Le Comte Ory

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Le Comte Ory
Description de cette image, également commentée ci-après
Julie Fuchs et Philippe Talbot dans le rôle de la Comtesse et du Comte Ory, à l'Opéra Comique en 2017
Genre Opéra
Nbre d'actes 2
Musique Gioachino Rossini
Livret Eugène Scribe
Langue
originale
Français
Durée (approx.) 2h50 environ
Création
Opéra de Paris (Drapeau de la France France - Paris)

Personnages

Le Comte Ory, ténor

La comtesse Adèle, soprano

Isolier, mezzo soprano (il s'agit d'un rôle travesti)

Raimbaud, baryton

Le Gouverneur, basse

Dame Ragonde, mezzo soprano

Alice, une paysanne, soprano

Un coryphée, ténor

Le Comte Ory est l'avant-dernier opéra composé par Gioachino Rossini sur un livret en français d'Eugène Scribe[1] et de Delestre-Poirson[1]. Il fut créé à l'Opéra Le Peletier à Paris, le [1]. C'est une large reprise de son précédent opéra Le Voyage à Reims.

Sur un ton léger et tonique, Rossini entraîne les spectateurs sur la piste des frasques médiévales du terrible Comte, au fil des deux actes de cet opéra qui lie sans cesse la farce au lyrique. Proposé au départ en un seul acte par les deux librettistes, sur la base d'une histoire médiévale de chevaliers séducteurs de nonnes, retranscrite par Pierre-Antoine de La Place, Rossini réclame et obtient un second acte.

Rôles[modifier | modifier le code]

Rôle Tessiture Première représentation le 20 août 1828

(Chef d'orchestre : François Habeneck)[2]

Comte d'Ory ténor léger Adolphe Nourrit
Gouverneur basse bouffe Nicolas Levasseur
Isolier mezzo-soprano (en travesti) Constance Jawureck (en)
Raimbaud baryton Henri-Bernard Dabadie (en)
La Comtesse Adèle soprano colorature Laure Cinti-Damoreau
Ragonde mezzo-soprano Augusta Mori
Alice soprano
1er chevalier ténor Alexis Dupont (en)
2e chevalier ténor Eugène Massol
3e chevalier baryton Henri-Bernard Dabadie the younger
4e chevalier baryton Ferdinand Prévôt (en)
Chœur des hommes d'Ory, femmes, croisés, paysans

Argument[modifier | modifier le code]

La scène se déroule aux alentours de l'an 1200, devant puis dans le château de Formoutiers, en Touraine.

Premier acte[modifier | modifier le code]

La scène est à Formoutiers, en Touraine

Scènes première à troisième[modifier | modifier le code]

Le comte Ory est un libertin et un séducteur forcené qui entend bien profiter du départ en croisade des hommes du château de Formoutiers, notamment en séduisant la vertueuse comtesse Adèle. Il se grime donc, avec son ami Raimbaud, en vieil ermite qui s'efforcera d'apporter sagesse et réconfort aux malheureuses femmes esseulées. Raimbaud annonce qu'un ermite avisé se rendra dans le village pour offrir des conseils sur les questions de cœur. Le château est rempli de femmes attendant le retour de leurs maris et de leurs frères des croisades. Ragonde révèle que la comtesse espère que l'ermite apaise sa tristesse et Raimbaud lui assure que l'habileté de l'ermite est hors pair et a aidé de nombreuses veuves à trouver l'amour.

Le comte Ory, déguisé en ermite, arrive au château. Les gens lui disent leurs voeux et il invite les jeunes filles à lui rendre visite à son ermitage ce soir-là. Ragonde explique que les dames ont juré de vivre comme des veuves dans le château de la comtesse pendant que leurs maris et frères sont partis en croisade. Elle raconte à l'Ory déguisé que la comtesse Adèle souhaite lui parler, ce qu'il accepte avec enthousiasme. Ory se retire à l'ermitage avec les femmes.

Scènes quatrième à sixième[modifier | modifier le code]

Le page d'Ory, Isolier, et le gouverneur se reposent de leur voyage sous des ombrages. Ils expliquent que le comte Ory, qui est sous la garde du gouverneur, a disparu. Le gouverneur explique qu'il cherche Ory à la demande du père d'Ory (« Veiller sans cesse »). Lorsque le gouverneur demande pourquoi le page l'a amené à cet endroit, il est révélé qu'Isolier souhaite visiter le château de la comtesse.

Les paysans et paysannes sortent de l’ermitage. Lorsque le gouverneur voit les « minois jolis », il soupçonne que le comte est près. Les femmes lui disent que l'ermite est venu en ville il y a huit jours – le même jour que le comte a disparu de la garde du gouverneur. Ses soupçons s'approfondissent.

Scène septième[modifier | modifier le code]

Isolier, se révèle également amoureux d'Adèle, laquelle avoue que cet amour est partagé. Il ne reconnaît pas Ory déguisé, et Isolier confie son amour à l'ermite, expliquant son plan de se faufiler dans le château déguisé en pèlerine (Duo: « Une dame de haut parage »). Isolier demande l'aide de l'ermite: lorsque la comtesse vient lui consulter, il doit lui dire que l’indifférence cause son « tourment fatal » et que le remède est d'aimer Isolier. Le comte devra donc tout à la fois accéder au château par la ruse et supplanter le jeune Isolier.

Scène huitième[modifier | modifier le code]

La comtesse Adèle consulte l'ermite pour un remède à sa douleur (« En proie à la tristesse »). Il propose qu'elle tombe amoureuse, ce qu'elle fait rapidement, avec Isolier. « L'ermite » l'avertit de ne pas faire confiance au « fidèle page de ce terrible Comte Ory » et elle l’entraîne dans le château.

Scène neuvième[modifier | modifier le code]

Le gouverneur reconnaît Raimbaud et Ory et tout le monde est choqué lorsque l'identité du comte est révélée. Adèle reçoit une lettre de son frère annonçant la fin de la croisade et le retour des hommes dans leur patrie dans les deux jours.

Dernière scène du comte Ory. Gravure. Dubois (17..-18..).

Second acte[modifier | modifier le code]

Une grande salle dans le château

Scènes première à quatrième[modifier | modifier le code]

Le second acte se déroule au sein du château de Formoutiers, sous un orage terrible qui pousse les femmes à accueillir un groupe de pèlerines surprises par les éléments. Ces pèlerines sont en réalité le groupe d'Ory et de ses amis. Le nouveau déguisement d'Ory est « Sœur Colette ». Restée seule avec la comtesse, Ory s'approche d'elle avec passion (Duo: « Ah! Quel respect, Madame »).

Scènes cinquième à huitième[modifier | modifier le code]

Servis seulement de lait et de fruits pour un repas, les « pèlerins » constatent le manque de vin. Raimbaud à la rescousse - il s'est faufilé dans la cave à vin du château et revient avec assez pour tout le monde. Ils portent un toast au frère absent de la comtesse (« Dans ce lieu solitaire »). Ragonde entre en vérifiant que les pèlerines n'ont besoin de rien et ils font semblant de prier, cachant les bouteilles. Elle revient avec la comtesse, qui les loue pour leur piété.

Scène neuvième[modifier | modifier le code]

Isolier arrive au château pour faire savoir aux femmes que leurs maris et frères arriveront à minuit. En apprenant que les dames ont accueilli un groupe de pèlerins dans le château, Isolier reconnaît qu'il s'agit d'Ory et de ses hommes. Il partage cette révélation avec les femmes, qui ont peur de ce que leurs maris penseront en les trouvant dans un château avec quatorze hommes.

Scènes dixième à onzième[modifier | modifier le code]

Une fois tout le monde est au lit, Ory entre dans la chambre de la comtesse Adèle. Il la courtise, ne réalisant pas dans l'obscurité que c'est la main d'Isolier qu'il tient (Trio: «À la faveur de cette nuit obscure»).

Les hommes reviennent de la croisade. Isolier se dévoile pour compter Ory et l'aide à s'échapper du château avec ses hommes.

Retransmission en direct du Met[modifier | modifier le code]

L’opéra a été retransmis en direct du Met dans des salles de cinéma du monde le 9 avril 2011 avec Juan Diego Flórez dans le rôle-titre, Diana Damrau en Comtesse Adèle, Joyce DiDonato comme Isolier, Michele Pertusi en Gouverneur et Stéphane Degout en Raimbaud, sous la direction de Maurizio Benini[3]. Cette version, disponible en streaming payant sur le site du Metropolitan Opera, a été en libre accès le 17 avril 2020 dans le cadre du confinement dû à l'épidémie du covid-19.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Avant-Scène Opéra n°140, texte de Marie-Aude Roux.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c François-René Tranchefort, L'Opéra, Paris, Éditions du Seuil, , 634 p. (ISBN 2-02-006574-6), p. 151.
  2. (it) « Almanacco di Gherardo Casaglia, 20 Agosto 1828 » [archive] (consulté le 18 novembre 2012).
  3. « Le Comte est bon | Forum Opéra », sur www.forumopera.com (consulté le 1er janvier 2019).

Liens externes[modifier | modifier le code]