Boundou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Localisation du Boundou sur une carte de 1889

Le Boundoµµu (également Bondou[1], Bondu et Bundu) est une région du Sénégal oriental qui a joué un rôle significatif dans l'histoire de l'Afrique de l'Ouest.

Histoire[modifier | modifier le code]

« Boubakar-Saada, roi du Bondou » (1889)

La fondation du royaume toucouleur du Boundou remonte au milieu du XVIIe siècle. C'est le marabout Torodo, Malick Sy Daouda, qui crée cet État islamique, qui fait frontière avec les royaumes du Djolof, le Fouta-Toro, le Galam, le Bambouk. Suite à une tentative de prise du pouvoir au Fouta-Toro où la grande dynastie Ceddo des Denianke règne, Malick Sy y échoue et est obligé de fuir la région. C'est ainsi qu'il arrive dans la région où il allait plus tard créer l'État du Boundou. Il doit d'abord lutter contre le Djolof qui contrôle la région ainsi qu'avec les Malinkés qui, eux aussi, avaient une influence sur la région bordant les royaumes malinkés du Wouli et du Bambouk.

après avoir remporté des victoires militaires, il crée l'État musulman du Boundou. À son apogée, le Boundou fit sentir son influence jusqu'au États soninkés du Galam et du sud de la Mauritanie et au Guidimakha, une province de l'État soninké du Diarra.

L'économie est centrée, comme dans les royaumes frontaliers, sur le commerce de la gomme arabique, mais aussi et surtout sur l'élevage et l'agriculture. La région est particulièrement fertile.

Ibrahim Diallo, le grand-père du célèbre imam Peul Ayuba Souleiman Diallo, qui avait fondé un village au Bondou avec l'autorisation du roi du Fouta-Toro, avait décrété que "tous ceux qui viendraient se réfugier ici seraient protégés de l'esclavage, ce privilège n'étant toutefois réservé qu'à ceux qui savent lire et reconnaissent le nom de Dieu"[2], c'est-à-dire les musulmans.

Les Almamys du Boundou ont souvent lutté contre la traite atlantique. Plusieurs caravanes d'esclaves en provenance de la Côte-de-l'Or ou du golfe de Guinée, passèrent clandestinement dans la région. La population du Boundou est variée du point de vue ethnique : Wolofs, Peuls, Toucouleurs, Malinkés, Diakhanké et les groupes Tenda cohabitaient en paix. Très vite le Boundou a été convoité par les Européens lors de la colonisation, car la région est un point stratégique pour l'accès aux mines d'or du Falémé et du Bouré, et considérée comme un grenier à cause de son agriculture florissante. La France coloniale parvient à dominer le Boundou à grand-peine à la fin du XIXe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Caillié, Voyage à Tombouctou, 1830
  2. Thomas Bluett, Some memories of the life of Job, the son of Solomon..., , p. Il avait décrété que tous ceux qui viendraient se réfugier ici seraient protégés de l'esclavage. Ce privilège qui est toujours en vigueur aujourd'hui [1735 ndt] n'est réservé toutefois qu'à ceux qui savent lire et reconnaissent le nom de Dieu

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Femmes toucouleures du Boundou (gravure de 1890)
Un griot du roi du Boundou (1890)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew F. Clark, « The Fulbe of Bundu (Senegambia): From Theocracy to Secularization », The International Journal of African Historical Studies, 1996, vol. 29, n° 1, p. 1-23
  • (en) Michael A. Gomez, Malik Sy, Bokar Saada and the Almaamate of Bundu, Chicago, University of Chicago, 1985, VIII-484 p. (Thèse)
  • (en) Michael A. Gomez, « Bundu in the Eighteenth Century », The International Journal of African Historical Studies, 1987, vol. 20, n° 1, p. 61-73
  • (en) Michael A. Gomez, Pragmatism in the age of Jihad: the precolonial state of Bundu, Cambridge University Press, Cambridge, 1992. (ISBN 0521419409)
  • (en) P. D. Curtin, « The Uses of Oral Tradition in Senegambia: Maalik Sii and the Foundation of Bundu », Cahiers d'études africaines, 1975, vol. 15, n° 2, p. 189-202
  • Sékhou Diagne, Le Bundu des origines au protectorat français de 1858, Dakar, Université de Dakar, 1976, 154 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Sékhou Diagne, Bokar Saada. Almaami du Bundu (1854-1885). Résistant ou collaborateur ?, Dakar, Université de Dakar, 1985, 51 p. (Diplôme d’Etudes Approfondies)
  • Barry Mamadou Moctar, Boubacar Saada. Almamy du Boundou. 1857-1885. Dakar, Université de Dakar, 1975, 160 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • A. Rancon, « Le Bondou : étude de géographie et d'histoire soudaniennes », Bulletin de la Société de géographie commerciale de Bordeaux, n° 17, 1894
  • Abdou Karim Tandjigora, Évolution économique du cercle de Bakel (1918-1946), Université de Poitiers, 2001, 130 p. (Diplôme d'Études Approfondies)
  • J. Valenza, Étude des pâturages naturels du Ferlo Boundou (zone Matam-Kidira-Tambacounda) (République du Sénégal), Institut d'élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux : Délégation générale à la Recherche scientifique et technique, Institut sénégalais de recherches agricoles, Laboratoire national de l'élevage et de recherches vétérinaires, 1977

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :