Royaume de Galam

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Le royaume de Galam est situé au nord-est du Sénégal

Le royaume de Galam (ou Gadjaga, Gajaaga, Gadiaga) est un ancien royaume du Sénégal, joignant celui des Foules (ou Peuls), à l'ouest et des Mandingues au sud. Il finit au Rocher Felou, les Chutes du Félou, où commencent les terres non explorées. Il est gouverné par une monarchie héréditaire (le plus proche parent du côté des femmes succède au roi défunt).

Histoire[modifier | modifier le code]

Galam signifie jaguar[réf. nécessaire]. Certains dieux ou peuples portaient le nom de galam suivis d'un autre mot.

Le royaume du Galam a été fondé par des Sarakhollés (ou Serracollets ou Soninkés) venant du Kaarta, qui se sont installés dans la région et ont créé ce royaume sans avoir eu à lutter.

Ces Soninkés portait portaient le nom de famille Bakiri[1], (Bathily) ces Bakiri allaient constituer la dynastie régnante.

Le roi du Galam portait le titre de tounka (roi en sarakhollé). Le royaume vivait du commerce. Le Galam était l'un des royaumes qui pratiquaient le plus le commerce. Il exploitait l'or – les mines d'or du Falémé –, vivait d'agriculture et de la vente d'esclaves.

Le Galam dut souvent se battre contre le puissant royaume bambara du Kaarta, puis contre le conquérant toucouleur El Hadj Omar Tall.

Au XIXe siècle le Galam allait connaître une longue période d'anarchie qui allait le conduire à sa perte au moment de la colonisation française. À l'origine les colons français installés au Galam payaient tribut au tounka. Mais dans la famille régnante des Bakiri la façon dont les colons payaient le tounka, notamment pour traverser le fleuve Sénégal qui traverse le Galam, a commencé à attiser des conflits, ce qui amena la guerre civile au Galam. Après la guerre, le Galam fut partagé en deux : l'État du Goye dont le chef résidait à Tuabo, et l'État du Kaméra résidait makhana, dominé par les fils du chef, du nom de Bakiri Samba-Yacine. L'État du Goye, plus proche du Fouta-Toro, prit parti pour la guerre sainte que menait le Toucouleur El Hadj Omar Tall au Soudan occidental, tandis que l'État du Kaméra prit parti pour le royaume bambara du Kaarta. Le royaume étant complètement divisé, les colons en profiteront pour annexer le royaume du Galam à la fin du XIXe siècle.

Population[modifier | modifier le code]

Un griot du Galam (planche de 1846)

Le royaume a toujours été musulman, mais de façon très superficielle. Seule la noblesse était islamisée, le reste de la population était demeurée païenne, mais par la suite tout le royaume fut islamisé, avec El Hadj Omar et également le grand conquérant musulman, Mamadou Lamine Dramé, grand résistant contre la colonisation.

Diverses ethnies habitaient le Galam, les Sarakhollés, les Peulhs,les Toucouleurs, les Bambaras, les Sossés, les Wolofs et les Maures.

Au Galam la population était très concentrée sur les abords du fleuve Sénégal. La ville de Bakel est située sur l'ancien royaume du Galam.

Le fort Saint-Joseph de Galam (1698-1789)[modifier | modifier le code]

À Saint-Louis du Sénégal tout le monde connaît l’histoire de ce fort et la fin tragique de ses occupants.

Le fort Saint-Joseph de Galam a été bâti une première fois en 1698, par M. de la Brue, explorateur et commissaire au bord du fleuve Sénégal, dans une région aux habitants réputés paisibles. Même si André Charles de Lajaille les verra perfides et cruels

Emplacement du fort à proximité de la rivière (in Nouvelle relation de l'Afrique occidentale de Jean-Baptiste Labat, 1728)
  • Le fleuve en crue l’a emporté en 1701.
  • Le deuxième fort Saint-Joseph est construit sur une petite élévation, mais en décembre 1702, les employés de la compagnie doivent se sauver de nuit sur des embarcations, en faisant sauter les munitions et en brûlant les marchandises, pourchassés par les noirs.
  • Un troisième fort est construit à nouveau par La Brue en 1714.
  • En 1722, le commissaire est tué et les paisibles Serracollets attaquent les autres employés.
  • On envisage alors d’en bâtir un autre sur une île. Le fort est abandonné à nouveau jusqu'en 1730.
  • Un chirurgien du fort est massacré par les noirs.(1736)
  • Ayuba Suleiman Diallo est enfermé au fort. Il sera libéré grâce à la mobilisation des marabouts de Dramanet et du Boundou qui .(1736)
  • Onze ans après, David, directeur-général de la compagnie du Sénégal fait construire une maison pour le futur commandant et restaurer le fort. La Brue revient.
  • Après lui un certain Aussenac réussit à gouverner jusqu'en 1758.
  • Mais, le gouverneur anglais chargé de le remplacer meurt des fièvres rapidement.
  • Le fort est inoccupé jusqu'en 1786 et l'arrivée de Rubault. Sa mort rapide et les actions de vandalisme contre le fort et la maison du Gouverneur les rendent indéfendable et inhabitable.
Le plan du fort

Ne nous y trompons pas sur le mot fort, il s'agit d'un emplacement de forme carré avec 4 quatre petits bastions et le nouveau commandant envoyé par Pierre André de Suffren, Benoît de Rambaud, doit recréer d'autres comptoirs fortifiés, établis à Kaignou près du rocher Felow, et sur la Félémé, qui ressortissaient au commandement de Galam[2]. Un courrier de Rubaud à Durand, l'ancien directeur de la Compagnie au Sénégal écrit quelques mois avant l’attaque et le saccage précise que le fort est entièrement détruit, la maison que j'occupe est mauvaise. Il faut réédifier l'un et réparer l'autre. Les habitants pendant huit jours recherchent la dépouille du malheureux prédécesseur de Rubaud.

Tentative d'établissement d'un protectorat dès 1787[modifier | modifier le code]

Benoît de Rambaud (1787)

En 1787, l'idée de la Compagnie du Sénégal est de redévelopper l'activité du fort Saint-Joseph ce comptoir commercial au Galam, pour mieux organiser la traite des nègres et celle de la gomme, les deux objets principaux qui forment le commerce du Sénégal[3]. [1], le nouveau commandant de la troupe du Sénégal, doit aussi établir une sorte de protectorat sur le royaume de Galam. Le but est de créer une base d'où partiraient des expéditions vers le centre de l'Afrique. La région 70 milles après Galam est inconnue des Européens[4] et les cartes de la région du fort de Podor à celui de Galam bien incomplètes. Goldbéry, par exemple, parle de 240 lieues au lieu de 350 dans la réalité pour aller de Saint-Louis à Galam. Le but est aussi de pacifier les Maures et faire des princes nègres des royaumes voisins des alliés de la France. La compagnie lui demande au gouverneur d’exploiter en grand les mines du pays de Bambouk[5]. Mais elle ne donne pas à Rambaud les moyens pour réaliser ses objectifs[6]. En 1787, ce commandant de la troupe du Sénégal, Benoît de Rambaud, mari d'Agathe de Rambaud, et les Français qui l'accompagnent meurent sur le fleuve ou à l'hôpital de Saint-Louis en allant au fort Saint-Joseph de Galam.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour ce paragraphe, voir le récit de Faidherbe, Notice sur la colonie du Sénégal et sur les pays qui sont en relation avec elle, Paris, A. Bertrand, 1859, p. 49-50
  2. Hume, David (1711-1776), Histoire d'Angleterre, Tome douzième
  3. Xavier de Golbéry, Fragmens d'un voyage en Afrique pendant les années 1785, 1786 et 1787
  4. L’expédition de la Brue en 1698 n’est pas allée plus loin
  5. Soudan occidental
  6. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, p. 41

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Abdoulaye Bathily, Imperialism and colonial expansion in Senegal in the nineteenth century. With particular reference to the economic, social and political developments of the kingdom of Gadiaga (Galam), Birmingham, Center of West African Studies, 1975, 517 p. (Thèse)
  • (fr) Abdoulaye Bathily, Guerriers, tributaires et marchands. Le Gajaaga (ou Galam) le “Pays de l’or”. Le développement et la régression d’une formation économique et sociale sénégalaise (VIIIe- XIVe siècle), Dakar, Université de Dakar, 1985, 3 vol. : 358 p. + 371 p. + 228 p. (Thèse d’État)
  • (fr) Abdoulaye Bathily, Les Portes de l'Or. Le royaume de Galam (Sénégal) de l'ère musulmane au temps de négriers (VIIIe-XVIIIe siècle)
  • (fr) Monique Chastanet, L’État du Gajaga de 1818 à 1858 face à l’expansion coloniale française au Sénégal, Paris, Université de Paris I, 1976, LXX-233 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) Abdou Karim Tandjigora, Évolution économique du cercle de Bakel (1918-1946) , Université de Poitiers, 2001, 130 p. (Mémoire de DEA)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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