Bernard de Septimanie

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Bernard de Septimanie
Titre
Comte de Barcelone et de Gérone, et duc de Septimanie
826832
Prédécesseur Rampon de Barcelone
Successeur Bérenger de Toulouse
Comte de Barcelone, de Gérone et de Toulouse, et duc de Septimanie
835844
Prédécesseur Bérenger de Toulouse
Successeur Sunifred de Barcelone
Biographie
Dynastie Guilhelmides
Date de naissance vers 795
Date de décès 844
Lieu de décès Toulouse
Père Guillaume de Gellone
Mère Cunégonde
Conjoint Dhuoda
Enfant(s) Guillaume de Septimanie
Bernard Plantevelue
Roselinde
Comtes de Toulouse et de Barcelone

Bernard de Septimanie[1] (né vers 795 - mort en 844 à Toulouse) est un aristocrate de l'époque carolingienne, qui a joué un rôle important d'une part en Aquitaine et dans la Marche d'Espagne, mais aussi à la cour impériale de Louis le Pieux, puis dans les conflits de la période 830-843, finissant exécuté sur l'ordre de Charles le Chauve.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Bernard naît vers 795. Il est le fils aîné de Guillaume de Gellone, cousin de l'empereur Charlemagne et important dignitaire franc, qui a reçu des charges importantes dans le Midi de l'empire carolingien, puisqu'il a été comte de Toulouse, duc d'Aquitaine et marquis de Septimanie entre 790 et 806. Il appartient à l'importante famille des Guilhelmides et est donc un arrière-petit-fils de Charles Martel et un cousin issu de germains de l'empereur Louis le Pieux. La mère de Bernard, Cunégonde, première épouse de Guillaume, est certainement une dame de la haute noblesse franque. En 806, Guillaume de Gellone se dépouille de ses charges et se retire dans le monastère qu'il a fondé deux ans plus tôt à Gellone, en Septimanie, sur les conseils de son ami Benoît d'Aniane.

Peu-être élevé à la cour impériale, il y est en tout cas présent dans sa jeunesse, où il bénéficie de la présence de Benoît d'Aniane. En 824, il épouse une aristocrate austrasienne, Dhuoda à Aix-la-Chapelle.

Les premières années dans le Midi et la défense de Barcelone[modifier | modifier le code]

Possessions de Bernard de Septimanie entre 826 et 832.

En 812, son frère Gaucelme a reçu la charge du comté de Roussillon, qui avait été tenu par leur père Guillaume. Gaucelme était rentré en conflit avec Bera, le puissant comte de Gérone, de Besalú, de Barcelone, du Razès et du Conflent, car celui-ci avait pris la tête d'un parti goth, partisan d'une paix avec les musulmans de l'émirat de Cordoue. Gaucelme avait mis à profit les difficultés de Bera, après 817, mis en difficulté par l'Aragonais Garcia Galindez, allié aux musulmans Banu Qasi et aux Basques de Pampelune, pour le faire convoquer devant l'empereur lors d'une assemblée à Aix-la-Chapelle en février 820, et destituer. Les comtés de Barcelone, Gérone, Osona et Besalú sont confiés au Franc Rampon, qui n'est lié à aucun des deux partis qui viennent de s'affronter, tandis que le Razès et le Conflent restent aux mains du fils de Bera, Guillemond.

En 826, à la mort de Rampon, les deux frères guilhelmides sont suffisamment influents auprès de Louis le Pieux et Bernard est investi des comtés de Barcelone et de Gérone. Mais peu après sa désignation, Bernard doit affronter une révolte menée par un certain Aisso, mal identifié - peut-être un noble goth, ancien lieutenant de Bera, ou bien un Arabe, fils de Sulayman ibn al-Arabi. Aisso, qui est otage à Aix-la-Chapelle, s'est échappé et a fui vers la marche d'Espagne. Dans le comté d'Osona, où la noblesse locale lui est favorable, il provoque une révolte contre le pouvoir impérial franc, représenté par Bernard. Les premiers combats sont favorables à Aisso, qui s'empare de Roda de Ter, seul château du comté d'Osona qui lui échappait, puis soumet le comté de Cerdagne et la région du Vallès, dans le comté de Barcelone. Ces succès lui gagnent une partie de la noblesse gothe, en particulier Guillemond. Enfin, Aisso demande l'aide le soutien de l'émir de Cordoue, Abd el-Rahman II, qui envoie plusieurs milliers d'hommes menés par son général Ubayd Allah. Celui-ci arrive à Saragosse en mai 827, avant d'entrer dans le comté de Barcelone. Au mois de juin, Ubayd Allah met le siège devant Barcelone et ravage les alentours, tandis que Bernard dirige la défense de la ville. Finalement, le général musulman se tourne vers Gérone, dont il s'empare le 10 octobre 827.

Bernard, qui a le soutien de son frère Gaucelme, demande l'aide de Louis le Pieux. Peu impliqué au début de la révolte, l'empereur réagit à l'invasion de Barcelone et de Gérone par les musulmans. Il ordonne à son fils Pépin, qu'il a investi du royaume d'Aquitaine, et aux comtes de Tours, Hugues, et d'Orléans, Matfrid, de réunir une armée pour venir en aide à Bernard. Mais celui-ci repousse seul ses ennemis : avant la fin de l'année, les musulmans, suivis d'Aisso et Guillemond, retournent à Cordoue.

Succès et déconvenues à la cour impériale[modifier | modifier le code]

Cette victoire accroît considérablement le prestige de Bernard et de Gaucelme. En 828, lors de l'assemblée d'Aix-la-Chapelle, Hugues de Tours et Matfrid d'Orléans, qui ont manqué à leur mission, sont destitués par l'empereur. Le comté d'Orléans est confié à Eudes, cousin de Bernard[2]. Gaucelme reçoit quant à lui les comtés tenus par Guillemond, le Razès et le Conflent. Bernard, enfin, obtient les possessions du comte de Narbonne, Leibulf, qui vient de mourir : Narbonne, Béziers, Agde, Melgueil, Nîmes et, probablement, Uzès et Lodève, avec le titre de duc de Septimanie. À l'assemblée d'Ingelheim, en juin 828, une expédition de représailles contre Cordoue est prévue, sans qu'elle soit menée à terme.

Bernard devient un des principaux personnages de la cour. En août 829, lors de l'assemblée de Worms, Louis le Pieux envoie son fils Lothaire en Italie, avec le titre de roi. Il décide de le remplacer dans sa fonction de chambrier par Bernard[3]. En même temps qu'il possessionne son fils Charles en Alémanie, Louis le Pieux charge Bernard de l'éducation du prince. Bernard confie alors l'ensemble de ses terres à son frère Gaucelme. Il ne vit alors pas avec Dhuoda, qu'il a laissée à Uzès, où elle écrit le livre qui l'a rendue célèbre.

Au bout de quelques mois à la cour, Bernard devient la cible des attaques des adversaires de l'impératrice, Judith de Bavière, rassemblés autour de Lothaire, en particulier de Wala, relégué à l'abbaye de Corbie. Wala organise une campagne de dénigrement contre Judith et Bernard, accusés d'adultère et d'autres forfaits. En avril 830, profitant d'une expédition de Louis le Pieux, qui a réuni l'armée à Rennes pour combattre les Bretons, Pépin et Louis organisent la révolte, font revenir Lothaire d'Italie et prennent le pouvoir. Bernard de Septimanie s'enfuit à Barcelone, Judith est enfermée dans un couvent, tandis qu'Héribert, un frère de Bernard est aveuglé[4] et que leur cousin Eudes est dépossédé du comté d'Orléans[5]. Les succès des fils de Louis le Pieux ne sont cependant que provisoires et l'empereur reprend le pouvoir après l'assemblée de Nimègue, en octobre 830. En février 831, à l'assemblée d'Aix-la-Chapelle, il procède à un nouveau partage, et attribue la Septimanie et la Gothie à son fils Charles.

Bernard pourtant ne retrouve pas la place qu'il occupait à la cour : Judith et Charles refusent de le rencontrer, tandis que Louis le Pieux ne lui rend pas, après l'assemblée de Thionville, en octobre 831, ses honneurs. Bernard décide de changer de camp. Le comte de Toulouse Bérenger, qui est également chargé de conseiller Pépin, conseille à ce dernier de ne pas se révolter contre son père. Mais Pépin rencontre cette fois le soutien de Bernard, qui encourage une nouvelle révolte des fils de l'empereur. Au début de l'année 832, Louis le Pieux convoque une assemblée à Orléans pour discuter des moyens nécessaires pour réduire ses fils à l'obéissance. Il marche d'abord sur la Germanie contre son fils Louis, qu'il vainc rapidement en mai 832. Il marche ensuite sur l'Aquitaine et tient en octobre une assemblée à Joac, près de Limoges : Pépin se soumet et est exilé à Trèves, alors que l'Aquitaine est donnée à Charles. Bernard est accusé d'avoir fomenté la révolte et, pour cette raison, est dépouillé de tous ses domaines. Son frère Gaucelme partage sa disgrâce et doit renoncer à toutes ses possessions, comme vient le lui annoncer Anségise de Fontenelle, missus dominicus de l'empereur. Bérenger de Toulouse, qui est resté fidèle à l'empereur, reçoit l'ordre de s'emparer des domaines de Bernard. Il fait la conquête du Razès et du Conflent et du Roussillon : en décembre 832, il est à Elne.

Le retour en grâce de Bernard[modifier | modifier le code]

Louis lui rend son duché en 834, parce qu'il l'a soutenu contre ses fils révoltés, ainsi que sa charge de camérier[réf. nécessaire].

Sous le règne de Charles le Chauve, ayant soutenu la rébellion de Pépin II d'Aquitaine, il est condamné à mort et exécuté à Toulouse[6]. Le comté d'Autun est transféré à Robert le Fort[7].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 24 juin 824, à Aix-la-Chapelle, Bernard de Septimanie épouse Dhuoda (vers 800-843). De ce mariage naissent deux fils et une fille :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Bernard de Septimanie sur le site FMG
  2. Eudes est le fils d'Adrien d'Orléans et de Waldrade, sœur de la mère de Bernard, Cunégonde.
  3. Pierre Riché
  4. Pierre Riché, Les Carolingiens..., p. 155-156.
  5. « Foundation for Medieval Genealogy (Carolingian Nobility) »
  6. Michel Rouche, Histoire du Moyen Âge, p. 183.
  7. Annales de saint Bertin, citées par Jacques-Gabriel Bulliot, Histoire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Autun, 1849, 2vol, in 8°, chap IX, p.  131-132/449
  8. Michel Rouche, op. cit., p. 183

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]