Boson de Talleyrand-Périgord

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Le prince de Sagan en 1910

Charles Guillaume Frédéric Boson de Talleyrand-Périgord, prince de Sagan (1845), duc de Sagan et de Talleyrand (1898), né à Auteuil (Seine) le 7 mai 1832 et mort à Paris 7e le 21 février 1910[1], est un officier de cavalerie et dandy français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il épouse en 1858 Jeanne Seillière (1839-1905), dont il a deux fils : Hélie (1859-1937), qui épousera civilement la richissime Anna Gould (divorcée de son cousin Boniface de Castellane), et Boson (1867-1952), duc de Valençay, qui hérita du château de Valençay.

Officier de cavalerie, il fut l'une des figures marquantes de la bonne société de la seconde moitié du XIXe siècle.

Boni de Castellane, qui fut l'époux d'Anna Gould de 1895 à 1906, avant son cousin Hélie, a laissé de lui ce portrait :

« Cabotin, brave, aimable, haut mais sans élévation, il était d'une suprême élégance, avait l'air d'un grand seigneur, mais avec quelque chose de l'acteur Gil-Pérès. Assez diplomate, très ignorant, sans goût pour les choses de valeur, il était rempli d'un « chic » qui s'attestait dans toute son allure, ses gestes, sa mise, le cordon noir de son lorgnon. Il excellait dans l'art de rendre hommage aux femmes pour lesquelles il se montrait attentionné, chat, sans foi ni loi. Il régnait à Paris sur une foule de personnages du grand monde, aussi bien que sur des gens plus douteux. Prince en même temps que prince de la mode, il tenait du pair de France et du compère de revue. »

Le prince de Sagan inspire Marcel Proust dans À la recherche du temps perdu pour dépeindre la vieillesse du duc de Guermantes et surtout du baron de Charlus. Le vieux prince était fort élégant, mais dénué d'intelligence. Il vivait séparé de son épouse, riche héritière de la famille Seillière et apparentée à Mme Aubernon[2], et passait ses soirées à Paris au foyer de la Comédie-Française, une rose à la boutonnière avec ses vieux amis le général de Gallifet, Charles Haas ou le comte Louis de Turenne. Il avait une garçonnière au-dessus du Cercle de la rue Royale et son prénom archaïque inspira à Proust celui du duc de Guermantes, Basin. Il affichait un culte platonique pour la belle comtesse Greffulhe, mais ses lettres, respectueuses en apparence, recelaient entre les lignes des propos beaucoup moins convenables, tracés à l’encre sympathique[3]. Le prince de Sagan eut une attaque en 1908 qui le laissa à demi paralysé et il se faisait pousser sur une chaise roulante (comme Charlus) et s'agrippait au bras de son fauteuil en murmurant aux gens qu'ils rencontrait « Beaucoup de plaisir, beaucoup de plaisir ! »[4] Sa femme, qui passait ses étés dans sa Villa Persane à Trouville, où elle se promenait au bord de la plage avec un page nègre (comme la princesse de Luxembourg dans La Recherche), revint s'occuper de lui à la fin de sa vie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Façade est du château de Valençay, propriété du duc de Talleyrand, prince de Sagan, où il organisait des chasses à courre
  1. Dates et lieux de naissance et de décès : thePeerage.com consulté le 21.02.2010.
  2. Comme Mme de Galliffet
  3. Laure Hillerin, La comtesse Greffulhe, L'ombre des Guermantes, Flammarion,‎ 2014 (lire en ligne), pp. 242-243
  4. George Painter, op. cité, p. 209, tome I

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, 2de édition 1992

Article connexe[modifier | modifier le code]