Samuel Joseph Agnon

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Shmuel Yosef Agnon
Agnon.jpg

Samuel Joseph Agnon

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
JérusalemVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
שמואל יוסף עגנוןVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Shmuel Josef CzaczkesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Enfant
Emuna Yaron (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Genre artistique
Distinctions
Prix Nobel de littérature ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Liste détaillée
Prix Bialik ( et )
Prix Israël ( et )
Prix Nobel de littérature ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées
Tel ou tel (d), La Dot des fiancées (d), Invité pour la Nuit (d), Hier seulement (d), Une histoire simple (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Grave of Sh.Y. Agnon.jpg

Vue de la sépulture.

Shmuel Yosef Agnon (hébreu : שמואל יוסף עגנון), (né Samuel Joseph Czaczkes), connu aussi sous l'acronyme Shai Agnon (ש"י עגנון), écrivain israélien ( - ), premier écrivain de langue hébraïque à avoir remporté le Prix Nobel de littérature en 1966, qu'il partage avec la poétesse Nelly Sachs.

Ses ouvrages, écrits dans un style original tantôt gai et grave, dépeignent la vie des juifs ashkenazes en Europe centrale au début du XXe siècle. Ils évoquent par ailleurs leur déclin juste avant la Première Guerre mondiale. Agnon traite également de la situation des pionniers de l'arrivée en Israël et de la perte progressive par ces derniers du sens de leur quête spirituelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Samuel Agnon est né à Buczacz en Galicie, province de l'Empire autrichien, dont la partie orientale est actuellement en Ukraine, et a reçu une éducation religieuse. À l'âge de 8 ans, il apprend à lire en hébreu et surtout en yiddish.

Il émigre en Israël en 1908, époque de la seconde Aliyah. Il signe son premier article du nom de « Agnon », qui devient son pseudonyme littéraire, puis son surnom officiel dès 1924.

En octobre 1912, à l'âge de 24 ans, il embarque à Jaffa avec Arthur Ruppin pour s'installer à Berlin. Il restera 12 ans en Allemagne, période pendant laquelle il ne cessera pas de publier. Dans un premier temps il donne des cours d'hébreu pour pouvoir subvenir à ses besoins puis, sur recommendation de Martin Buber, il occupe un emploi dans la maison d'édition, la "Jüdischer Verlag". À la fin de l'année 1915, Martin Buber lui fait rencontrer l'homme d'affaires et éditeur Salman Schocken dont il obtiendra un soutien financier.

En 1916 il reçoit son ordre de mobilisation. Il se fait dispenser pour des raisons de santé, mais il doit rester cinq mois en convalescence au Jüdisches Krankenhaus Berlin (Hôpital juif de Berlin).

En 1919 son éditeur Schocken l'envoie à Munich. Il y rencontre Esther Marx (1889-1973), fille du banquier Georges Marx, venue étudier à l'Académie des Beaux-Arts. Il épouse Esther Marx en mai 1920 malgré l'opposition du père de celle-ci qui voyait un Agnon un Juif de l'Est ("Ostjude") qui vivait de sa plume. En 1921, après la naissance de leur fille aînée, le couple part s'installer à Bad Hombourg (ville thermale de Hesse) où des Juifs s'étaient installés depuis le XVIIe siècle. Un an après le couple donne naissance à un fils. En 1924, il perd tous ses manuscrits et sa très riche collection de livres dans un incendie qui s'est déclaré dans son appartement. Sa femme et ses deux enfants échappent de peu à une tragédie. Finalement, le couple décide de quitter l'Allemagne et de partir s'établir en Palestine (sous mandat britannique).

En 1931, il publie La Dot des fiancées (Hakhnasat Kallah), roman important de l'histoire de la littérature juive moderne qui établi sa notoriété, que confirmeront Une histoire toute simple (Sippur Pashut), paru en 1953, et surtout Le Chien Balak (Temol Shilshom), paru en 1945.

Samuel Agnon, très impliqué pour la cause végétarienne, soulève le thème dans plusieurs de ses récits[1].

Il remporte par deux fois le Prix Bialik (1934 et 1950), ainsi que le Prix Israel (1954 et 1958). En 1966, il devient le premier lauréat israélien du Prix Nobel de littérature, qu'il partage avec Nelly Sachs.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Sippurei Ma'asiyyot (1921), recueil de nouvelles
  • Be-Sod Yesharim (1921), recueil de nouvelles
  • Al Kappot ha-Manul (1922), recueil de nouvelles
  • Bidmi yameha (1923), court roman
    Publié en français sous le titre À la fleur de l'âge, traduit par Laurent Schuman, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2003 (ISBN 2-07-076196-7)
  • Ôreah natah lalûn (1930)
    Publié en français sous le titre L'Hôte de passage, traduit par Ruth M. Leblanc et André C. Zaoui, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1973 (notice BnF no FRBNF35210663)
  • Hakhnasat Kallah (1931), seconde version augmentée en 1937
    Publié en français sous le titre La Dot des fiancées, traduit par Michel Landau et Charles Leben, Paris, Les Belles Lettres, coll. « L'arbre de Judée », 2003 (ISBN 2-251-78011-4)
  • Sefer ha-Ma'asim (1932), recueil de nouvelles
  • Pat Shelemah (1933)
  • Bilbab yamiym (1935)
    Publié en français sous le titre Au coeur des mers, traduit par Emmanuel Moses, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2008 (ISBN 978-2-07-077166-0)
  • Sippur Pashut (1935)
    Publié en français sous le titre Une histoire toute simple, traduit par Marthe-Ruth Leblanc, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1980 (ISBN 2-226-00899-3) ; réédition, Paris, 10/18, coll. « Domaine étranger » no 3017, 1998 (ISBN 2-264-02143-8)
  • Be-Shuvah va-Naḥat (1935)
  • Yamim Noraim (1938), recueil d'essais
  • Sefer, Sofer ve-Sippur (1938), recueil de critiques littéraires dont une version augmentée paraît en 1978
  • Ore'aḥ Natah Lalun (1939), recueil de nouvelles
  • Elu va-Elu (1941), recueil de nouvelles
  • Shevu'ath Emunim (1943), court roman
  • Temol Shilshom (1945)
    Publié en français sous le titre Le Chien Balak (1945), traduit par Ruth M. Leblanc et André C. Zaoui, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1971 (notice BnF no FRBNF35210675)
  • Thiylah 91950), conte
    Publié en français sous le titre Téhila, traduit par Emmanuel Moses, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 2014 (ISBN 978-2-07-013655-1)
  • Edo ve-Enam (1950), court roman
  • Samukh ve-Nireh (1951), recueil de nouvelles
  • Ad Hennah (1952), recueil de nouvelles
  • Ad 'olam (1954)
  • Attem Re'item (1959), essais sur la religion juive dont une version augmentée paraît en 1994
  • Sifreihem shel Ẓaddikim (1961), recueil de nouvelles
  • Shirah (1971)
  • Ir u-Melo'ah (1973), recueil de nouvelles
  • Ba-Ḥanuto shel Mar Lublin (1974)
  • Lifnim min ha-Ḥomah (1975), recueil de nouvelles
  • Me-Aẓmi el Azmi (1976), recueil d'articles et d'essais
  • Korot Bateinu (1979), recueil de deux nouvelles
  • Takhrikh shel Sippurim (1984), recueil de nouvelles
  • Sippurei ha-Besht (1987), recueil de divers textes
  • S.Y. Agnon – S.Z. Schocken, Ḥillufei Iggerot 1916–1959 (1991), correspondance
  • Mi-Sod Ḥakhamim (2002), correspondance
  • Les Contes de Jérusalem, traduction par Rachel et Guy Casaril de nouvelles extraites de divers recueils, Paris, Albin Michel, coll. « Présences du judaïsme », 1959 (notice BnF no FRBNF32899071)
  • Vingt-et-une nouvelles, traduction par Marthe-Ruth Leblanc de nouvelles extraites de divers recueils, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1977 (ISBN 2-226-00440-8)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeanette Nezri, Agnon : l'homme qui écrivait debout, Éditions David Reinharc, 2012

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Judaism and Vegetarianism", New Revised Edition by Richard H. Schwartz, Ph.D. (Publisher: Lantern Books www.lanternbooks.com)

Liens externes[modifier | modifier le code]