Sept ans de réflexion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Sept ans de réflexion

Description de l'image  Opening title from The Seven Year Itch trailer.jpg.
Titre original The Seven Year Itch
Réalisation Billy Wilder
Scénario George Axelrod
Billy Wilder
George Axelrod (pièce)
Acteurs principaux
Sociétés de production 20th Century Fox
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie
Sortie 1955
Durée 105 minutes (1h45)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Sept ans de réflexion (The Seven Year Itch) est un film américain de Billy Wilder sorti en 1955.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un style cher au réalisateur, le film débute par une séquence chez les Indiens algonquins qui ont donné le nom Manhattan à cette célèbre île de New York : il y a quelques centaines d'années, les guerriers font leurs adieux à femmes et enfants qui partent pour des régions plus fraîches pendant les grandes chaleurs d'été.

Richard Sherman, un responsable dans une petite maison d'édition spécialisée dans les (ré)éditions bon marché avec des couvertures aguichantes, a accompagné sa femme Helen et son fils Ricky à la gare pour les mêmes raisons : ceux-ci quittent la fournaise new-yorkaise pour se rendre dans le Maine, bien plus accueillant en été. À peine séparés, les tentations sensuelles sont déjà présentes et menaçantes, mais Richard se promet de ne jamais y succomber, comme d'ailleurs à l'alcool et à la cigarette, suivant les recommandations de son épouse et de son médecin.

Il rentre chez lui et fait la connaissance d'une jeune femme à la beauté insensée, modèle dans la publicité, qui a emménagé dans l'appartement des voisins du dessus. Non, il ne cédera pas à la tentation, se répète-t-il. Richard est un homme à l'imagination galopante et conçoit ainsi plein de scénarios, par exemple pour révéler à sa femme son pouvoir de séduction ou pour charmer sa nouvelle voisine. Grâce à cette fantaisie d'esprit, il se donne aussi de bonnes raisons d'agir. De fil en aiguille, d'un premier rendez-vous au suivant, une relation avec l'irrésistible starlette peut s'engager.

Quelques personnages hauts en couleur viennent troubler soit ses intentions soit sa mauvaise conscience. Par exemple, le docteur Brubaker, auteur d'une étude intitulée De l'homme et son subconscient (que l'éditeur veut retitrer Du sexe et de la violence, avec la couverture appropriée), livre dans lequel Richard découvre – excuse bienvenue – que beaucoup d'hommes dans leur septième année de mariage passent par une phase d'infidélité sporadique nommée « démangeaison de la septième année » (d'où le titre en V.O. The Seven Year Itch). Ou encore Kruhulik, le concierge venu chercher un tapis à nettoyer. Et Tom MacKenzie, une connaissance de la famille qui pourrait bien séduire la femme de Richard.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Ewell leans in for kiss in The Seven Year Itch trailer 1.jpg
Monroe holding hammer in The Seven Year Itch trailer 2.jpg

Distribution[modifier | modifier le code]

Monroe's skirt blows up in The Seven Year Itch trailer 1.jpg

Distinctions[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2010). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

De Broadway à Hollywood[modifier | modifier le code]

Monroe and Ewell open a bottle in The Seven Year Itch trailer 1.jpg

La pièce de théâtre, écrite par George Axelrod, a rencontré un très grand succès à Broadway en 1952 et, rapidement, les studios de Hollywood s'y sont intéressé. L'auteur ne désirait pas que le film soit présenté au public alors que la pièce se jouait encore. De plus, le sujet de la pièce, une affaire d'adultère, ne pouvait pas passer le cap de la censure : à cette époque en effet le sévère code Hays (une commission propre à l'industrie du cinéma) régissait la morale des œuvres cinématographiques.

Le Code préconisait en effet entre autres que « l'adultère ne devra jamais être sujet à plaisanteries ». Les responsables de l'adaptation, Billy Wilder et George Axelrod, ont donc dû modifier de manière importante l'intrigue. Contrairement à la pièce qui aborde l'adultère de manière directe et drôle, dans le film il y a beaucoup de désir chez Richard mais pas de concrétisation. Les effets humoristiques des dialogues ont été également été atténués. Souvent, c'est en mode subjectif et Richard, à haute voix, partage ses pensées avec le public.

La structure théâtrale reste néanmoins très présente : presque toute l'action se concentre dans l'appartement de Richard – à l'exception de la célèbre scène de la bouche d'aération de métro[1]– et est filmée presque exclusivement en plan américain (pas un seul gros plan), restituant ainsi l'unité de lieu et la perspective unique du spectateur de théâtre. De même, le scénario comporte peu de scènes mais celles-ci sont relativement longues.

Le film joue avec la réalité et le monde onirique car Richard est très imaginatif. Une séquence-clin d'œil où il se fait séduire par une femme fait référence à la scène mémorable dans Tant qu'il y aura des hommes (1953) entre Burt Lancaster et Deborah Kerr sur la plage. La femme qui embrasse Richard lui explique l'effet qu'il exerce sur elle : « And it'll bother me always, from here to eternity » (« Cela me troublera jusqu'au Jugement dernier. »), From Here to Eternity étant le titre original de Tant qu'il y aura des hommes.

En 1955, Sept ans de réflexion a été le plus gros succès de la Fox : ayant coûté 1,8 million de dollars, il en rapporta plus de 8.

Les acteurs[modifier | modifier le code]

Tom Ewell[modifier | modifier le code]

Walter Matthau avait auditionné pour le rôle, car Wilder voulait un homme commun et non une gravure de mode afin que chaque mâle américain puisse mieux s'identifier et que le fantasme de la séduction soit plus représentatif. Mais c'est finalement Tom Ewell qui avait créé le rôle de Richard à Broadway, qui est choisi.

Marilyn Monroe[modifier | modifier le code]

Monroe listening in The Seven Year Itch trailer 1.jpg

Alors que la pièce avait été créée par Vanessa Brown, Marilyn Monroe partage la tête d'affiche avec Tom Ewell dans son 24e film. Contrairement à ce qui a pu être dit, elle ne joue pas le rôle d'une sotte mais plutôt celui d'une jeune naïve et spontanée. Elle n'a pas de nom (dans le script, elle est the girl, « la fille »). Elle est belle, le sait mais n'en joue pas : elle séduit sans vouloir séduire. Son personnage dans le film a 22 ans, alors que pendant le tournage elle en avait 28. Elle vivait alors des moments difficiles avec Joe DiMaggio, qui se soldent par leur divorce pendant le tournage, après quelques mois de mariage seulement. À la première du film, le 1er juin 1955, le jour de son 29e anniversaire, c'est cependant Joe qui l'accompagne.

Après ce grand succès, Marilyn a obtenu plus de pouvoir face aux studios, notamment quant au script et au réalisateur.

Les scènes de Marilyn s'enchaînent ainsi :

  • Marilyn apparaît à la dixième minute du film environ, lors d'une première rencontre avec Richard dans le corridor du petit immeuble. Elle porte une robe blanche à pois noirs et revient avec ses courses.
  • Elle assomme presque son voisin du dessous avec un lourd pot de plant de tomates. Le lien peut se créer puisqu'il l'invite à boire un verre.
  • Dans une scène onirique, Richard l'imagine très sexy dans une robe de tigresse. La musique de Rachmaninov fait alors fondre les corps... et les esprits.
  • Dans une sorte de pyjama rose bonbon, une longue scène dans l'appartement de Richard. Après être allé chercher du champagne, elle revient dans une robe blanche aux bretelles dégrafées... Puis une importante scène au piano où ils jouent à quatre mains le morceau Chopsticks (en). Elle rentre chez elle après un quiproquo par terre.
  • Une autre scène onirique la montre dans son bain, où elle pourrait d'ailleurs être attaquée par un monstre, une « créature du lagon noir » !
  • Encore une scène de rêve : à la télévision, elle profite de son clip publicitaire pour du dentifrice pour révéler au monde entier les agissements de Richard, qui devient paranoïaque.
  • Lorsqu'il rentre du travail, elle l'accueille en bustier, penchée à sa fenêtre.
  • Ils vont finalement au cinéma voir L'Étrange Créature du lac noir. S'ensuit sans doute la plus célèbre scène de la carrière de Marilyn, celle de la grille d'aération du métro qui soulève sa robe blanche – une autre. Le dentifrice sera aussi l'excuse d'un premier baiser.
  • Retour à l'appartement. Après un début de conversation, elle doit le quitter précipitamment : « Goodnight Miss, huh... Whatever your name is... » (« Bonne nuit mademoiselle euh... mademoiselle je-ne-connais-pas-votre-nom »). En raison de la chaleur, elle revient et demande à pouvoir rester pour la nuit dans l'appartement muni de l'air climatisé. Ils se réveillent le lendemain matin en tout bien tout honneur, elle prend une douche, apparaît en peignoir.
  • Elle lui fait un dernier signe d'adieu à la fenêtre: il part rejoindre sa femme dans le nord du pays.

Les scénaristes ont glissé dans le film deux clins d'œils à la « véritable » Marilyn : à l'instar de Marilyn, son personnage a posé pour des « photos de charme » au début de sa carrière (« I posed for this picture... US Camera... I was... It was one of these... artistic pictures... »). Une autre réflexion fait allusion au statut de star de Marilyn : à Tex qui lui demande de quelle blonde il parle, Richard répond : « Maybe it's Marilyn Monroe ».

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La scène la bouche d'aération de métro a été tournée en septembre 1954 à l'angle de Lexington Avenue et de la 52e rue, pour être finalement retournée en studio...