Religions et croyances au Sénégal

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Mar Lodj : trois arbres entrelacés symbolisent les trois grandes croyances de l'île

Religions et croyances au Sénégal occupent une place importante dans la culture et la vie quotidienne du pays. Le Sénégal est un pays où croyances et traditions se mêlent à la modernité.

La population sénégalaise est très majoritairement musulmane (94 %)[1]. Les chrétiens, principalement catholiques, représentent 5 %. Les croyances traditionnelles sont créditées de 1 %, mais sont aussi souvent pratiquées par les croyants d'autres religions.

Le pays est réputé pour sa tolérance religieuse[2].

Religions[modifier | modifier le code]

Islam[modifier | modifier le code]

Grande Mosquée de la Divinité de Ouakam

Le Sénégal est composé à plus de 94 % de musulmans et cette population pratique un Islam Sunnite basé sur la théologie Ash'arite, la jurisprudence Malikite et le Soufisme, représenté au Sénégal par les confréries suivantes : la tijaniya, le mouridisme, la qadiriyya et le layénisme. Plus récemment, le mouvement NabyAllah a émergé et construit la Mosquée de la Divinité à Ouakam (voir photo ci-contre).

  • Les layènes sont une confrérie musulmane basée sur le mahdisme. C'est l'une des confréries du Sénégal et est originaire de Yoff, village lébou devenu l'une des communes d'arrondissement de Dakar. Le fondateur est Seydina Limamou Laye. Il a commencé sa prédication le 24 mai 1883, à l'âge de 40 ans, se présentant comme l'imam des « Bien Guidés » ou « imamoul Mahdi ». il a enseigné et a prêché la droiture et un culte religieux « propre et sincère », débarrassé des traditions qu'il jugeait non conformes à l'islam.
  • Le tijanisme (Tarîqah Tijâniyyah) est la plus importante confrérie soufi du Sénégal. Au Sénégal, la tijaniya a pour principale ville sainte Tivaouane où élut domicile le guide Seydi Hadji Malick Sy, décédé en 1922, qui répandit un enseignement pacifiste.Il y a aussi Thiès, où le guide Elhadji Ahmadou Barro Ndieguene (1825-1936) a éclairé les ténèbres qui enveloppaient cette cité qui était jadis, le lieu de rencontre des débauchés, des consommateurs de boissons enivrantes. À la suite de son excellent exemple de piété, de pacifiste et de dévotion, il transforma ces derniers en de grands hommes de Dieu. Il y a Sokone Avec El Hadji Amadou Déme (1895-1973). Kaolack est aussi une ville importante car étant le siège du guide Baye Niass (1900-1975) qui répandit lui aussi un enseignement pacifiste. Les premiers propagateurs était Oumar Tall qui essaya de mener une guerre sainte (1852-1864) contre les Français et Mouhammadoul Hâmet BA, qui se déclara par la suite comme étant le Mahdi attendu et dont Cheikh Tidiane Cherif disait qu'il serait son disciple, il reçut son initiation à la tariqa, en même temps que Oumar Tall qui était son condisciple et gendre, des mains de Abdoul Karim Diallo, ceci vers 1820. À sa disparition, son fils aîné Cheikhou Ahmadou BA engagea la guerre sainte, plus de vingt batailles contre le colon et les ceddos qui imposaient leurs puissances aux baadolo, il fit appel à Ahmadou Ndack Seck, d'origine cherifienne comme lui. Celui-ci fonde Thienaba Seck en 1882, après la guerre sainte Ils opposèrent une résistance jamais vue au colon jusqu'à la bataille de Samba Sadio le 11 février 1875, où ils furent vaincus par une coalition composée des français, de Lat Dior, d'Alboury et d'autres rois ceddos. D'après le dernier recensement général de la population sénégalaise (en 2002), les adeptes tijanes constituent environ 60 % des Sénégalais, donc la confrérie la plus représentée dans le pays.
  • Les mourides constituent l'une des confréries importantes, la plus importante confrérie soufie née en Afrique subsaharienne. Le centre religieux des mourides est Touba où se trouve l'une des plus grandes mosquée d'Afrique. Le fondateur de la confrérie est le marabout Ahmadou Bamba (1853 - 19 juillet 1927). Le pouvoir colonial français lui créa moult problèmes. Chaque année, les mourides commémorent l'exil de Bamba : c'est le Magal, célébré dans la ville sainte Touba et qui rassemble chaque année pas moins de 2 millions de pèlerins. Les mourides constituent environ 28 % de la population sénégalaise.
  • Les xaadir (qadiriyya), confrérie soufie la plus ancienne fondée par le mystique soufi Abd al Qadir al-Jilani au XIIe siècle, aujourd'hui panislamique, atteint le Sénégal au cours du XVIIIe siècle. Les xaadir sont environ 6 % au Sénégal.
  • Le mouvement Naby Allah naît à la suite de l'appel du 6 mars 1977 de Mohamed Seni Gueye dit « Sangabi ». Au-delà des appartenances confrériques, il vise à régénérer un Islam de paix dans la société démocratique moderne.

Christianisme[modifier | modifier le code]

L'église de Fadiouth

Autres croyances[modifier | modifier le code]

  • Les animistes sont respectés car ils détiennent des connaissances ancestrales très fortes. Les Sénégalais pratiquent plus ou moins ces anciennes croyances par de petits remerciements ou demandes de protection en versant de l'eau, du lait au pied d'un arbre ou plus souvent au pied d'un baobab, surnommés « la maison des esprits ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source CIA World Factbook, rubrique People/Religions [1]. Les mêmes chiffres sont donnés par le site officiel du gouvernement sénégalais [2]
  2. La tolérance religieuse, reflet de l'aspiration d'une nation à la démocratie : dans la vie et l'œuvre de quatre auteurs sénégalais : Birago Diop, Cheikh Anta Diop, Léopold S. Senghor, Abdoulaye Sadje, Fondation Konrad Adenauer, 2007, 65 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Islam[modifier | modifier le code]

Intérieur de la Grande Mosquée de Touba
Confréries 
Confréries soufies - Confréries musulmanes en Afrique de l'Ouest - Mouridisme - Layène - Qadiriyya - Tidjane.
Mouvement religieux 
Naby Allah (inconnu)- Safiinatoul Foukharaa ilal laah
Lieux 
Grande Mosquée de Dakar - Grande Mosquée de Tivaoune - Mosquée de la Divinité - Grande Mosquée de Touba
Personnalités 
Oumar Tall - Elhadji Ahmadou Barro Ndieguene -Baye Niass - Ahmadou Bamba - Mamadou Saidou Ba - Malick Sy - Abbas Sall - Elhadji Mouhamed Ndieguene -Khaly Amar Fall - Bunama Kunta - Mohamed Gorgui Seyni Gueye
Éducation 
Daara créés par cheikh Ahmadou Bamba

Christianisme[modifier | modifier le code]

Abbaye de Keur Moussa
Organisation 
Archidiocèse de Dakar - Diocèse de Kaolack - Diocèse de Kolda - Diocèse de Saint-Louis du Sénégal - Diocèse de Tambacounda - Diocèse de Thiès - Diocèse de Ziguinchor - Église protestante du Sénégal
Lieux 
Cathédrale de Dakar - Cathédrale de Saint-Louis du Sénégal - Abbaye de Keur Moussa - Keur Guilaye - Popenguine - Église Saint-Charles-Borromée (Gorée)
Personnalités 
Hyacinthe Thiandoum - Théodore-Adrien Sarr - Prosper Dodds - Anne-Marie Javouhey - David Boilat - Arsène Fridoil - Daniel Brottier

Religions traditionnelles[modifier | modifier le code]

Transe dans une rue de Kaolack en 1967

Autres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Généralités[modifier | modifier le code]

  • (en) T. Falola et B. Adediran (sous la direction de), Islam and Christianity in West Africa, Ile-Ife, The University of Ife Press, 1983, 137 p.
  • (en) Peter A. Mark, A Cultural, Economic and Religious History of the Basse Casamance since 1500, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, Wiesbaden, 1985, XII-136 p. (Thèse)
  • (fr) Michèle Baginski, L'imagerie religieuse au Sénégal, Université des Sciences humaines, Strasbourg, 1982, 186 p. (Thèse de 3e cycle)
  • Seydou Nourou Sall, Religions et presse au Sénégal : débat sur la laïcité, Université Michel de Montaigne-Bordeaux III, 2009, 431 p. (Thèse de doctorat de Sciences de l'information et de la communication)

Islam[modifier | modifier le code]

  • (de) Hanspeter Mattes, Die islamistische Bewegung des Senegal zwischen Autonomie und Aussenorientierung : am Beispiel der islamistischen Presse "Études Islamiques" und "Wal Fadjri", Hambourg, Ed. Wuqûf, 1989, 103 p. (ISBN 3-924577-07-2)
  • (de) Roman Loimeier, Säkularer Staat und islamische Gesellschaft : die Beziehungen zwischen Staat, Sufi-Bruderschaften und islamischer Reformbewegung in Senegal im 20. Jahrhundert, Münster, Hambourg, Londres, 2001, 479 p. (ISBN 3-8258-5039-0) (d'après un travail universitaire soutenu à Bayreuth en 2000)
  • (en) Mamadou Diouf et Mara A. Leichtman (dir.), New perspectives on Islam in Senegal : conversion, migration, wealth, power, and femininity, Palgrave Macmillan, New York, 2009, 285 p. (ISBN 978-0-230-60648-7)
  • (en) T. Hunter, The development of an Islamic tradition of learning among the Jahanke of West Africa, Chicago, University of Chicago, 1978 (thèse)
  • (en) Martin A. Klein, Islam and Imperialism in Senegal, Sine-Saloum, 1847-1914, Stanford University Press et Edimbourg, 1968, XVIII + 285 p.
  • (en) Frances Anne Leary, Islam, Politics and Colonialism. A political History of Islam in the Casamance Region of Senegal (1850-1914), Evanston, Northwestern University, 1969, XIII + 281 p. (thèse)
  • (en) Leonardo Alfonso Villalon, Islamic Society and State Power in Senegal: Disciples and Citizens in Fatick, Cambridge University Press, 2006 (nouvelle édition), 359 p. (ISBN 0521032326)
  • Omar Ba, Le rôle des chefs islamiques dans le développement de la culture araboislamique dans le bassin du fleuve Sénégal, Paris, Université de Paris IV, 1986 (thèse de 3e cycle)
  • Catherine Camus, Iconographie Islamique au Sénégal, Paris, Université de Paris VII, 1983, 100 p. (mémoire de maîtrise)
  • Christian Coulon, Pouvoir maraboutique et pouvoir politique au Sénégal, Paris, Université de Paris, 1976, 2 vol. 594 p. (Thèse d’Etat, remaniée et publiée en 1981 sous le titre Le marabout et le prince. Islam et pouvoir au Sénégal, Paris, Pedone, XII-317 p.)
  • Sidi Mouhamed Diop Sall, Muhammad SacTdu Ba et son expérience religieuse à Madina Gounasse, Dakar, Université de Dakar, 1984, 121 p. (mémoire de maîtrise)
  • Mamadou Lamine Gassama, Tradition musulmane et société sénégalaise. Analyse anthropologique, Dakar, Université de Dakar, 1984, 101 p. (mémoire de maîtrise)
  • El Hadj Rawane Mbaye, Contribution à l’étude de l’islam au Sénégal, Dakar, Université de Dakar, 1973, IV+210 p. (mémoire de maîtrise)
  • Mohamed Chams Eddine Ndoye, Maures et Sénégalais vus à travers l’Islam, Dakar, Université de Dakar, 1973, 106 p. (mémoire de maîtrise)
  • Mbaye El Hadj Rawane, L’Islam au Sénégal, Dakar, Université de Dakar, 1976, 634 p. (thèse de 3e cycle)
  • Toba Haidara Diagne, Contribution à l’étude de l’Islam au Sénégal : la confrérie Kuntiyu de Njaasaan. 1884-1914, Dakar, Université de Dakar, 1985, 98 p. (mémoire de maîtrise)
  • Sékou Sagna, L’Islam et la pénétration coloniale en Casamance, Dakar, Université de Dakar, 1983, 346 p. (thèse de 3e cycle)
  • Yankhoba Sène, L’islam et le Walaf au Sénégal, Dakar, Université de Dakar, 1972, 105 p. (mémoire de maîtrise)
  • Mahamet Timéra, Religion et vie sociale : le renouveau islamique au Sénégal, Dakar, Université de Dakar, 1985, 100 p. (mémoire de maîtrise)

Christianisme[modifier | modifier le code]

  • (en) P. B. Clarke, West Africa and Christianity, Londres, Edward Arnold Ltd, 1986, 271 p.
  • Joseph Roger de Benoist, Histoire de l'Église catholique au Sénégal : Du milieu du XVe siècle à l'aube du troisième millénaire, Karthala, Paris, 2008 (ISBN 2845868855)
  • Michel Dione, Le problème des missions catholiques en Basse Casamance de 1886 à 1930, Dakar, Université de Dakar, 1981, 107 p. (mémoire de maîtrise)
  • Michel Dione, Le Christianisme au Sénégal, des origines à l’Indépendance, Dakar, Université de Dakar, 1982, 23 p. (Diplôme d’Études Approfondies)
  • J. Faure, Histoire des missions et églises protestantes en Afrique occidentale des origines à 1884, Yaoundé, Éditions Clé, 1978, 363 p.
  • Diégane Sène, L’Église de Mission en Pays Sérère du Sine-Saloum et du Baol (1850-1914), Lyon, Université de Lyon III, 1986, 213 p. (mémoire de maîtrise)
  • Michèle Baginsky Strobel, L’imagerie religieuse au Sénégal, Strasbourg, Institut d’Ethnologie, 1982, 186 p. + illustrations (thèse de 3e cycle)
  • Gérard Roche, La société des missions évangéliques de Paris au Sénégal de 1863 à 1883, Paris, Université de Paris VII, 1981, 40 p. (Diplôme d’Études Approfondies)
  • Roche Gérard, La société des missions évangéliques de Paris au Sénégal de 1863 à 1914. Une expérience sans lendemain, Paris, Univ. de Paris VII, 1984, 312 p. + XXXV p. (thèse de 3e cycle)
  • Jacqueline Trincaz, Colonisations et religions en Afrique noire. L’exemple de Ziguinchor, Paris, L’Harmattan, 1981, VIII + 360 p. (thèse de 3e cycle publiée)

Croyances traditionnelles[modifier | modifier le code]

  • Marguerite Dupire, « Les "tombes de chiens" : mythologies de la mort en pays Serer (Sénégal) », Journal of Religion in Africa, 1985, vol. 15, fasc. 3, p. 201-215

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Njangaan, documentaire de Mahama Johnson Traoré, Médiathèque des Trois Mondes, Paris, 1975, 100' (DVD + livret)

Liens externes[modifier | modifier le code]