Krunoslav Draganović

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Krunoslav Draganović (né le 30 octobre 1903 et mort en juin 1983 à Sarajevo) était un prêtre catholique connu comme un des principaux organisateurs des réseaux d’exfiltration nazis qui permirent aux criminels de guerre nazis de fuir l’Europe après la Seconde Guerre mondiale.

On pense qu’il a notamment permis la fuite en Argentine du dictateur croate et criminel de guerre (responsable de massacres) Ante Pavelić. Interrogé par Klaus Barbie sur les raisons qui le poussaient à l’aider dans sa fuite vers l’Argentine de Juan Perón, il répondit : « Nous devons conserver une espèce de réservoir moral dans lequel nous pourrons puiser à l’avenir[1] ».

Draganovic fut une figure controversée et mystérieuse, qui se trouve au centre de nombreuses accusations impliquant la Banque du Vatican, la CIA et le parti nazi. Des documents de la CIA déclassifiés confirment que Draganovic était membre des Oustachis, une organisation fasciste croate d’extrême droite affiliée au nazisme à laquelle le contrôle de la Croatie fut confié par les puissances de l’Axe en 1941. Les Oustachis tuèrent près de 85 000 de Serbes, de Juifs, de Tziganes et de dissidents. Draganovic fut accusé d’avoir blanchi le trésor des Oustachis composé de bijoux et d’autres objets de valeur volés à des victimes de la Shoah en Croatie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père Draganovic était originaire de Travnik (désormais partie de la Bosnie-Herzégovine). Il suivit des études secondaires à Travnik et étudia la théologie et la philosophie à Sarajevo. De 1932-35 il étudia à l’Institut pontifical oriental et à l’"université grégorienne, à Rome.

En 1935, il retourna en Bosnie, initialement comme secrétaire de l’évêque Ivan Saric. En août 1943, Draganovic retourna à Rome, où il devint le secrétaire de la Confraternité de San Girolamo, une confraternité croate basée au monastère de San Girolamo degli Illirici à la Via Tomacelli. Ce monastère devint le centre opérationnel de la filière d’exfiltration croate, comme le démontrent les dossiers de surveillance établis par la CIA.

De sources émanant des services de renseignement recueillies par Mark Aarons et John Loftus pour leur livre Unholy Trinity prétendent également que Draganovic était aussi le chef officieux du bureau croate au service de renseignement du Secrétariat d’Etat du Vatican et qu’il est probable qu’à cette époque il travaillait pour les services de renseignement américains, britanniques et français.

Le plus grand mystère concernant Draganovic concerne peut-être son ralliement tardif à la Yougoslavie de Tito. Il retourna à Sarajevo où il donna le 15 novembre 1967 une conférence de presse dans laquelle il louait « la démocratisation et l’humanisation de la vie » sous Tito.

Il nia les accusations émises par la diaspora hyper-nationaliste croate et le presse Oustachi selon lesquelles il aurait été enlevé ou piégé par l’UDBA, la police secrète yougoslave.

Draganovic passa la fin de sa vie à Sarajevo, où il mit à jour le registre de l’Eglise catholique romaine en Yougoslavie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mark Falcoff, Peron's Nazi Ties, Time, November 9, 1998, vol 152, n°19

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • [1] Background Report on Krunoslav Draganovic, CIA, February 12, 1947
  • Mark Aarons and John Loftus, Unholy Trinity: The Vatican, The Nazis, and the Swiss Bankers, St Martins Press 1991 (revised 1998)