Buzet-sur-Baïse

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Buzet-sur-Baïse
La mairie (mai 2012)
La mairie (mai 2012)
Blason de Buzet-sur-Baïse
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Lot-et-Garonne
Arrondissement Nérac
Canton Damazan
Intercommunalité Communauté de communes du Val d'Albret
Maire
Mandat
Jean-Louis Molinié
2014-2020
Code postal 47160
Code commune 47043
Démographie
Gentilé Buzéquais, Buzéquaises
Population
municipale
1 301 hab. (2011)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 15′ 32″ N 0° 18′ 00″ E / 44.25889, 0.3 ()44° 15′ 32″ Nord 0° 18′ 00″ Est / 44.25889, 0.3 ()  
Altitude Min. 22 m – Max. 143 m
Superficie 21,15 km2
Localisation

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Buzet-sur-Baïse
Liens
Site web http://www.buzet-sur-baise.fr/public/

Buzet-sur-Baïse (Busèth en gascon) est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de Lot-et-Garonne (région Aquitaine).

Ses habitants sont appelés les Buzéquais[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe sur la rive gauche de la Garonne à 4 kilomètres de la confluence de la Baïse avec le fleuve, au cœur de la Moyenne Garonne, région géographique du bassin Aquitain définie par le géographe Pierre Deffontaines.

La commune (2115 hectares) s'étend sur trois terroirs : la terrasse (où se trouve le village), le coteau (qui surplombe la terrasse à l'ouest et qui est soit boisé, soit planté de vignes) et la "plaine" (la vallée inondable de la Baïse et de la Garonne), à l'est.

Buzet-sur-Baïse se situe au croisement de plusieurs micro-régions géographiques : la vallée de la Garonne, l'extrémité nord des collines de Gascogne et l'extrémité est de la forêt des Landes.

Le terroir de la terrasse et du coteau est particulièrement propice à la culture de la vigne alors que les terres de la vallée sont occupées par des cultures de fruits et légumes et de céréales (maïs).

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est du type océanique aquitain : doux et humide avec une tendance méditerranéenne l'été.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site de Buzet a été occupé depuis la période préhistorique. À l’époque romaine des villae (exploitations agricoles) étaient réparties sur la terrasse.

Au Moyen Âge, un bourg s’est développé autour du château, sur l’éperon rocheux qui domine la vallée du ruisseau de Bénac et la vallée de la Baïse. Il y avait vraisemblablement plusieurs châtelains (des co-seigneurs) qui possédaient chacun un bâtiment : pour l’un il reste la tour dans le parc du château actuel et pour l’autre un château à l’origine de type « gascon » qui correspond au corps de logis situé entre les deux tours du XVe siècle.

À la fin du Moyen Âge, il n’y avait plus qu’un seul seigneur qui a modernisé le château en lui ajoutant les deux tours puis une autre tour-escalier sur la façade sud et au XVIIIe siècle deux ailes aujourd’hui disparues. Ce sont les familles Flamarens, Beaumont puis Noailles qui jusqu’en 1929 ont occupé le château de Buzet (actuellement propriété privée).

Vraisemblablement à partir de la fin des guerres de religion, le petit hameau de vignerons situé au bord du ruisseau de Bénac (ruisseau de la Paix) s’est développé. Le bourg de Lagravère est progressivement devenu plus peuplé que le bourg du haut qui fut abandonné entre 1830 et 1860. Les châtelains ont d’ailleurs racheté toutes les maisons qui restaient ainsi que l’ancien hôtel-de-ville et l’église paroissiale pour créer un superbe parc paysager.

Les Buzéquais ont donc développé Lagravère en y bâtissant un nouvel hôtel-de-ville (1838), un presbytère (1858) et une église (terminée en 1858 et consacrée en 1862). C’est donc un village rue aux maisons assez simples datant pour la plupart du XIXe siècle. Le creusement du canal latéral à la Garonne (inauguré en 1856) a quelque peu modifié le paysage de Buzet mais a surtout permis le développement des activités commerciales déjà importantes grâce à la Baïse.

L’activité principale a toujours été l’agriculture et en particulier la viticulture ce dont attestent les documents d’archives ainsi que la carte de Belleyme (fin du XVIIIe siècle). Il y avait également une intense activité de minoterie dans les différents moulins du ruisseau de Bénac mais surtout dans l’imposant moulin de la Baïse (qui appartenait à l’origine aux comtes de Flamarens). Au lendemain de la guerre de 1914-1918, il fut transformé en usine de crayons par des industriels belges (usine « Franbel ») et cette activité fit connaître Buzet dans toute la France durant l’entre-deux-guerres et jusque dans les années cinquante. Au début des années 1960, l’activité cessa et le bâtiment fut transformé en cellulose qui n’entra jamais en production. Depuis le site est laissé à l’abandon sauf pour une activité marginale de production d’électricité. Il existe quelques jolis manoirs sur le territoire de la commune comme celui du Genthieu, sur la route de Damazan ou de Gache sur le coteau. Mais la puissance et la richesse des seigneurs de Buzet a, jusqu’au XXe siècle, écarté toute concurrence ! Buzet est désormais connu dans le monde entier grâce à la Cave des Vignerons qui a vu le jour dans les années cinquante grâce à la volonté d’une poignée de viticulteurs ayant voulu s’affranchir de la tutelle des négociants. C’est une réussite autant qualitative que commerciale, au-delà des espérances de ses créateurs.

Buzet est devenue Buzet-sur-Baïse en 1921.

Crimes de guerre[modifier | modifier le code]

Le 22 juin1944, les SS du régiment Deutschland stationnés à Aiguillon (Lot-et-Garonne) et qui avait un cantonnement au château de Buzet exécutaient six patriotes, comme le rapporte Jacques Brissaud dans son ouvrage Crimes de Guerre en Agenais[2]. Les SS ont également tué cinq autres personnes entre le 22 juin et le 13 juillet. En avril, ils avaient arrêté trois membres d'une famille d'agriculteurs et leur employé, soupçonnés d'aider la résistance ; le fils fut tué en tentant de s'échapper (il a sauté dans la Garonne lors du transfert et fut mitraillé puis retrouvé noyé) et les trois autres disparurent en déportation[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Buzet-sur-Baïse Blason Palé et contre-palé d'or et de gueules de six pièces[3].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Le blason de Buzet a été réalisé à la suite de la campagne d'enregistrement des armoiries consécutive à l'édit royal du 28 novembre 1696. Le 3 février 1697 les consules de Buzet ont répondu à la sénéchaussée de Condom qu'il n'y avait que le seigneur qui avait des armoiries, "la communauté n'en a jamais eu ni n'en prétend avoir"[4]. Mais elle va être contrainte d'en adopter : l'année suivante, les armoiries de Buzet figurent dans l'armorial général d'Hozier (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1114668/f169.image). Comme 934 villes et 2 171 villages de France (mais seulement quelques villes et villages en Guyenne), Buzet a dû s'acquitter de ce nouvel impôt sur les armoiries[5].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1944 mars 1971 René Dupouy   Viticulteur-négociant en vins
mars 1971 mars 1989 René Mayerus   Retraité de la police nationale
mars 1989 mars 2001 Victor Tintoni   Retraité de la police nationale
mars 2001 mars 2014 Christian Marin[6]   Artisan
mars 2014 en cours Jean-Louis Molinié   Professeur d'histoire-géographie
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 301 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 331 1 450 1 493 1 639 1 617 1 757 1 807 1 584 1 540
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 514 1 509 1 591 1 602 1 646 1 716 1 583 1 535 1 512
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 342 1 284 1 204 1 236 1 377 1 467 1 299 1 269 1 341
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 264 1 453 1 345 1 317 1 353 1 236 1 238 1 301 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Buzet (AOC).

L’activité est dynamisée par la Cave des Vignerons mais aussi le tourisme fluvial (Aquitaine Navigation), la transformation des semences de betteraves (KWS) et la tonnellerie (Tonnellerie Saint-Martin).

Culture[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église Notre-Dame de Buzet, symbole du village neuf (le bourg de Lagravère) a été construite entre 1856 et 1858, dans le style néo-gothique. Elle est l'œuvre de l'architecte Verdier, élève de Viollet-le-Duc. Elle fut consacrée officiellement en 1862.
  • La chapelle du château[9], est l'ancienne église paroissiale Notre-Dame-de-Buzet. Elle daterait du premier quart du XVIe siècle mais aurait été construite sur des bases du XIIIe siècle. Elle a des ressemblances avec l'église de Laplume (datée 1511-1541) et avec la chapelle de Flamarens (terminée en 1546). Les Grossolles-Flamarens étaient seigneurs de Buzet à cette époque : Georges d'Hozières qui était au service de la famille aurait pu en établir les plans. Elle était au cœur du village lorsque celui-ci se situait à côté du château seigneurial. En 1849, une partie de la voûte s'est effondrée et elle fut désaffectée. Les châtelains l'ont rachetée et ont transformé le porche du clocher en chapelle privée, la nef restant à ciel ouvert.

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Le château de Buzet
  • Le château des seigneurs de Buzet (XIIIe-XVIIIe) est une propriété privée et ne peut se visiter. Il est le cœur du bourg castral du vieux Buzet qui fut établi sur l'éperon rocheux jusqu'au XIXe siècle.
  • La double écluse de descente en Baïse, située entre le canal de Garonne (appellation actuelle) et la Baïse, permet depuis 1852 de relier le canal latéral à la Garonne au réseau fluvial du Sud-Ouest (Baïse, Garonne à Saint-Léger, Lot par le Canalet à partir de Nicole). Elle fit de Buzet un nœud fluvial à partir de l'achèvement du canal latéral (1856). C'est pour cette raison qu'un port fluvial destiné au tourisme a été construit à cet endroit sur le canal et inauguré en 2001.
  • Pont canal sur la Baïse
  • Le pont sur la Baïse, inauguré le 2 août 1931, il a été construit par l'entreprise Limousin sur des plans de l'ingénieur Gaston Le Marec. Il est de type Bow String à tablier suspendu en béton armé. Il a remplacé un pont suspendu qui datait de 1838 et qui avait été édifié par l'entreprise Seguin Frères. Le seul pont suspendu du XIXe siècle conservé sur la Baïse est celui de Vianne.
  • La cellulose de Buzet est un édifice industriel qui date de la deuxième moitié du XXe siècle. C'est l'architecte Knockaert, de Villeneuve-sur-Lot, qui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale a été chargé de transformer l'ancien moulin abritant l'usine de crayons Franbel (Compagnie Franco-belge de crayons) à laquelle a succédé la cellulose.
  • La cave des vignerons de Buzet a été inauguré le 11 septembre 1955. Elle était à l'époque appelée "cave coopérative". Ses plans ont été réalisés par l’architecte Ladousse et elle a été construite par l’entreprise Estève de Castelnaudary.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Vincent Laborde[10] : Docteur en médecine et éminent physiologiste né à Buzet le 5 décembre 1830 dans le quartier du Padouen. Son père était marchand de biens. Il fut étudiant à la faculté de Paris et obtint son doctorat en médecine en 1864. Il mena une carrière universitaire parisienne et consacra sa vie à la recherche. Il fut membre de l’Académie de médecine. Ses travaux furent reconnus en physiologie humaine et animale (et en particulier le système nerveux central), domaine dans lequel il s’est révélé un grand expérimentateur. Sa curiosité scientifique l’a poussé à étudier également la pharmacologie, la toxicologie et l’hygiène publique (viandes avariées et parasitées, alcoolisme…). Il est attaché à la République et c’est un ami de Gambetta auquel il a consacré une « biographie psychologique ». Il était convaincu de la « prédisposition organique héréditaire » et il a publié en 1872 un opuscule intitulé Les Hommes et les actes de l’insurrection de Paris devant la psychologie morbide. Il décède en avril 1903 après avoir présenté à l’Académie de médecine, dans le cadre de la lutte antialcoolique, un rapport sur la toxicité des essences utilisées pour préparer certaines liqueurs et apéritifs.
  • Maurice Luxembourg[11] : professeur agrégé d’histoire et géographie né à Lectoure le 9 mars 1909 et mort à Agen le 10 juin 1970. Il repose au cimetière de Buzet-sur-Baïse. Il s’était marié avec Odette Dastros, fille du notaire de Buzet, où il s’est ensuite fixé. Il fut professeur au Lycée Bernard Palissy d'Agen dont il devint le proviseur. Il fut secrétaire perpétuel de la Société académique d’Agen et premier adjoint au maire d’Agen. Brillant universitaire, il publia de nombreux travaux, sur le Lot-et-Garonne, sur Agen et sur Buzet et sa région. Il fut en particulier à l’origine de la revue Les Amis des côtes de Buzet (devenue par la suite Revue des amis du Buzet), publiée sous l’égide des Vignerons de Buzet entre 1963 et 2003 où ont été publiées les monographies des 27 communes de l'appellation Buzet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nom des habitants de la commune sur habitants.fr, consulté le 10 mai 2012.
  2. a et b Crimes de guerre en Agenais, Jacques Brissaud, Imprimerie moderne, Agen 1949, réédition Imprimerie Quesseveur 1997
  3. Armorial de France
  4. Archives départementales de Lot-et-Garonne, E supplément 2546.
  5. Le blason de Buzet : une conséquence insolite des guerres de Louis XIV, par Jean-Louis Molinié, Bulletin municipal de Buzet-sur-Baïse 1990.
  6. Commune de Buzet-sur-Baïse sur le site de l'AMF, Association des Maires de France, consulté le 10 mai 2012.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  9. Source : Philippe Araguas et Nicolas Fauchère, L'architecture de l'église ancienne et du château de Buzet, Revue des Amis du Buzet no 36, 1992.
  10. Source : Labadie (Michel), Jean-Baptiste Vincent Laborde docteur en médecine et éminent physiologiste, Revue de l’Agenais, 1998, no 2, p. 121-125
  11. Source : Jeantin (Paul), Maurice Luxembourg, ami de la terre et de ses vignes, Les Amis des côtes de Buzet, 1970, no 14, p. 5-10.
    Molinié (Jean-Louis), Un intellectuel témoin de son temps (mémoires de Maurice Luxembourg sur l’occupation allemande dans le Sud-Ouest de 1940 à 1944), Revue de l’Agenais, 1994, no 4, p. 705-720

Galerie[modifier | modifier le code]

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