Chant messin

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Le chant messin, Cantilena Metensis au IXe siècle, est l'ancêtre du chant grégorien. Il est à l’origine de la musique polyphonique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un chant monodique (à une voix) et dont le sujet est uniquement religieux. On en trouve les prémices dans le chant des chrétiens de Gaule : le Gallican ; et celui des chrétiens de la région de Rome, donc également chant papal : le « Chant vieux-romain ». C'est en fait une « hybridation » des deux.

En effet sous les règnes de Pépin le Bref, puis de Charlemagne, se produit une réforme du clergé. Afin d'unifier le peuple Franc, Pépin le Bref fait imposer le Chant de Rome en Gaule. Il confiera cette tâche à Chrodegang, évêque de Metz[1]Metz est alors la capitale du royaume franc. Cousin de Pépin le Bref et apprécié du pape, Chrodegang de Metz est un très bon intermédiaire entre le pouvoir pontifical et le royaume franc.

Venant demander de l'aide à Pépin contre les invasions des Lombards, le Pape amène une délégation de chantres et d'évêques conduits par Chrodegang en 753. Il demande à Chrodegang de faire de Metz la « vitrine » de la liturgie romaine et y envoie par conséquent des livres de chants, des antiphonaires, ainsi que des chantres romains pour former les Messins. La notation musicale n'existant pas encore, il a fallu une confrontation entre les chantres francs et romains. Ces derniers leur apprirent leur manière de chanter puis s'en allèrent. Les réticences étaient toutefois si fortes que les Francs chantèrent les textes romains selon leur manière traditionnelle : la liturgie gallicane nécessitant plus de chant et surtout des chants plus longs que la liturgie romaine, on a d'une part arrangé des mélodies gallicanes pour qu'elles soient plus « romaines », d'autre part on a rallongé des mélodies romaines.

En 805, Charlemagne, choqué par les divergences énormes au sein de son empire, ordonne que tout chantre aille se corriger à Metz. Le chant de Metz se répand alors dans tout l'Empire Carolingien et supplantera même le vieux-romain à Rome. Le chant messin sera nommé « grégorien » à la découverte de l'arrangement effectué par les chantres francs. La paternité du saint pape Grégoire Ier ne sert qu'au prestige et à l'humilité du chant. Ceci ne renvoie donc pas à saint Grégoire, pape bien antérieur et symbolisant la respectabilité romaine. Ce pape n'est donc pas l'inventeur du chant « grégorien ». En revanche, il n'est pas interdit de penser que Grégoire VII, pape de 1073 à 1085, a pu jouer un rôle dans la diffusion du chant messin, celui-ci constituant l'un des aspects unificateurs de la réforme grégorienne. L'appellation de chant « grégorien » est due à un moine du Mont Cassin qui, en 872, dans sa biographie de Grégoire Ier, qualifia cette réforme musicale en la rattachant fautivement à la réforme liturgique entreprise par le pape saint Grégoire

De tradition orale, le chant messin connaîtra un début de notation musicale avec l'apparition des neumes. Celle-ci apparaît au XIe siècle dans le Manuscrit de Soissons, étant encore très approximative. La notation en notes précises viendra la supplanter vers les XIIe et XIIIe siècles. C'est cette notation (évoluée, certes) que les musiciens utilisent encore aujourd'hui.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site de la mairie de Metz
  • Site de la Scola metensis et du CEGMFormation musicale émanant du Centre d'Etudes Grégoriennes de Metz. Le CEGM poursuit la recherche sur le chant grégorien depuis 1975, à partir des manuscrits médiévaux. La Scola metensis utilise le fruit de ces recherches pour recréer les œuvres les plus représentatives du chant messin.
  • La plume culturelleMetz, berceau du chant grégorien. Des plains-chants au chant messin (cantilena metensis)