Front de libération du Québec

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Front de libération du Québec
FLQ
Image illustrative de l'article Front de libération du Québec

Idéologie Nationalisme québécois, Socialisme, Nationalisme de gauche
Objectifs Indépendance du Québec
Statut Dissous
Fondation
Date de formation c. 1963
Fondé par Gabriel Hudon
Raymond Villeneuve
Georges Schoeters
Pays d'origine Drapeau du Canada Canada
Actions
Mode opératoire attentat à la bombe, enlèvement, assassinat
Victimes (morts, blessés) 8 morts, 40-50 blessés[réf. nécessaire]
Zone d'opération Drapeau : Québec Québec
Période d'activité 1963-1972
Organisation
Chefs principaux François Schirm
Gaston Collin
Pierre Vallières
Charles Gagnon
Pierre-Paul Geoffroy
Jacques Lanctôt
Membres Quelques dizaines connu
Financement Vols à main armée
Groupe relié Armée de libération du Québec
Armée révolutionnaire du Québec

Le Front de libération du Québec, mieux connu sous le nom de FLQ, est le nom collectif utilisé par un réseau de cellules autonomes clandestines qui prônaient l'action directe, souvent violente, pour réaliser l'indépendance du Québec. Certaines de ces cellules ont été responsables d'actions terroristes[1],[2],[3]. Fondé au cours de l'année 1963, il a surtout organisé ses activités à partir de Montréal. Ce mouvement clandestin a réclamé une insurrection d'inspiration socialiste, le renversement du gouvernement du Québec, l'émancipation des Québécois face au Canada et l'établissement d'une société de travailleurs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Front de libération du Québec a été fondé au cours de l'année 1963 par des individus issue du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Réseau de résistance. À cette époque, le contexte particulier du Québec donne plusieurs raisons à ce groupe de nature indépendantiste de faire son apparition dans le paysage politique de la province. Au niveau social, les mauvaises conditions de travail des ouvriers québécois, le déséquilibre économique entre les anglophones et les francophones et la hausse du taux de chômage, sont au nombre des raisons qui ont pousser certaines catégories sociales, tant ouvriers, chauffeurs de taxi qu'intellectuels à se révolter. Puis, au niveau politique, la montée de la pensée souverainiste et la Révolution tranquille ont contribué à cette montée du FLQ. De plus, les situations politiques de quelques pays d'Europe et d'Afrique ayant acquis leur indépendance ont inspiré et donné espoir aux nationalistes québécois.

Origine[modifier | modifier le code]

Selon Gabriel Hudon, le FLQ est né d'un autre mouvement, le Réseau de résistance.[4] Il raconte qu'il est entré en contact avec un groupe radical lors de son implication au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Il a rencontré d'autres membres dans l'appartement d'un individu qu'il surnomme « X ». C'est là qu'il fait la connaissance de Raymond Villeneuve et de Georges Schoeters. À la suite de la réception d'une lettre destinée aux membres du Réseau qui affirme : « si vous ne cessez pas vos activités, la police s'en chargera[5]... », Hudon, Villeneuve et Schoeters se retirent du mouvement pour fonder le Front de libération du Québec. C'est à ce moment que le cofondateurs s'allient aux membres révolutionnaires indépendantistes, formés par le socialiste Raoul Roy. Jean-Denis Lamoureux, Pierre Schneider et François Gagnon deviennent donc de facto les cofondateurs de ce mouvement qui allait ébranler le Québec.[réf. nécessaire]

Les membres du premiers réseau FLQ s'organisent et sont entraînés sous l'égide du belge Georges Schoeters, qui a par la suite été condamné, le , à 10 ans de prison pour son implication au front.

La première vague (Premier réseau)[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 7 au , le FLQ frappe pour la première fois. Il attaque trois casernes militaires avec des bombes incendiaires. Dans son premier communiqué, le mouvement déclare : « L'indépendance du Québec n'est possible que par la révolution sociale»[6].

Le 1er avril, explosion de trois bombes, à l'édifice de l'Impôt fédéral, à la gare centrale de Montréal et sur une voie ferrée appartenant au CN. (L'attentat sur cette voie ferrée est découvert avant le passage du train transportant à son bord John Diefenbaker, premier ministre du Canada. « Is this Ireland? » s'exclamera le premier ministre en apprenant la nouvelle.)[7]

Le 12 avril, dans une opération conjointe de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et de la police de Montréal, des dizaines de perquisitions sont effectuées contre des militants indépendantistes. Vingt personnes sont arrêtées et interrogées dont Raoul Roy, Édouard Cloutier, Jacques Lucques. (L'événement est surnommé la « razzia du Vendredi saint » par les indépendantistes.)[8] Le 19 avril, le RIN et l'Action socialiste pour l'indépendance du Québec (A.S.I.Q.) (dont plusieurs membres ont été arrêtés le 12) manifestent devant le quartier général de la GRC à Westmount en protestation contre la razzia. Durant la nuit suivante, une bombe explose contre un mur du même batiment.

Le 21 avril, Wilfred O'Neil, gardien de nuit au Centre de recrutement de l'Armée canadienne à Montréal est tué par l'explosion d'une bombe du FLQ[9],[10].

En mai des bombes explosent contre un mur de la caserne du régiment des BlackWatch à Montréal, à l'Unité des services techniques de l'Aviation militaire canadienne située à Mont-Royal, à proximité des réservoirs de la raffinerie Golden Eagle situés à Pointe-aux-Trembles et à l'édifice des anciens combattants de la Royal Canadian Legion à Saint-Jean-sur-Richelieu, Une bombe est trouvée et désamorcée au bureau central des postes et une autre, qui n'est pas amorcée, est déposée au siège social de l'entreprise d'exploitation minière Solbec Copper. Deux opérations majeures ont également lieu; Le 17, le FLQ place dix bombes dans dix boîtes aux lettres résidentielles du quartier huppé de Westmount. Chaque bombe est faite de quatre bâtons de dynamite. Cinq des dix bombes explosent vers h. Walter Leja, sergent-major de l'Armée canadienne est blessé en essayant de désamorcer un des engins explosifs et le 20, jour de célébration du Victoria Day, 75 bâtons de dynamite explosent contre un mur de la salle d'armes du 1er bataillon des services techniques de l'Armée canadienne à Montréal (surnommé « opération Chénier » par le FLQ, en l'honneur de Jean-Olivier Chénier).

Le 7 mai, la ville de Montréal offre 10 000 $ à quiconque fournira des renseignements menant à la capture de membres du FLQ. Le 19 mai, le gouvernement du Québec offre 50 000 $ à quiconque sera en mesure de fournir des renseignements menant à la capture de membres du FLQ. La Ville de Montréal augmente sa prime de 10 000 $ à 60 000 $.

Le 16 juin 1963, 18 personnes associées au FLQ sont arrêtées[11]. Un comité d'aide aux détenus, le Comité Chénier, serais rapidement crée par Bernard Smith, Jean-Marc Léger, Pierre De Bellefeuille, André Morel, Marcel Rioux, Michel Chartrand, Jean-Victor Dufresne, Réginald Boisvert, Marcel Dubé et René Chaloult.

La deuxième vague (Armée de libération du Québec)[modifier | modifier le code]

Le 26 septembre 1963, cinq membres de l'Armée de libération du Québec effectuent un vol à main armée dans une succursale de la Banque royale du Canada et partent avec 7 000 $. Deux personnes sont arrêtées : Jules Duchastel et Claude Soulières.

Le 30 janvier 1964, entre 7h30 et 9h00, l'organisation réussit un vol d'envergure d'armes et d'équipement à la caserne du régiment des Fusiliers Mont-Royal à Montréal. Le butin vaut environ 20 000 $ : 59 mitrailleuses semi-automatiques belge FN 7,62, 4 mitrailleuses Bren, 34 mitraillettes Sten, 4 mortiers 60 millimètres, 3 lance-roquettes anti-chars bazooka, des grenades, 5 pistolets automatiques Browning, 13 000 balles calibre 22, 2000 calibre 7,62 et 2300 de calibre 303, en plus de 15 émetteurs-récepteurs, deux téléphones portatifs, des lampes-têtes, du fil électrique, une polycopieuse Gestetner, des couvertures, etc.[12]. Le lendemain, des gardes militaires sont postés devant toutes les casernes de la région métropolitaine 24h sur 24.

La troisième vague (Armée révolutionnaire du Québec)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée révolutionnaire du Québec.

L'Armée révolutionnaire du Québec (ARQ) était une aile militaire du FLQ, qu'il devait fournir en armes et en argent. La plus grande partie de leur apport provenait de vols à main armée. La durée de vie de cette organisation fut courte, de juin à septembre 1964.

Le 29 août 1964, des membres de l'ARQ commettent un vol d'arme en plein jour et se font surprendre par des policiers. À la suite d'un échange de coup de feu, un policier tua accidentellement Alfred Pinish, le commis du magasin d'armes, et une balle perdue des membres de l'ARQ causa la mort du gérant Leslie McWilliams.[13] Quatre des auteurs du vol sont rapidement capturés, dont Cyriaque Delisle et François Schirm, blessé d'une balle à la cuisse lors de la fusillade. Le cinquième, Edmond Guénette, parvient à s'enfuir mais est arrêté trois jours plus tard. À l'issue du procès, Schirm et Guénette sont condamnés à mort, un cas unique dans les annales du FLQ. Ils passent trois ans dans les cellules des condamnés à mort et, après un nouveau procès, sont condamnés à la prison à vie.

La quatrième vague (Groupe Vallières-Gagnon)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Charles Gagnon et Pierre Vallières.

La cinquième vague (Réseau Geoffroy)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pierre-Paul Geoffroy.

De mai 1968 à mars 1969, un réseau felquiste diriger par l'ex militant du RIN Pierre-Paul Geoffroy se signale par plusieurs attentats à la bombe, dont celui à la Tour de la Bourse de Montréal, le 13 février 1969, qui fait 27 blessés et des milliers de dollars en dommages[14].

Arrêté le 4 mars 1969, Geoffroy plaide coupable à 129 chefs d'accusation, dont 31 attentats à la bombe perpétrés au cours de 1968 et au début de 1969. Il est condamné à 124 peines d'emprisonnement à perpétuité. Il est l'un des 23 détenus dont le FLQ demande la libération en échange de celle du diplomate James Richard Cross.[15] Après 12 ans d'incarcération, Pierre-Paul Geoffroy est libéré sous conditions le 15 février 1981.

Deux membres du réseau Geoffroy, Pierre Charette et Alain Allard s'enfuiront aux États-Unis, où ils trouvent refuge chez des membres des Black Panthers puis des militants contre la guerre au Vietnam. Selon des sources policières américaines, Charette et Allard auraient par la suite détourné vers Cuba un Boeing 727 de la National Airlines effectuant le trajet New York-Miami, où les deux pirates de l'air auraient demandé asile. Après 10 ans d'exil, ils reviendront au Québec en 1979. et seront condamné à 6 mois de prison pour leurs participations à des attentats attribués au réseau Geoffroy.

Deux autres membres du réseau Normand Roy et Michel Lambert participeront à la mise sur pied de la Délégation extérieure du FLQ à Alger avec Raymond Villeneuve. En tournant un film sur la Résistance palestinienne, le journaliste Pierre Nadeau a rencontré Roy et Lambert à l'entraînement dans les montagnes du nord de la Jordanie, à 27 km d'Amman. Les deux militants du FLQ terminaient un stage de formation dans un camp de l'Organisation de libération de la Palestine. Sous les noms de guerre, Selim et Salem[16],[17].

Sixième vague (réseau Lanctôt-Rose)[modifier | modifier le code]

Le 26 février 1970, Jacques Lanctôt et Pierre Marcil sont arrêtés. La police affirme qu'ils montaient un complot pour l'enlèvement de Moshe Golan, consul d'Israël. Ils sont libérés sous caution.

Le , les membres de la cellule Libération enlèvent le commissaire commercial britannique James Richard Cross à sa maison de Westmount. Quelque jours plus tard, le 10 octobre, la cellule Chénier enlève le vice-premier ministre et ministre du Travail québécois, Pierre Laporte. Ce dernier fut tué le , selon la version officielle et l'issue du procès pour meurtre, ou de façon accidentelle après avoir tenté de s'enfuir en sautant par une fenêtre, selon la version des membres de la cellule Chénier.

Après l'enlèvement de James Cross par les membres de la cellule de Libération, le FLQ diffuse une liste de demandes pour la libération du diplomate britannique:

1. La fin des fouilles et des enquêtes policières afin de retrouver l’otage. 2. Le manifeste politique du Front de libération du Québec doit apparaître en pleine première page de tous les importants journaux du Québec. La diffusion doit aussi se faire dans toutes les régions. De plus, le manifeste doit être lu au complet, puis commenté par les prisonniers politiques avant leur départ, durant au programme télévisé durant au moins 30 minutes et diffusé entre 20 h et 23 h sur les ondes de Radio-Canada et ses stations affiliées en province. 3. La libération des prisonniers politiques Cyriaque Delisle, Edmond Guenette, François Schirm, Serge Demers, Marcel Faulkner, Gérard Laquerre, Robert Levesque, Réal Mathieu, Claude Simard, Pierre-Paul Geoffroy, Michel Loriot, Pierre Demers, Gabriel Hudon, Robert Hudon, Marc-André Gagné, François Lanctot, Claude Morency, André Roy, Pierre Boucher et André Ouellette. De plus, les femmes et enfants des prisonniers politiques peuvent les joindre s'ils le désirent. Finalement, les prisonniers politiques André Lessard, Pierre Marcil et Réjean Tremblay, présentement en probation, peuvent se joindre à leurs camarades et quitter le Québec s'ils le désirent. 4. Un avion doit être rendu disponible pour transporter les prisonniers politiques à Cuba ou en Algérie, dès qu'une entente aura eu lieu avec un de ceux-ci. De plus, ils doivent pouvoir être accompagnés par leurs avocats respectifs et par au moins deux journalistes politiques de deux quotidiens francophones du Québec. 5. Les « gars de Lapalme » doivent être réembauchés, dans les prochaines 48 heures. 6. Une taxe volontaire de 500 000 $ en lingots d'or devra être placée à bord de l'avion contenant les prisonniers politiques. 7. Le nom et la photo du délateur qui a mené à l'arrestation de la dernière cellule du FLQ, en 1969, doivent être rendus public et publiés[18].

À la suite des enlèvements, à la demande du Premier ministre du Québec (Robert Bourassa) et du maire de la ville de Montréal (Jean Drapeau), le Premier ministre du Canada (Pierre Elliott Trudeau) met à la disposition du gouvernement du Québec l'armée pour appuyer les forces policières et invoque la Loi sur les mesures de guerre. Cette loi n'a été invoquée auparavant qu'à trois reprises dans l'histoire du Canada et proclamée seulement en temps de guerre, en 1914 et en 1941 (elle a toutefois été invoquée en 1918, après l'Armistice, mais avant sa prorogation, pour réprimer une grève à Winnipeg). La Loi sur les mesures de guerre met en suspens l'application de la Déclaration canadienne des droits de l'homme et accorde aux autorités des pouvoirs étendus dont celui de procéder à des arrestations et à des détentions préventives. Le nombre des arrestations est estimé à 457 personnes. On compte, parmi les personnes arrêtées injustement, des artistes (comme Pauline Julien, par exemple), des militants politique, des syndicaliste... Le gouvernement du Québec indemnisera par la suite les victimes des arrestations injustifiées.

La police finit par découvrir l'endroit où les ravisseurs retenaient le diplomate. Sa libération fut négociée et le , la requête de cinq des terroristes du passage sûr vers Cuba par le Gouvernement du Canada, après l'approbation de Fidel Castro, est acceptée.

Quatre semaines après que les ravisseurs de James Cross ont été retrouvés, Les ravisseurs de Pierre Laporte sont retrouvés dans le sous-sol d'une maison de campagne. Ils sont jugés et condamnés pour enlèvement et meurtre.

Au début des année 80, la police arrête et accuse six personnes en relation avec l'enlèvement de Cross. Nigel Barry Hamer, socialiste britannique radical et sympathisant du FLQ, plaide coupable et est condamné à 12 mois de prison. Louise Lanctôt et Jacques Cossette-Trudel plaident coupable au jugement et sont condamnés à deux ans de prison pour leur part dans l'enlèvement. Ils sont libérés sur parole après huit mois de pénitencier. Marc Carbonneau est condamné à vingt mois de prison et trois ans de probation pour enlèvement, détention forcée, conspiration et extorsion. Yves Langlois est condamné à deux ans de prison moins un jour pour sa part dans l'enlèvement. Jacques Lanctôt a lui eu trois ans de prison.

La crise d'Octobre a été l'une des crises politiques que le Québec a connu dans son histoire (querelle des subsides, rébellion des Patriotes, pendaison de Louis Riel, crise de la conscription, etc.) Le meurtre de Pierre Laporte était seulement le deuxième assassinat politique dans l'histoire canadienne après l'assassinat en 1868 de Thomas D'Arcy McGee.

Les événements d'octobre 1970 ont entraîné une perte d'appui des moyens violents pour la promotion de l'indépendance du Québec. Le Parti québécois a été élu en 1976, prônant la réalisation de la souveraineté par des moyens démocratiques.

Fusillade de Mascouche[modifier | modifier le code]

Le , dans le petit village de Saint-Henri-de-Mascouche à l'est de Montréal, un commando du FLQ composé de huit personnes (six hommes et deux femmes) effectue un vol à main armée planifié selon les techniques de guérilla urbaine des Tupamaros, telles que l'isolement du village par la rupture des câbles téléphoniques et la neutralisation des services policiers. Pendant que deux membres du commando sectionnent les câbles téléphoniques et que trois autres s'emparent littéralement du poste de police où ils maîtrisent les occupants et débranchent le système de communication radio, les trois derniers font main basse sur 7 500 $ à la caisse populaire locale. Les fuyards sont pris en chasse par deux citoyens de Mascouche dont l'un est un ancien militaire, armé d'une carabine, un dénommé Allard. À la sortie du village, trois des occupants de l'Oldsmobile en descendent pour monter dans une Renault qu'ils avaient stationnée à cet endroit. La petite voiture démarre pourchassée dans un bruit de fusillade nourrie. Finalement, à Laval, deux des occupants quittent la Renault et poursuivent leur fuite en taxi. Dans l'automobile gît un jeune homme de 20 ans blessé à la tête. Il s'agit de Pierre-Louis Bourret, étudiant à l'Université du Québec à Montréal. Transporté à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, il meurt le lendemain[19].

L'après-FLQ[modifier | modifier le code]

Boite à lettre avec les lettres FLQ en 1971

Les voies qu'empruntèrent deux des leaders du FLQ, Charles Gagnon et Pierre Vallières, à la « mort » du FLQ illustrent bien les tendances générales qui se profilaient. Les livres L'urgence de choisir et Pour un parti prolétarien qu'écrivirent respectivement Vallières et Gagnon résument bien leur positions. Alors que Vallières embrassa la voie électoraliste, en joignant les rangs du PQ, Charles Gagnon s'engagea fermement dans la voie révolutionnaire en fondant le groupe marxiste-léniniste En lutte!. Dans les années 1970, peu d'anciens felquistes ou sympathisants felquistes suivirent Vallières qui d'ailleurs était assez isolé au PQ. Rejetant la « collaboration de classe », une bonne partie des ex-militants se joignirent au groupe de Gagnon, rejetant le « nationalisme bourgeois ». Cela les conduisit même à faire la promotion du boycott du premier référendum sur la souveraineté du Québec. Alors que Pierre Vallières et ses camarades favorisent l'organisation à long terme et n'envisagent pas de passer à l'action directe, d'autres cellules du FLQ sont impatientes d'intervenir, un an après la Crise d'octobre.

Après la prise du pouvoir par le Parti québécois en 1976, plusieurs militants felquistes exilés amorcèrent un retour au pays dans la perspective d’un référendum à venir sur l’indépendance du Québec. Raymond Villeneuve a été le dernier militant du FLQ à revenir d’exil en novembre 1984, après 16 ans passés à Cuba, en Algérie et en France. Après avoir purgé une peine de 8 mois de prison, il a repris la lutte pour l’indépendance, militant au PQ et au Bloc québécois durant la campagne référendaire de 1995. À la suite de l’échec des indépendantistes le 30 octobre 1995, Villeneuve a fondé le Mouvement de libération nationale du Québec (MLNQ), qui poursuit la lutte indépendantiste sur le terrain en organisant, entre autres, la manifestation du 1er juillet à Québec (boycottée par les partis indépendantistes) afin de dénoncer la présence canadienne au Québec.

En 2001, Rhéal Mathieu, un membre de la BAF (Brigade d'auto-défense du français) qui en 1967 avait été condamné à neuf ans de prison pour activités terroristes, a été condamné de nouveau pour avoir essayé d'incendier trois cafés-restaurants Second Cup à Montréal. Mathieu visait le plus grand revendeur de café spécialisé du Canada pour l'usage par la compagnie de sa marque anglaise Second Cup. Mathieu a été condamné à un mois de prison. Après la couverture des médias sur les bombes incendiaires, les Second Cup du Québec changèrent leur insigne pour Les cafés Second Cup pour ensuite revenir à leur nom d'origine en 2007.

Des annonces à l'effet que le FLQ renaîtrait de ses cendres sont lancées régulièrement depuis la dissolution du mouvement. La plupart des militants indépendantistes familiers des groupes radicaux et les ex-felquistes ne croient pas cette renaissance possible, ni souhaitable[20].

Financement[modifier | modifier le code]

Il est mentionné, au début de la section suivante de cet article, que le Front de libération du Québec se finançait par le braquage de banques. On mentionne, dans l'analyse sur la Crise d'Octobre qui figure dans l'ouvrage «Une amitié bien particulière : lettres de Jacques Ferron à John Grube» (p.214) que le front disposait, malgré tout, de fonds assez maigres (p.200) du moins à l'été 1970. Il faut aussi rappeler la tournée de financement, dont un arrêt de 5 jours au Texas, des frères Rose et de Francis Simard, selon Francis Simard (membre du FLQ, voir ci-dessous). Cette tournée de financement aux États-Unis comprenant un passage par le Texas rappelle le soutien financier sous forme de publicité accordé au Rassemblement pour l'indépendance nationale par une petite entreprise de fraisage du Texas (pp. 211-212) Des liens entre un bureau d'ingénieurs d'une entreprise texane, établi à Montréal, et l'enlèvement de Pierre Laporte, sont mis en évidence par la recherche de Georges Langlois, telle que publiée à la suite de la correspondance entre Jacques Ferron et John Grube (p.213). Bref, le Front de libération du Québec aurait bénéficié d'un soutien, notamment financier, en provenance du Texas, qui fait écho aux préoccupations du directeur du service de contre-espionnage à la G.R.C. pendant la Crise d'octobre, monsieur Leslie Jim Bennett, qui mentionne combien il y avait d'agents de la C.I.A. actifs au Canada pendant la crise, et les efforts qu'il a fallu mettre en œuvre pour comprendre quels étaient leurs objectifs. Différemment, la Gendarmerie royale du Canada a aussi contribué au financement du Front de libération du Québec en lui fournissant de la dynamite et une voiture, comme nous l'apprend le procès intenté par la Couronne contre le directeur de La Cognée, journal officieux du F.L.Q., à la suite de son arrestation en 1968 (p. 212).

Actions[modifier | modifier le code]

De 1963 à 1970, le FLQ commet plusieurs actions armées à motivation politique dont le nombre n'a jamais été prouvé. Il y a eu des plasticages, des braquages de banque, causant au moins trois morts par bombes, deux morts par balle et plusieurs dizaines de blessés. En 1963, Gabriel Hudon et Raymond Villeneuve sont condamnés à douze ans d'emprisonnement pour des crimes contre l'État après que leur bombe a tué le sergent O'Neill, gardien d'un centre de recrutement des Forces armées canadiennes. Le , une puissante bombe du FLQ explose dans les locaux de la Bourse de Montréal, causant plusieurs dommages à l'édifice et 27 blessés. À partir de 1970, 33 membres du FLQ sont en prison, dont quatre meurtriers condamnés. Les cibles du FLQ comprenaient notamment des entreprises anglophones, des banques, l'Université McGill ainsi que plusieurs résidences privées dans le riche quartier de Westmount, enclave anglophone au sein de la ville de Montréal.

En tant que groupe socialiste, le FLQ était aussi grandement opposé à la « classe dominante » des États-Unis. Une cellule du mouvement espérait même faire exploser la Statue de la Liberté mais fut appréhendée avant que cela ne se produise. Le groupe a été infiltré à quelques reprises par des agents dits provocateurs de la Gendarmerie Royale Canadienne (GRC). Des crimes auraient été commis par des policiers de la GRC sous le couvert du FLQ. Carole Deveault, Jean-Jacques Lanciault et François Fritz Séguin en sont des exemples selon Louis Fournier[21].

Membres du FLQ[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Julien Paré, Front de libération du Québec, Bilan du siècle, Université de Sherbrooke, 9 mars 2005, consulté en ligne le 11 mai 2008.
  2. Grands débats au Canada - Crise d'octobre Centre for Canadian Studies, Université Mount Allison
  3. La Loi antiterroriste et ses effets : point de vue d'universitaires canadiens, Ministère de la Justice du Canada
  4. Gabriel Hudon, Ce n'était qu'un début. Ou la petite histoire des premiers pas du FLQ.
  5. Gabriel Hudon, op. cit., p. 56.
  6. Le FLQ attaque trois casernes militaires
  7. Louis Fournier, p. 37
  8. Louis Fournier, p. 39
  9. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Louis_Fournier.2C_p._476.
  10. Serge Gaudreau. « 21 avril 1963 - Explosion d'une bombe à Montréal », Bilan du Siècle, consulté le 22 mai 2009
  11. Serge Gaudreau. « 7 octobre 1963 - Dévoilement des peines obtenues par des membres du Front de libération du Québec », Bilan du Siècle, consulté le 22 mai 2009
  12. http://www.independance-quebec.com/flq/chronologie.php/ site historique Front Libération du Québec, l'échec du FLQ
  13. http://www.independance-quebec.com/flq/recherche_exacerbation.html/ site historique Front Libération du Québec, L'exacerbation du nationalisme québécois
  14. Explosion d'une bombe à la Bourse de Montréa, Bilan du siècle, Université de Sherbrooke
  15. Geoffroy (Pierre-Paul), La Mémoire du Québec
  16. Louis Fournier, FLQ. Histoire d'un mouvement clandestin, voir page 277.
  17. (fr) « FLQ en Jordanie », sur www.youtube.com (consulté le 29 juin 2010)
  18. http://www.independance-quebec.com/flq/octobre/demandes.php
  19. Louis Fournier, FLQ. Histoire d'un mouvement clandestin, voir page 411.
  20. Mario Girard, « Renaissance du FLQ Canular ou réalité ? », La Presse,‎ (lire en ligne)
  21. Louis Fournier, FLQ. Histoire d'un mouvement clandestin.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Bédard, Chronique d'une insurrection appréhendée. La Crise d'octobre et le milieu universitaire, Septentrion, .
  • Normand Lester, Enquêtes sur les services secrets, Éditions de l'Homme, .
  • Léon Dion, La Révolution dérouté 1960-1976, Montréal, Boréal, , 321 p.
  • Louis Fournier, FLQ : Histoire d’un mouvement clandestin, Outremont, Lanctôt, , 533 p. (lire en ligne).
  • Bernard Dagenais, La Crise d’octobre et les médias : le miroir à dix faces, Outremont, VLB éditeur, , 217 p.
  • Marc Laurendeau, Les Québécois violents, Éditions du Boréal, .
  • Robert Comeau (dir), FLQ : un projet révolutionnaire. Lettres et écrits felquistes (1963-1982), Outremont, VLB & R. Comeau, D. Cooper et P. Vallières, , 275 p.
  • Jean-François Cardin, Comprendre Octobre 1970. Le FLQ, la crise et le syndicalisme, Méridien, .
  • Germain Dion, Une Tornade de 60 jours : la Crise d’octobre à la Chambre des communes, Hull, Éditions Asticou, , 222 p..
  • Luc Gosselin et Georges Paradis, État et violence: le terrorisme politique, une méthode d'opposition et d'affrontement. essai d'analyse, inédit, .
  • Louis Fournier, La police secrète au Québec, Éditions Québec-Amérique, .
  • Jean Paré, Le temps des otages (Le Québec entre parenthèses) 1970-1976, Montréal, Éditions Quinze, , 269 p..
  • Jean Provencher, La grande peur d’octobre 70, Montréal, Éditions de l'Aurore, , 123 p.
  • Jacques Lacoursière, Alarme citoyens!, Éditions La Presse, .
  • Gérard Pelletier, La crise d’octobre, Montréal, Éditions du jour, , 268 p..
  • Ron Hoggart et Aubrey Goldon, Octobre 1970 un an après, Éditions Hurtubise-HMH, (traduction de Rumours of War).
  • Serge Mongeau, Kidnappé par la police, Éditions du Jour, .
  • Gustave Morf, Le Terrorisme québécois, Montréal, Éditions de l'Homme, 1970, 219, [3] p.
  • Joseph Costisella, Peuple de la nuit, Éditions Chénier, .
  • Claude Savoie, La véritable histoire du FLQ, Éditions du Jour, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]