Elsa von Freytag-Loringhoven

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Freytag et Freytag-Loringhoven.
Elsa von Freytag-Loringhoven

Elsa von Freytag-Loringhoven, née Elsa Hildegard Plötz, à Swinemünde (Allemagne) le 12 juillet 1874, morte à Paris, le 15 décembre 1927, est une artiste (sculpture) et une égérie du mouvement dada de New York, surnommée "Dada Baroness".

Biographie[modifier | modifier le code]

À dix-huit, Elsa Plötz s'enfuit de chez elle, quittant une mère croyante et un père abusif. Elle s'installe à Berlin chez sa tante. Elle travaille comme choriste et étudie le théâtre et l'art. Après deux mariages ratés, elle épouse, à New York, en 1913, le baron Leopold von Freytag-Loringhoven. En 1914, il quitte les États-Unis pour rentrer en Allemagne. Mais son bateau est intercepté par les français. Il passe quatre années en prison avant de se suicider.

Sans ressource, Elsa von Freytag-Loringhoven devient cependant l'attraction de Greenwich Village par son accoutrement fait de "vêtements artistiques farfelus" : corbeille à papier ou seau à charbon comme chapeau, objets trouvés ou volés décorant ses robes. Elle est souvent arrêtée pour avoir tenté de se baigner dans des fontaines publiques. Elle se fait la réputation d'agresser sexuellement des écrivains. Elle aime se pavaner le crâne rasé dans les salons ouverts aux avant-gardes, en particulier celui des Arensberg.

Les dadaïstes de New York commencent à s'intéresser à elle.
« J'aime la façon dont on a fait la découverte qu'elle a été, inconsciemment, une dadaïste. », écrit le poète Hart Crane dans "New York Dada", et "The Little review" proclame en 1920 que « Paris a Dada depuis cinq ans, et nous avons Elsa von Freytag-Loringhoven depuis presque deux ans. Mais les grands esprits se rencontrent... »[1]

Elle est la vedette d'un film coréalisé par Marcel Duchamp et Man Ray intitulé « La Baronne rase ses poils pubiens ».

À cause de son caractère fantasque, on a longtemps attribué au seul Morton Schamberg la sculpture réalisée en commun « God », un tuyau de plomb sur un morceau de bois (1915). Une autre de ses sculptures, « Limbswish » (1918), est un ornement construit à partir d'un ressort en métal et d'un grand gland de rideau destiné à être suspendu à la hanche.

Elle retourne en Allemagne en 1923. Elle habite une maison de charité, vend des journaux et, en proie à des pulsions suicidaires, elle est internée dans une clinique psychiatrique. Au printemps 1926, ayant obtenu un visa pour Paris, elle crée une agence de mannequins que les autorités d'immigration françaises fermeront.
Elle meurt intoxiquée, dans son appartement, par le gaz resté ouvert toute la nuit.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Bon, op. cité.