Didier Daurat

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Didier Daurat présenté au Musée Guillaumet de Bouy.

Didier Daurat, né le 2 janvier 1891 à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et mort le 2 décembre 1969 à Toulouse (Haute-Garonne), est un pionnier de l'aviation française, figure marquante de la grande aventure de l'Aéropostale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École supérieure des travaux publics, il est intégré comme chasseur au 163e Régiment d'Infanterie (1914), participe dans des conditions terribles à la bataille de Verdun où il est blessé et est nommé sergent, devient sous-lieutenant, puis rejoint l'aviation (juin 1916). Pilote de reconnaissance au sein de l'escadrille C 227 où il côtoie Beppo di Massimi, puis de chasse, il se distingue en repérant le canon à longue portée dit "Wilhelmgeschutze" (L'arme de Guillaume) ou "Parisercanon" (Canon de paris) qui pilonne Paris. Il termine la guerre avec le grade de capitaine, la Croix de Guerre, la Légion d'honneur et huit citations. Il est en congés de l'armée le 16 juillet 1919.

Aéropostale[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il entre aux Lignes Aériennes Latécoère (qui deviendront l’Aéropostale, puis Air France) où il est d'abord pilote puis directeur d'exploitation le 1er octobre 1920.

Dès lors va commencer la légende de l'homme à la volonté de fer qui fera de Didier Daurat un chef admiré par beaucoup, craint par tous, haï par certains. Il n'hésite pas à renvoyer ceux qui montrent un seul signe de faiblesse, contestent ses méthodes ou n'adhèrent pas à « l'esprit du courrier ».

Beaucoup de pilotes commencent leur carrière par « le royal cambouis », c’est-à-dire en restant au sol pour effectuer la maintenance des avions. Selon Daurat, cela forme le caractère et obligera les pilotes à respecter la mécanique qu'ils connaissent. De fait, cette aptitude des pilotes à démonter et réparer un moteur se révèlera vitale par la suite dans le Sahara comme dans les Andes. Il sait par ailleurs remarquer les talents. C'est lui qui décidera d'envoyer Antoine de Saint-Exupéry, dont il a remarqué la très vive intelligence et le don pour les relations humaines, comme chef d'aéroplace sur la côte saharienne, où il saura parler et négocier avec les Maures.

Quand Jean Mermoz se présente et fait une éblouissante démonstration de pilotage à Toulouse, Daurat lui dit : "Je n'ai pas besoin d'artistes de cirque mais de conducteurs d'autobus.On vous dressera" ! Cependant, convaincu malgré lui par son adresse de pilote, il l'engage quand même... d'abord pour nettoyer les moteurs.

Ces méthodes font leurs preuves car les lignes Latécoère puis l'Aéropostale atteindront une ponctualité et un taux de fiabilité inconnus pour l'époque d'abord sur la ligne ToulouseSaint-Louis-du-Sénégal, puis sur la ligne Toulouse – Santiago du Chili avec la traversée de l'Atlantique Sud et des Andes.

Quand l'Aéropostale est intégrée à Air France, en 1933, Daurat, qui n'a pas que des amis, est remercié. En 1935, il fonde la compagnie Air Bleu, qui transporte du courrier dans toute la France, de jour comme de nuit. Là aussi les résultats sont remarquables, mais l'entreprise est militarisée à la déclaration de guerre en 1939.

À la Libération, il relance la Postale de nuit puis devient chef du centre d'exploitation d'Air France à Orly jusqu'à sa retraite en 1953. Didier Daurat est "l'âme" de l'Aéropostale, celle-ci utilisera des DC 3, puis des Fokker 27 pendant très longtemps. La fiabilité de ces pilotes est telle, l'acheminement du courrier un tel sacerdoce, et par tous les temps, que sur 7200 vols de nuit, seulement UN a été détourné à cause d'intempéries ...

Il meurt à Toulouse en 1969. Son épouse est décédée en 1970. Privilège exceptionnel : Didier Daurat est enterré, à sa demande, sur l'aérodrome de Toulouse-Montaudran, ancienne base de l'Aéropostale. En raison de la construction d'une ZAC sur l'aérodrome fermé fin 2003, la tombe est détruite en février 2007 et son corps déplacé dans le caveau familial à Marseille.

Son personnage a été immortalisé sous les traits de Rivière, dans "Vol de Nuit" de Saint-Exupéry.

Littérature[modifier | modifier le code]

Antoine de Saint-Exupéry s'est inspiré de Didier Daurat pour le personnage principal de son roman Vol de nuit (1931), personnage rebaptisé « Rivière » dans le roman.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Dans le film d'Henri Decoin : Au Grand Balcon, tourné en grande partie à Toulouse et sorti en 1949, c'est l'acteur Pierre Fresnay qui incarne Rivière, alias Didier Daurat.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Daurat, Saint-Exupéry tel que je l'ai connu, Liège, Pierre Aelberts, 1954.
  • Didier Daurat, Dans le vent des hélices, Paris, éd. du Seuil, 1956.
  • Revue ICARE , numéro 140, spécial "Didier Daurat"