Liane de Pougy

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Liane de Pougy.

Anne-Marie Chassaigne, dite Liane de Pougy, épouse d’Henri Pourpe puis, par son second mariage, princesse Ghika, est une danseuse et courtisane de la Belle Époque, née à La Flèche (Sarthe) le et morte à Lausanne (Suisse) le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Une fille d'officier à la Belle Époque[modifier | modifier le code]

Fille de l 'officier Pierre Chassaigne[1] et de Marie Aimée Lopez[1], fille d'Antoine Lopez[1] et d'Olympe de Montessuy de Villejuste[1]), Anne-Marie Chassaigne reçoit l'éducation d'une jeune fille de son milieu au couvent de Sainte-Anne-d'Auray dans le Morbihan. Elle est également mariée en 1886 à un officier, le lieutenant de vaisseau Joseph Armand Henri Pourpe, [2]. En 1887, elle donne le jour à un fils prénommé Marc Marie Edmond Armand, connu sous le nom de Marc Pourpe. Devenu l'un des premiers pilotes d'avion, il mourra prématurément au champ d'honneur en décembre 1914.

Mais pendant cette période, elle trompe son mari [3]. Mis au courant de son infortune, son mari tire sur elle avec son pistolet et la blesse à la fesse [3]. Elle s'enfuit, s'installe à Paris et demande le divorce en profitant des nouvelles lois [3], au scandale de sa famille. Elle a 19 ans.

La bohème[modifier | modifier le code]

Henri Meilhac (1830-1897) lança Anne-Marie aux Folies...
Liane de Pougy aux Folies Bergère

Elle rencontre Henri Meilhac, auteur dramatique à succès septuagénaire mais amateur de jolies femmes, qui succombe à son charme et la lance dans le monde du théâtre en la faisant engager aux Folies Bergère. Anne-Marie prend des leçons de danse sous la direction de Mariquita. Sous le pseudonyme de Liane de Pougy, elle commence alors une carrière de danseuse de cabaret ce qui revient à se lancer dans la courtisanerie. Elle se lie d'amitié avec Sarah Bernhardt qui lui donne quelques courts d'art dramatique et lui fait comprendre qu'elle n'a aucun talent dans ce domaine. Elle révélera plus tard un certain don pour l'écriture. Ouvertement bisexuelle, elle a des amants des deux sexes qui la couvrent de bijoux et lui offrent des équipages et le luxueux "nécessaire" à la vie d'une courtisane d'alors. Sa rivalité avec la Belle Otero contribue à la célébrité de l'une comme de l'autre. Le guide Paris-Parisien la considère bientôt comme une « notoriété de la vie parisienne ». L'édition de 1896 la décrit comme une « demi-mondaine connue pour ses beaux bijoux »[4] : celle de 1899, comme une « demi-mondaine connue pour ses ventes, son suicide, ses essais littéraires et dramatiques »[5].

L'amour[modifier | modifier le code]

Natalie Clifford Barney, l'amour infidèle

La même année, Liane, qui, à 30 ans, a tous les hommes à ses pieds, rencontre l'amour de sa vie, l'écrivain d'origine américaine Natalie Clifford Barney (1876-1972). Celle-ci se présente chez Liane déguisée en "page de l'amour" et Liane, touchée par tant de fraicheur et de spontanéité, se prend d'une réelle affection pour la jeune femme. Leur liaison qui ne dure qu'une année défraie la chronique, mais Natalie est rapidement infidèle et vit une liaison avec la poétesse Renée Vivien. Liane raconte cette expérience dans un livre intitulé Idylle saphique (1901). Présenté comme un roman, le livre à la réputation sulfureuse est un grand succès de librairie.

Le mariage[modifier | modifier le code]

En 1910, alors au sommet de sa carrière, Liane de Pougy, quadragénaire, rencontre le prince Georges Ghika, d'origine roumaine, de quinze ans son cadet, très noble mais fort désargenté, qui l'épouse. Le mariage est parfaitement heureux durant seize ans, jusqu'à ce que Georges quitte Liane pour une femme plus jeune. Pour se consoler, la princesse prend plusieurs amantes. Le prince finit par lui revenir, mais leur relation devient difficile et chaotique.

La foi[modifier | modifier le code]

En 1928, la princesse Ghika se lie d'amitié avec la mère supérieure de l'asile Sainte-Agnès à Saint-Martin-le-Vinoux près de Grenoble. Elle récupère auprès de ses amis parisiens des fonds pour l'entretien des pensionnaires de cet institut auquel elle demeure très attachée par la suite et exprime le désir d'y être inhumée. Après la mort du prince, vers 1945, la princesse septuagénaire entre comme novice dans le Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle se repent et abjure sa vie dissolue. Elle finit sa vie dans la prière à Lausanne.

« Elle est morte à quatre-vingt-deux ans, gardant sur son visage et dans son regard admirable les signes encore visibles de sa beauté passée. Elle avait souhaité de mourir un soir de Noël ; la divine Providence a exaucé ce vœu. Elle avait désiré que nul ne suivît le cercueil de celle qui n'entendait plus être que Anne-Marie-Madeleine de la Pénitence. Cette dépouille terrestre tant vantée, tant aimée, s'en alla solitaire. Liane de Pougy était bien morte[6]. »

Résidences[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Insaisissable, roman, dédié à Jean Lorrain, qui fut son ami proche
  • La Mauvaise part, roman, Paris: Librairie Nilsson - Per Lamm, successeur, 1898
  • Myrrhille, Paris: Librairie Nilsson - Per Lamm, successeur, 1898
  • Idylle saphique, Paris, 1901 (rééd. Paris, Éditions des Femmes, 1987). Le personnage d'Altesse est inspiré de son amie Valtesse de La Bigne.
  • Les Sensations de Mlle de La Bringue : roman à clef. - Paris : A. Michel, [1904]
  • Mes Cahiers Bleus, Paris, Plon, 1977

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Base de données Roglo.
  2. Difficile à identifier, puisque ni dans les séries d'archives de personnel du Service historique de la Défense et de la Marine, ni dans les annuaires de la Marine vers 1885, il n'y a trace d’un lieutenant de vaisseau Henri Pourpe. On trouve à l’époque un enseigne de vaisseau Joseph Pourpe, mais ni le grade, ni le prénom, ni le nom ne correspondent
  3. a, b et c Romi, Histoire des faits divers : Cinq siècles de faits divers, Imprimé à Milan par Officine Vaccari, Éditions du Pont-Royal Del Duca/Lafont,‎ 4e trimestre 1962, 208 p.
  4. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1896, p. 277
  5. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1899, p. 27
  6. André de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens : Le quartier Monceau, vol. 2, Paris, Horay,‎ 1954
  7. « Notice no IA06000633 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Natalie Clifford Barney, Souvenirs indiscrets, Paris, Flammarion, 1992
  • Jean Chalon, Liane de Pougy, courtisane, princesse et sainte, Paris, Flammarion, 1994

Liens externes[modifier | modifier le code]

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