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Nelly Sachs

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Nelly Sachs
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Nelly Sachs en 1966
Naissance
Berlin, Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Décès (à 78 ans)
Stockholm, Drapeau de la Suède Suède
Nationalité allemande, puis suédoise
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture allemand
Signature de Nelly Sachs

Nelly Sachs (pour Leonie Sachs), née le à Schöneberg (aujourd'hui Berlin-Schöneberg) et morte le à Stockholm, est une poétesse suédoise, juive, de langue allemande du XXe siècle. Elle a également traduit en allemand des recueils de poésie suédoise[1].

Nelly Sachs (Sachs est la retranscription de l’acronyme זק"ש pour zera kedoshim, descendance de saints, c’est-à-dire martyrs) naît en 1891 à Schöneberg (Berlin). Enfant unique de l’ingénieur, inventeur et fabricant de Gutta-percha et de gomme George William Sachs (1858-1930) et de sa femme Madame Margarete, née Karger (1871-1950), elle a vécu au sein d'une famille allemande assimilée juive de la grande bourgeoisie. Jeune, elle rêve de devenir danseuse. Ce n’est que quelques années plus tard que commence sa passion pour la poésie allemande et l’écriture d’histoires. Pour des raisons de santé, elle suit d’abord trois ans de cours particuliers, avant d’entrer à l'École supérieure pour jeunes filles (Höhere Töchterschule (de)) en 1903, où elle obtient cinq ans plus tard son Einjähriges, l'équivalent du diplôme d'études secondaires de l'époque (Mittlere Reife (de))[2].

Première histoire

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Nelly Sachs écrit sa première histoire à l’âge de dix-sept ans. En 1921, son premier recueil de poèmes paraît avec l’aide de l’écrivain Stefan Zweig sous le titre Legenden und Erzählungen (Légendes et contes), soit le même titre que celui de la traduction d’un recueil de quatorze histoires de la poétesse suédoise Selma Lagerlöf[3]. Ces premières histoires, teintées de mélancolie, sont encore très empreintes d'une influence néoromantique et gravitent autour des thèmes de la nature et de la musique.

Elle mène alors une vie retirée avec ses parents et ne participe très peu à la vie en société des années 1920. À la fin de cette décennie, ses histoires furent publiées dans différents journaux berlinois. Tant les critiques que le public apprécièrent la poésie de Sachs[4].

Shoah et exil en Suède

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Elle vit douloureusement les persécutions nazies, et échappe au régime en grâce à Selma Lagerlöf, dont l'œuvre la fascinait depuis son très jeune âge et avec qui elle entretenait une relation épistolaire[5],[6],[7]. Elle trouve ainsi refuge avec sa mère à Stockholm, ville qu'elle ne quittera plus jusqu'à sa mort. Plusieurs membres de sa famille sont cependant victimes des camps nazis. Les terreurs qu'elle vécut alors et le drame des camps de concentration la marquent profondément et altèrent fortement sa santé mentale. Son œuvre naîtra d'ailleurs de la Shoah, et fera d'elle l’une des poétesses majeures du XXe siècle. Son premier recueil, paru en 1946 et intitulé Dans les demeures de la mort, traite de la nuit, du souvenir et de l'exil[8],[9].

Elle obtient le prix Nobel de littérature en 1966 « pour sa remarquable œuvre lyrique et dramatique qui interprète le destin d'Israël avec sensibilité et force »[9]. Elle partage ce prix avec Shmuel Yosef Agnon. Elle meurt quatre ans plus tard, quelques semaines après Paul Celan dont elle fut l'amie et avec qui elle entretint une riche correspondance de 1954 à 1969 – dialogue à vif où s'échangent à la fois les tourments de la maladie, les questionnements poétiques, les drames personnels et historiques. Un recueil de leur correspondance fut publié en allemand pour la première fois par les éditions Suhrkamp en 1992 à Frankfort sous le titre « Paul Celan – Nelly Sachs, Briefwechsel (Herausgegeben von Barbara Wiedemann) »[10]. Par la suite, Mireille Gansel en donna une traduction française, publiée aux éditions Belin en 1999.

Nelly Sachs est inhumée dans le carré juif du cimetière du Nord à Solna (comté de Stockholm) en Suède.

Monument de la tombe de Nelly Sachs, dans le cimetière du Nord à Solna.
Nelly Sachs en 1910.

L'œuvre de Nelly Sachs, dont les premiers textes s'inscrivent dans le romantisme allemand, trouve ensuite son inspiration dans la Bible (en particulier l'Apocalypse)[11], la kabbale et le hassidisme. Cette œuvre s'inscrit dans la rupture provoquée par l'arrivée du nazisme en Europe, et les exils, les déchirements et les deuils provoqués par cet événement. Les dernières années de Sachs sont marquées par la maladie physique et sa lutte contre la maladie mentale. Cependant, même si son écriture, née de la douleur et du drame, affirme la volonté de « donner une stèle de paroles » aux morts dont on a voulu la disparition totale, la poétesse exprime malgré tout une part d'espoir et le besoin de croire à l'avenir, d'être présent au monde, si infernal soit-il. C'est dans la relecture incessante de la Bible, entre autres textes, qu'elle puise cette capacité à croire encore en l'humanité.

En France, on doit la découverte de son œuvre à Maurice Nadeau qui, le premier, publie chez Denoël des textes traduits par Lionel Richard. La traduction entreprise depuis la fin du siècle dernier par Mireille Gansel et publiée par les éditions Verdier regroupe en trois volumes l'ensemble des poèmes de Nelly Sachs écrits depuis 1943[12].

Œuvres traduites en français

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  • Brasier d'énigmes et autres poèmes, trad. de l'allemand par Lionel Richard, Paris, Denoël, 1967 [anthologie].
  • Présence à la nuit, Poèmes présentés et adaptés de l'allemand par Lionel Richard, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1969 [anthologie].
  • Eli (de) + (fr) / Lettres (fr) / (de) + (fr) Énigmes en feu, trad. de l'allemand par Martine Broda, Hans Hartje et Claude Mouchard, Paris, Belin, 1990 [publication originale : 1962 / 1985 / 1965].
  • Correspondance Nelly Sachs-Paul Celan, trad. de l'allemand par Mireille Gansel, Paris, Belin, 1999.
  • Éclipse d'étoile, précédé de Dans les demeures de la mort, trad. de l'allemand par Mireille Gansel, Paris, Verdier, 1999 [publication originale : 1949 / 1946].
  • Exode et métamorphose, précédé de Et personne n’en sait davantage, trad. de l'allemand par Mireille Gansel, Paris, Verdier, 2002 [publication originale : 1959 / 1946].
  • Partage-toi, nuit, précédé de Toute poussière abolie, La mort célèbre encore la vie, Énigmes ardentes et Elle cherche son bien-aimé et ne le trouve pas, trad. de l'allemand par Mireille Gansel, Paris, Verdier, 2005. [publication originale : 1966-1970 / 1961 / ?? / 1963-1966 / 1966].
  • Lettres en provenance de la nuit. 1950-1953, trad. de l'allemand par Bernard Pautrat, Paris, Allia, 2010 [Publié simultanément en allemand par Suhrkamp, à Berlin].

Prix et reconnaissance

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Notes et références

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  1. Bréjoux 1967
  2. (de) Gabriele Fritsch-Vivié, Nelly Sachs : mit Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, Rowohlt, (ISBN 978-3-499-50496-9)
  3. Georges Ueberschlag, « Nelly Sachs ou le refuge de la langue », Germanica « L'impossible retour. La figure du Heimkehrer dans les lettres et les arts allemands et scandinaves du XXe siècle », no 1, , p. 91–106 (ISSN 0984-2632, lire en ligne, consulté le )
  4. (de) Dorothee Ostmeier, « Review of "Und Leben hat immer wie Abschied geschmeckt". Frühe Gedichte und Prosa der Nelly Sachs. », MLN, vol. 105, no 3, , p. 630–633 (DOI 10.2307/2905082, lire en ligne Accès payant, consulté le )
  5. (de) Carola Opitz-Wiemers, « Sachs, Nelly », dans Metzler Autorinnen Lexikon, J.B. Metzler, (ISBN 978-3-476-03702-2, DOI 10.1007/978-3-476-03702-2_323 Accès limité), p. 464–466
  6. Rédaction, « Nelly Sachs », Le Monde Juif, no 10, , p. 19-20 (lire en ligne)
  7. (en) Jo-Anne Rowney, « Who was Nelly Sachs? Google Doodle honours poet who escaped Nazi Germany », The Daily Mirror, (lire en ligne).
  8. Le Petit Robert des noms propres, Paris, Le Robert, , 2525 p. (ISBN 978-2-849-02162-0), « Sachs (Leonie dite Nelly) », p. 1903.
  9. 1 2 (en) « Nelly Sachs - Facts », sur www.nobelprize.org, (consulté le )
  10. (en) « Paul Celan, Nelly Sachs: Correspondence (Briefwechsel, Suhrkamp Verlag) », sur Suhrkamp Verlag, (consulté le )
  11. Lore de Chambure, « Nelly Sachs (1891-1970) », sur universalis.fr (consulté le )
  12. Patrick Kéchichian, « "Partage-toi, nuit" : Nelly Sachs, ce qui est "sauvé dans la parole" », sur Le Monde, (consulté le )

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Jean Bréjoux, « Nelly Sachs, prix Nobel 1966 », Allemagne d'aujourd'hui, no 7, , p. 34-39 (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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