ASTER (missile)

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Aster
Image illustrative de l'article ASTER (missile)
Présentation
Fonction Défense antiaérienne
Défense antimissile (SAMP/T)
Constructeur MBDA
Déploiement 2001
Caractéristiques
Moteur Roxel / Avio
Masse au lancement Aster 15 : 310 kg
Aster 30 : 450 kg
Longueur Aster 15 : 4.2 m
Aster 30: 4.9m
Diamètre 18 cm
Vitesse Aster 15 : Mach 3+
Aster 30 : Mach 4.5
Portée Aster 15 :
1,7-30 km contre avions, 15 km contre missile de croisière/antinavire
. Aster 30 :
3-120 km contre avions,
30 km contre missile de croisière/antinavire.
Altitude de croisière Aster 15 : 13 km
Aster 30 : 20 km
Charge fragmentation
Guidage Inertiel avec mise à jour des données depuis le système de tir (radar), puis autodirecteur électromagnétique actif.
Précision métrique
Détonation proximité
Plateforme de lancement navires, camions

L’Aster est un missile surface-air européen. Conçu dans les années 1990 par l’Aérospatiale (devenue pour partie MBDA). Le nom « Aster » vient de « Aérospatiale terminal » et également du nom d’un archer grec. Il peut, selon les versions, intercepter les avions, drones, missiles de croisières au-delà de 100 km.

Les systèmes employant l’Aster peuvent être terrestres ou navals.

Historique[modifier | modifier le code]

En mai 1989 un mémorandum d'entente est signé entre la France et l’Italie pour le développement de la famille des sol air futurs (FSAF). Le GIE Eurosam est constitué. Le développement des missiles aboutit en juillet 1995 au premier tir d’essai où un Aster 30 intercepte une cible à une altitude de 15 000 m et une vitesse de 1 000 km/h. Ce sont ensuite les systèmes de tirs qui sont développés : le premier tir opérationnel depuis le porte-avions Charles de Gaulle a lieu en octobre 2002 ; et celui du système terrestre en juillet 2005[1].

Missiles[modifier | modifier le code]

Le missile Aster est constitué de deux parties principales, l’accélérateur (booster) et le missile en lui-même. Ce missile existe en deux versions (Aster 15 et Aster 30), la seule différence résidant au niveau de l’accélérateur, l’Aster 15 est prévu pour l’autodéfense alors que l’Aster 30 pour l’interception[2].

Le missile est lancé verticalement, et part immédiatement en direction de sa cible grâce aux informations du radar. Il dispose d’une antenne lui permettant de communiquer avec la conduite de tir afin de connaître la position de la cible. Dans sa course finale, l’autodirecteur électromagnétique le guide au plus près de la cible[2]. L’agilité du missile repose sur un mode de pilotage innovant dénommé PIF-PAF : pilotage en force - pilotage aérodynamique fort, qui donne une grande manœuvrabilité (respectivement 12 G et 30 G) à toutes les altitudes et une grande précision de trajectoire. Le missile atteint très rapidement une vitesse élevée : 3,5 s suffisent pour atteindre Mach 4,5 dans le cas de l’Aster 30[3]. Le missile Aster 30 a une portée de 100 kilomètres et une altitude maximale de 20 km. Il a une vitesse de Mach 4,5 trois secondes et demie après le tir… Le vol de l'engin dure donc quelques dizaines de secondes. Le missile Aster 30 pèse 490 kilos et mesure 4,9 mètres de haut pour 18 centimètres de diamètre[3].

Systèmes d'arme et pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

Contrats Eurosam et Europaams[modifier | modifier le code]

Depuis la signature de l’accord franco-italien le 26 octobre 1998, plusieurs contrats ont été signés.

  • Les systèmes SAAM et SAMP/T formant la famille des systèmes surface-air futurs (FSAF) ; le maître d’œuvre est l’Organisation conjointe de coopération en matière d'armement et le développement et la production sont réalisés par GIE Eurosam (Thales et MBDA)[4],[1].
  • Pour le système PAAMS, l’organisation étatique est confiée à un bureau triennal et l’organisation industrielle au GIE Europaams (Eurosam et UKAMS, filiale de MBDA britannique)[5]

Systèmes navals[modifier | modifier le code]

Les 16 silos de missiles antiaériens Aster du porte-avions Charles de Gaulle

Le Système Anti-Air Missile (SAAM) est installé sur le porte-aéronefs Cavour. Le système français est placé à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Il se compose du radar Arabel, des munitions Aster 15N et du système de lancement vertical[2]. L'enjeu de ce système est d'élargir la traditionnelle mission de défense navale de point, sorte d'ultime défense à courte ou très courte-portée contre les missiles antinavires, à une mission élargie d'autodéfense étendue à la fois en portée - de 1,7 km à 30 km contre des avions (15 km contre des missiles antinavires supersoniques) - et en zone protégée, pour assurer la défense d'un bâtiment voisin. Cependant sur le porte-avions Charles-de-Gaulle la mission d'autodéfense ultime a été reportée un système supplémentaire, le SADRAL, qui met en œuvre des missiles d'une autre famille, le Mistral. Ce système est également installé sur les trois frégates Al Ryiadh commandées par la Marine royale saoudienne[6].

Le Principal Anti-Air Missile System (PAAMS) équipe les quatre frégates de défense aérienne tripartites Classe Horizon (France et Italie) et les destroyersType 45 britanniques. Ce système assure simultanément les missions d’autoprotection du bâtiment porteur, de défense locale d’un groupe de bâtiments et de défense de zone à moyenne portée. Il s’appuie sur des radars multifonctions, des lanceurs verticaux et des missiles Aster 15 ou Aster 30. Ce système assure une protection jusqu'à une distance de 100 km mais n’a pas été prévu pour la défense antibalistique[7]. La Marine nationale a montré avec la frégate Forbin sa capacité a détruire un missile supersonique (3 000 km/h) manœuvrant (SSN-22 Sunburn, KH-21, Brahmos) et à une altitude de moins de 5 mètres au-dessus de l'eau[8],[9].

Système terrestre[modifier | modifier le code]

Système SAMP/T, module radar (premier plan) et module de lancement terrestre (second plan)

Le système sol-air moyenne-portée/terrestre (SAMP/T) est un programme destiné à assurer la défense terrestre de zone. Il permet de se défendre contre des menaces aériennes conventionnelles comme des avions ou des missiles de croisière mais également des missiles balistiques tactiques[10].

L’armée de l'air française a commandé onze systèmes[11] mais le livre blanc de la défense 2013 n'en prévoit que huit en service, et l’armée de terre italienne six[12].

Le système SAMP/T est constitué de [13] :

  • le sous-système conduite de tir, fourni par Thales Air Systems comprenant le module radar qui permet la détection et la poursuite des cibles (il est constitué notamment du radar Arabel en bande X et d’un système Identification friend or foe), le module de génération électrique, et le module d’engagement. La conduite de tir a une portée de 60 km, le radar a la même portée, mais il peut la porter à 120 km en concentrant ses faisceaux dans la direction d’une cible signalée via liaison 16 par un radar externe, par exemple celui d'un avion AWACS[3]. La version italienne comprend un module de commandement.
  • le sous-système de lancement terrestre, fourni par MBDA Italie avec quatre modules de lancement terrestre pour la France, six modules pour l’Italie, qui comportent chacun huit munitions Aster 30 Block 1.
  • le dernier sous système est la munition Aster, fourni par MBDA France.

Dans le cadre de la défense antiaérienne (avions, missiles de croisière subsoniques et supersoniques, drones…) le système a une portée jusqu’à 50 km voire 100 km pour les avions non manœuvrants. La qualification a été franchie fin 2008, suite à la réussite des sept tirs d’essai[14].

Dans le cadre de la défense antimissile, le SAMP/T est le premier système européen disposant de cette capacité, il constitue la contribution franco-italienne à la première capacité du système de défense antimissile de l'OTAN. Sa portée est d’une dizaine de kilomètres. La qualification est en cours, le premier jalon contre une cible Black Sparrow de type « missile balistique de théâtre de courte portée » a été franchi le 18 octobre 2010 au centre DGA Essais de missiles à Biscarrosse. Le 14 novembre 2011, il détruit pour la première fois un engin-cible Black Sparrow[15]. Le troisième test a lieu le 6 mars 2013[16]. La qualification devrait se terminer au premier septembre 2013[14].

En 2008, un nouveau marché a été notifié pour la nouvelle définition du missile Aster Block 1 NT. Le missile sera doté d’un autodirecteur en bande Ka et pourrait intercepter des cibles balistiques ayant une portée de 1 000 km. D’autres évolutions sont possibles comme le remplacement du radar de la conduite de tir par le futur GS 1000. Un autre projet proposé par MBDA Aster Block II pour intercepter les missiles balistiques ayant une portée de 3 000 km, accompagné du radar GS 1500[17].

Le SAMP/T dans l'armée française[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce qui était prévu à l'origine (douze systèmes), l’armée de terre française ne recevra aucun système SAMP/T et alors qu'en 2009, dix systèmes sont prévus pour être livrés à la seule armée de l'air française qui les appelle Mamba[18], huit sont inscrits dans le livre blanc de 2013[19].

En 2009, il était prévu que l'armée de l'air en équipera ses cinq escadrons de défense sol-air (EDSA), les autres étant dissous. De 2009 à 2012, les bases aériennes de Luxeuil, Mont-de-Marsan, Avord, Saint-Dizier et Istres recevront les SAMP/T. L'armée de l'air s'est engagée à pouvoir fournir en permanence 40 % de ses moyens - soit deux escadrons - à l'armée de terre pour protéger un éventuel déploiement à l'extérieur. Il faut 40 rotations de C-130 pour un seul escadron.[réf. nécessaire]

Chaque escadron de 130 hommes recevra deux « systèmes » SAMP/T, qui formeront chacun une section de tir. L'escadron sera ainsi composé d'un centre de coordination, de deux sections de tir et de lancement (STL) et d'une section de soutien. Une section aura donc 48 missiles Aster 30 à sa disposition, et un escadron 96 missiles[20].

Autres contrats[modifier | modifier le code]

Les frégates FREMM françaises sont équipées du missile Aster. Le lundi 4 février 2013, l’Aquitaine, première frégate de la Marine nationale a effectué avec succès son premier tir de missile antiaérien Aster 15 en Méditerranée, au large du centre DGA Essais de missiles situé sur l’Île du Levant[21]. Onze frégates ont été commandées, neuf en version « action sous-marine » (comptant 16 missiles Aster 15) et deux en version « défense aérienne » (comptant 32 missiles Aster 15 et 30)[22]

L’Aster équipe également les frégates singapourienne de la classe Formidable (dérivée des classe La Fayette) et une FREMM commandée par la marine marocaine[23].

L’Aster 15 armera également le futur bâtiment de débarquement et de soutien logistique algérien, actuellement en construction en Italie[23].

L’Aster 30 a été commandé par Singapour, pour un système de défense sol-air incluant notamment le radar américain AN/FPS-117 (en) et le Radar Giraffe AMB (en) suédois, et en remplacement des missiles MIM-23 Hawk[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en)« Corporate : Program milestones », sur eurosam.com (consulté le 16 février 2013)
  2. a, b et c « Technical Information », sur www.occar-ea.org (consulté le 9 avril 2012)
  3. a, b et c Jean-Dominique Merchet, « Dans l'armée de l'air, Mamba va pouvoir mordre (actualisé-3) », sur secretdefense.blogs.liberation.fr,‎ 15 septembre 2010 (consulté le 13 avril 2012)
  4. « FSAF and munitions for the PAAMS », sur www.occar-ea.org (consulté le 9 avril 2012)
  5. « le missile Aster 30 », sur www.defense.gouv.fr,‎ 20 juin 2011 (consulté le 9 avril 2012)
  6. « Customers, Saudi Arabia », sur www.eurosam.com (consulté le 24 février 2013)
  7. Sénat 2011, p. 215
  8. « Interception d’une cible supersonique évoluant au ras de l’eau », sur www.defense.gouv.fr,‎ 4 avril 2012 (consulté le 4 avril 2012)
  9. Jean-Dominique Merchet, « Aster 30 : une interception de « très haute technicité » réussie », Mariane,‎ 4 avril 2012 (consulté le 4 avril 2012)
  10. Sénat 2011, p. 200
  11. « Customers, France », sur www.eurosam.com (consulté le 24 février 2013)
  12. « Customers, Italy », sur www.eurosam.com (consulté le 24 février 2013)
  13. Sénat 2011, p. 201
  14. a et b Sénat 2011, p. 200-205
  15. Secret Defense, « Israël aide la France à tester ses armes antimissiles (actualisé) »,‎ 11 février 2012 (consulté le 9 mars 2013)
  16. Guillaume Steuer, « Antimissile : le SAMP/T a encore frappé », sur Air et Cosmos,‎ 8 mars 2013 (consulté le 9 mars 2013)
  17. Sénat 2011, p. 206-214
  18. Le Faucon avalé par le Mamba, 7 mai 2009
  19. Phillipe Chapleau, « Un peu de lecture avant d'écrire n'importe quoi… », sur Ouest-France,‎ 29 avril 2013
  20. Défense et Sécurité internationale Hors-Série no 5, février 2009
  21. « La FREMM Aquitaine réussit son premier tir de missile Aster », sur www.defense.gouv.fr,‎ 4 février 2013
  22. « Projet de loi de finances 2013, Mission Défense, Programme Équipement des forces, projet annuel de performances, justification au premier euro », sur performance-publique.budget.gouv.fr
  23. a et b « L’Aquitaine tire avec succès son premier missile Aster », sur www.meretmarine.com,‎ 5 février 2013
  24. Guillaume Steuer, « Singapour commande l'Aster 30 de MBDA », sur www.air-cosmos.com,‎ 16 septembre 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]