Hôtel de Castries

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Hôtel de Castries
Hôtel de Castries
Hôtel de Castries
Présentation
Architecte Joseph-Antoine Froelicher, Clément Parent
Date de construction 1694
Destination initiale Résidence de la Maison de La Croix de Castries
Propriétaire État
Destination actuelle Gouvernement français
Protection Logo monument historique Classé MH (1957)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 19″ N 2° 19′ 09″ E / 48.855239, 2.31929548° 51′ 19″ Nord 2° 19′ 09″ Est / 48.855239, 2.319295  

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Hôtel de Castries

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Hôtel de Castries
L'Hôtel de Castries et l’Hôtel de Villeroy sur le Plan de Turgot.
Le salon bleu

L’hôtel de Castries est un hôtel particulier situé au no 72 rue de Varenne dans le 7e arrondissement de Paris.

Datant de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe siècle, l'hôtel a été profondément transformé pour le duc de Castries entre 1843 et 1863 par Joseph-Antoine Froelicher et Clément Parent.

Il est au fil du temps le siège de plusieurs ministères de la République française (Agriculture, Fonction publique, Ville, Aménagement du territoire, Solidarités). Depuis mai 2012, il abrite les bureaux du ministère de l'Égalité des Territoires et du Logement.

Historique[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Nogent[modifier | modifier le code]

L'hôtel a été originellement construit vers la fin du XVIIe siècle par Jean Dufour, seigneur de Nogent. Il s'agit d'une résidence typique de cette époque. La cour forme un carré parfait autour duquel s'ordonnent, selon un plan en U, un corps central et deux ailes de même hauteur, couverts en ardoises. Chacune des ailes en retour est percée d'un passage : celui de gauche (conservé) conduit aux cuisines, celui de droite aux écuries.

Dans l’aile droite, on trouve une antichambre et le grand escalier, une salle à manger, une autre pièce pour l’écurie et un grenier. L'aile de gauche contient aussi un escalier avec une rampe de fer, trois petites pièces, une autre salle et par dessus un autre grenier. Le corps central comporte au rez de-chaussée comme au premier étage un grand salon à double exposition et quatre autres pièces.

Les aménagements du marquis de Castries[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 1708, la veuve de Jean Dufour, Angélique Guyner, vend l'hôtel à Joseph François de La Croix de Castries (1663-1728), marquis de Castries. La famille de Castries le conservera jusqu’à la fin du XIXe siècle.

C'est l'héritage de son oncle, le cardinal de Bonzi (†1703), archevêque de Narbonne, qui permet au marquis de Castries de financer cette acquisition et d'y dépenser encore 20 000 livres pour des travaux d’embellissement qui se déroulent de 1708 à 1714 et l’agrandissement du jardin.

À la mort du marquis de Castries, l'hôtel est loué, en 1729, à Charles Armand de Gontaut-Biron (1663-1756), pour 7 500 livres par an.

Les embellissements du maréchal de Castries[modifier | modifier le code]

En 1743, le troisième fils du marquis de Castries, Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries (1727-1801), futur maréchal de France, récupère l’hôtel familial et s'y installe peu avant son mariage avec Gabrielle Isabeau Thérèse de Rozet de Rocozel de Fleury, fille du premier duc de Fleury.

En 1761, l’héritage de son oncle, le maréchal de Belle-Isle, apporte à Charles de Castries une très belle fortune. Il peut entreprendre de grands travaux pour la décoration intérieure confiés au sculpteur sur bois Jacques Verberckt. Il fait également construire par Jacques-Antoine Payen le portail sur rue, daté de 1762 (conservé) et relie les deux corps du bâtiments par un haut mur surmonté d'une balustrade.

À partir de 1778, le petit hôtel de Castries, situé à l'emplacement de l'actuel no 76 rue de Varenne, est loué par le maréchal de Castries au duc de Guines, beau-père de son fils.

Les travaux du deuxième duc de Castries[modifier | modifier le code]

Sous la Révolution française, l'hôtel est saisi comme bien d'émigré et affecté au ministère de la Guerre.

Stendhal, qui fréquenta les lieux, en donne une description précise dans deux de ses ouvrages : Le Rouge et le Noir, en 1830, et Vie de Henry Brulard, en 1835-1836, où nous voyons Julien Sorel à l'Hôtel de Castries[1].

En 1842, à la mort de son père, Edmond, deuxième duc de Castries (1787-1866) entreprend d'importants travaux de restauration du bâtiment, qui était en fort mauvais état, et de transformation, sous la direction de Joseph-Antoine Froelicher entre 1843 et 1863, puis de Clément Parent, qui dirige les travaux jusqu’à la mort du duc en 1866.

Ce sont ces travaux qui donnent à l'hôtel sa physionomie actuelle.

Dès 1851, le duc de Castries prend des locataires : les Clermont-Tonnerre et les La Rochefoucauld-Liancourt occupent l’aile gauche ; au début du Second Empire, les Lestrade, les Saint-Aignan, les Laguiche et le comte de Beaumont, disposent d'appartements dans l'hôtel de Castries.

L'hôtel de Castries après les Castries[modifier | modifier le code]

Lorsque le deuxième duc de Castries meurt, l’hôtel revient à son neveu Edmond Charles Auguste de La Croix de Castries. À sa mort en 1886, sa veuve se remarie avec le vicomte Emmanuel d’Harcourt qui vend l’hôtel de Castries à Louise Lebeuf de Montgermont, petite-fille de Louis Lebeuf (1792-1854), propriétaire de la manufacture de faïence de Creil-Montereau et régent de la Banque de France.

Louise Lebeuf de Montgermont (1869-1929) a épousé le prince Louis Antoine Marie de Broglie-Revel (1862-1958). Ils habitent l'hôtel avec leur fille Madeleine Marie Joséphine Louise (1891-1984), par son mariage comtesse de La Roche-Aymon, tandis que le comte de Castellane loue le rez-de-chaussée et le jardin à partir de 1936.

L'hôtel de Castries en 2013 vu depuis la rue de Varenne

En 1946, les Domaines réquisitionnent l’hôtel pour y loger le ministère de l’Agriculture. Plusieurs ministères s’y succéderont, dont celui de la Fonction publique, celui du Logement et de la Ville ou encore le ministère de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire qui l’occupe jusqu'en 2010.

De novembre 2010 jusqu'à l'élection présidentielle de 2012, l'hôtel de Castries accueillait les bureaux du ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale.

Depuis le 17 mai 2012, l'hôtel de Castries accueille les bureaux du Ministère de l'Égalité des Territoires et du Logement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Servoise, Julien Sorel à l'Hôtel de Castries, dans les Cahiers de la Rotonde, no 16, Paris, 1995, p. 141-156, 8 fig.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]