Religion au Maroc

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Selon tous les textes constitutionnels du Maroc, l'« Islam est la religion de l'État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes »[1] ; le roi, qui possède le titre d'Amir Al Mouminine (« commandeur des croyants »), « veille au respect de l'Islam »[2] ; et les dispositions constitutionnelles concernant cette religion ne peuvent être changées[3].

Histoire des religions au Maroc[modifier | modifier le code]

Religion païenne[modifier | modifier le code]

À l'époque antique, les populations berbères du Maroc ont développé une mythologie et des croyances berbères propres fortement influencées par la mythologie égyptienne et carthaginoise.

Le Maroc a également eu une présence romaine au Nord comme l'atteste le site archéologique de Volubilis.

Judaisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Juifs au Maroc.

Historiquement il y deux types de communautés juives au Maroc.

Les juifs berbères dit « autochtones » de l'Atlas donc la présence est millénaire qui vivaient dans des villes comme Taroudant, Tinghir ou Demnate et les juifs venus d'Andalousie dit « Sefaradim » et qui se sont réfugiés au Maghreb après la persecution catholique suivant la Reconquista au XVIe siècle. Ces Juifs se sont principalement installés dans des villes impériales comme Fès ou Meknès mais aussi à Debdou par exemple. Dans tous les cas, les juifs avaient un quartier dédié dans la ville appelé Mellah.

D'autres villes ont également eu un rôle important dans le développement de la communauté juive au Maroc comme Ouezzane, en tant que lieu de pèlerinage ou Essaouira comme seule ville du monde musulman ayant une majorité de population de confession juive jusqu'au XIXe siècle (environ 60% de la population).

Islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Islam au Maroc.

L'Islam au Maroc s'est imposé assez rapidement au VIIIe siècle sous le règne Omeyyades. Toutefois, il faudra attendre bien un siècle avant que l'Islam sunnite de rite malékite ne s'impose de manière majoritaire. Le Maroc se construit d'abord en opposition au sunnisme avec les mouvements kharijites ou le développement de syncrétismes avec les croyances locales comme les Berghouata dans le Tamesna. Le Maroc a également été la terre du Royaume Chiite des Bajjalis à Taroudant au XIe siècle.

Depuis, l'islam marocain (majoritairement sunnite malékite) n'a pas fondamentalement changé hormis un ancrage et une adaptation avec le temps aux particularismes sociaux marocains.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Christianisme au Maroc.

Le Maroc a connu une période chrétienne entre le début de l'ère chrétienne et 740 environ et l’avènement de l'Islam.

Par la suite, le christianisme reste très sporadique. Ibn Khaldoun (au XIVe siècle) atteste la présence de chrétiens parmi les Berbères (Garawa et Nefusa, qui sont des Zénètes).

Répartition statistique des religions au Maroc[modifier | modifier le code]

D'après une étude réalisée en 2011[4], la répartition des religions au Maroc serait la suivante :

  • Islam : 99,8 %
  • Christianisme : 0,01 %
  • Judaïsme : 0,01 %

Toutefois, ces données sont à relativiser dans le sens où il n'existe pas de libertés religieuses au Maroc et tous les marocains sont classés par défaut en tant que musulmans sunnite malékite.

Le Maroc reste néanmoins un pays fortement religieux musulman puisque selon l'institut Gallup 93% des marocains se considèrent religieux et 7% non[5].

Islam[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Islam au Maroc.

Code civil et islam officiel[modifier | modifier le code]

Le code du statut personnel (Moudawana) est le droit de la famille marocain codifié en 1958 sous le règne du roi Mohammed V. Ce code a été amendé une première fois en 1993 par Hassan II, puis révisé en février 2004 par le Parlement marocain et promulgué par le roi Mohammed VI le 10 octobre 2004. La Moudawana[6] se réfère aux « véritables desseins et finalités de l’islam généreux et tolérant ».

L'école juridique sur laquelle se fonde l'islam marocain est l'école malékite, dont l'enseignement est obligatoire dans les établissements scolaires publics. L'école théologique sur laquelle se fonde l'islam marocain est l'école acharite[7], dont l'enseignement est devenu également obligatoire dans les mosquées et les écoles primaires à la suite de la propagation du salafisme au sein du royaume du Maroc.

Mouvements minoritaires[modifier | modifier le code]

Il y a toujours eu au Maroc des mouvements musulmans minoritaires que ce soit soufi ou chiite.

Aujourd'hui et comme dans d'autres pays arabes traditionnellement sunnites, le chiisme se développe à nouveau. Il s'agit d'un courant clandestin, notamment parce qu'il s'agit d'une brèche dans la vision musulmane officielle incarné par l'islam sunnite de rite acharite/malékite. L'islam sunnite marocain, dans l'inspiration des Califes, mêle pouvoir temporel et spirituel. Dans le chiisme les deux pouvoirs sont séparés. Dans le cas du Maroc, la dynastie alaouite étant descendante de Mahomet, le chiisme ne remettrait en cause que le pouvoir temporel du Roi et non son pouvoir de commandeur des croyants.

Des articles sur le sujet apparaissent de temps en temps dans la presse marocaine, parfois sérieux, parfois présentant les chiites comme une menace pour l'islam marocain, au même titre que les chrétiens évangéliques, et dans une moindre mesure les baha'is[8].

Toutefois, les autorités sont aujourd'hui plus ouverte aux communautés chiites qu'auparavant (en atteste l'ouverture d'une fondation à Tanger[9]), préférant se concentrer sur le danger que représentent les branches sunnites radicales pour l'esprit et la culture marocaine.

Particularités sociales[modifier | modifier le code]

Les chérifiens (chorfas)[modifier | modifier le code]

Le Maroc a par le passé donné des avantages à certains chorfas (exemption de taxes, etc.).

Les chorfas ont par ailleurs également fait figure d'autorités religieuses avec les Oulémas. Fait quasi inexistant dans les autres pays sunnites (hors Maghreb), il s'agit notamment d'un héritage chiite présent depuis Idris Ier, descendant du Prophète et contestataire du pouvoir du califat abbasside.

Les confréries[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreuses confréries au Maroc dont les plus connues sont les Aïssawa, les Gharbawas, les Hamdouchias ou les Gnaouas.

Voir Confréries soufies notamment.

Les marabouts et croyances populaires[modifier | modifier le code]

Voir Marabout (islam).

Débats sociétaux[modifier | modifier le code]

Voir Islam au Maroc.

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Une synagogue à Fès.
Article détaillé : Histoire des Juifs au Maroc.

Estimation démographique[modifier | modifier le code]

Plus de 400.000 Juifs vivaient au Maroc au milieu du siècle précédent[Quand ?] soit plus de 10% de la population nationale.

Depuis la communauté juive du Maroc a émigré massivement vers Israël depuis l'indépendance avec l'appui des mouvements sionistes à l’œuvre au Maroc dès le protectorat[10] puis en recherche de main d’œuvre bon marché pour la construction du nouvel État après 1948.

Aujourd'hui on estime à environ 2 500 voire 3 000 marocains de confession juive vivant au Maroc, essentiellement dans le Grand Casablanca.

Reconnaissance sociale[modifier | modifier le code]

L'État marocain, « soucieux de préserver les droits de ses fidèles sujets de confession juive », leur applique les dispositions du « statut personnel hébraïque marocain »[6].

Il existe de nombreuses synagogues au Maroc, essentiellement en activité à Casablanca. Toutefois, les principales synagogues historique du Maroc sont la synagogue de Fès Abendanan (restaurée en 1999) et la synagogue Slat Alfassiyine (restaurée en 2013 et inauguré par le premier Ministre Benkiran[11]), le Temple Beth El à Casablanca, la synagogue Moshé Nahon à Tanger et la synagogue Salat Al Azama de Marrakech.

Les autorités ont également entrepris la restauration et la préservation des cimetières juifs afin de garder la mémoire du judaïsme marocain.

Christianisme[modifier | modifier le code]

On estime le nombre de chrétiens étrangers à 30 000 et nationaux entre 1 000 et 2 000.

Courants présents et acceptation sociale[modifier | modifier le code]

Église catholique[modifier | modifier le code]

Le catholicisme au Maroc est structuré depuis des siècles avec la présence constante au cours de l'histoire de prêtres français et espagnols.
Le Maroc se divise en deux archidiocèses : l'Archidiocèse de Rabat et l'Archidiocèse de Tanger.

Église orthodoxe[modifier | modifier le code]

L’église orthodoxe est minoritaire et ne rassemble que la minorité russe présente au Maroc.

Église protestante[modifier | modifier le code]

Également minoritaire, l’église protestante rassemble les communautés anglo-saxonnes du pays.

Mouvements évangélistes occidentaux et moyen-orientaux[modifier | modifier le code]

On a vu apparaître ces dernières années un nombre grandissant de Marocains convertis au protestantisme évangélique. Alors que les missionnaires évangéliques sont souvent pointés du doigt, bon nombre des convertis marocains le sont plutôt du fait des chaînes évangéliques et des sites Internet en arabe[12]. Ainsi, les Marocains sont, juste après les Égyptiens et les Algériens, les plus nombreux à demander des informations sur le christianisme par mail ou par téléphone[12]. Le taux officiel de chrétiens affiché par le gouvernement est très largement remis en question, soulevant de nombreuses polémiques.

Acceptation sociale[modifier | modifier le code]

La population chrétienne d'origine européenne, américaine, africaine, asiatique et moyen orientales (Liban, Égypte) est très bien acceptée. En revanche, la société a généralement du mal à accepter que des marocains abandonnent l'islam pour le christianisme. Ces communautés sont en généralement au mieux exclues socialement, sinon stigmatisées, en attestent les différentes arrestations et témoignages récents[13]. Les marocains convertis n'ont pas accès aux églises officielles qui selon le gouvernement marocain sont destinées aux personnes chrétiennes « d'origine », c'est-à-dire les étrangers.

Personnalités marocaines chrétiennes notables[modifier | modifier le code]

  • Jean Mohamed Ben Abdejlil, prêtre catholique marocain, né à Fès en 1904, décédé en 1979 à Villejuif.
  • Brother Rachid, présentateur d'une chaîne chrétienne arabe Al-Hayat (قناة الحياة), du nom de Rachid qui après sa conversion s'est fait exclure du foyer familial par ses parents dès l'âge de 17 ans. Il présente une émission du nom de daring question (سؤال جريء) , signifiant « question osée ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Art. 6 des textes constitutionnels de 1962 à 1996 : art. 3 du dernier de 2011. Cf. « Textes des constitutions de 1962 à 2011 », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le 5 février 2015)
  2. Art. 19 des textes constitutionnels de 1962 à 1996 : art. 41 du dernier de 2011. Cf. « Textes des constitutions de 1962 à 2011 », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le 5 février 2015)
  3. Art. 108 du texte constitutionnel de 1962 ; art. 100 de celui de 1970 ; art. 101 de celui de 1972 ; art. 100 de celui de 1992 ; art. 106 de celui de 1996 ; et art. 175 de celui de 2011. Cf. « Textes des constitutions de 1962 à 2011 », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le 5 février 2015)
  4. http://www.yabiladi.com/articles/details/25074/indice-mondial-diversite-religieuse-maroc.html
  5. http://www.wingia.com/web/files/news/290/file/290.pdf
  6. a et b Loi no 70-03 Portant code de la famille, promulguée le 3 février 2004
  7. http://www.habous.gov.ma
  8. B. Mokhliss & M. El Hamraoui, Chiites, Bahaïstes, Évangéliques : Les pratiques religieuses occultes au Maroc, Le Reporter, 20 février 2007
  9. http://www.yabiladi.com/articles/details/33447/religion-chiites-marocains-auront-bientot.html
  10. http://zamane.ma/fr/nahum-slousch-sioniste-non-grata/
  11. http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130213182830/
  12. a et b Aïcha Akalay et Hassan Hamdani, « Enquête. La tentation du christ », TelQuel Magazine, no 417,‎ (lire en ligne)
  13. http://www.slateafrique.com/1555/calvaire-marocains-chretiens

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]