Andrée De Jongh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Andrée et De Jongh.

Comtesse Andrée De Jongh

Description de cette image, également commentée ci-après

Andrée De Jongh entre 1946 et 1950.

Nom de naissance Andrée Eugénie Adrienne De Jongh
Alias
Dédée, Petit cyclone[1]
Naissance
Schaerbeek, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès (à 90 ans)
Woluwe-Saint-Lambert, Drapeau de la Belgique Belgique
Nationalité Drapeau : Belgique belge
Pays de résidence Drapeau : Belgique Flag of Congo Free State.svg Drapeau : Cameroun Drapeau : Éthiopie Drapeau : Sénégal
Diplôme
Profession infirmière
Activité principale infirmière
Autres activités
Distinctions
Ascendants
Frédéric et Alice
Conjoint
célibataire
Descendants
aucun
Famille
une sœur aînée : Suzanne

Andrée De Jongh (surnommée « Dédée »), qui deviendra après la guerre la comtesse Andrée De Jongh, est née le à Schaerbeek en Belgique et morte le [2] aux cliniques universitaires Saint-Luc à Woluwe-Saint-Lambert.

Dans la Résistance belge, elle a été cofondatrice du réseau Comète, filière d'évasion pour des soldats alliés (particulièrement des aviateurs).

Avec la Française Marie-Madeleine Fourcade, elle est l’une des très rares femmes chefs de réseau de résistance[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La Maison d'Andrée De Jongh à Schaerbeek

Andrée De Jongh naît au no 73 de l'avenue Émile Verhaeren à Schaerbeek[4].

Son père, Frédéric De Jongh, directeur de l'école primaire de la rue Gaucheret, est un admirateur d'Edith Cavell, de Gabrielle Petit et du Père Damien ; il transmet cette admiration à sa fille, qui n'a plus qu'un rêve, celui de devenir infirmière. Cependant, douée pour le dessin, elle entreprend des études d'arts décoratifs, tout en suivant des cours du soir à la Croix-Rouge de Belgique pour devenir ambulancière. Les études terminées, elle obtient un emploi de dessinatrice publicitaire auprès du siège malmédien de la société Sofina.

Le réseau Comète[modifier | modifier le code]

Lors de l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes en 1940, elle quitte son travail à Malmedy et revient à Bruxelles pour tout d'abord travailler pour la Croix-rouge de Bruxelles. Rapidement, elle décide de s'investir dans la Résistance avec l'aide de son père.

Le premier réseau dans lequel elle s'est impliquée ayant été détruit par la police militaire allemande, elle décide avec Arnold Deppé de créer une filière d'évasion vers l'Espagne. Après avoir pris quelques contacts à Anglet, dans la région de Bayonne, Andrée et Arnold tentent, en , un premier convoyage vers le sud, accompagnés d'un groupe de Belges qui veulent poursuivre la lutte à partir de l'Angleterre. Andrée a financé le voyage en vendant ses bijoux et en empruntant aux amis et voisins. Arrivés à Anglet, ils confient les évadés à un guide basque qui assure leur passage en Espagne.

En , Andrée et Arnold font un second voyage, en deux groupes. Arnold est arrêté en France, mais Andrée passe, traverse les Pyrénées avec son groupe, et se présente au consulat britannique de Bilbao pour demander de l'aide pour son réseau. En effet, elle a appris que le groupe précédent a été intercepté en Espagne, que les soldats ont été internés, et se rend compte que sa filière doit avoir en Espagne un point de chute d'où les services britanniques emmèneront les évadés à Gibraltar, puis en Angleterre.

Après trois semaines d'hésitation, les Britanniques décident de faire confiance au petit cyclone — comme on surnommait Andrée pour sa capacité à tout emporter sur son passage. Avec ce soutien et l'aide des résistants locaux, elle met en place la « ligne Dédée », rebaptisée plus tard « ligne Comète ». La ligne, qui comptera jusqu'à 3 000 membres, traverse, en partant de Bruxelles, la France puis les Pyrénées jusqu'à l'ambassade britannique de Madrid, qui s'occupe ensuite du transport à Gibraltar. De 1941 à la Libération, la filière permet de faire évader plus de 700 soldats alliés, dont 288 aviateurs[5], et Andrée a accompagné personnellement 118 d'entre eux.

Toutefois la ligne Dédée est infiltrée par un agent de la Geheime Feldpolizei, Jacques Desoubrie. « Dédée » est alors capturée le alors qu'elle s'apprête à traverser les Pyrénées avec un groupe d'aviateurs. D'abord emprisonnée à Bayonne, puis au fort du Hâ et à Biarritz, elle est transférée à la maison d'arrêt de Fresnes le . Andrée avoue qu'elle est la fondatrice de la ligne d'évasion, mais la Gestapo ne la croit pas, ce qui lui sauve la vie. Elle est envoyée à la prison de Saint-Gilles et déportée en Allemagne en . Elle y est internée dans plusieurs prisons, puis dans les camps de concentration de Ravensbrück et de Mauthausen, d'où elle est libérée par la Croix-Rouge internationale le [6].

Quant à son père, Frédéric (connu dans le milieu de la résistance sous le pseudonyme de « Paul »), il est capturé à Paris en juin 1943 et fusillé au Mont Valérien le . La filière sera alors un temps dirigée par Jean-François Nothomb (sous le pseudonyme de « Franco »), fils de Pierre Nothomb, qui sera aussi arrêté le puis déporté.

Après la guerre, elle s'installe d'abord au Congo belge puis au Cameroun, en Éthiopie pour travailler dans une léproserie d'Addis-Abeba et enfin au Sénégal avant de revenir en Belgique.

Décès[modifier | modifier le code]

Elle décède le aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Woluwe-Saint-Lambert. Les funérailles ont lieu le 19 octobre suivant à l'église abbatiale de la Cambre et l'inhumation, le même jour, dans le caveau familial du cimetière de Schaerbeek (parcelle 23 – pelouse 17)[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Mémoire[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative sur la maison natale d'Andrée De Jongh.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dédée » est le nom de code qu'elle prit dans le « réseau Comète » et « Petit cyclone » est le surnom que lui donnait son père.
  2. Disparition d'Andrée De Jongh, extrait du journal de la rtbf sur dailymotion
  3. Larousse, « La Résistance », Encyclopédie Larousse,‎ 2012 (consulté le 14 octobre 2012)
  4. a et b Lieux de mémoire du « réseau Comète » (a.) plaque commémorative sur sa maison natale, (b.) sa tombe au cimetière de Schaerbeek [lire en ligne]
  5. Voir la liste des aviateurs passés sur le site de cometeline.org
  6. Rémy, Réseau Comète, t. 3, Paris, Librairie académique Perrin, 1971.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]