Louis Chauvel

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Louis Chauvel

Naissance
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession sociologue français

Louis Chauvel[1], né le à Paris, est un sociologue français, professeur à l'Université du Luxembourg, spécialisé dans l’analyse des structures sociales et du changement par génération. Il développe une lecture comparée des formes de stratification sociale et des changements de l'État-providence dans le cadre de ses recherches à l'Observatoire français des conjonctures économiques et à l'Observatoire sociologique du Changement.

Parcours[modifier | modifier le code]

Contribution[modifier | modifier le code]

Louis Chauvel a publié une cinquantaine d'articles scientifiques qui développent les arguments de son travail de thèse et son ouvrage Le Destin des générations. Il est membre de l'Institut universitaire de France et du conseil scientifique de l’Observatoire des inégalités. Il est essentiellement connu pour ses travaux :

  1. sur les inégalités de générations[3] ; il souligne en particulier les risques de déclassement scolaire et social des générations nées à partir de 1950-1955, qui font face à un déclin du rendement des titres scolaires, une baisse du pouvoir d'achat, une croissance des inégalités intragénérationnelles et un déclin de la représentation politique. Ce travail théorique et empirique original permet de saisir une source majeure de tensions et de déséquilibres sociaux. Tout en reprenant les analyses structuro-fonctionnalistes de Robert King Merton, Louis Chauvel propose une analyse de la dyssocialisation (i.e. mauvaise socialisation) relevant de l'écart entre les aspirations d'une génération (formées par la socialisation) et sa situation réelle, caractéristique des sociétés de post-abondance.
  2. sur les classes sociales en France[4] ; ses travaux portent sur les évolutions de la forme de la pyramide des revenus (strobiloïde), la recomposition des classes populaires qui sont plus marquées objectivement depuis 1985 mais moins conscientes de leurs spécificités, et la déstabilisation des classes moyennes dont les fractions intermédiaires salariées du public font face à des incertitudes croissantes.

Au-delà de ses travaux de recherche, ses interventions au cours du mouvement contre le Contrat première embauche en mars 2006 et pendant la campagne de l'Élection présidentielle française de 2007 sur le déclassement social des nouvelles générations, la déstabilisation des classes moyennes, le risque de démantèlement générationnel de l'État-providence ont contribué à transformer la vision de l'héritage de 1968 et de l'avenir de la société française[5],[6].

Face au mouvement social contre la réforme des retraites en France de 2010, il écrit à propos de la jeunesse :

« Le taux de chômage des jeunes en France a commencé à dépasser les 20 % voilà une trentaine d'années, et on n'a rien fait d'autre que de leur promettre une amélioration avec le départ des baby-boomers à la retraite. Ce départ a commencé il y a environ cinq ans maintenant, et en décembre 2009, nous avons atteint le point haut historique de 26 % de chômage pour les jeunes de moins de 25 ans.

Le chômage n'est pas le seul problème, les stages à répétition, la précarité de l'emploi, les niveaux de salaire sans cesse plus bas alors même que les niveaux de diplômes se sont beaucoup élevés, et surtout le fait que le prix du travail ne permet plus de se loger décemment[7]. »

Publications[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sa notice sur le site de la BNF: La notice
  2. Cf. Annuaire de l'ENSAE : http://www.ensae.org/gene/main.php?base=21
  3. Voir Les nouvelles générations devant la panne prolongée de l’ascenseur social [PDF], en janvier 2006
  4. Voir notamment son article « Le Retour des classes sociales » [PDF], en octobre 2001.
  5. Voir « Classes moyennes, le grand retournement », Le Monde, 2 mai 2006.
  6. Voir « La France a sacrifié les jeunes depuis vingt ans », Le Monde, 6 mars 2006.
  7. Louis Chauvel, « Les lycées et les universités de masse sont de la nitroglycérine pour tout gouvernement », Lemonde.fr,‎ 2010/10/14

Lien externe[modifier | modifier le code]