Adansonia

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Baobab, Arbre bouteille, Adansonie

Adansonia, l'Adansonie[1], est un genre d'arbres tropicaux de la famille des Bombacaceae selon l'ancienne classification classique, ou de celle des Malvaceae selon la classification phylogénétique, communément appelés Baobab, ou parfois Arbre bouteille. Ce sont des arbres qui émergent de la savane, résistent à des chaleurs intenses, peuvent vivre très vieux et mesurer 40 m de haut. Leurs fruits, les akoussas, ou pain de singe, ont des usages alimentaires ou cosmétiques variés.

À Madagascar, on le nomme renala, ce qui signifie « mère de la forêt ».

Description[modifier | modifier le code]

Arbres adultes[modifier | modifier le code]

Ce sont des arbres caducifoliés, à gros tronc cylindrique ou conique. Leur écorce est grisâtre, tendre et parfois pourvue de quelques aiguillons coniques. Les feuilles sont digitées, longuement pétiolées, glabres ou à indument de poils en bouquets surtout à l'état jeune. Les stipules étroites ; les trois à neuf folioles sont articulées, pétiolulées ou non, entières, très rarement denticulées[2].

Plantules[modifier | modifier le code]

Les plantules sont glabres ; les cotylédons sont épanouis au-dessus du niveau du sol, opposés, entiers, plissés, foliacés[2].

Fleurs[modifier | modifier le code]

Coupe longitudinale d'une fleur de Baobab africain (Adansonia digitata). Photo prise dans la campagne Burkinabée, entre Fada N'Gourma et Ouagadougou.

Les fleurs sont grandes, axillaires, solitaires, pendantes ou dressées, à indument de poils en bouquets. Le pédicelle porte à son sommet deux bractéoles caduques. Le bouton est arrondi, obovale ou digitiforme. Le calice se divise en cinq, rarement trois, lobes, glabre à tomenteux extérieurement. Les cinq pétales sont orbiculaires, obovales ou linéaires-lancéolés, glabres à pubescents sur les deux faces. Les étamines sont soudées sur plus ou moins la moitié de leur longueur en un tube cylindrique, adné à la base de la corolle. Les anthères sont réniformes ou oblongues, à une seule thèque. Les grains de pollen sont à sexine tégillée et spinulée. L'ovaire présente cinq, dix voire quinze loges contenant plusieurs ovules. Le style est long, filiforme. Le stigmate présente cinq, dix voire quinze branches courtes, étoilées[2].

Fruits[modifier | modifier le code]

Baobab (Adansonia digitata) chargé de ses fruits au pied de la falaise de Bandiagara en pays Dogons au Mali.

Les fruits sont des capsules ligneuses, globuleuses, oblongues ou plus ou moins ovoïdes, indéhiscentes, recouvertes d'un tomentum jaune roussâtre dense et remplies d'une pulpe farineuse. Les graines y sont nombreuses, réniformes, globuleuses ou anguleuses. Le testa est dur et coriace[2].

Écologie[modifier | modifier le code]

Les Baobabs sont des arbres tropicaux adaptés à la survie des environnements possédant une saison humide très pluvieuse et une saison sèche très aride : ils perdent leurs feuilles en saison sèche et stockent de grandes quantités d'eau dans leur tronc, qui prend souvent une allure de bouteille voire dans certains cas de ballon de baudruche. Ils atteignent en moyenne une trentaine de mètres de haut (parfois 40 m) et environ 7 m de diamètre de tronc, mais parfois plus de 10 m.

Un baobab peut contenir jusqu'à 100 000 litres d'eau, qui peuvent notamment attirer des éléphants capables de percer leur écorce pour boire cette eau[3].

« L'arbre de Platland » en Afrique du Sud, aujourd'hui disparu[4], était l'un des plus gros du monde, avec un tronc de 34 m de circonférence soit 10,8 mètres de diamètre. Il avait 6 000 ans selon sa propriétaire, mais seulement 800 ans selon les dendrologues. Les spécialistes estiment que les baobabs ne vivent pas plus de 2 000 ans, cependant l'absence de stries de croissance dans leur tronc rend la datation difficile[réf. nécessaire].

Répartition[modifier | modifier le code]

Alors qu'il n'existe qu'une seule espèce pour tout le continent africain, on rencontre à Madagascar sept espèces, dont six endémiques, et trois spécifiques aux régions littorales. On trouve également une espèce endémique dans le nord-ouest de l'Australie, Adansonia gregorii[5]. Certaines espèces ont été introduites durablement en Asie du Sud[6].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Le nom scientifique du genre, Adansonia, a été dédié en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné à Michel Adanson (1727-1806), botaniste et explorateur français, qui fut le premier européen à décrire le baobab au Sénégal[7].

Le premier nom publié en 1753[8] est invalide (nom. inval.) : Linné a publié Adansonia comme un genre monotypique avec une seule espèce (Adansonia digitata), mais n'a pas fourni de description, mais a fait référence à des descriptions dans des publications antérieures, ce qui n'est acceptable selon le code de Melbourne (Art. 38.5 dernière phrase). Les noms génériques figurant dans le Species plantarum, ed. 1 (1753) de Linné sont associés à la première description ultérieure donnée sous ces noms dans Genera plantarum, ed. 5 (1754) de Linné (voir Art. 13.4). Mais Adansonia ne figure pas dans la publication de 1754[9]. Ainsi, Linné a validé le nom en 1759 dans sa dixième édition du Systema Naturae[10].

Synonymes[modifier | modifier le code]

Adansonia L. a pour synonymes[6] :

  • Baobab Adans.
  • Baobabus Kuntze
  • Ophelus Lour.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

La liste exacte des espèces du genre diffère selon les sources.

Selon GRIN (18 juillet 2022)[11] :

Selon Plants of the World online (POWO) (18 juillet 2022)[6] :

Selon la World Flora Online (WFO) (18 juillet 2022)[12] :

Selon le Catalogue of Life (18 juillet 2022)[13] :

Selon la Base de données des plantes d'Afrique (BDPA) (18 juillet 2022)[14] (attention liste brute contenant des synonymes) :

Utilisations[modifier | modifier le code]

Les feuilles, ici d'un jeune plant, peuvent être ramassées pour être cuisinées en sauce.

Partout où les Baobabs poussent, les populations locales les utilisent, pour leur écorce qui fournit du tissu, des fibres ou du cordage, pour le bois qui recrache l'eau comme une éponge quand on le presse. Les feuilles, utilisées comme fourrage, sont récoltées à l'aide d'échelons enfoncés dans le tronc, qui servent aussi à récolter du miel sauvage et les fruits, qui peuvent être médicinaux et servir à allumer le feu. Les graines sont alimentaires et fournissent de l'huile recherchée[5].

Croquis conceptuel sur les moyens de créer un réservoir d'eau pour les grands arbres afin de les aider en cas de sécheresse extrême et de changement climatique - ici un baobab comme exemple.

Les vieux Baobas à tronc creux, peuvent, après y avoir percé une porte, servir de maison, bar, cellier, fosse septique, tombe, ossuaire, prison, chapelle et salle de réunion. L'utilisation en tant que citerne est moins connue : en Afrique de l'Est, un trou est creusé à la pioche dans le bois mou en haut du tronc, ce qui ouvre une cavité atteignant jusqu'à 6 m3. Lors de la saison des pluies, la citerne se remplit d'eau. Elle est ensuite bouchée avec de la paille et de la terre. Lors de la saison sèche, les gens prélèvent l'eau du tronc à l'aide d'un robinet percé à la base. La conservation de l'eau dans le tronc vivant du Baobab peut lui donner un goût agréable de citron. Ce traitement ne tue pas l'arbre[5].

Les Baobabs (essentiellement le Baobab africain) sont parfois utilisés comme bonsaïs[réf. nécessaire].

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Souvent représentés sur les souvenirs et symboles de la grande île (avec l'arbre du voyageur).

Dans Le Petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry (1943), le jeune héros dit craindre de voir pousser un baobab sur sa minuscule planète, de peur que ses racines ne l'éclatent.

Dans Le Roi lion, le sage singe Rafiki habite un baobab.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le 18 juillet 2022
  2. a b c et d A. Robyns, « Bombacaceae », dans R. Boutique, Flore du Congo du Rwanda et du Burundi, vol. 10, Bruxelles, I.N.É.A.C., (lire en ligne), p. 191-204
  3. « Baobab », sur senegal-online.com.
  4. Futura avec l'AFP-Relaxnews, « Les plus vieux baobabs d'Afrique disparaissent de manière inquiétante », sur Futura (consulté le )
  5. a b et c Francis Hallé, Plaidoyer pour l'arbre, Actes Sud, (ISBN 2-7427-5712-0, OCLC 61700859, BNF 40053392), p. 120-121Voir et modifier les données sur Wikidata
  6. a b et c POWO. Plants of the World Online. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet; http://www.plantsoftheworldonline.org/, consulté le 18 juillet 2022
  7. Jean-Jacques Amigo, « Adanson (Michel) », dans Nouveau Dictionnaire de biographies roussillonnaises, vol. 3 Sciences de la Vie et de la Terre, Perpignan, Publications de l'olivier, , 915 p. (ISBN 9782908866506)
  8. (la) Carl von Linné, Species Plantarum, vol. 2, (lire en ligne), p. 1190
  9. IPNI. International Plant Names Index. Published on the Internet http://www.ipni.org, The Royal Botanic Gardens, Kew, Harvard University Herbaria & Libraries and Australian National Botanic Gardens., consulté le 18 juillet 2022
  10. (la) Carl von Linné, Systema Naturae, vol. 2, , 10e éd. (lire en ligne), p. 1144
  11. USDA, Agricultural Research Service, National Plant Germplasm System. Germplasm Resources Information Network (GRIN-Taxonomy). National Germplasm Resources Laboratory, Beltsville, Maryland., consulté le 18 juillet 2022
  12. WFO : World Flora Online. Published on the Internet : http://www.worldfloraonline.org., consulté le 18 juillet 2022
  13. Catalogue of Life Checklist, consulté le 18 juillet 2022
  14. Base de données des plantes d'Afrique (BDPA), consulté le 18 juillet 2022

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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