Bataille de Bruyères

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Bataille de Bruyères
Informations générales
Date 14 octobre - 30 octobre 1944
Lieu Bruyères et Biffontaine, Vosges, France
Issue Dégagement des troupes américaines prises au piège
Belligérants
États-Unis États-Unis Drapeau : Allemagne Reich allemand
Forces en présence
554 700
Pertes
117 morts, 40 disparus inconnues
Seconde Guerre mondiale
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La bataille de Bruyères (opération Dogface) eut lieu du 14 octobre au 30 octobre 1944 aux environs de Saint-Dié-des-Vosges pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sommaire

Campagne précédant la bataille [modifier]

En septembre 1944, après la jonction entre les troupes venues de Normandie et les Troupes venues de Provence, la 7e armée de Patch et la 1re armée française de De Lattre, font leur jonction sur les rives de la Moselle le 16 septembre et atteignent Bruyères dans les Vosges le 30 septembre, sous la pluie.

Déroulement [modifier]

La 36e division américaine, engagée, a pour ordre de prendre Bruyères, les observations ayant indiqué que les collines avoisinantes sont faiblement protégées, les défenses allemandes étant bien camouflées[1]. Ces défenses cèdent après 4 jours de combat devant la 36e division américaine.

Cette division, décimée lors de la bataille de Monte Cassino en Italie l'hiver précédent[1], est en partie reconstituée avec des unités de volontaires nippo-américains, originaires d'Hawaii et de Californie, employés pour les plus périlleuses missions[2].

Le 21 octobre, le 141e régiment d'infanterie de la 36e division, dite du Texas reçoit l'ordre d'avancer vers la crête au-delà des lignes et de prendre la colline de Biffontaine pour ouvrir l'accès à Saint-Dié. Cet ordre a été donné contre les avertissement des officiers.

Dotées de cartes d'état-major insuffisamment précises, quatre compagnies s'égarent en secteur ennemi et se retrouvent rapidement encerclées par 700 hommes de la Wehrmacht : la moitié des soldats américains sont coupés de leur base. Ils vont être pilonnés pendant deux jours.

Aux États-Unis, l'encerclement du 141e fait la une des journaux et évoque le lost battalion (le bataillon perdu). Au Sénat, un groupe de sénateurs adresse au gouvernement un message lourd de menace : « Tirez-les de là, sinon gare ! ».[réf. nécessaire] Pour les hommes de ce bataillon, un message est envoyé : « Tenez bon... D'importants renforts viennent vous relever ».

Deux tentatives pour les dégager se soldent par un échec[1]. Dahlquist envoie alors le 26 octobre pour les secourir le 442e bien que ce dernier soit fatigué par dix jours de combats interrompus.

Après une première tentative infructueuse et meurtrière, le commandant du bataillon propose un repli au général qui refuse. Le combat se déroule dans le brouillard et dans le froid, pratiquement d'arbre en arbre. Le 29 octobre, trois avions parachutent des vivres aux assiégés. Après cinq jours de combats, le 442e n'est plus qu'à 900 mètres du bataillon texan. Cette unité se retrouve bloquée sur un flanc escarpé sous le feu des mitrailleuses allemandes, dont les positions sont prise d'assaut. Après 6 jours de combats, le 442e parvient à faire la jonction et à secourir les 230 hommes restants du « bataillon perdu ». Mais pour cela 800 hommes du 442e auront été mis hors de combat[1]. Malgré ses pertes importantes, le général Dahlquist leur ordonne de sécuriser la forêt pendant encore neuf jours. Le 442e est finalement relevé, ayant perdu plus de la moitié de ses combattants. Le 12 novembre, le général Dahlquist ordonne alors que le 442e soit rassemblé pour qu'il puisse les remercier de leur bravoure. Quand il vit le peu d'hommes rassemblés, il admonesta le colonel Miller en charge du 442e : « Vous avez désobéi à mes ordres, je vous avais dit tout le régiment.» Le colonel, les yeux en larmes, répondit : « Général, c'est le régiment, le reste est mort ou à l'hôpital, voila ce que vous nous avez fait.» [1].

Beaucoup du 442e garderont longtemps après la guerre, une rancune contre le général Dahlquist et lui reprocheront son commandement[1]. Ils estiment qu'il poussait trop fort et trop loin le 442e, le conduisant à des pertes inconsidérées. Cette attitude du général vient peut être du fait qu'il avait failli par deux fois être suspendu de son commandement en Provence du fait que les troupes qu'il commandait alors étaient jugées à la traîne par l'État-Major allié[1].

Les États-Unis qualifieront cette bataille de « second Cassino » et ils la classeront comme l'une des dix plus importantes de l'histoire des États-Unis.

Bilan [modifier]

117 tués, 40 GI portés disparus et 657 blessés. Un monument représentant l'île d'Hawaii est érigé en souvenir.

Pour la libération de la ville, le régiment perdit 1200 hommes sur les 2500 engagés. Deux jours plus tard, ils repartent sauver le bataillon encerclé. Pour sauver les 270 Texans du bataillon perdu, 800 Nisei furent sacrifiés. Lors de l’assaut final vers la colline du Trappin des saules, seuls 23 hommes sur 290 redescendront[3].

Notes et références [modifier]

  1. a, b, c, d, e, f et g Documentaire The War de Ken Burns, épisode 10 Les hasards de la guerre, diffusé sur Arte le 2 avril 2008.
  2. (en) asian-nation.org, « 442nd: Rescue of the Lost Battalion »
  3. Go for broke, Ville de Bruyères, 24 décembre 2009
  • Pierre Moulin, « U.S. samouraïs en Lorraine : chronique de Bruyères en Vosges », Éditeur Vagney - 1988 (ISBN 2-907016-03-2)