Marie-Madeleine Fourcade

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Marie-Madeleine Fourcade

Naissance 8 novembre 1909
Marseille
Décès 20 juillet 1989
Paris
Nationalité Drapeau : France Française
Distinctions

Marie-Madeleine Fourcade, née à Marseille le 8 novembre 1909 et morte le 20 juillet 1989 à Paris, a été, pendant la Seconde Guerre mondiale en France, responsable de l'un des plus importants réseaux de résistance ayant agi pour les Britanniques (MI6).

Elle succède comme chef du réseau de résistance de droite Alliance à son fondateur Georges Loustaunau-Lacau après l'arrestation de celui-ci en 1941. Elle est la seule femme à avoir été chef d’un grand réseau de résistance en France, et l’une des rares en Europe avec la Belge Andrée De Jongh[1].

Avant-guerre[modifier | modifier le code]

« Rien dans le parcours de cette jeune femme de la haute bourgeoisie, élevée au couvent des Oiseaux et pianiste avertie, ne préfigure un tel destin », écrit l'historien Max Lagarrigue[2].

Née Marie-Madeleine Bridou, elle est mariée avant sa majorité au colonel Édouard Méric. C'est sous ce nom qu'elle apparait dans les documents de la Seconde Guerre mondiale. Elle prendra le nom de Fourcade en 1947 après son remariage, nom sous lequel elle publiera ses souvenirs en 1968[3].« Mariée avant sa majorité à un officier, elle prend rapidement sa liberté. Menant dès lors une vie très indépendante, elle travaille comme journaliste et collabore avec l’écrivain Colette à une émission de radio parisienne », indique l'historien Max Lagarrigue[2].

En 1936, elle rencontre deux camarades de son beau-frère, officier supérieur, Georges Loustaunau-Lacau et Charles de Gaulle. Elle accepte ensuite une proposition de travail de Loustaunau-Lacau. Elle est donc associée aux réseaux Corvignolles puis elle est secrétaire de rédaction du groupe de publication nationaliste et antisémite qu'anime Georges Loustaunau-Lacau (La Spirale et L'ordre national)[4].

Elle est classée à l'extrême droite[5] par le documentaire Résistants - collabos, une lutte à mort (2013).

La Résistance[modifier | modifier le code]

Elle prend en 1941 la tête du réseau dont le commandant Léon Faye est le chef militaire. Elle organise le 4 novembre 1942, le départ en sous-marin depuis Le Lavandou, du général Giraud, qui doit accueillir le débarquement allié à Alger[6]. Arrêtée avec son état-major le 10 novembre 1942, elle s'évade et peut rejoindre Londres d'où elle dirige, sous le pseudonyme « Hérisson » jusqu'à la capitulation allemande, le réseau qui finit par se rattacher au BCRA gaulliste.

Elle revient en France en 1943 et est capturée en juillet 1944 avant de s'évader à nouveau.

Mémoire de la Résistance[modifier | modifier le code]

En 1945, elle crée et prend la présidence de l'Association Amicale Alliance. Elle se charge alors de l'homologation de ses 3 000 agents, survivants ou disparus, ainsi que des œuvres sociales et de la publication du Mémorial de l'Alliance dédié aux 429 morts du réseau.

Publiée en 1968 sous le titre L'Arche de Noé, la légende du réseau est un véritable best-seller.

Elle préside le Comité d'action de la Résistance depuis décembre 1962 ainsi que le jury d'honneur de Maurice Papon en 1981. Remariée en 1947 avec Hubert Fourcade, mère de cinq enfants, commandeur de la Légion d'honneur, vice-présidente de l'Union Internationale de la Résistance et de la Déportation depuis 1960 et de l'Association nationale des médaillés de la Résistance (depuis 1947), membre de la LICRA, Marie-Madeleine Fourcade est représentante à l'assemblée des Communautés européennes (1981-1982) et préside en 1982 la Défense des intérêts de la France en Europe. Ses derniers combats furent pour le règlement de la crise libanaise et le procès Klaus Barbie à Lyon.

Elle est titulaire de la médaille de la Résistance (avec rosette).

Marie-Madeleine Fourcade meurt le 20 juillet 1989 à l’hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce ; le Gouvernement français et les derniers survivants du réseau lui rendent un hommage solennel le 26 juillet à l'occasion de ses obsèques en l'église Saint-Louis-des-Invalides et de son inhumation au cimetière du Père-Lachaise à Paris (division 90). La place Marie-Madeleine-Fourcade à Paris, lui rend hommage.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Larousse, « La Résistance », Encyclopédie Larousse,‎ 2012 (consulté le 14 octobre 2012)
  2. a et b La France sous l'Occupation, Max Lagarrigue, 99 questions..., CNDP, 2007.
  3. Histoire critique de la résistance, Dominique Venner, Pygmalion, 1995, (ISBN 2-85704-444-5)
  4. Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la collaboration, antisémites dans la Résistance, Paris, Albin Michel, 2008, p. 399-402
  5. Franck Mazuet - Christophe Weber, Documentaire : Résistants - collabos, une lutte à mort - France 3 diffusé 12 05 2014, France, what's up films,‎ 2013, 71 min p. ([32 min 52 s lire en ligne])
  6. Les chemins de la mémoire n° 239, p. 12, octobre 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]