Daniel Brottier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes (avril 2016).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références à l'aide d'appels de notes.

Daniel Brottier
Image illustrative de l'article Daniel Brottier
Daniel Brottier en 1920,
photographie de l'agence Rol,
Paris, Bibliothèque nationale de France.
bienheureux (confesseur)
Naissance
La Ferté-Saint-Cyr
Décès (à 59 ans) 
Paris
Ordre religieux Congrégation du Saint-Esprit
Vénéré à Fondation d'Auteuil ; diocèse de Paris
Béatification
par Jean-Paul II

Daniel Brottier, né à La Ferté-Saint-Cyr en Loir-et-Cher le et mort à Paris le , est un missionnaire spiritain français, ensuite nommé directeur de la fondation des orphelins apprentis d'Auteuil (par le cardinal Dubois), puis béatifié par Jean-Paul II le 25 novembre 1984.

Une vocation[modifier | modifier le code]

Ayant reçu une éducation chrétienne, Daniel Brottier s'oriente très tôt vers la religion et, après sa première communion en octobre 1887, il entre au petit séminaire de Blois. En 1889, la révélation d'une maladie dont il aura à souffrir le reste de sa vie, notamment par d'importants maux de tête, ne l'empêche pas de prendre la soutane le 8 décembre 1892. Lorsqu'il est ordonné prêtre à Blois, le 22 octobre 1899, l'évêché lui confie la charge de professeur au collège de Pontlevoy, mais, porté par sa vocation de missionnaire, il entre dans la congrégation du Saint-Esprit, dont les membres sont appelés spiritains. Il commence son noviciat à Grignon-Orly le 26 septembre 1902 et s'engage de manière temporelle le 30 septembre 1903. Il deviendra assistant général des pères du Saint-Esprit.

L'Afrique[modifier | modifier le code]

Malgré les protestations de son père — inquiet pour sa santé — auprès de sa hiérarchie, Daniel Brottier se voit nommer vicaire à la paroisse de Saint-Louis du Sénégal, où il arrive le 27 novembre 1903. Il y prononce son premier sermon à l'occasion de l'Immaculée Conception, le 8 décembre. Suite aux premières lois relatives à la laïcité, dites lois Combes, les religieux de Saint-Louis doivent céder leur place dans les écoles et les hôpitaux, le 18 juillet 1904. Afin de poursuivre sa mission, Daniel Brottier fonde entre autres un patronage, un jardin d'enfants, un comité de l'enfance, un bulletin paroissial (L'Écho de Saint-Louis), et une chorale, qui existe toujours. Il est nommé directeur du Cercle Jeanne d'Arc.

Des problèmes de santé l'obligent à rentrer en France, à bord du Chili. En janvier 1907, il revient cependant à Saint-Louis, où il fonde la fanfare Faidherbe. Ayant besoin de fonds, il se tourne vers la botanique : il laisse son nom à une mangue ; ses œuvres vendent des roses. Par ailleurs, il édite des cartes postales et imprime des livres choisis par ses soins. Il tombe de nouveau malade et s'embarque pour la France, le 19 juin 1911, à bord de l'Italie.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'aumônier Daniel Brottier en 1914-1918.

Après quelques semaines de repos en Suisse et une reconversion en moine trappiste à Lérins, que sa santé force à écourter, Daniel Brottier est nommé vicaire général, résidant en France, auprès de Mgr Jalabert, évêque de Dakar. Il a pour mission de lever les fonds nécessaires à la construction d'une cathédrale à Dakar, cathédrale dite du Souvenir africain, en mémoire des aventuriers et des militaires qui ont œuvré en Afrique.

Lorsque la guerre éclate, et bien qu'il soit exempté, Daniel Brottier se porte volontaire comme aumônier militaire. Il est rattaché au 26e division d'infanterie (France) le 26 août 1914 et œuvrera en Lorraine, dans la Somme, à Verdun et dans les Flandres.

Il passe l'intégralité de la guerre en première ligne sans pourtant jamais être blessé, un « miracle » qu'il attribue à sainte Thérèse de Lisieux. Cité cinq fois à l'ordre de l'Armée, dont la dernière le 29 juin 1918, il aura l'occasion de proposer à Clemenceau de fonder l'Union nationale des Combattants (« Unis comme au front ») après la guerre. Il est promu officier de la Légion d'honneur et a reçu la croix de guerre.

Les orphelins apprentis d'Auteuil[modifier | modifier le code]

Plaque apposée sur la maison de la Fondation d'Auteuil, no 42 rue Jean-de-La-Fontaine, Paris 16e, en mémoire de Daniel Brottier.
Article détaillé : Fondation d'Auteuil.

En 1923, lorsque la congrégation du Saint-Esprit est sollicitée pour prendre la direction de la fondation des orphelins apprentis d'Auteuil, c'est vers lui que l'on se tourne pour administrer cette institution comptant alors soixante dix enfants et criblée de dettes. Il commence par lancer une souscription afin de fonder un sanctuaire dédié à sainte Thérèse de Lisieux. Grâce aux nombreuses publications qu’il fait paraître, à son activité épistolaire efficace auprès de bienfaiteurs, et aux concerts qu’il organise, le sanctuaire peut être consacré le , par le cardinal Verdier. L’œuvre s’étend ensuite au Vésinet (1930), à La Motte-Grenet (1931), à Saint-Michel-en-Priziac et à Saintry (1932), à Malepeyre et Restigné (1933), à Perpezac et Verneuil-sur-Indre (1934), à Nice et Caminel (1935), patronnant en tout plus de mille quatre cents enfants.

Fin et postérité[modifier | modifier le code]

Pour autant, le père Daniel Brottier n’a pas abandonné le projet de la cathédrale du Souvenir africain de Dakar, mais il se sent trop fragile pour se rendre à son inauguration par Mgr Verdier, le 2 février 1936. Le lendemain, atteint par la maladie, il doit garder le lit. Il s’éteint le 28 février, à l’hôpital Saint-Joseph. Il est enterré au sanctuaire Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus à Auteuil (Paris XVIe)[1].

Le 25 novembre 1984, il est béatifié par Jean-Paul II[2]. Il est le second spiritain à obtenir cet honneur après le père Jacques-Désiré Laval, en 1979.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://sanctuairesaintetherese-paris.org/pere-brottier/pere-brottier/
  2. Daniel Brottier est béatifié le 25 novembre 1984 dans la basilique Saint-Pierre de Rome par le pape Jean-Paul II, « Homélie de la béatification de Daniel Brottier », sur www.vatican.va, Vatican,‎ (consulté le 27 décembre 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael O’Carroll, Disciples of Saint Thérèse of Lisieux (On Pope Pius XI., Marie, sister of Saint Theresa, and Daniel Brottier. With portraits), Dublin, Catholic Truth Society of Ireland, 1944, 24 p.
  • Pierre Delgado, Un grand ami des enfants. Le père Brottier, Paris, 1946, 77 p.
  • Yves Pichon, Le Père Brottier, 1876-1936, L'Œuvre d'Auteuil, 1954
  • Léon Cristiani, Le Serviteur de Dieu, Daniel Brottier, France-Empire, 1963
  • Jean Vast, Père Daniel Brottier : missionnaire à Saint-Louis du Sénégal, Unir, Saint-Louis, 1984, 44 p.
  • Yves Gosselin, La Geste merveilleuse de Daniel Brottier, homme de Dieu et, en son temps, petite chronique des Orphelins apprentis d'Auteuil, Les Orphelins apprentis d'Auteuil, 1985
  • Jean Gosselin, Daniel Brottier : visages et reflets, Fondation des orphelins apprentis d'Auteuil, 1989
  • Alphonse Gilbert, Le bienheureux Daniel Brottier, Paris, Sarment-Fayard, 2000, 236 p. (ISBN 2-86679-285-8)
  • Alphonse Gilbert, Prier 15 jours avec Daniel Brottier, Nouvelle cité, 2003
  • Antoine Grach, Le bienheureux père Daniel Brottier, 1876-1936. Du Sénégal à l'œuvre d'Auteuil, Karthala, 2006 (ISBN 2-84586-791-3)
  • Claude Marchal, « 14-18 : Le Père Brottier, aumônier légendaire du 121e RI de Montluçon », La Montagne, 26 avril 2015

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :