Abbaye de la Cambre

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Ancienne abbaye de la Cambre
Image illustrative de l'article Abbaye de la Cambre
Vue extérieure
Présentation
Nom local La Cambre
Culte Catholicisme
Type Ancienne abbaye
Rattachement Ordre de Citeaux
Début de la construction 1201
Style dominant Gothique
Protection  Patrimoine classé (1908, 1989)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Commune Ixelles
Coordonnées 50° 49′ 08″ N 4° 22′ 27″ E / 50.8188, 4.3741 ()50° 49′ 08″ Nord 4° 22′ 27″ Est / 50.8188, 4.3741 ()  

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Ancienne abbaye de la Cambre

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Ancienne abbaye de la Cambre
Complexe abbatial au début du XVIIIe siècle
Promenade des abbesses et jardins étagés
Cour d'honneur
L'église
À gauche, les murs extérieurs du cloître
Promenade des abbesses
L'escalier des jardins étagés et en arrière plan, la tour ITT
Le Palais abbatial
La chapelle Saint-Boniface
École nationale supérieure des arts visuels
École nationale supérieure des arts visuels

L'ancienne abbaye de la Cambre (en néerlandais: Abdij Ter Kameren), est un monastère de moniales cisterciennes nobles, fondé en 1201 à la source du Maelbeek qui se jette dans la Senne à Bruxelles, supprimé à la révolution française, et vendu comme bien national en 1796. Autrefois hors de la ville, elle est aujourd'hui située sur le territoire de la commune d'Ixelles (Bruxelles). L'abbaye est un témoignage remarquable de la vie religieuse et de l'architecture cistercienne qui subsiste dans la région de Bruxelles.

Elle est composée de deux noyaux :

  • le cloître avec l'église, le réfectoire et l'aile de la salle capitulaire qui sont d'une architecture médiévale et monastique.
  • le quartier de l'abbesse de caractère plus civil avec sa cour d'honneur, le palais abbatial, le presbytère, les écuries et les autres dépendances. C'est une architecture du XVIIIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'abbaye est fondée vers 1201, avec l'appui des moines de l'abbaye de Villers, par une Dame noble, Gisèle, qui adopta la règle de l'ordre de Cîteaux. En 1201, elle reçut de Henri Ier duc de Brabant les Étangs d'Ixelles, un moulin à eau et l'enclos environnant le monastère. En 1203 le pape Grégoire IX confirme la fondation sous le nom de Chambre de Notre-Dame (La Cambre). L'abbaye est placée sous l'autorité spirituelle de l'abbaye de Villers.

Le XIIIe siècle est un siècle de grand rayonnement spirituel : saint Boniface de Bruxelles (1182-1260), natif d'Ixelles, chanoine de Sainte-Gudule (future cathédrale de Bruxelles), professeur de théologie à Paris et évêque de Lausanne (1231], y vivra les 18 dernières années de sa vie et sera enterré dans l'église. À la même époque sainte Alix y était une jeune moniale lépreuse et mystique, et y mourut le 12 juin 1250[1].

Le XIVe siècle fut difficile. Proche de la ville de Bruxelles, mais hors de son enceinte et donc non protégée, l'abbaye fut souvent victime de pillages. Les moniales se réfugiaient alors à Bruxelles. En 1381 un incendie causé par des pillards détruit une bonne partie des bâtiments.

En 1400 l'église que nous connaissons aujourd'hui sort de terre. De style gothique elle garde cependant la marque de la sobriété cistercienne.

Au XVIe siècle quelques événements importants eurent lieu à l'abbaye. En 1559 Maximilien de Berghes y est consacré évêque de Cambrai. Le 28 juin 1568 c'est à La Cambre que se réfugia la veuve du Comte d'Egmont (avec ses 11 enfants) après l'exécution de son mari. En 1581: nouveau saccage, cette fois par les Calvinistes.

En 1599 les moniales rentrent à l'abbaye après un long exil à Bruxelles. Le XVIIe siècle est un siècle de prospérité et restauration. Au XVIIIe: désir de grandeur et luxe conduisent les abbesses à reconstruire tout l'ensemble dans le style français en honneur à l'époque: superbes jardins en gradins, escaliers monumentaux, cour d'honneur avec portail.

En 1796, elle est vendue comme bien national à la suite de la Révolution Française, change trois fois de mains et devient fabrique de betteraves puis de coton[2].

En 2013 une communauté religieuse, des Chanoines Prémontrés, issu de l'Abbaye de Leffe, s'est installé dans l'ancienne Abbaye. À présent il y a trois Pères et un quatrième est attendu pour bientôt. Il s'agit de Pères Belges, un Père Anglais et le futur arrivant serait un Autrichien.

En 2014 un jeune entrepreneur, Vincent Poswick a entrepris de relancer la bière d'abbaye en commercialisant une bière du même nom[3].

Liste des abbesses[modifier | modifier le code]

Pendant 600 ans 41 abbesses se succéderont à la tête de l'abbaye cistercienne de La Cambre.

  • 1202 : Gertrude
  • 1229 : Oda
  • Ermentrude
  • 1245 : Marguerite Ire de Biest
  • Alix Ire
  • Marguerite II
  • 1291 : Ermengarde
  • Alix II de Froidmont
  • Marguerite III
  • Élisabeth d'Yssche
  • Élisabeth III Poots
  • Marie Ire Scotelvoets
  • Ida
  • Alix III
  • Hedwige t'Swaefs
  • Marie II van Tienen
  • Alix IV
  • Catherine Ire Thys
  • Élisabeth IV
  • 1421-†1430 : Élisabeth V du Mont
  • 1442 : Marie III Belande
  • 1444 : Marie IV de Ligne
  • Catherine II van Assche
  • 1477 : Marguerite IV s'Mols
  • 1490 : Jeanne Ire s'Mols
  • 1512 : Marie V s'Mols
  • 1519-†1556 : Élisabeth VI van den Berghen
  • 1540-1554 : Madeleine d'Ittre
  • 1554-1557 : Marie de Barbançon ou de Ligne
  • 1557-1562 : Anne van der Cam
  • Barbe de Taxis, déposée par l'abbé de Cîteaux, Edme de la Croix en septembre 1593
  • 1593-1599 : Catherine d'Ittre
  • 1599-1642 : Jeanne de Henin, de Weert
  • 1642-1668 : Marie Rovelly
  • 1668-1683 : Françoise de Boussu
  • 1683-1709 : Isabelle-Claire-Eugénie van Grobbendonck
  • 1712-1718 : Ernestine de Gand
  • 1718-1735 : Louise de Liano ou Dellano y Velasco
  • 1735-1756 : Benoîte Anthony
  • 1757- 12 mai 1794 : Séraphine Snoy

Après la suppression[modifier | modifier le code]

Après la suppression de l'abbaye comme communauté monastique, les bâtiments furent utilisés pour différentes activités:

L'abbaye de la Cambre est une sorte de trait d'union entre les étangs d'Ixelles et le bois de la Cambre. L'École nationale supérieure des arts visuels de la Cambre (dont la direction et le secrétariat de l'école dans le bâtiment 21, avec les options d'art de Céramique, Gravure, Reliure, Sérigraphie, Communication graphique, Typographie ainsi que l'imprimerie ancienne et les options de Sculpture, Dessin, Design Industriel, Scénographie, dans le bâtiment 14. Le reste de l'école se trouvant au 427 de l'avenue Louise et au bâtiment Vandevelde, avenue Franklin Roosevelt) et l'Institut géographique national ont pris leurs quartiers sur le site de l'abbaye.

Depuis octobre 2013, une partie de l'abbaye est occupée par les chanoines Prémontrés de l'abbaye de Leffe.

Description[modifier | modifier le code]

L'abbaye est entourée au sud par l'avenue Émile Demot, à l'est par l'avenue Émile Duray et au nord par le square de la Croix-Rouge.

La porte d'entrée[modifier | modifier le code]

Le portail d'entrée (XVIIIe siècle) est monumental. Il est cintré avec des bandeaux, flanqué de deux colonnes doriques et surmonté d'un fronton triangulaire brisé. Dans le fronton se trouvent les armoiries de la dernière abbesse, Séraphine Snoy que l'on retrouve à maints endroits du site.

La cour d'honneur[modifier | modifier le code]

La cour d'honneur, transformée en parking, frappe par la symétrie et la régularité des constructions qui l'encadrent. Elle est de style classique. Le palais abbatial, au fond, est de style Louis XV. Il se partage en trois parties : la partie centrale avec perron et fronton triangulaire et les deux parties latérales avec porte cochère et fronton circulaire. La toiture possède quatre lucarnes. Le nom de l'architecte de cette cour n'est pas connu.

L'église[modifier | modifier le code]

L'église de la Cambre date du XIVe siècle. De style ogival, elle appartient à l'époque de transition entre le style gothique rayonnant et le style gothique flamboyant. Le gâble de la façade est décoré de feuilles de chou frisé et terminé par un fleuron. Dans la partie supérieure du mur, trois niches trilobées avec quatre statues sont encastrées.

Le cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître se trouve au sud de l'église comme le voulait la règle cistercienne. Il fut reconstruit en 1599. Les fenêtres des galeries ont des vitraux avec les armoiries des abbesses ou des blasons de quelques religieuses nobles. Dans le petit jardin public, il y a un petit étang avec une des sources du Maelbeek.

Les jardins étagés[modifier | modifier le code]

Les jardins étagés à la française se composent de cinq terrasses successives. Ils ont été réaménagés en 1924 dans leur état primitif. L'escalier est monumental avec deux énormes piliers à bossages, accostés de volutes et surmontés de vases. La visite du site et l'accès au jardin et à l'église sont libres. L'église est église paroissiale et est ouverte au public[pas clair].

Ces jardins sont classés au patrimoine protégé par la Région de Bruxelles-Capitale depuis le 30 mars 1989[5].

Vue panoramique de l'entrée
Vue panoramique de la cour d'honneur
Vue panoramique des jardins étagés de l'abbaye

Arts[modifier | modifier le code]

Peintres et dessinateurs se côtoient, l'école nationale des arts visuels en fait un lieu d'échange artistique d'avant-garde ; souvent fort calme cet endroit permet l'inspiration. On reconnaît l'abbaye et son domaine dans maintes œuvres photographiques de San Damon, créateur de l'Oniroscopisme . L'église, comme la cour d'honneur accueillent quelques fois des spectacles, principalement d'ordre classique, tant sur le point de vue musical que théâtral. José Van Dam s'y est produit notamment dans l'interprétation des noces de Figaro de Mozart, mais aussi en duo avec le groupe-pop britannique Supertramp ainsi que Billy Paul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de la ville de Bruxelles, Alexandre Henne, Alphonse Guillaume Ghislain Wauters
  2. http://www.freepub.be/doc/Ambulance_Cambre.pdf
  3. https://www.youtube.com/watch?v=cE9Zx0WCOA8
  4. Ouvrage collectif, Histoire de l’École militaire : 1834-1934, Bruxelles, Académie royale de Belgique (Imprimerie Marcel Hayez),‎ 1935, in-4°, 396 p. (OCLC 71435352), chap. IV (« Les origines de l’École militaire et ses installations successives »), p. 108-109
  5. « Arrêté royal classant comme monument les jardins de l'abbaye de la Cambre », sur monument.irisnet.be,‎ 30 mars 1989 (consulté le 5 juin 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Maes, Histoire de Notre-Dame de la Cambre et de Saint Philippe Néri, Bruxelles, André Maes,‎ 1981, 699 p. (KBR code V 3.604 B) — Ouvrage en deux volumes, vol. 1 1196-1794, vol. 2 1794-1977
  • Jean-Pierre Félix, Histoire des orgues de l'abbaye de la Cambre puis paroisse Notre-Dame de la Cambre et Saint Philippe Neri à Ixelles, Bruxelles, Jean-Pierre Félix,‎ 1986, 127 p. (OCLC 24412973) (KBR code V 10.243 B)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]