Gershon Kingsley

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Gershon Kingsley
Nom de naissance Götz Gustav Ksinski
Naissance (94 ans)
Bochum en Allemagne
Activité principale chef d'orchestre et compositeur
Genre musical musique électronique
Instruments piano et synthétiseur
Années actives depuis 1955

Götz Gustav Ksinski, dit Gershon Kingsley, né le 28 octobre 1922 à Bochum en Allemagne, est un auteur-compositeur et instrumentiste allemand de variétés électroacoustiques pop et jazz. Chef d'orchestre à Broadway devenu un pionnier de la musique expérimentale travaillant pour la publicité et la télévision, il a composé des œuvres de musique savante marquées par le souvenir de la Shoah ou au contraire par un humour typique du nouvel american way of life mais est plus connu pour avoir écrit la toute première pièce de musique électronique ayant rencontrée un succès populaire : Popcorn[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Exils (1922-1953)[modifier | modifier le code]

Götz Ksinski nait d'un père allemand qui sera catégorisé « Juif » en 1933 par le régime nazi et d'une mère polonaise élevée dans le catholicisme. Il grandit dans le Berlin de la République de Weimar et adhère à un mouvement de jeunesse sioniste au sein duquel il s'initie à l'agriculture[2]. Le but est d'apprendre à fertiliser les terres du futur Israël. Le fermier duquel il reçoit sa formation est un nazillon[2].

Pour échapper aux persécutions, Götz Ksinski est envoyé à l'âge de quinze ans, en 1938, quelques jours avant la Nuit de cristal[2], en Palestine dans un kibboutz par ses parents[3], qui de leur côté s'enfuient peu après à Cuba, d'où ils rejoignent les Etats Unis en 1939. À Ein Harod, l'adolescent rejoint les rangs de la police des villages juifs de la Notrim et patrouille sur un cheval blanc[2]. À l'occasion, il se produit dans un orchestre de jazz à Jérusalem ou Tel Aviv. Il fait ses études au conservatoire de Jérusalem.

En 1946, il rejoint ses parents à New York[2]. Pianiste autodidacte qui a grandi dans la musique de Mozart mais sans diplôme universitaire ni équivalence, il est refusé à la Juilliard School of Music[3] et part aussitôt pour Los Angeles retrouver un frère aîné[4]. À vingt quatre ans, tout en travaillant, il s'inscrit aux cours du soir. Il parvient à terminer le cursus des études secondaires et entre au conservatoire du Institut des arts de Californie[3]. Pour payer ses études, il tient l'orgue dans les synagogues des environs. Une fois obtenue son baccalauréat es arts, option musique, il est embauché au Music Circus (en) de Sacramento sans sortir pour autant de son existence précaire.

De Broadway à l'avant garde (1955-1966)[modifier | modifier le code]

En 1955, à trente trois ans, il retourne à New York. Il y travaille pour Broadway comme chef d'orchestre et comme arrangeur de comédies musicales[3]. Il a l'occasion de collaborer avec Leonard Bernstein[3] mais aussi d'accompagner sur scène John Cage et Laurie Anderson[3].

En 1966, il produit avec Jean-Jacques Perrey chez Vanguard, organisateur en 1964 de leur rencontre, Le Son actuel de l'avant garde (en), dans lequel les deux amis abusent de l'ondioline et de l'échantillonnage[3] sur des thèmes tirés de la musique classique ou contemporaine, Tchaïkovski, Ponchielli, Badale, voire Allan Sherman... Le titre qui ouvre l'album, Objet volant non identifié, sera repris pendant des décennies par plusieurs émissions de télévision. Gershon Kingsley fait l'orchestration de quinze des Chants Populaires Français de Joseph Canteloube et dirige l'orchestre lors de leur enregistrement à Vienne par la soprane Natania Davrat.

La popularisation de la musique de synthèse (1967-1973)[modifier | modifier le code]

Gershon Kingsley rend visite à Robert Moog, qui lui présente son Moog, et le duo Perrey et Kingsley (en) sort 1967 Vibrations kaléidoscopiques (en), qui contient des compositions originales et des réinterprétions telles que Les Parapluies de Cherbourg de Michel Legrand. Les titres Les Sauveurs et Baroque Hoedown (en) (l'hoedown est une danse country) seront longtemps repris, le second exploité de multiples façons par le groupe Disney.

L'année suivante, Gershon Kingsley réalise seul un disque intitulé Music to Moog By[3], qui sort en 1969. Au milieu de reprises des Beatles, de Beethoven et de Simon and Garfunkel, on y entend une première version de Popcorn, courte[3], mais l'œuvre n'a alors par autant de succès que le Switched-On Bach de Walter Carlo[3].

Son ami Herb Wasserman, un amateur juriste de son métier, lui suggère d'associer plusieurs Moogs[3]. Le projet séduit un imprésario en vue, Sol Hurok, et le Premier quartette Moog (en) est donné à Carnegie Hall le 30 janvier 1970[3]. C'est le premier spectacle donné sur une musique de synthèse. Il comporte danseurs, projections de films abstraits et musique d'ailleurs.

Malgré la critique assassine du New York Times, Arthur Fiedler, chef d'orchestre du Boston Pops (en), lui commande une composition de synthèse pour orchestre symphonique. La première de Concerto Moogo donnée en 1971 au Salle symphonique de Boston (en), est diffusée par la télévision sur tout le territoire des États Unis.

Sol Hurok organise une tournée aux États Unis et en Allemagne. Parmi les compositions originales de Kingsley, auxquelles celui ci mêle des paroles tirées de poètes de la Beat Generation, les quatre musiciens remportent à chaque fois un succès avec le joyeux Popcorn[3].

En 1972, Stan Free (en), musicien du Premier quartette Moog (en) passé au groupe Hot Butter, lui propose d'en faire une version longue, la plus connue[3]. En 1973, Jean-Michel Jarre en produit une encore plus développée[3]. Il en existe aujourd'hui quelque cinq cents versions[3]. Le succès commercial permet à Gershon Kingsley d'inscrire sa fille à l'université[4].

Kingsley Sound Inc. (1974-2017)[modifier | modifier le code]

Poussé par sa maison de disques, Gershon Kingsley tente de rééditer son exploit commercial[3]. Si Sauerkraut a un petit succès en Allemagne, Crakers-Jacks ne surpassera pas Popcorn et sa légèreté ludique[3].

Il fonde la Kingsley Sound Inc., s'installe à Munich et travaille pour le cinéma pornographique ou d'horreur de série B, la télévision et la publicité. Il passe au Fairlight CMI et au synclavier avec lesquels il produit une musique New age et écrit des musiques de générique pour la ZDF.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Orchestration et arrangements[modifier | modifier le code]

  • Ernest in Love, Gramercy Arts Theatre, première le 4 mai 1960.
  • King of the Whole Damn World, Jan Hus Playhouse, 14 avril 1962.
  • Put It in Writing, Lucille Lortel Theatre, 13 mai 1963.
Tient en outre la partie piano.
  • Hotel Passionato, East 74th Street Theatre, 22 octobre 1965.
  • Great Scot!, Theatre Four, 10 novembre 1965.
  • Hooray! It's a Glorious Day...and all that, Theatre Four, 9 mars 1966.

Direction musicale[modifier | modifier le code]

  • The Entertainer, Royale Theatre, 12 février 1958 - 10 mai 1958.
  • Vintage '60, Brooks Atkinson Theatre, 12 septembre 1960 - 17 septembre 1960.
  • La Plume de ma tante, Royale Theatre, 11 novembre 1958 - 17 décembre 1960.
  • Fly Blackbird, Mayfair Theatre, 5 février 1962.
  • Josephine Baker, Brooks Atkinson Theatre, 4 février 1964 - 16 février 1964.
  • Cafe Crown, Martin Beck Theatre, 17 avril 1964 - 18 avril 1964.
  • The Cradle Will Rock, Theatre Four, 8 novembre 1964.
  • Hotel Passionato, East 74th Street Theatre, 22 octobre 1965.
  • I'm Solomon, Mark Hellinger Theatre, 23 avril 1968 - 27 avril 1968.
  • Premier quartette Moog (en), tournée des universités américaines et en Allemagne, 1970.

Acteur de comédie musicale[modifier | modifier le code]

  • Le clerc dans The Cradle Will Rock, Theatre Four, première le 8 novembre 1964.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1970 : Ha-Timhoni de Dan Wolman
  • 1972 : Night of the dark full moon de Theodore Gershuny
  • 1973 : Sugar cookies de Theodore Gershuny
  • 1979 : Sam's song de Jordan Leondopoulos

Œuvre composé[modifier | modifier le code]

Cantates[modifier | modifier le code]

  • A Prophet's Song of Love
  • What Is Man?
  • Shabbat for Today
  • They Never Had the Chance to Live
  • Simcha
  • The Fifth Cup
  • Friday of Thanksgiving
  • Shepherd Me, Lord.
  • Selma

Illustrations sonores les plus célèbres[modifier | modifier le code]

Musiques d'ambiance[modifier | modifier le code]

  • Much Silence
  • Sanctuary
  • Anima

Opéras et musiques de scènes[modifier | modifier le code]

Anthologie discographique[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bruce Eder, « Gershon Kingsley biography », AllMusic.
  2. a, b, c, d et e D. Graham, « Pop pioneer hails Germany despite Holocaust misery », Reuters, 19 avril 2010.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r O. de Plas, « Pop corn », in Le Monde, Paris, 21 mai 2005.
  4. a et b J. Lanza, Elevator Music : A Surreal History of Muzak, Easy-Listening, and Other Moodsong Paperback, p. 126 & sq., août 1995.
  5. « 1959 Tony Award Winners », BroadwayWorld.com.
  6. « WeImprovise! », weimprovise.com.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque nationale de France (données) • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat