Hussein Chalayan

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Hussein Chalayan

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Naissance 12 août 1970 (44 ans)
Nicosie
Nationalité Chypriote turc
Influencé par Kate Bush[1]

Hussein Chalayan, né le 12 août 1970, est un styliste installé en Grande-Bretagne, récompensé en 1999 et 2000 comme Designer britannique de l'année (en), et reconnu pour ses créations expérimentales et conceptuelles, entre design, architecture, critiques sociales, nouvelles technologies, et mode. Il mélange arts plastiques et mode, et parfois vidéo, pour ses créations : le Vogue américain le décrit comme « le premier designer intellectuel de sa génération ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Hussein Chalayan, de nationalité turque[2], est né à Nicosie d'une famille de restaurateurs chypriotes-turcs, en 1970. Il arrive en Angleterre à l'âge de huit ans, puis suit des études à la Warwickshire School of Arts, suivies de Central Saint Martins[3] dont il sort diplômé en 1993 grâce à la présentation de sa collection Buried Dresses vendue immédiatement au concept store anglais Browns. L'année suivante, il fonde sa maison.

En 1995, Chalayan bat 100 concurrents pour décrocher le Top London fashion design award. En septembre, Chalayan, 25 ans, obtient un soutien financier à hauteur de 28 000 £ pour développer ses créations[4] lors du concours Absolut Creation Award organisé par Absolut Vodka. Il défile pour la première fois lors de la Fashion Week de Londres, puis par la suite il défilera lors des défilés Prêt-à-porter à Paris[5] au mois de mars. La même année 1995, il travaille pour Björk : la chanteuse apparait sur la pochette de son album Post avec une veste dessinée par Hussein Chalayan, puis défilera pour le créateur lors de la Fashion Week de Londres.

En avril 1998, la boutique colette, qui a ouvert peu de temps avant, lui consacre une exposition. À l'automne 1998, tout en continuant à concevoir sa ligne signée « Chalayan », il est nommé comme consultant en design pour la marque américaine de cachemire TSE[6]. Cette collaboration dure jusqu'en 2001, quand la société décide de ne pas renouveler son contrat[7]. Il travaille également un temps avec la marque britannique TopShop.

En juillet 2000, Time magazine le cite comme « one of their 100 most influential innovators for the 21st century » (« l'un des innovateurs les plus influents du XXIe siècle »), pendant que l'édition américaine du magazine Vogue dit de lui qu'il est « one of the 12 designers who will change the course of fashion over the next decade »[8]. Par la suite, il liquide sa marque volontairement, puis restructure totalement son entreprise et met en scène la collection « Come-back » en 2001. Il conçoit quelques pièces pour Marks and Spencer. Le fabricant italien de vêtements Gibo l'aide également.

Toutefois, ses réalisations ne passent pas inaperçues. Il est nommé « Designer britannique de l'Année » en 1999 et 2000[9] et reçoit de la Reine d’Angleterre l'Ordre de l'Empire britannique le 17 juin 2006[10].

Les choses continuent de s'améliorer pour le concepteur : en 2002, Chalayan étend ses collections avec la création d'une ligne de vêtements pour hommes[5] ; en 2004 il ouvre une boutique à son nom à Tokyo ; en 2005, il représente la Turquie à la 51e Biennale de Venise et diffuse son court-métrage Absent Presence ; en 2007 il cède des droits de diffusion à Yoox.com, distributeur sur internet. Après avoir traversé des difficultés financières, y compris avoir eu à déplacer son atelier à trois reprises, il annonce son intention de transférer ses défilés de prêt-à-porter à Paris[11],[10].

Le 28 février 2008, après avoir déjà collaboré avec d'autres marques dans les années précédentes[12], il est directeur de création pour la marque Puma, alors que celle-ci prend des parts majoritaires dans sa société[13],[14], collabore avec la marque allemande de chaussettes et collants Falke (de)[15],[16], puis avec la marque de jeans JBrand en mars 2009.

Hussein Chalayan lance une seconde ligne de prêt-à-porter plus abordable, puis collabore en 2011 avec Lady Gaga pour sa « robe-œuf »[17] qu'elle portera lors des Grammy Awards de 2011.

Début 2014, Hussein Chalayan créé la prochaine collection de la maison Vionnet[18].

Créations notables[modifier | modifier le code]

Le créateur se fait remarquer par ses expérimentations, souvent surprenantes[19], dès sa première collection Buried Dresses en papier entrelacé de fils de fer rouillés[12]. Par la suite, Hussein Chalayan continu d'innover et de marquer la mode avec la clôture de son défilé 1997 par des femmes habillées de tchadors de différentes tailles jusqu'à être nues, les robes « Airmail », et surtout « Aeroplane » en fibre de verre qui se pilote comme un avion, de la collection de 1999, la robe pyramidale qui se transforme en table[10], de la collection After Words en l'an 2000, sa « Robe Tulle »[20] de la collection « A/W’00 », sa collection Ambimorphous en 2002 qui déstructure peu à peu le vêtement traditionnel turc, la collection Medea l'année suivante où toutes les créations ont été préalablement enterrées afin de les faire vieillir, sa « Robe Led » de la collection Airborne automne/hiver 2007 (retenue plusieurs fois pour des expositions) composée de 15 600 petites ampoules LED, ou sa robe ou « Mechanical » de la même année, ou sa collection INERTIA en 2009 avec des robes moulées en latex représentant un accident de voiture, sa collection Genometrics avec les « manteaux igloo » souvent exposés, la collection japonisante Sakoku de 2011 présentée par un film plutôt qu'un défilé…

Expositions[modifier | modifier le code]

Hussein Chalayan participe au cours de sa carrière à plusieurs dizaines d'expositions collectives, à thèmes, mais également des rétrospectives de son travail ; par exemple :

  • Patterns exhibition, Mode Museum, Anvers, avril à août 2003 (collective)
  • Goddess: The Classical Mode, MoMA, New York, mai à août 2003 (collective)
  • Goddess: The Classical Mode, Mode Museum, Anvers, mai 2004 (collective)
  • Hussein Chalayan, 10 years of work, Groninger Museum, Pays-Bas, avril à septembre 2005
  • Anglomania: Tradition and Transgression in British Fashion, MET Museum, New York, mai à septembre 2006 (collective)
  • Fashion Show: Paris Collections 2006, Musée des beaux-arts de Boston, États-Unis, novembre 2006 (collective)
  • When Design Meets Science Fiction, Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (MUDAM), Luxembourg, mai à septembre 2007 (collective)
  • Space for your Future, Museum of Contemporary Art (MOT), Tokyo, novembre 2007 (collective)
  • Blog.Mode:Addressing Fashion, The Costume Institute at The Metropolitan Museum of Art, New York, décembre 2007 à avril 2008, (collective)
  • Design and the Elastic Mind, The Museum of Modern Art, New York, février 2008 (collective)
  • Superheros, Fashion and Fantasy, The Costume Institute at The Metropolitan Museum of Art, New York, mai 2008 (collective)
  • Gothic:Glamour, The Museum at FIT, New York (septembre 2008) (collective)
  • Rrripp!! Paper Fashion, Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (MUDAM), Luxembourg, octobre 2008 (collective)
  • Hussein Chalayan: From Fashion and Back, Design Museum, Londres, janvier à mai 2009[21] (rétrospective sur 15 ans de carrière)
  • Hats: An Anthology by Stephen Jones, Victoria & Albert Museum, Londres, février 2009 (collective)
  • The Art of Fashion, Museum Boijmans van Beuningen, Rotterdam, septembre 2009 (collective)
  • Hussein Chalayan: From Fashion and Back, Museum of Contemporary Art Tokyo (MOT), avril à juin 2010[22]
  • Hussein Chalayan: 1994-2010 : Musée d'art moderne d'Istanbul[23], 2010
  • Hussein Chalayan, récits de mode, Arts Décoratifs[2],[24], Paris, juillet à décembre 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « HEROES & VILLAINS: Hussein Chalayan on Kate Bush », sur http://www.independent.co.uk/, The Independant,‎ 12 février 2005 (consulté le 5 mai 2013)
  2. a et b Carine Bizet, « Les visions mode d’Hussein Chalayan », Style, sur madame.lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 30 juillet 2011 (consulté le 19 novembre 2012)
  3. Stéphanie Chayet, « Les Anglais premiers de la classe », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 26 janvier 2007 (consulté le 27 novembre 2012)
  4. (en) Turkish-Cypriot Online Museum of Fine Arts - Hussein Chalayan
  5. a et b (en) « hussein chalayan / fashion + video », sur designboom.com,‎ 2005
  6. Constance C. R. White, « Hussein Chalayan's High-Wire Act », The New York Times,‎ 21 avril 1998 (consulté le 4 mai 2010)
  7. (en) Cathy Horyn, « Front Row; Hussein Chalayan Starting Over », The New York Times,‎ 2001-01-09 (lire en ligne)
  8. (en) Tamsin Blanchard, « Mind over material », sur guardian.co.uk,‎ 24 septembre 2000
  9. « Hussein Chalayan (interview) », sur designboom.com
  10. a, b et c (en) Hilary Alexander, « The world of Hussein Chalayan », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph,‎ 19 avril 2011 (consulté le 19 novembre 2012)
  11. (en) « Hussein Chalayan Shows Off Nothingness », Heard on the Runway, sur WSJ.com, The Wall Street Journal,‎ 3 octobre 2007
  12. a et b Estelle Marin, « Hussein Chalayan entre au musée », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 14 septembre 2011 (consulté le 20 décembre 2012)
  13. (en) Ally Pyle, « Chalayan for Puma », sur vogue.co.uk, Condé Nast,‎ 28 février 2008 (consulté le 18 novembre 2012)
  14. Laetitia Quintano, « Hussein Chalayan arrive chez Puma », Style, sur madame.lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 4 mars 2008 (consulté le 19 novembre 2012)
  15. « Les chaussettes escarpins de Chalayan », sur tendances-de-mode.com,‎ 3 mars 2008 (consulté le 25 novembre 2012)
  16. (en) Ally Pyle, « Sock Boots - The new shoe trend ? », sur vogue.co.uk, Condé Nast,‎ 29 février 2008 (consulté le 25 novembre 2012)
  17. (en) « Grammy Awards 2011: Lady Gaga wears giant egg », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph,‎ 14 février 2011 (consulté le 19 novembre 2012)
  18. (en) Bibby Sowray, « Hussein Chalayan to create demi-couture for Vionnet », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph,‎ 3 janvier 2014 (consulté le 5 janvier 2014)
  19. Sandrine Merle, « Peinture & Chiffons », Les Échos, supplément Série Limitée,‎ 17 février 2012 (lire en ligne)
    « Ses vêtements explorent les mythologies, le symbolisme, la superstition ou les croyances culturelles. Mais qui irait porter cette robe motorisée, composée d'ailerons qui se déploient sur les côtés, dévoilant une traîne en tulle rose ? »
  20. [image] « British Design 1948-2012: Innovation in the Modern Age, at the V&A », Culture, sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph,‎ 2011 (consulté le 19 novembre 2012)
  21. [image] (en) « Designs by Hussein Chalayan », sur nytimes.com, The New York Times
  22. (en) « Hussein Chalayan- from fashion and back », sur mot-art-museum.jp, Musée d'art contemporain de Tokyo,‎ 2010 (consulté le 19 novembre 2012)
  23. « Hussein Chalayan: 1994-2010 – Istanbul Modern », sur blog.lemonde.fr, Le Monde.fr,‎ 12 août 2010 (consulté le 18 novembre 2012)
  24. « Hussein Chalayan Récits De Mode », Mode et Textiles, sur lesartsdecoratifs.fr, Musée des arts décoratifs de Paris,‎ 2011 (consulté le 18 novembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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