Rashid al-Din

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Rashid al-Din[1], né en 1247 à Hamadan, mort en 1318, est un homme d’État persan d'origine juive de la période des khans Houlagides et un historien, auteur notamment du livre intitulé Jami al-tawarikh (Histoire universelle).

Introduction : les Houlagides à l'époque de Rashid[modifier | modifier le code]

Entre 1255 et 1260, a lieu un événement important : la conquête de la Perse et de l'Irak (Bagdad est prise en 1258) et le renversement du califat abbasside par l'armée mongole d'Houlagou Khan, sous le règne du quatrième Grand Khan Möngke.

Houlagou Khan (1217-1265) est le fondateur de la dynastie des Houlagides ou Ilkhanides :

Biographie[modifier | modifier le code]

Rashid al-Din est le fils d’un pharmacien juif de Hamadan, centre important de culture juive en Perse, étant notamment pourvu d’un collège rabbinique, .

Etudes et débuts à la cour sous Abaqa (1265-1282)[modifier | modifier le code]

Rashid al-Din fait des études de médecine et entre à ce titre à la cour d'Abaqa, son rôle consistant tout d'abord à préparer, présenter et tester la nourriture du khan.

Il se convertit à l'islam vers 1277[2] bien que son éducation juive soit restée toute sa vie un handicap majeur. Un théologien damascène opposé aux Mongols, Ibn Taymiyya, le décrit après une rencontre en 1300 en ces termes : « C'était un Juif philosophant. Ensuite, il se rattacha à l'Islam avec ce qu'il y avait en lui du judaïsme et de la pratique de la philosophie, et il rejoignit ce Rafidisme-là »[3]

Règnes des ilkhans entre Abaqa et Ghazan (1282-1295)[modifier | modifier le code]

Le successeur d'Abaqa, Teküder, se convertit à l'islam, adoptant un nom arabe, Ahmad.

Lorsque Ghazan arrive au pouvoir en 1295, le pays se trouve quasiment en état de guerre civile.

Vizir (1298-1316)[modifier | modifier le code]

Pendant le règne de Ghazan[modifier | modifier le code]

Atteignant les sommets de la hiérarchie bureaucratique, Rashid al-Din est nommé en 1298 adjoint du vizir Sa’d al-Din Zanjani, mais celui-ci est exécuté à l'automne suivant. Rashid al-Din est nommé vizir associé à Sa’d al-din Sawaji[4]

Il est donc passé au premier plan, mais il faut remarquer que jamais au cours de sa carrière, il n'exerce seul le pouvoir : il a toujours un adjoint. C'est pourquoi, malgré son pouvoir et son influence, sa position demeure constamment précaire.

Rashid al-Din met au point de grandes réformes, concernant aussi bien l'administration publique que l'agriculture ou encore le commerce, cherchant constamment à protéger les Iraniens sédentaires de la rapacité de l’aristocratie mongole. En rédigeant un vaste code de lois, il réaménage les finances par un nouveau réglage des revenus et dépenses et un nouveau calcul de l’impôt, et réorganise les provinces et leur administration. Il met également en place la Charia (loi islamique), et s'occupe à la fois de l'entretien des voies publiques, de l'organisation de la poste, de lois sociales pour les personnes âgées, les infirmes, les pauvres et même du soin des animaux[réf. nécessaire].

En 1302-1303, il accompagne Ghazan dans sa campagne contre les Mamelouks, dirigeant notamment l’attaque de la citadelle de Qasr al-Rahba[5].

Pendant le règne d'Oldjaïtou[modifier | modifier le code]

Après la mort de Ghazan en 1304, Rashid al-Din poursuit son travail sous son successeur, Oldjaïtou. Très en faveur, il parvient à placer un grand nombre de ses enfants à des postes importants[6].

Il participe à la création de la nouvelle capitale à Sultaniya.

Mais, en 1312, son associé Sa’d al-din Sawaji est exécuté et remplacé par Taj al-Din ‘Ali Shah[7], un ancien bijoutier, qui devient son rival acharné. L'inimitié entre les deux hommes est si forte qu'Oldjaïtu est contraint de scinder le pouvoir en deux : à Rashid al-Din revient l'administration du centre et du sud de l’empire, tandis que Taj al-Din est chargé de la Mésopotamie et de l'Anatolie.

La chute (1316-1318)[modifier | modifier le code]

Les intrigues se multiplient, tant et si bien qu'en 1316, à l’accession au trône d’Abu Saïd Bahadur, Rashid est révoqué sous l’influence de Taj al-Din. Puis il est accusé d’avoir empoisonné Oldjaïtou et exécuté le 17 juillet 1318[8] ainsi qu'un de ses fils, tandis que son quartier du Rab-i Rashidi est détruit.

Le mécène[modifier | modifier le code]

Les règnes de Ghazan (1294-1304), Oldjaïtou (1304-1316) et Abu Saïd Bahadur (1316-1335) marquent l'apogée de la dynastie il-khanide. La sédentarisation permet une économie prospère, une vie culturelle florissante, une grande innovation artistique. Les Mongols adoptent la culture et les traditions persanes, un commerce international se développe entre Europe et Orient à partir des entrepôts de Tabriz et Sultaniya. Pour la première fois depuis plusieurs siècles, l'Iran devint une entité politique et culturelle.

Rashid al-Din participe activement à cet apogée. Cet homme à l'immense richesse, propriétaire de grandes propriétés à travers le royaume, s'intéresse à la fois l'administration, à l'agriculture, à la théologie et à l'histoire. Il fait venir des savants, des artisans et des artistes des quatre coins du monde et collectionne des livres d'origines diverses : chinois, byzantins, occidentaux et caucasiens.

La période il-khanide marque un changement majeur dans la culture iranienne, qui se traduit par une nouvelle forme de patronage artistique. Deux formes de mécénat sont prééminentes à cette époque : les complexes funéraires et les manuscrits illustrés. Rashid al-Din constitue le modèle idéal de mécène, car le patronage sultanien suit la plupart de ses idées et emploie les mêmes artistes que lui.

Architecture[modifier | modifier le code]

Un trait nouveau de la période mongole se dessine dans la concentration d’édifices publics dans des quartiers de construction récente. Rashid al-Din établit ainsi de grands quartiers à Tabriz et Sultaniya, ce qui ne l'empêche pas de concevoir des fondations pieuses à Hamadan et Yazd, et de surveiller celles fondées à Tabriz et Baghdad par Ghazan. Il s'agit alors de grands complexes à plusieurs parties incluant lieux de prière, d’éducation et de résidence et utilisant de nombreux employés.

Le Rab-i Rashidi à Tabriz[modifier | modifier le code]

Tabriz, la capitale[9], est considérablement agrandie et embellie sous les il-khanides : Ghazan triple la zone urbaine, avec la construction du faubourg Sham-i Ghazan, autour de son mausolée. Rashid al-Din, quant à lui, y fait édifier le Rab-i Rashidi, un quartier construit intramuros dans le faubourg oriental, autour de son propre monument funéraire. On a conservé l'acte de dotation (waqf), qui donne la date du 9 août 1309.

Le quartier, ceinturé de remparts, comprend une grande zone d’entrée, une mosquée du Vendredi avec le tombeau de Rashid, une seconde mosquée (peut-être s'agit -il d'une dualité mosquée d'hiver/mosquée d'été), des madrasa, un lieu pour les sufis (khanqah), un hôpital, un hospice pour les visiteurs, des établissements scientifiques, des services (deux bibliothèques, hammams, caravansérails, ateliers de tissage, fabrique de papier, teinturerie, hôtel des monnaies, jardins, fontaine). On ne sait pas si le plan avait été rigoureusement préétabli.

L'acte de dotation, écrit par Rashid al-Din lui-même, est constitué d’une introduction, de trois grands chapitres (institutions bénéficiaires, propriétés de donation, détails pour la direction des institutions), d'appendices et de clauses additionnelles (donations supplémentaires et nouvelle stipulations). La dotation semble exceptionnelle : 50 000 dinars. La moitié des revenus retournait aux surveillants du Rab (Rashid al-Din puis ses fils), l’autre allait aux 220 esclaves et 100 employés, et à la réfection des bâtiments. La copie de manuscrits du Coran, des hadiths et des œuvres de Rashid al-Din est également prévue.

Le point focal du Rab est la tombe, incluse dans la mosquée, où le Coran était récité toutes les heures, et des lectures spéciales faites pour les fêtes. On y conservait nombre de manuscrits et d'objets précieux.

Sultaniya[modifier | modifier le code]

Sultaniya est fondée à la fin du XIIIe siècle par Arghoun. Elle sert de capitale quelque temps au XIVe, sous Oldjaïtou (1304-1316), qui l'embellit notablement.

Le quartier construit par Rashid al-Din est achevé en 1313 ; il comporte mille maisons, une fondation pieuse avec madrasa, hôpital, et khanqah, et une grande porte d’entrée en forme d’iwan surmontée d’un minaret. Malheureusement, il n'est plus connu que par des récits de voyageurs.

Autres interventions

Rashid s'est intéressé à de nombreux tombeaux de sufis.

Il fait entièrement restaurer le tombeau de Bayazid[10] à Bastam.

Il dote la grande mosquée d'Oldjaïtou d’une fondation pieuse, signalée dans un additif à l’acte de waqf du Rab-i Rashidi, daté de 1314.

Manuscrits[modifier | modifier le code]

Au tournant du XIVe siècle, en Iran, la taille, la fonction et le patronage du livre illustré changent. Celui-ci véhicule l’idéologie officielle et émerge comme un média essentiel, et constitue un important sujet de mécénat. La taille des manuscrits augmente, de nouveaux types de textes, incluant épopées et histoires, se trouvent régulièrement illustrés.

L'acte de dotation du Rab-i Rashidi

Il prévoit plusieurs dispositions en faveur des livres :

  • la copie annuelle de 30 manuscrits du Coran et d’une collection de Hadith (Jami ‘al-usul fi ahadith al-rasûl). Les règles de réalisation de ces manuscrits sont spécifiées avec précision : boîtes de protection, cuir doré pour la reliure, papier de Baghdad de grande taille, calligraphie pure, confrontation des textes avec les originaux, .
  • la copie de six œuvres de Rashid al-Din en arabe et en persan, avec ici aussi des indications sur la taille, le papier, etc. Ces œuvres doivent de plus être lues dans toutes les institutions charitables de Ghazan à Baghdad et Tabriz.

On peut dire qu'il s'agit de la première concrétisation légale d’un « atelier de peintres » (kitabkhana), concept qui s'est développé dans tout le monde musulman durant les siècles suivants.

Dans l’introduction de l'acte, Rashid al-Din indique ses motivations pour un tel acte de mécénat, en prenant appui sur des motifs religieux (Jugement dernier…). Cependant, la période à laquelle il commande tant de travaux est également celle où il commence à rédiger ses traités philosophiques et théologiques. Pour B. Hoffmann, ces écrits, comme ces fondations pieuses et ces actes de mécénat, sont plus réalisés pour justifier l'immense fortune de Rashid al-Din qui marque ainsi son territoire et sa supériorité face à ses rivaux, qui critiquent son origine juive, plutôt que pour des motifs strictement religieux.

Hamadan

La tradition remontant à la période Saljukide de reproduction de Corans à Hamadan, ville natale de Rashid, se perpétue et se développe sous le parrainage des Ilkhanides, principalement grâce à Rashid al-Din. Beaucoup de Corans y sont produits pour Oldjaïtou et sa fondation pieuse.

Les manuscrits conservés

On conserve quelques manuscrits faits au Rab-i Rashidi ou sous le patronage de Rashid al-Din:

  • Un Majmu’a al-Rashidiyya[11], daté de 1310-1311. Il s'agit d'un regroupement des œuvres théologiques de Rashid al-Din. De grand format (50 x 37 cm), il comporte un colophon qui donne le nom de l’artiste, Muhammad ibn Mahmud ibn Muhammad al-Amin, connu sous le surnom « le rapide calligraphe de Baghdad », qui a enluminé la page droite du double frontispice, la page gauche étant d'une autre main.
  • plusieurs Corans, tous écrits en 5 lignes sur format large :
    • Un Coran[12] fait en avril 1315, copié par abd ‘Allah ibn Abi’l Qasim ibn Abdallah al turi al-Rudravari, un calligraphe venant du sud du district de Hamadan. De grande taille (52 x 37 cm), il rappelle le manuscrit précédent.
    • Un Coran[13] en 30 volumes, fait à Hamadan pour Oldjaïtou, datant de septembre 1313, œuvre d'Abdallah ibn Muhammad ibn Mahmud al-Hamadani, un scribe qui travaillait à Hamadan dans le dar al-khairat al-rashidiyya, la fondation pieuse de Rashid à Hamadan.
    • Un Coran[14] plus petit (32 x 22 cm), fait par Fakhr al-Hamadani.
    • Un Coran en 30 volumes, fait pour Oldjaïtou à Mossoul en 1306-1311. Le colophon mentionne le patronage de Rashid al-Din et de Sa’d al-Din Savaji, un fait assez exceptionnel, étant donné que les associations de mécènes sont rares. Cela correspond peut-être à un fossé chronologique entre les volumes : une première partie aurait été réalisée en 1306-1307 et la seconde en 1310-1311.

L'oeuvre écrite de Rashid al-Din[modifier | modifier le code]

Rashid al-Din a écrit de nombreux ouvrages sur des sujets très divers. Sont parvenus jusqu'à nous des écrits sur la théologie islamique, une correspondance, peut-être apocryphe, et surtout, un immense ouvrage historique, le Jami al-tawarikh.

Le Jami al-tawarikh[modifier | modifier le code]

Ce livre constitue la source la plus importante en ce qui concerne la période ilkhanide et l’empire mongol dans son ensemble.

Il lui a été commandé par Ghazan, désireux que les Mongols, sédentarisés et persianisés, gardent un souvenir de leurs origines. Il est initialement destiné à évoquer seulement l’histoire des Mongols et de leurs prédécesseurs dans la steppe.

Mais, à la requête d'Oldjaïtou, il s'est transformé en une histoire du monde connu. Il s'agit donc d'une œuvre historique dont le point de vue est encyclopédique. Même si se posent quelques question sur son objectivité, en raison de l'identité et de la place de l'auteur au sein de l'État, cet ouvrage est remarquable par son originalité.

Postérité[modifier | modifier le code]

Un de ses fils, Ghiyat al-Din, a occupé plus tard les fonctions de vizir[15].

Les ossements de Rashid al-Din ont été exhumés et déplacés dans un cimetière juif vers 1400[16].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Editions de ses oeuvres[modifier | modifier le code]

  • E. Quatremère, Histoire des Mongols de la Perse par Rashid Eddin, Paris, 1836 (traduction en français d’une partie du Jami al-tawarikh)
  • Rašīd al-Dīn al-Ṭabīb, Faḍl Allāh ibn Abī al-H̲ayr al-Hamad̲ānī Abū al-Faḍl (1248?-1318), Histoire universelle, Leyde, E.J. Brill, 1951, Notice BnF
  • Sheila Blair, A Compendium of chronicles : Rashid al-Din's illustrated history of the world, Oxford university press, coll. « The Nasser D. Khalili collection of Islamic art » no 27, 1995, 126 p. (ISBN 0-19-727627-X) Notice Bnf

Travaux récents[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux
  • William Bayne Fisher et al., The Cambridge History of Iran, Cambridge University Press, 1968 (ISBN 052106936X et 9780521069366), disponible en ligne sur le site Google Books
  • Sheila Blair et J. Bloom, The Art and Architecture of Islam 1250 – 1800, Yale University Press, 1994
  • B. Spuler, Les Mongols dans l’Histoire, Payot, 1981
  • Articles « Il-khans », « Tabriz », « Sultaniyya », dans Encyclopédie de l'Islam, Brill, 1960 (réédition 2010)
Sur Rashid al-Din
  • D. O. Morgan, « Rashīd al-Dīn Tabīb », dans Encyclopédie de l'Islam, 2e édition, tome VIII, p. 458-459
  • B. Hoffmann, « The Gates of Piety and Charity : Rašid al-Dîn Fadl Allah as founder of pious andowments », dans D. Aigle (dir.), L’Iran face à la domination mongole, Institut français de recherche en Iran, coll. « Bibliothèque Iranienne » no 45, 1997
  • Sheila Blair, « Patterns of patronnage and production in Il-khanid Iran, the case of Rashid al-Din », dans Oxford Studies in Islamic Art, 1994, 12
  • John Andrew Boyle et Karl Jahn, « Rashid al-Din commemoration volume, 1318-1968 », dans Central Asiatic journal, v. 14, 1970, 240 p.
  • AZV Togan, « The composition of the history of the Mongols by Rashid al-din », dans Central Asiatic Journal, 1962, p. 60–72
  • Yahya Michot, « Rashîd al-Dîn et Ibn Taymiyya : regards croisés sur la royauté », dans Mohageh Nâma, en ligne sur le site Muslim Philosophy, consulté le 15 décembre 2011.
Sur son œuvre
  • Charles Melville, « Jāmeʿ al-tawāriḵ », dans Encyclopaedia Iranica, 2008, en ligne sur le site Iranica, consulté le 15 décembre 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir la bibliographie pour les références bibliographiques complètes

  1. Son nom complet est Rashid al-din Fadl Allah ibn ‘Imad al-dawla abu l-Khayr
  2. Morgan ; Blair, « Patterns »
  3. Michot
  4. Charles Melville, « Jāmeʿ al-tawāriḵ »
  5. A vérifier, mais logiquement « la ville d'al-Rahba » (ancienne mention) doit correspondre à cette localisation.
  6. Sheila Blair, « Introduction : The Ilkhanid Reign, conquest, culture, and vizier's career », dans Compendium.
  7. Morgan
  8. The Cambridge History of Iran.
  9. Il existe fréquemment plusieurs capitales dans l'histoire iranienne, les souverains se déplaçant entre plusieurs cours au gré des saisons (cf. Charles Melville, « The Itineraries of Sultan Öljeitü », Iran, 28, 1990, p. 55-70). Tabriz, capitale déjà ancienne, est surtout appréciée l'été.
  10. Bayazid Bastami (vers 800-vers 875), cf. page anglaise.
  11. Actuellement à la BNF (cote arabe 2324)
  12. Bibliothèque de Topkapi (EH 248)
  13. National Library du Caire (MS 72)
  14. Bibliothèque de Topkapi (MS K3)
  15. Morgan, p. 458-459
  16. Michot, p. 114.