2008, Louis Gallois, président d'EADS, annonce qu'il filialisera les sites et ne s'interdira pas de les vendre à des financiers, l'industrie aéronautique française prend alors une douche froide.

Citation [modifier]

« J'ai fait tous les calculs. Ils confirment l'opinion des spécialistes : notre idée est irréalisable. Il ne me reste plus qu'une chose à faire : la réaliser. » (Didier Daurat, Dans le vent des hélices, éd. Le Seuil, 1956, p. 38.)

Décorations principales [modifier]

Décoration française [modifier]

  • Légion d'honneur : chevalier (30/09/20), officier (10/09/23), commandeur (23/08/25).

Décorations étrangères [modifier]

Notes et références [modifier]

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]