Rapport sur les affaires de l'Amérique du Nord britannique

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Le Rapport sur les affaires de l'Amérique du Nord britannique, plus connu sous le nom de Rapport Durham du nom de son auteur, est un document important de l'histoire du Québec, du Canada et de l'Empire britannique.

Politicien Whig, John George Lambton, futur comte de Durham, fut envoyé en Amérique du Nord en 1838 dans le but de faire enquête sur les causes des rébellions de 1837-38 du Haut et du Bas-Canada. Le bateau qui transporta Durham mouilla à Québec le 27 mai. Il venait tout juste d'être nommé Gouverneur général et chargé des pouvoirs spéciaux de haut-commissaire de l'Amérique du Nord britannique.

Avant de partir pour l'Amérique du Nord, Durham s'était déjà entretenu avec des marchands britanniques qui désiraient un plus grand contrôle britannique sur les deux colonies du Haut-Canada et du Bas-Canada. Ces marchands croyaient que le pouvoir politique détenu dans le Bas-Canada par les personnes originaires de Nouvelle-France nuisait à leurs intérêts économiques.

  • Les Bas-Canadiens de l'époque (majoritairement originaires de Nouvelle-France) que Durham nommait « French-Canadian » dans son Rapport ), étaient les plus nombreux et formaient la majorité de cette ancienne colonie britannique. Bien que possédant des représentants élus, le pouvoir de ces derniers était toutefois quasi nul dans ce système parlementaire naissant que l'on qualifiera unanimement plus tard de truqué.

L'enquête[modifier | modifier le code]

Arrivé en Amérique du Nord, il forme quelques comités constitués essentiellement de tous les adversaires politiques des Patriotes et a fait beaucoup d'observations personnelles de la vie dans les colonies britanniques de l'Amérique du Nord. Il visite également les États-Unis. Durham écrit qu'il était censé faire le constat d'un conflit d'ordre politique entre libéraux et conservateurs, mais qu'il en est plutôt venu à la conclusion que le problème était en réalité de nature ethnique. Selon Durham, la société française au Bas-Canada avait peu changé en 200 ans, et ne montrait aucun signe de progrès, contrairement à la société britannique.

Recommandations[modifier | modifier le code]

Le rapport Durham est publié à Londres en février 1839. Durham recommande que le Haut-Canada et le Bas-Canada soient réunis en une seule colonie qui pourra ainsi devenir, éventuellement, majoritairement anglophone et ce, plus rapidement. Il recommande l'accélération de l'immigration britannique au Canada afin de marginaliser la population originaire de Nouvelle-France, la forçant ainsi à choisir la voie de l'assimilation linguistique et culturelle. Finalement, il suggère le retrait des libertés accordées aux Bas-Canadiens d'origine française par l'Acte de Québec et l'Acte constitutionnel afin d'éliminer la possibilité de rébellions futures.

Réactions[modifier | modifier le code]

Exilé en France, Louis-Joseph Papineau rédige son Histoire de la résistance du Canada au gouvernement anglais et la fait publier une première fois dans la Revue du progrès en mai 1839. En juin, le document est publié au Bas-Canada dans la Revue canadienne sous le titre d'Histoire de l'insurrection du Canada en réfutation du Rapport de Lord Durham.

La thèse voulant que les Bas-Canadiens n'aient aucune histoire et aucune culture et que le conflit ait été principalement celui de deux groupes ethniques est reçue comme une insulte par Papineau. Il précisera que plusieurs des chefs Patriotes étaient d'origine britannique, entre autres Wolfred Nelson, héros de la bataille de Saint-Denis, Robert Nelson, auteur de la déclaration d'indépendance du Bas-Canada, le journaliste Edmund Bailey O'Callaghan et le général Thomas Storrow Brown. Il ajoute également qu'un soulèvement s'était produit dans le Haut-Canada là où la population était de façon homogène anglophone d'origine Irlandaise, Écossaise et Britannique, mais aussi venu des États-Unis loyalistes. Il y avait d'ailleurs un monument dédié aux Patriotes à Sault Sainte-Marie, mais il a été démoli à la fin du XXe siècle.La réponse de Londres fut brėve et acceptera seulement l'union.

Conclusion[modifier | modifier le code]

Durham démissionne le 29 septembre et est rapidement remplacé par Charles Edward Poulett Thomson, 1er baron Sydenham, qui sera responsable de mettre en application le projet d'union des deux provinces canadiennes. Le projet sera donc réalisé.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fernand Ouellet. « Lambton, John George, 1er comte de Durham », dans le Dictionnaire biographique du Canada en ligne, University of Toronto et Université Laval, 2000
  • John George Lambton, Charles Buller, Edward Gibbon Wakefield. Le rapport Durham : document, Montréal : Éditions de l'Hexagone, 1990-91, 317 p. (trad. et introd. de Denis Bertrand et d'Albert Desbiens.)
  • John George Lambton, Charles Buller, Edward Gibbon Wakefield. Le Rapport Durham, Montréal : Éditions Sainte-Marie, 1969, 156 p. (trad., Denis Bertrand et Albert Desbiens ; introd. et appareil didactique, Denis Bertrand et André Lavallée)
  • Frederick Bradshaw. Self-Government in Canada, and How it Was Achieved: The Story of Lord Durham’s Report, Londres : P.S.King, 1903, 414 p. (en ligne)
  • John George Lambton, Charles Buller, Edward Gibbon Wakefield. Rapport de Lord Durham. Haut-Commissaire de Sa Majesté, etc. etc., sur les affaires de l'Amérique septentrionale britannique, Montréal : L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1839, 200 p. (en ligne)
  • John George Lambton, Charles Buller, Edward Gibbon Wakefield. The Report and Despatches of the Earl of Durham, Her Majesty's High Commissioner and Governor-General of British North America, London : Ridgways, Piccadilly, 1839, 423 p. (en ligne)
  • Louis-Joseph Papineau. « Histoire de la résistance du Canada au gouvernement anglais », dans La Revue du Progrès, Paris. Mai 1839 (en ligne)

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