Théophile Alexandre Steinlen

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Steinlen (1910).
Gravure de Pieter Dupont (1870-1911).

Théophile-Alexandre Steinlen, né à Lausanne le 10 novembre 1859 et mort à Paris le 14 décembre 1923, est un peintre, dessinateur et lithographe suisse, naturalisé français en 1901.

Sommaire

Origines et jeunesse [modifier]

Il est le fils de Samuel Steinlen, un employé des Postes de Lausanne. Originaire d'Allemagne, la famille Steinlen avait été admise à la bourgeoisie de Vevey en 1831. Le père de Samuel, Théophile-Christian (Gottlieb) (1779-1847), enseignait le dessin à Vevey, et l'un de ses frères, Marius Steinlen (1826-1866), était peintre, élève de Charles Gleyre.

Théophile-Alexandre Steinlen étudie la théologie à l'Université de Lausanne pendant deux années, puis, en 1879, se tourne vers l'art, suivant une formation au dessin d'ornement industriel à Mulhouse, chez Schoenhaupt[1], avant de s'installer à Paris avec sa femme Émilie en 1881.

Vie d'artiste [modifier]

Logeant depuis 1883 sur la butte Montmartre, il fait rapidement connaissance avec tout le petit monde artistique qui y gravite. Il entre en relation avec Adolphe Willette, avec lequel il fréquente à partir de 1884 le Chat noir, le cabaret tenu par Rodolphe Salis, devenant notamment l'ami d'Henri de Toulouse-Lautrec. Il y connaît naturellement Aristide Bruant. Il expose initialement au Salon des indépendants, en 1893, puis, régulièrement, à celui des Humoristes.

Adversaire de l’injustice, compatissant envers les déshérités, qui alors ne manquaient pas à Montmartre, il dépeint des scènes de la rue, des usines, de la mine, mettant en scène les malheureux de toute espèce, mendiants, ouvriers dans la misère, gamins dépenaillés et prostituées. Mais ces personnages semblent plus souvent écrasés par leur triste condition que révoltés. Il est par ailleurs le spécialiste des chats, qu’il dessine sans se lasser, dans toute leur fantaisie, joueurs, endormis ou en colère. Comme les autres artistes picturaux, il ne dédaigne pas non plus la représentation des femmes nues.

Le dessin et le pastel sont son moyen d’expression préféré, comme ceux qui reflètent la vie quotidienne de la rue et ses petits métiers. Le réalisme de ses dessins semble avoir inspiré certaines œuvres ultérieures de Jean Peské. Il faut y ajouter ses gravures, reprenant les mêmes thèmes que ses dessins, mais en multipliant l’impact, comme ceux par lesquelles il illustre les malheurs de la Belgique et de la Serbie en 1914-1918. Mais ce sont surtout ses affiches qui, comme celle de la tournée du Chat noir, sont à l’origine de sa popularité, ainsi que ses sculptures, sur le thème ses chats, comme son Chat angora assis. Il illustre également des ouvrages littéraires et collabore à divers journaux humoristiques tels que Gil Bas illustré, Les Humoristes, qu’il fonde en 1911 avec Jean-Louis Forain et Charles Léandre, l'Assiette au Beurre et Le Rire.

Steinlen est inhumé au cimetière Saint-Vincent à Montmartre.

Quelques œuvres marquantes [modifier]

Peintures
  • Chat sur un coussin
  • Couple d’amoureux
  • La détente
  • La belle rousse
  • L'assiette au beurre
Dessins et pastels
  • L’omnibus
  • Retraité allumant sa pipe
  • Anatole France
  • Jeune femme au buste découvert
  • Les bouquetières
  • Le violoniste
  • Personnages au turban bleu
  • Études de femmes debout
Lithographies
  • Les deux chats
  • Tournée du Chat noir, lithographie en couleurs (1896)
  • Clinique Chéron, lithographie en couleurs et affiche (1905)
Affiches
Illustrations d'ouvrages

Musées [modifier]

  • Le musée Alphonse-Georges Poulain, à Vernon, possède un remarquable ensemble d'œuvres de Steinlen (peintures, fusains, dessins à la plume, etc.) en provenance de la donation faite vers 1960 par la veuve du collectionneur belge Yvan Lamberty, ami de Steinlen, comme de Jehan Rictus, de Francisque Poulbot, et d'autres artistes et écrivains.
  • Le Musée des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand a présenté une exposition sous le titre Dans la vie[3] du 10 mars au 10 mai 1998[4].
  • Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne a organisé une exposition de ses œuvres, intitulée « Steinlen, l'œil de la rue » du 17 octobre 2008 au 25 janvier 2009[5].
  • Le Musée d'Ixelles à Bruxelles a repris l'exposition de Lausanne « Steinlen, l'œil de la rue » du 12 mars au 30 mai 2009.

Bibliographie [modifier]

  • E. Benezit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Tome VIII, p. 211 et 212.
  • Ernest de Crauzat, Steinlen peintre, graveur, lithographe, Paris : Ch. Meunier, 1902.
  • Claude Aveline, Steinlen, l'homme et l'œuvre, Paris : les Écrivains réunis, 1926.
  • Fr. Jourdain, Un grand imagier : Alexandre Steinlen, Éditions du Cercle d'Art, 1954.
  • L. Contat-Mercanton, Théophile Alexandre Steinlen, Bâle : Musée Gutenberg, 1960.
  • Réjane Bargiel et Christophe Zagrodski, Steinlen affichiste, catalogue raisonné, Lausanne : Éditions du Grand-Pont, 1986.
  • Nicole Lamothe, Steinlen, peintre et illustrateur, Petites affiches, 4 février 2005, p. 13.
  • Jacques Christophe, Steinlen, l’œuvre de guerre (1914-1920), 2 tomes, Lyon, Aléas, 1999.
  • Jacques Christophe , Steinlen, partitions musicales, chansons et monologues d'Aristide Bruant, Lyon, Aléas, 2003

Notes et références [modifier]

  1. Lausanne honore Catherine et Gabriel de Rumine, Théophile Alexandre Steinlen et Serge Lifar, ville de Lausanne, 2004.
  2. Disponible sur Gallica.
  3. Dans la vie est le titre d'un recueil de textes et de chansons que Steinlen a illustré pour son ami le chansonnier Aristide Bruant.
  4. Catalogue, sous la direction de Gérard Bonnin, éd. Ville de Clermont-Ferrand, 1998.
  5. Steinlen, l'œil de la rue, Université de Lausanne. Consulté le 1er novembre 2008

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