Parti croate du Droit

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Parti croate du droit)
Aller à : navigation, rechercher

Le Parti croate du Droit (en croate, Hrvatska Stranka Prava, HSP) est un parti politique nationaliste et conservateur de Croatie. Le « Droit » (Prava) du nom du parti se rapporte à l'idée du droit des Croates au droit national et ethnique des Croates à disposer d'un État national que cherche à protéger le parti depuis sa création au XIXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Le HSP fut fondé en le 26 juin 1861 lorsque Ante Starčević et Eugen Kvaternik présentèrent devant la Diète de Croatie la stratégie du Parti du droit appelant a une plus grande autonomie et d'indépendance de la Croatie divisé au sein de la monarchie des Habsbourg. En octobre 1871, Kvaternik et d'autre membre du HSP désapprouvèrent la position officielle du parti proposant une solution politique et prônèrent une révolte dans le village de Rakovica, Kordun. Les rebelles réclamèrent les buts suivants :

  • La liberation pour le peuple croate de l'oppression des Autrichiens et des Hongrois ;
  • La proclamation de l'indépendance de la Croatie ;
  • L'égalité devant la loi ;
  • La gestion des municipalités ;
  • L'abolition des frontières militaires ;
  • Le respect des deux religions dans l'amour et l'unité.

Ils tentèrent d'encourager la participation de l'Église orthodoxe serbe dans la révolte. La révolte fut vite matée par les autorités et la plupart des rebelles, dont Kvaternik, furent tués.

Le HSP fut satisfait de la dissolution de l'Empire austro-hongrois à la fin de la Première Guerre mondiale, pensant que cela mènerait à l'indépendance de la Croatie. Le parti était opposé à la création du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Le 1er mars 1919, le parti adopta un Programme républicain à l'initiative de V. Prebeg, président du parti, et Ante Pavelić, secrétaire du parti. En 1929 le roi Alexandre Ier de Yougoslavie interdit tout parti politique et les militants du HSP se réunirent clandestinement menant à la création du mouvement fasciste des Oustachis (Ustaše) par l'ancien secrétaire du parti Ante Pavelić. Pendant la Seconde Guerre mondiale les Oustachis exercèrent le pouvoir au sein de l'État indépendant de Croatie, satellite de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste. Les Oustachis voulaient établirent une nation croate ethniquement pure et se rendirent coupable de nombreuses atrocités principalement envers les Serbes mais aussi envers les Juifs, les Tziganes et les communistes. Après la victoire des Partisans dirigés par Josip Broz Tito en 1945, le HSP est dissous comme tous les partis de Yougoslavie à l'exception de la Ligue des communistes de Yougoslavie.

Année 1990[modifier | modifier le code]

Lors du rétablissement du multipartisme en Croatie, au début des années 1990, le HSP fut recréé le 25 février 1990 à Zagreb mais il resta un parti mineur comparé à l'Union démocratique croate de Franjo Tuđman. Pendant les Guerres de Yougoslavie et notamment la Guerre de Croatie, le parti fut impliqué dans la création de la Force de défense croate (Hrvatske Obrambene Snag, HOS), l'une des plus importantes unités paramilitaires en ex-Yougoslavie, dont l'uniforme noir rappelait l'uniforme porté par les Oustachis. La HOS intégra dans ses rangs de nombreux néo-fascistes affichant des insignes oustachis. Aussi le sigle HOS rappelle le nom d'une formation de l'État indépendant de Croatie, le Hrvatske Oružane Snage. Le HOS est suspecté de crimes de guerre. L'Union démocratique croate (HDZ) coopéra avec le HSP jusqu'à la chute de Vukovar lorsque les dirigeants du HSP et du HOS furent emprisonnés pour action terroriste et « obstruction au gouvernement élu démocratiquement » ; ils furent, toutefois, libérés quelque temps plus tard. Le premier président du parti de l'ère post-communiste fut Ante Paradžik, un dissident politique au sein de l'ex-Yougoslavie, qui avait participé au printemps croate. Il fut tué le 21 septembre 1991 pendant la Guerre en Croatie  ; il s'agissait, très probablement, d'un assassinat. Son successeur fut Dobroslav Paraga, qui fut entrainé dans une bataille légale avec Anto Đapić pour l'utilisation du nom du parti. Ce dernier obtint en justice le droit l'utiliser l'appellation « Parti croate du Droit » pour la faction du parti dont il avait pris la direction ; Paraga créa donc un parti indépendant du HSP appelé Parti croate du droit 1861.

Le parti aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le HSP se déclare néo-conservateur. Il est mené par Ante Đapić dont la réputation fut grandement touchée lorsque les médias croates découvrirent qu'il avait triché pour obtenir son diplôme de droit de l'université de Split en complicité avec Boris Kandare, membre du parti et professeur dans cette université. Il fut aussi accusé d'avoir déclaré abusivement des blessures de guerre pour obtenir le statut de vétéran. Malgré cela, Đapić est toujours (en 2007) à la tête du HSP.

Le parti essaie depuis 2003 de se distancer de la comparaison avec l'époque oustachie afin d'attirer les votes des électeurs plus modérés bien qu'il continue de faire référence au NDH dans des déclarations et symboles[réf. nécessaire].

Le parti dispose d'une structure nationale, de 16 sections régionales en Croatie et de sections à l'étranger.

Aux élections législatives croates de 2003, le parti forma une alliance avec trois autres partis (le Parti du Međimurje (Međimurska stranka), le parti démocratique du Zagorje et Slaven Letica). L'alliance obtint 6,4 % des voix et 8 sièges sur 151 (dont 7 pour le HSP) au Parlement croate.

Aux élections parlementaire croates de 2007, le HSP a obtenu 3,5 % des voix et donc un seul siège au Sabor.

Une scission est créée en 2009, le Parti croate du Droit - Ante Starčević. Lors des élections législatives de 2011, le HSP avec 3 % des voix n'obtient aucun député, tandis que le HSP-AS avec 2,8 % des voix en obtient un.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]