Opération Jéricho

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L'opération Jéricho est le nom donné à un raid aérien effectué le 18 février 1944 par la RAF qui bombarda la prison d'Amiens afin de libérer des agents secrets alliés et des résistants français. Cette opération fit 98 morts.

L'attaque[modifier | modifier le code]

L'attaque fut menée par 18 Mosquito FB Mk VI du Wing 140 de la RAF, couvert par 4 Hawker Typhoons du Squadron 198 conduits par le pilote belge R.Lallemand, sobriquet « Cheval ». La précision de l'attaque fut remarquable : sur les 40 bombes lancées, 23 tombèrent dans l'enceinte de la prison, tandis que 13 autres ne ratèrent l'objectif que de peu. Quatre autres bombes commirent des dégâts à une distance de 250 à 700 mètres de la prison. Un autre Mosquito Mk IV de la FPU (Film Production Unit) filma la prison après le raid.

La Luftwaffe réagit avec les Focke-Wulf Fw 190 A7 du 7./JG 26 qui abattirent à Saint-Gratien12 km au nord d'Amiens) le Mosquito du commandant de l'attaque (Wing Commander Pickard - Fl Lt Broadley tués) et un Typhoon de l'escorte. Un second Typhoon fut porté disparu, sans qu'il soit possible de préciser si c'est par l'action de l'ennemi ou à cause des conditions climatiques extrêmes régnant ce jour sur la Manche.

La thèse de la manipulation[modifier | modifier le code]

En 2005, une analyse[1] a remis en cause les buts réels de l'opération Jéricho. Cette thèse s'appuie sur plusieurs éléments :

  • Bien que 180 personnes étaient emprisonnées par les Allemands dans cette prison aux côtés de 523 droit commun, aucun agent allié n'y était incarcéré, même s'il a parfois été affirmé qu'un des prisonniers connaissait certains secrets sur le débarquement.
  • Pour motiver les équipages, le commandant de l'opération avait précisé que l'action visait à libérer 120 résistants condamnés à être fusillés le lendemain, dont certains avaient aidé des équipages alliées tombés en France à échapper à la capture. En réalité, aucune exécution n'était prévue dans les jours suivants l'attaque.
  • Il a été dit que l'attaque aérienne était coordonnée avec une action de la Résistance pour aider les prisonniers à s'échapper. Aucune trace d'une telle action n'a été trouvée.
  • Enfin, le nom même de l'opération, Jéricho, n'apparut qu'après le conflit, en 1946. En 1944, l'opération était connue sous le nom de Ramrod 564, parfois surnommée « opération Renovate », du nom du mot-code devant éventuellement en marquer l'abandon en cours d'action. Le nom de Jéricho ne lui fut donné qu'après la guerre, lorsque la RAF diffusa sous ce nom un film retraçant ces évènements.

Tenant compte de ces éléments, et du fait qu'Amiens était éloignée des futures plages du débarquement de Normandie mais proche du Pas-de-Calais, l'auteur de l'analyse pense que cette opération s'inscrit dans le cadre de l'opération Fortitude, destinée à induire en erreur les services de renseignements allemands sur le débarquement allié. Cette attaque sur la prison d'Amiens aurait servi à faire croire au contre-espionnage allemand que parmi les personnes emprisonnées à Amiens se trouvaient des résistants dont les Allemands n'avaient pas soupçonné l'importance, et que ces personnes étaient dans la connaissance d'un débarquement à venir dans le Pas-de-Calais.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Jéricho (ou Opération Jéricho), film d'Henri Calef, 1946.


Références[modifier | modifier le code]

  1. J.-P. Ducelier, « La manipulation d'Amiens : pourquoi bombarder une prison en 1944 ? », Le Fana de l'aviation, no 432, novembre 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]