Harold II d'Angleterre

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Harold II
Pièce d'argent de Harold
Pièce d'argent de Harold
Titre
Roi d'Angleterre

&&&&&&&&&&&&02829 mois et 9 jours
Couronnement
Prédécesseur Édouard le Confesseur
Successeur Guillaume Ier
Biographie
Dynastie Godwin
Nom de naissance Harold Godwinson
Date de naissance v. 1022
Lieu de naissance Wessex (Angleterre)
Date de décès (à 44 ans)
Lieu de décès Battle, Sussex (Angleterre)
Père Godwin de Wessex,
comte de Wessex
Mère Gytha Thorkelsdóttir
Conjoint Édith Swanneck
Édith de Mercie
Enfant(s) Godwin, Edmond, Magnus, Gunhild, Gytha, Harold, Ulf
Rois d'Angleterre

Harold Godwinson (vers 1022 – ) est le dernier roi anglo-saxon d'Angleterre. Il est choisi pour succéder à son beau-frère Édouard le Confesseur par le Witan le 5 janvier 1066, mais doit faire face à deux rivaux : le Norvégien Harald Hardrada et le Normand Guillaume le Bâtard. Il bat le premier à Stamford Bridge, le 25 septembre, mais il est vaincu et tué par les Normands à Hastings le 14 octobre. Guillaume lui succède : c'est le début de la période anglo-normande de l'histoire de l'Angleterre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Harold est le fils du puissant comte de Wessex Godwin par sa deuxième épouse, Gytha Thorkelsdóttir. Il a plusieurs frères et sœurs, notamment Sven, Tostig, Gyrth, Léofwine et Édith.

Article connexe : Ascendance de Godwin de Wessex.

Débuts[modifier | modifier le code]

Fait comte de l'Angleterre orientale en 1045, Harold accompagne son père en exil en 1051, puis l'aide à restaurer sa position un an plus tard. À la mort de Godwin en 1053, Harold lui succède comme comte de Wessex (qui à l'époque représente un tiers de l'Angleterre), devenant ainsi l'homme le plus puissant d'Angleterre après le roi. Il devient également comte de Hereford en 1057, et prend la place de son père dans l'opposition à l'influence normande grandissante à la cour d'Édouard le Confesseur. Ce dernier, fils d'Emma de Normandie, a passé près d'un quart de sa vie en Normandie et s'est entouré de conseillers normands afin de contrebalancer la puissance des Godwin.

Harold se couvre de gloire en 1062-1063 dans une série de campagnes contre le roi Gruffydd ap Llywelyn de Gwynedd, qui a conquis tout le pays de Galles. Le conflit s'achève avec la mort de Gruffydd, tué par ses propres soldats en 1063. Harold épouse sa veuve Édith, fille du comte de Mercie Ælfgar, vers 1064.

Harold prête serment à Guillaume (Tapisserie de Bayeux, XIe siècle).

En 1064, Harold fait naufrage sur les côtes du Ponthieu. Capturé par le comte Guy Ier, il est retenu prisonnier au château de Beaurainville (Belrem sur la Tapisserie de Bayeux), puis est livré au duc Guillaume de Normandie qui exigeait sa libération. Guillaume se considère comme le successeur légitime d'Édouard le Confesseur, qui n'a pas d'enfants. Il obtient de Harold le serment de lui fournir son appui à la succession d'Angleterre. Guillaume aurait forcé Harold à lui jurer vassalité, mais ne lui aurait révélé qu'après-coup que la boîte sur laquelle ce serment avait été fait contenait des reliques sacrées. Harold s'estime alors dégagé de ce serment, fait par la ruse, mais Guillaume obtient du pape son excommunication. Après la mort de Harold, les Normands n'hésitent pas à insister sur le fait que Harold s'est parjuré en acceptant la couronne d'Angleterre. Le chroniqueur Orderic Vital écrit : « Cet Anglais était très grand et élégant, remarquable pour sa force physique, son courage et son éloquence, ses plaisanteries vives et ses actes de bravoure. Mais qu'étaient ces dons sans l'honneur, qui est la racine de tout ce qui est bon ? »

En 1065, les Northumbriens se soulèvent contre leur comte Tostig, le frère de Harold. Ce dernier apporte son soutien aux rebelles et à leur candidat Morcar, et Tostig est chassé du pays. Ce faisant, Harold s'est présenté comme le probable successeur d'Édouard, mais il a également divisé sa propre famille : Tostig s'est réfugié auprès du roi de Norvège Harald Hardrada.

Lutte pour la couronne: un court règne[modifier | modifier le code]

Le couronnement de Harold (Tapisserie de Bayeux)

Édouard le Confesseur meurt le . Harold déclare que le roi lui a promis la couronne sur son lit de mort, et le Witenagemot approuve son couronnement, qui a lieu le lendemain. Guillaume de Normandie et Harald de Norvège entreprennent chacun des préparatifs pour une invasion : le premier affirme que le royaume lui a été promis par le roi défunt, ainsi que par Harold, tandis que le second s'appuie sur un accord conclu entre Harthacnut, le prédécesseur d'Édouard, et son oncle Magnus selon lequel les possessions du premier à mourir devaient revenir à l'autre.

Harald et Tostig débarquent en Angleterre le 20 septembre et défont les comtes Edwin de Mercie et Morcar de Northumbrie à la bataille de Fulford, près d'York. Harold est pris par surprise par l'arrivée d'une armée hostile dans le nord du royaume : il se trouve alors dans le sud, attendant l'arrivée de la flotte de Guillaume. Il réunit rapidement autant d'hommes qu'il peut et les conduit à marche forcée vers le nord. L'armée de Harold couvre la distance en quatre jours, prenant les Norvégiens par surprise : le 25 septembre, ces derniers sont vaincus à la Stamford Bridge, et Harald et Tostig trouvent la mort au combat. Selon Henri de Huntingdon, avant l'affrontement, Harold aurait offert à son frère de lui rendre son comté s'il le rejoignait. Tostig lui aurait demandé ce que recevrait le roi de Norvège pour ses peines, et Harold aurait répondu : « Six pieds de terre, ou même autant qu'il lui sera nécessaire, étant donné qu'il est plus grand que la moyenne. »

Guillaume débarque à son tour à Pevensey le 28 septembre, avec environ 7 000 hommes. En trois jours, l'armée de Harold doit parcourir 240 lieues pour l'intercepter. Harold fait édifier des fortifications sommaires en terre près de Hastings et s'y retranche. Les deux armées s'affrontent à la bataille de Hastings, près du village de Battle, le 14 octobre. Harold est tué, et son armée mise en déroute. Ses frères Gyrth et Léofwine sont également tués dans la bataille.

Mort[modifier | modifier le code]

La mort de Harold sur la tapisserie de Bayeux.

Selon la tradition et tel que le décrit la Tapisserie de Bayeux, c'est d'une flèche dans l'œil que Harold perd la vie. Que Harold ait effectivement été tué de cette façon reste incertain, car cette mort est traditionnellement associée au parjure au Moyen Âge. On fait venir la maîtresse de Harold, Edith Swanneck, pour identifier le corps, ce qu'elle fait à l'aide d'une marque de naissance connue d'elle seule (le visage de Harold étant détruit).

La bannière de Harold a été livrée par Guillaume le Conquérant au pape Alexandre. Elle était d'or à l'homme armé[1].

Selon le chroniqueur normand Guillaume de Poitiers, le corps de Harold est enterré sur une falaise surplombant les plages saxonnes par Guillaume Malet. Néanmoins, il est plus probable qu'il ait été inhumé à l'église de Waltham Holy Cross, dans l'Essex, dont il avait financé la restauration en 1060.

Postérité[modifier | modifier le code]

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

Armoiries imaginaires attribuées à Harold au XIIIe siècle par Matthieu Paris.

Devenir de ses enfants[modifier | modifier le code]

En 1068, ses fils Godwin, Edmond et Magnus, réfugiés à la cour du roi de Leinster Diarmait mac Mail na mBo, tentent d'envahir l'Angleterre. Ils ravagent le Devon et les Cornouailles, mais sont vaincus et chassés par Brian de Bretagne.

En 1087, ses fils Harold et Ulf sont libérés par le Conquérant sur son lit de mort. Ulf se met au service de Robert Courteheuse, qui l'adoube.

Sa fille Gytha épouse Vladimir II Monomaque, grand-prince de Kiev, devenant l'ancêtre des dynasties de Galicie, Smolensk et Yaroslavl. En conséquence, l'Église orthodoxe russe reconnaît Harold comme martyr et le célèbre le 14 octobre.

Culte héroïque[modifier | modifier le code]

La tombe d'Harold II à Waltham.

Un culte de l'héroïsme d'Harold commence vers le XIIe siècle, avec une légende de l'époque racontant que Harold, ayant survécu à la bataille, aurait passé deux ans à Winchester pour se remettre de ses blessures, puis voyagé en Allemagne où il aurait passé de longues années à vagabonder comme pèlerin. Devenu vieillard, il serait revenu en Angleterre pour y vivre comme ermite dans une cave près de Douvres. Sur son lit de mort, il confesse que s’il a effectivement le nom de Chrétien, il est en fait né Harold Godwineson. Il existe de nombreuses versions de cette légende, mais elles ont peu de rapport avec la réalité.

Au XIXe siècle, la pièce de théâtre Harold, écrite par Alfred Tennyson (1876) et le roman Last of the Saxon Kings d'Édouard Bulwer-Lytton (1848), apportent un regain d'intérêt. Rudyard Kipling écrit une histoire intitulée The Tree of Justice (1910), qui décrit comment un vieil homme, en réalité Harold, est amené devant Henri Ier. Dans son History of the Norman Conquest of England (1870-1879), E. A. Freeman présente Harold comme un grand héros. Au XXIe siècle, la réputation de Harold reste liée, comme elle l'a toujours été, aux points de vue subjectifs sur la légitimité de la conquête normande.

En France, le sculpteur Jean-François-Théodore Gechter est l'auteur d'un bronze intitulé La Mort d'Harold, 1842, coll. Musée de la Vie romantique, Paris

Références[modifier | modifier le code]

  1. M. Guizot, Histoire des ducs de Normandie par Guillaume de Jumiège et suivie de l'histoire de Guillaume le Conquérant par Guillaume de Poitiers, p. 419, Librairie Mancel, Caen, 1826.
Précédé par Harold II d'Angleterre Suivi par
Édouard le Confesseur
Roi d'Angleterre
1066
Edgar Ætheling (jamais couronné)
Guillaume le Conquérant
Godwin
Comte de Wessex
1053-1066
titre aboli
Ælfgar
Comte d'Est-Anglie
1052-1053
Ælfgar