Bombardement du Vatican

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Carte du Vatican.

Le bombardement du Vatican s'est produit le 5 novembre 1943 durant la Seconde Guerre mondiale.

L’attaque[modifier | modifier le code]

Dans la soirée du 5 novembre 1943, un SM SIAI Marchetti 79, bombardier de la Regia Aeronautica Italiana connu sous le nom de "Sparviero" décolle de Viterbe, alors sous contrôle de la République sociale italienne[1] (RSI) : il largue cinq bombes sur la basilique Saint-Pierre[2] à 20h10 au Vatican[3]. Quatre des cinq bombes vont exploser[1],[4].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La Cité du Vatican reste neutre pendant toute la durée de la guerre[5]. Tant les Alliés que l'Axe conviennent de ne pas attaquer le Vatican en cas de bombardement de Rome. Les Italiens sont convaincus que Radio Vatican envoie des messages codés aux Alliés[6],[7]. En 2010[6], il est révélé[Par qui ?] que l'attaque est une tentative délibérée de frapper la station de radio du Vatican : le raid échoue.

L'attaque est orchestrée par les leaders politiques de la République sociale italienne et Roberto Farinacci, un ardent antisémite, secrétaire du Parti national fasciste ; ils ont pour objectif de rendre le bombardement anonyme afin de ne pas donner une mauvaise réputation à leur pays. Les dommages causés par le raid sont encore visibles de nos jours, mais ne sont pas évoqués[8]. Il n'y a pas de victime. Les bombes ratent la cible, des dommages mineurs sont occasionnés au Vatican : le réservoir d'eau dans la station de chemin de fer, une mosaïque sont détruits ; de graves dommages sont occasionnés à la gare du Vatican[2],[9] et des bureaux du gouvernorat sont détruits ; les fenêtres à l'arrière de la basilique Saint-Pierre volent en éclats. Les musées, l'intérieur de la basilique Saint-Pierre, la chapelle Sixtine et les autres monuments sont épargnés[1].

Cette attaque est l'une des deux seule violations de la neutralité du Vatican durant la Seconde Guerre mondiale.

Seconde attaque[modifier | modifier le code]

Un second raid a eu lieu moins de trois mois plus tard. Le 1er mars 1944, un petit avion - qui avait déjà survolé Radio Vatican quelques nuits auparavant - largue six bombes qui tombent près de l'enceinte du Vatican, tuant un ouvrier et blessant une religieuse Néerlandaise. Le palais du Saint-Office, le siège de l'Oratoire de Saint-Pierre et le Collège Urbain de Propaganda Fide sur le Janicule sont endommagés. Des témoins ont vu l'avion heurter un obstacle dans la hâte de se débarrasser de sa cargaison, puis s'écraser au sol après avoir heurté une maison de la Via del Gelsomino de son aile (causant la mort d'une personne âgée). L'avion et son pilote décédé sont retirés à la hâte par les autorités italiennes. Le Saint-Siège a choisi de déployer sur ces deux « lâches attaques sur l'intégrité du Vatican » un voile de silence qui a duré pendant des décennies[10].

Réponse internationale[modifier | modifier le code]

La presse internationale s'est demandée pendant longtemps qui était responsable de l'attentat. Le raid reste entouré de mystères et reçoit des réponses différentes de la part des chefs de file mondiaux.

Certains membres internationaux de la communauté catholique, tels que Mgr Joseph Lynch (Joseph Patrick Lynch (en)) de Dallas et Edwin O'Hara (Edwin Vincent O'Hara (en)) de Kansas City (Missouri) défendent le bombardement, affirmant que les lieux saints n'ont pas été délibérément attaqués. En supposant que les Alliés en étaient les responsables, ils affirment que l'attaque était nécessaire pour surpasser les puissances de l'Axe[4].

Réponse du pape[modifier | modifier le code]

Le pape Pie XII garde le silence sur le raid, admettant apparemment les réclamations britanniques du fait que le bombardement était un accident. Bien que la Garde suisse pontificale et d'autres unités de l'armée du Vatican sont en état ​​d'alerte durant toute la durée de la guerre, il n'y a pas de mobilisation. Le pape affirme qu'il ne souhaite pas que les auteurs soient traduits en justice, mais qu'ils cessent simplement les violences[6].

Réponse de Mussolini et du Reich[modifier | modifier le code]

Le dictateur italien peut ne pas être au courant que ses forces sont responsables. Il blâme les Alliés concernant l'attaque et tente de gagner l'appui international afin de retourner les autres pays contre les Alliés. Il reçoit peu de soutien externe[4]. Le Reich nie également une quelconque implication[1].

Réponse de Roosevelt[modifier | modifier le code]

Le président Roosevelt, après avoir entendu le plaidoyer du pape pour mettre fin à la violence, promet qu'aucun avion américain ne pénétrera l'espace aérien du Vatican pour le restant de la guerre[6]. Roosevelt tient sa promesse, bien conscient que de nombreux catholiques sont membres des forces armées des États-Unis.

Recherches récentes[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2010, les responsables de l'attentat sont demeurés méconnus ; c'est alors qu'un journaliste italien, Augusto Ferrara, déniche des photos et des documents provenant des archives du Vatican. Ceux-ci éclairent ​​les événements relatifs au bombardement[6]. Avant cette découverte, il était généralement cru que les bombes avaient été larguées, peut-être par erreur, par un avion britannique.

La thèse de la responsabilité de Roberto Farinacci[modifier | modifier le code]

L'identification de Roberto Farinacci est rendue possible grâce à une transcription de conversation téléphonique[Quand ?], entre un prêtre et un jésuite, le père Pietro Tacchi Venturi, un proche du secrétaire du pape de l'État (Mgr Giovanni Battista Montini - le futur pape Paul VI). Dans l'échange, le prêtre affirme :

« C'était les Italiens. Nous avons pu le vérifier par les personnes qui étaient présentes à tous les niveaux de l'élaboration de la manœuvre. Il s'agissait d'un avion Savoia-Marchetti, qui avait à son bord cinq bombes destinées à frapper la station de Radio Vatican, parce que Farinacci était convaincu qu'elle transmettait à l'ennemi des nouvelles à caractère militaire »[1]. Cela sera confirmé[Quand ?] par le directeur de l'Osservatore Romano, le comte Dalla Torre.

Archives du Vatican[modifier | modifier le code]

En mars 2012, le Vatican dévoile certaines archives à l'occasion de l'exposition Lux in arcana (Lumière sur les secrets, en latin) aux musées du Capitole[11]. Parmi les documents révélés, se trouve le rapport d’un gendarme fait à l'occasion du bombardement du Vatican en novembre 1943[12].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Bombing of the Vatican » (voir la liste des auteurs)
  • (it) Augusto Ferrara, 1943. Bombe sul Vaticano, Libreria Editrice Vaticana,‎ 1er décembre 2010, 148 p. (ISBN 9788820984359)
  • (en) Jane Scrivener, Inside Rome with the Germans, The Macmillan Company,‎ 1945, 204 p. [13]
  • (en) David G. Dalin, The Myth of Hitler's Pope : Pope Pius XII And His Secret War Against Nazi Germany, Regnery History,‎ 25 juillet 2005, 209 p. (ISBN 978-0895260345)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en)Romuald Matthieson, « CHURCH HISTORY: Who bombed the Vatican in WWII 1943? », sur On The Wings Of My Dream,‎ 23 novembre 2010 (consulté le 17 mai 2013)
  2. a et b Murphy and Arlington, p. 222
  3. (it)Raffaele Alessandrini, « Le incursioni aeree avvennero il 5 novembre 1943 e il 1° marzo 1944 Bombe in Vaticano », sur L'Osservatore Romano,‎ 10/11 janvier 2011 (consulté le 17 mai 2013)
  4. a, b et c http://theratzingerforum.yuku.com/topic/2137/t/ITALIAN-FASCIST-ARMY-AIR-BOMBED-ATTACKED-THE-VATICAN-in-1943.html
  5. http://ww2db.com/country/vatican_city
  6. a, b, c, d et e (en) « Discover who bombed the Vatican during World War II », sur Rome report,‎ 16 novembre 2011 (consulté le 22 mai 2013)
  7. http://ww2trivia.blogspot.com/2011/01/vatican-bombing.html
  8. voir titre
  9. http://catholicfire.blogspot.com/2010/11/who-bombed-vatican-during-world-war-ii.html
  10. (it)Bunker di Roma, « Città del Vaticano »,‎ 2013 (consulté le 17 juin 2013)
  11. exposition de mars 2012 au 9 septembre 2012
  12. Antoine-Marie Izoard, « A Rome, l’exposition «Lux in arcana» ouvre des archives secrètes du Vatican », sur Radio France internationale,‎ 2 mars 2012 (consulté le 22 mai 2013)
  13. Jane Scrivener est le pseudonyme de Mère Mary Saint Luke, une religieuse du Vatican qui travaillait au bureau information et vivait dans un couvent Via Veneto