Bataille de Stamford Bridge

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Bataille de Stamford Bridge
Arbo - Battle of Stamford Bridge (1870).jpg
Informations générales
Date 25 septembre 1066
Lieu Stamford Bridge, Yorkshire
Issue Victoire anglo-saxonne décisive
Belligérants
Vikings norvégiens Anglo-Saxons
Commandants
Harald Hardråde
Tostig Godwinson
Harold Godwinson
Forces en présence
~ 7 500 hommes ~ 7 000 hommes
moitié de housecarles (infanterie lourde montée) et moitié de Fyrds (milice)
Pertes
~ 7 000 hommes ~ 2 000 hommes
Guerre de succession d'Angleterre
Batailles
Fulford · Stamford Bridge · Hastings · Conquête normande · Dévastation du Nord
Coordonnées 53° 59′ 20″ N 0° 54′ 11″ O / 53.989, -0.90353° 59′ 20″ Nord 0° 54′ 11″ Ouest / 53.989, -0.903  

Géolocalisation sur la carte : Angleterre

(Voir situation sur carte : Angleterre)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Stamford Bridge.

La bataille de Stamford Bridge en Angleterre (25 septembre 1066) est un épisode de la conquête de l'Angleterre. Elle précède la bataille de Hastings. Elle mit fin à l'ère viking en Angleterre.

Le contexte[modifier | modifier le code]

La mort d'Édouard le Confesseur mit aux prises quatre prétendants à la couronne d'Angleterre :

Harald Hardråde avec ses Vikings norvégiens dirigea lui-même une invasion. Le 24 septembre 1066, il conquit York avec son allié Tostig, comte de Northumberland, frère du roi Harold Godwinson d'Angleterre.

Tostig, comte banni de Northumbrie, frère de Harold, formait une alliance de circonstance avec Guillaume le Conquérant et Harald Hardråde.

Le déroulement[modifier | modifier le code]

A la mi-septembre 1066, Harald Hardråde, accompagné de Tostig, débarqua près de 10 000 hommes à Riccall, sur la côte du Yorkshire. Il s'empare de Scarborough, puis bat l’armée de Northumbrie à Gate Fulford, le 20 septembre. Le 24, ils s'emparent de la ville d'York.

Harold Godwinson se trouve à Londres quand il prend connaissance de cette attaque le 15 septembre. Il décide alors d'affronter en priorité cette menace car il estime que la tempête qu'a subie la flotte de Guillaume le Conquérant le 12 septembre et les difficultés de traversée avec l'approche de l'automne rend le danger venant du sud moins pressant.

Avec sa cavalerie et son frère Gryth, les housecarles, il parcourt les 320 km en quatre jours. Le 24 septembre, il arrive à Tadcaster, à environ 16 km au sud-ouest de York, et rejoint les forces de ses beaux-frères, les comtes Edwin et Morcar.

Les marins de Morcar, dont la petite flotte est amarrée à Ulleskill, l'informent que Harald Hardråde et Tostig, avec la totalité de leur armée, ont quitté York pour retourner auprès de leurs navires à Riccall.

Harald Hardråde est installé près de Stamford Bridge (le pont du gué de Stam, sur la rivière Derwent), à 20 km d'York. Il a renvoyé environ un tiers de ses effectifs pour garder ses bateaux à Riccall, à 30 km de là. Il reste au roi norvégien sans doute moins de 6 000 hommes, décontractés, ayant laissé une partie de leur équipement dans les bateaux, sans même d’avant-postes. Il attend les otages et les tributs, fruits de sa victoire. L’attaque des Saxons est une surprise totale.

L’armée anglo-saxonne (de 3 000 à 8 000 hommes) s’approche rapidement venant de l’ouest, cachée à la vue des Vikings par une crête. La rivière, franchissable uniquement par le pont, isole un petit contingent campé à l’ouest du corps principal des Vikings, situé à environ 1 km à l’est, au-delà du pont. Le petit groupe à l'ouest du pont se replie, mais son arrière-garde se fait massacrer. Comme le fera Bayard plus tard, un seul guerrier bloque les Anglo-saxons sur le pont, mais l’un d’entre eux, passant sous le pont en bateau, le frappe d’un coup de sa lance glissée entre les planches. Pendant ce temps, le gros des forces nordiques se masse en une ligne de défense le long de la crête à l’est.

Les forces vikings sont non seulement très vulnérables, car la plus grande partie de leurs armes sont restées sur leurs bateaux, mais aussi divisées. Cinq mille hommes gardent les navires : un petit nombre sur la rive nord et le reste sur la partie sud.

Harald Hardråde ne connaît pas le terrain et n’a pas de plan, car cette bataille le prend par surprise. Tostig, qui est comte de Northumberland depuis dix ans et connaît bien les capacités guerrières d’Harold, insiste auprès d’Hardråde pour ne pas accepter le combat, mais faire retraite immédiatement en urgence vers Ricall. Celui-ci envisage cette possibilité, mais décide de se battre quand même car il craint que les Housecarles n'attaquent de flanc rapidement. Il a aussi pu penser que Harold avait envoyé assez d’hommes pour prendre Kexby, un point crucial pour traverser le Derwent, bloquant toute retraite vers Ricall.

Harold offre alors à Tostig la restitution de son titre et de ses terres du Northumberland s'il dépose les armes. Tostig ayant demandé une compensation pour son allié Harald Hardråde, Harold lui répondit que, vu sa taille, il aurait droit à 7 pieds de bonne terre anglaise. Tostig choisit de rester fidèle aux Norvégiens.

Harald Hardråde envoie un messager à Eystein Orre, le commandant du contingent à Ricall, qu'il vienne immédiatement à Stamford Bridge. Il évacue rapidement la plupart des hommes qui sont sur la rive nord vers le sud, laissant une petite arrière-garde près du pont. Hardråde et Tostig ont juste le temps de former une ligne de défense avec leurs hommes les mieux armés le long d’une crête, à environ 300 mètres au sud-est du Derwent.

Les Anglo-Saxons passent alors la rivière et chargent vainement la position viking en plusieurs rangs. Les Vikings chargent à leur tour depuis la crête, s’enfonçant en coin dans les rangs ennemis qui, de manière classique, reculent au centre, aspirant l’ennemi dans une poche où il se retrouve assailli de tous côtés.

Les Vikings ont le désavantage d’un armement partiel, mais sont plus frais que les Saxons, qui viennent de parcourir une vingtaine de kilomètres. Le massacre est équilibré. Harald Hardråde, se jette en avant, mais une flèche lui transperce la gorge. Puis Tostig tombe à son tour. Bien que leurs chefs aient péri, les Vikings poursuivent le combat quand Eystein Orre arrive avec les renforts. Cependant ces troupes viennent de faire une marche forcée de 30 km sous une canicule exceptionnelle. Epuisés, ils sont massacrés.

Les Anglo-Saxons poursuivirent l’ennemi en déroute jusqu’à Riccall, où Harold met fin à la tuerie et permet aux survivants de rembarquer, y compris Olaf Kyrre, fils d’Harald Hardråde.

Les neuf dixièmes des Vikings sont morts. Venus avec une flotte de 360 navires, ils repartent avec 36.

Harold doit repartir vers le Sud pour affronter Guillaume le Conquérant à la bataille de Hastings.

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Le 25 septembre 1066 est souvent considéré comme marquant la fin de l'ère Viking.[réf. nécessaire] Les projets de conquête de l'Angleterre par les Scandinaves s'évanouirent. La dernière expédition viking en Europe eut lieu en 1102, quand Magnus III, petit-fils du roi Harald, attaqua l'île de Man et l'Irlande.

Décimés par la bataille et épuisés par leur marche forcée jusqu'à Hastings, les Saxons se retrouvèrent hors d'état de défaire les armées de Guillaume le Conquérant[1], marquant la fin des royaumes anglo-saxons et ouvrant celle des Normands (descendants des Vikings).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Régis Boyer, Les Vikings, Robert Laffont, 2008, p. 342

Sources[modifier | modifier le code]

  • La saga de Harald l'impitoyable, XIIIe siècle, traduite et présentée par Régis Boyer, Payot, 1979.
  • La chronique anglo-saxonne, La Chronique d'Abingdon II, XIe siècle.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]